Journal Sutton, Dunham, Frelighsburg. Québec, Canada

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Loyal à nos racines

La région des Cantons-de-l'Est est le fruit d'un mélange de cultures différentes. Les colonisateurs britanniques et français ont partagé petit à petit leur communauté avec de nombreux Européens de cultures diverses. On peut facilement imaginer les difficultés de communications entre tous ces gens de langues différentes. Outre la séparation de langue, il y avait une disparité d'allégeance, de religion et de tradition. Les échanges, entre ces multiples influences, ont caractérisé la région de marques distinctives : architecture, activités culturelles et tissu social. L'héritage culturel acquis est le résultat d'échanges passionnés et animés pour ne pas les qualifier de luttes.

Des articles historiques qui ont paru dans Le Tour relatent ces labeurs qui ont duré une vie entière pour obtenir un chemin de fer, un hôpital, une école, une route...

Désormais, la vie continue dans un nouveau contexte avec une panoplie d'outils à la disposition des membres de la société moderne comme le téléphone, les journaux, la télévision et Internet. Les interlocuteurs et les multiples groupes de pression semblent infinis. L'information qui est accessible est presque illimitée. Or, dans bien des cas, cela rend l'argumentation interminable et toute décision difficile.

Les débats sont parfois dirigés seulement par quelques individus qui profitent d'une couverture médiatique pour promouvoir leur point de vue, lui donnant l'impression d'être un mouvement populaire. Le changement est inévitable à l'égard de certaines tendances irréductibles. Comment concilier les besoins des personnes à la retraite avec ceux des jeunes familles et des travailleurs? Comment marier les exigences de la propriété privée et de la conservation à celles du développement de l'offre touristique à la base de l'économie régionale? Comment allier l'abandon de l'agriculture au transfert des terres agricoles à d'autres fins sans modifier le paysage? Comment suffire aux besoins d'une population vieillissante compte tenu de la dénatalité et de la défection des jeunes de la vie rurale? Comment assurer le partage de la route entre les usages traditionnels de transport avec ceux de la mise en forme et de la santé (cyclisme, marche...)?

Les défis sont soulevés par la démographie, l'environ-nement et la morale plutôt que par un différend de langue, de religion ou de tradition. Et, la nature du débat est en constante évolution. La résultante sera ce qu'elle sera, et la prochaine génération tiendra pour acquise la conjoncture qui lui aura été laissée comme nous avons accepté celle qui nous a été léguée.

Pourvu que les échanges demeurent civilisés et loyaux à nos racines, ce sera un bel héritage.

Bonne lecture!

Denis Boulanger

Quand la loyauté tue

Que disparaisse la loyauté, et tout l'édifice des rapports humains aurait vite fait de s'effondrer. Un éloge de plus de cette vertu essentielle ne serait donc pas un luxe, mais étant donné qu'une version vénéneuse de la loyauté prolifère et menace tout autant les rapports humains que le ferait l'extinction de la loyauté noble, démasquer la contrefaçon est sans doute plus utile que de louer la vertu. Comme un cancer silencieux, la loyauté toxique ronge chaque jour des millions de vies humaines derrière les façades respectables et les murs de silence dont elle sait s'entourer.

La loyauté est aussi saine ou aussi dysfonctionnelle que le système de valeurs et de règles envers lequel elle s'exerce ou, comme le dit si bien Maurice Chapelan, « Il y a des abandons loyaux et des fidélités qui trahissent. » Un exemple carica-tural de loyauté toxique est le crime d'honneur qui alimente aujourd'hui les rubriques de faits divers après avoir, pendant des siècles, inspiré maints chefs-d'œuvre du théâtre classique. Dans Le Cid, de Corneille, Don Diègue, le patriarche offensé, incite ainsi son fils à faire preuve de « loyauté » : « Viens, mon fils, viens, mon sang, viens réparer ma honte, Viens me venger. Plus l'offenseur est cher, et plus grande est l'offense. Enfin tu sais l'affront, et tu tiens la vengeance : Je ne te dis plus rien. Venge-moi, venge-toi ; Montre-toi digne fils d'un père tel que moi… » Quant aux rubriques de faits divers qui ont pris la relève, celle-ci, tirée de la presse canadienne de l'été 2009, en est un exemple : « Selon toute vraisemblance, le drame qui a coûté la vie à trois sœurs (19, 17 et 13 ans) et à la première épouse de l'inculpé (52 ans) ne serait pas un accident, mais un crime destiné à laver l'honneur d'une famille sali par les " agissements impurs" d'une femme. »

