AMÉNAGER SON JARDIN POUR LES OISEAUX
Inspiré par la conférence de Camille Dufresne, horticultrice et ornithologue, tenue le mercredi 19 avril 2006 pour le Club des Ornithologues de Brome-Missisquoi.
En préambule, madame Dufresne nous fait remarquer qu’il y a des oiseaux dans tous les écosystèmes de la Terre. Au Québec seulement, 326 espèces d’oiseaux ont été recensées. De ce nombre, 241 sont des oiseaux nicheurs, mais 117 espèces sont considérées comme rares.
Malheureusement, de ce nombre 27 présentent une situation préoccupante. Ce n’est pas nouveau puisque 132 espèces sont en déclin depuis longtemps.
Pourquoi? Première coupable : la perte d’habitat qui est causée par la déforestation, l’étalement urbain et l’industrialisation de l’agriculture. Une autre responsable est la pollution domestique, industrielle et agricole qui entraîne des perturbations climatiques.
Madame Dufresne nous affirmait que l’on peut faire beaucoup individuellement, même dans une petite cour, pour répondre aux besoins essentiels des oiseaux que sont la nourriture, l’eau et un abri. En ce qui concerne la nourriture, les oiseaux sont astucieux et se nourrissent autant d’insectes et de graines sur les plantes que de ce qu’ils trouvent aux mangeoires. Leur source d’eau doit être sécuritaire et facile d’accès. Avant d’aménager sa cour, madame Dufresne suggère de s’y asseoir et d’observer. D’abord, quel espace veut-on aménager? Elle conseille de s’inspirer de la nature et de faire des bosquets étagés comme au bord d’un chemin forestier. Les grands arbres se situent en arrière-plan, les arbustes sont localisés devant et les plantes herbacées demeurent en bordure. La règle qui prime pour les arbres et arbustes est la proportion de 50 pour cent de conifères et 50 pour cent de feuillus.
Elle propose aussi de transformer une partie de la pelouse en espace fleuri offrant graines et insectes aux oiseaux et conseille d’utiliser des plantes indigènes, qui sont plus rustiques et plus faciles à cultiver.
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Paradis pour insectes,,, |
...paradis pour les oiseaux |
Voici les espèces d’arbres et d’arbustes qu’elle suggère.
Les conifères : se renseigner auprès d’une pépiniériste, car on en trouve de toutes les tailles et de toutes les formes à maturité. Il n’est pas nécessaire de posséder un grand espace.
Les feuillus :
Les arbustes : on en trouve d’innombrables variétés, indigènes ou horticoles. Il vaut mieux se renseigner auprès d’un centre de jardinage pour sélectionner des variétés qui fleurissent à des moments différents de la saison. Un choix judicieux fera en sorte que la floraison et les fruits s’étaleront du printemps jusqu’à l’automne.
Madame Dufresne en mentionne quelques-uns : le SUREAU, le POMMETIER (plus le fruit est petit, plus il attire les oiseaux comme les jaseurs boréals et merles d’Amérique), le CERISIER, l’AUBÉPINE, le VINAIGRIER, l’AMÉLANCHIER, le HOUX VERTICULÉ, l’ARONIA NOIR, le CHÈVREFEUILLE, l’ARGOUSIER, le ROSIER et le PIMBINA.
Les plantes grimpantes : on en trouve des espèces indigènes et rustiques : la VIGNE VIERGE, le BOURREAU DES ARBRES, la VIGNE DE RIVAGE, le RAISIN DOMESTIQUE et le CHÈVREFEUILLE GRIMPANT, qui attire les colibris.
Les petits fruits: la majorité attire sans faute les oiseaux : MÛRIERS, BLEUETS, CASSIS, ARALIE.
Les fleurs. Madame Dufresne avoue sa nouvelle passion pour les prés fleuris qu’elle voudrait voir remplacer toutes les pelouses... En effet, avec les nouvelles réglementations sur les pesticides, il faudra, dans un avenir rapproché, trouver des alternatives aux monocultures telles que les pelouses. Pour générer un pré fleuri, on couvre la pelouse existante de carton, ensuite on le couvre d’un pied d’épaisseur de bonne terre, puis on termine en semant à la volée des graines de ses fleurs préférées. Il ne restera qu’à observer ce qui en résultera.
Les plates-bandes de plantes vivaces ou annuelles sont toujours appréciées.
Les fleurs qui attirent les oiseaux réussissent parce qu’elles attirent les insectes et qu’elles produisent souvent des graines : ANCHOLIES, CAPUCINES, COSMOS, IMPATIENTES DU CAP, HÉMÉROCALLES, DIGITALES, ASCLÉPIADES, MONARDES, LOBELLIES DU CARDINAL, ROSES TRÉMIÈRES, MARGUERITES, RUDBECHIES, ÉQUINACÉES, MOLÈNES, CHARDONS, ASTERS, TOURNESOLS. Il ne faut pas les arracher à l’automne parce que leurs graines nourrissent les oiseaux, elles retiennent la neige en hiver et servent d’abris.
Finalement, Camille propose de conserver un coin où il n’y a pas de végétation, là où les feuilles s’accumulent sous les arbres par exemple. Les bruants aiment y chercher leur pitance. Prévoir un coin de sable pour les bains de sable pour permettre aux oiseaux de se débarrasser de la vermine. Conserver les chicots sans les couper s’ils ne sont pas dangereux. Les pics y creusent des trous et y nichent. Leurs cavités servent ensuite à la nidification de plusieurs autres espèces. Si on n’aime pas trop leur apparence, on peut faire grimper des vignes pour les camoufler.
Bref, laissez vous aller! Aménagez des bosquets étagés et semez des prés fleuris dans votre cour. Les oiseaux seront aux anges : c’est ça la FÉLICITÉ!|
Ghislaine Delisle
pour le Club des Ornithologues de Brome-Missisquoi