Peu médiatisée, la loyauté dont font preuve les victimes d'abus psychologiques, physiques ou sexuels envers leurs agresseurs et envers le système familial ou institutionnel qui a servi de cadre aux abus est très répandue et insidieuse. L'avalanche récente de révélations de cas d'agressions

sexuelles dans les rangs de l'Église catholique illustre bien la loi du silence qui a longtemps permis à ces abus de rester clandestins. La même omerta entre en jeu chaque fois qu'un « esprit de corps » incite à dissimuler des exactions perpétrées au sein d'une institution « respectable », instance gouvernementale, armée, police, corps médical ou autre. Les demandes d'enquêtes publiques impartiales, lorsqu'elles n'émanent pas d'un opportunisme de bas niveau, visent à mettre en échec cette loyauté toxique qui fait écran à la vérité.

Lors de la première enquête nationale sur la prévalence des abus d'ordre sexuel menée aux États-Unis vers la fin des années 1980, 27% des femmes et 16% des hommes adultes interrogés ont déclaré avoir été victimes de sévices sexuels durant l'enfance et, dans la grande majorité des cas, l'agresseur était un proche. Parmi les femmes, le taux de maltraitance était plus élevé chez celles qui avaient vécu quelque temps avec un père ou une mère dans une situation monoparentale. Pour les hommes, il était plus élevé chez ceux qui avaient vécu pendant quelque temps avec leur mère seule, ce qui ne signifie pas que celle-ci était l'agresseur, mais, généralement, une complice plus ou moins consciente des abus. On peut être complice par omission. Ces chiffres valent qu'on s'y attarde, surtout qu'il s'agit du type d'agression le plus sous-déclaré de tous : 27 % signifie que plus d'une femme sur quatre a été victime d'agressions sexuelles durant l'enfance, et 16 % signifie qu'un homme sur six a été abusé sexuellement! La liste des séquelles graves de l'inceste a beau être largement disponible dans des livres ou sur Internet, le sujet reste tabou et le mal de vivre qui en résulte est probablement un des plus mal diagnostiqués qui soit : estime de soi catastrophiquement déficiente, dépression chronique, syndrome de stress post-traumatique, tendances suicidaires, etc., sans oublier la panoplie complète des dépendances qui servent à anesthésier le mal-être des victimes d'inceste : troubles alimentaires, toxicomanie, alcoolisme, tabagisme et troubles obsessionnels et compulsifs en tous genres.

La première forme que prend la loyauté toxique est un silence imposé généralement d'abord par les agresseurs, mais aussi par une certaine complicité du milieu où les abus ont été perpétrés. Les victimes elles-mêmes coopèrent inconsciemment à l'édification de ce mur de silence en échafaudant mille et une raisons de ne pas le briser : culpabilité (j'y suis sûrement pour quelque chose, je ne peux pas faire honte à ma famille, après tout l'agresseur ou ses complices tacites avaient de bons côtés), déni allant jusqu'à la dissociation (je ne me souviens pas des détails, ce n'est pas vraiment à moi que c'est arrivé), minimisation (voilà si longtemps que c'est arrivé, il faut bien tourner la page), peur consciente ou inconsciente d'être rejeté (j'aime ma famille, si je brise le silence ils ne me le pardonneront jamais), etc.

Le mur de Berlin est tombé : le mur de la loyauté non méritée peut également s'écrouler, première étape d'une guérison de l'âme. Une abondance de ressources de première ligne est aujourd'hui accessible : deux ou trois mots dans la petite fenêtre de Google peuvent mettre fin à l'isolement et donner accès à des témoignages étonnants : « Victimes, inceste [nom de la ville] ». Le Centre pour les victimes d'agressions

sexuelles de Montréal est au 514 934-4504, à Granby, le Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère

sexuel (CALACS) est au 450 375-3338. On peut également prendre contact (en français ou en anglais) avec les Survivors of Incest and Childhood Sexual Abuse Anonymous (SICSAA) à l'adresse sicsaa@selfaware.com . Le voyage le plus fabuleux commence toujours par un premier pas, seule une loyauté non méritée y fait obstacle et condamne des vies entières à rester attachées à des quais brumeux tout en rêvant avec nostalgie au grand large.

Daniel Laguitton www.granby.net/~d_lag

Le pouvoir des mots

La loyauté, qualité des leaders d'aujourd'hui?

En coaching de vie ou d'affaires, vérifier le sens des mots est essentiel à une communication efficace et authentique. De cette façon, il ne reste plus de place pour les suppositions et ses propres filtres.

Qu'est-ce que le mot loyauté a éveillé en vous?

Par définition, la loyauté a un rapport avec l'obéissance et avec les lois de la probité et de la droiture. Une personne loyale serait alors une personne incorruptible dont le respect des règles morales est plus important qu'un gain rapide, par exemple.

Les synonymes de la loyauté sont l'honnêteté, l'authenticité, l'éthique et l'intégrité. Son antonyme est la corruption qui porte également plusieurs noms qui vous sont familiers : scandales politiques ou financiers, fraudes, lobbying, pot de vin, propagande, mensonges, non-respect de soi et de ses valeurs…

Pour être honnête avec vous, ce n'est pas vraiment des autres ou de nos leaders que j'ai choisi de vous entretenir. Les médias s'acquittent amplement de cette tâche en nous révélant chaque jour de nouveaux scandales. Je crois sincèrement que la qualité d'un véritable leader est de faire preuve d'une grande intégrité, voire cohérence. À quoi reconnaissez-vous ces leaders?

Revenez à vous-mêmes et demandez-vous dans quelle mesure vous êtes loyal, intègre envers vous-mêmes et vos valeurs ?

Dans quelle mesure êtes-vous le leader de votre vie? « Avant tout, sois loyal envers toi-même : Et aussi infailliblement que la nuit suit le jour, tu ne pourras être déloyal envers personne. » Shakespeare dans Hamlet -Extrait de Coaching de gestion inc. Ici, je ne souhaite pas avoir un discours moralisateur ou critique, mais plutôt je cherche à vous encourager à laisser émerger votre plein potentiel et vivre plus libre, heureux et en santé.

Pour y arriver, il faut d'abord faire le choix de se retrouver, de faire le ménage de programmations passées, de laisser les « il faut » et les remplacer par « JE PEUX ».

Être intègre envers soi semble un chemin libérateur et une source de bonheur. L'énergie utilisée à continuer de se « frauder » soi-même, et donc les autres, est la première source de tous les stress.

L'intégrité envers soi, commence donc par une meilleure connaissance de soi, de ses croyances, ses pensées et ses valeurs. Alors, au lieu de réagir à la vie, on peut prendre conscience de ce qui est vraiment important pour soi et se redonner le pouvoir de faire des choix nouveaux. C'est aussi se donner la permission de se mettre en priorité. En d'autres mots, s'aimer d'abord au lieu de tout faire, en s'oubliant, pour être reconnu et aimé des autres.

Ce que j'appelle vivre dans l'illusion. C'est un processus appris. « JE PEUX apprendre à être » peut prendre la place de « Pour être aimé et reconnu, je fais ce que les autres et la société attendent de moi. »

Prendre le temps de s'arrêter pour un moment de présence, c'est l'invitation que le coaching offre. Le coaching est vécu comme une méditation grâce à l'écoute présente et attentionnée du coach où « JE PEUX » être à l'écoute de moi, me retrouver et être le leader de ma vie.

Quand loyauté rime avec leadership personnel et estime de soi, le mot loyauté prend tout son sens… voilà le pouvoir des mots.

Francine Dubuc, BSS, ACC, Coach professionnelle
info@lantidote.ca

Loyal à ses couleurs

Rolland Potvin nous a quittés comme un coucher de Soleil qui disparait sous les nuages à l'horizon. Une foule d'amis et de membres de sa famille à son chevet, en spectateurs, contemplant l'homme et les nombreux souvenirs de moments mémorables vécus avec lui.

Une couleur singulière du tableau de Sutton que l'on comparera à d'autres sans pour autant pouvoir la reproduire exactement. Comment décrire cette couleur? Chaude et accueillante à la lumière du jour. Un certain vert espérance et bleu loyal. Le rouge passion qui se perd au noir dans la distance. En grand contraste avec les silhouettes et les ombrages ternes de la pénombre.

Couleur accueillante? Rolland a su le démontrer comme musicien, aubergiste et restaurateur. Un concept d'accueil personnalisé et authentique qu'il aura encouragé à établir comme marque de commerce dans tout le milieu.

Vert espérance? Rolland savait trouver de l'humour en tout et du plaisir avec les gens en sa présence. Il blaguait avec un inconnu autant qu'il le faisait avec un proche. Il envisageait les choses sérieuses et les catastrophes comme des occasions de changements positifs. Il acceptait ses maux comme un sacrifice pour un monde meilleur.

Bleu loyal? Il n'a jamais abandonné ses rêves ni ses fantasmes. Il signait ses articles dans ce journal Rolland de Ronceval pour son héros, tiré de la Chanson de Roland, qui devint son alter ego. Comme Roland à la bataille de Ronceveau, il s'est tenu debout devant une force supérieure et est demeuré loyal à son Charlemagne.

Rouge passion? Ses échanges avec les gens de tout âge, il les vivait avec passion d'égal à égal. Il s'exaltait pour le vécu des autres, autant pour leurs histoires que pour leurs aspirations. Bien sûr, il adorait la musique, surtout SA musique et celle de ses joyeux troubadours.

Dans son article (en anglais) du numéro de juin (27-4), Rolland discutait avec un personnage fictif, Quest, qui répondait à l'une de ses questions de la façon suivante :

“Well, if you think of it in a deep and serene manner, one of the oldest and most shared of rituals and customs celebrated on every continent, is when relatives, friends and neighbours get together to sing and dance around something. Now let's agree on a fixed value and meaning for probity and turn it into our totem pole so that we can dance beneath the stars all through the night.”

Il ne savait pas que le totem de sa région d'adoption hériterait bientôt d'une nouvelle icône multicolore. Adieu Rolland de Ronceval, loyal chevalier de Sutton.

Denis Boulanger

1816, l'année sans été…avant et après

En 2002, à l'occasion du bicentenaire de Sutton (qui ne fut pas célébré), il était quand même intéressant de faire un retour sur le passé pour se rappeler les origines et l'histoire de Sutton. Surtout que le gouvernement du Québec venait, le 24 juin, de décréter le regroupement des deux municipalités du Canton et du Village. Le décret entra en vigueur le 4 juillet 2002.

Pour ce faire, un premier pas consistait à se reporter à l'album souvenir de 1952 publié à l'occasion du cent cinquantième anniversaire de l'érection du Canton de Sutton, le 28 mars 1802. À la fin du siècle, le 24 novembre 1896, le Village se fera incorporer comme municipa-lité distincte, et, un siècle plus tard, il réclamera la « fusion ». Au nombre des événements qui marquèrent l'occupation du territoire, le bref historique rappelle l'établissement, en 1811, d'une distillerie et de ses déboires de 1816.

À Sutton, « les affaires semblent avoir bien été jusqu'en 1815. Cette année-là, le propriétaire [de la distillerie] sema 27 acres de patates. Mais la température ne lui [ sic ] aida pas du tout. Du 6 au 8 juin, il tomba six pouces de neige et de plus, il gela tous les mois. La distillerie cessa ses opérations et les colons, du fait des fréquentes gelées, n'eurent presque pas de récoltes et ce fut la grande misère partout dans la région. »

Point d'origine : l'Indonésie

Le hasard d'une lecture récente (A Short History of Everything, de Bill Bryson. Anchor Canada, 2004) nous apprend qu'en 1815, l'éruption spectaculaire d'un volcan, le Tambora, sur l'île de Sumbawa en Indonésie, entraîna dans la mort 100 000 personnes. De plus, on peut y lire qu'il n'y eut pas d'été en 1816 : « 1816 became known as the year without summer ». Remarquons que les conséquences néfastes de cette éruption de 1815 se font aussi sentir en 1816 à une échelle mondiale, en ce qui touche les récoltes et la température, selon cet auteur, par exemple en Irlande et en Nouvelle-Angleterre. Le no 4 du Cahier d'histoire d'Héritage Sutton avait également rappelé l'événement, en avril 2004 (article de Carol-Ann Griffin).

Bryson nous réfère, pour plus de détails, à l'ouvrage de Charles Officer et Jake Page, intitulé Tales of the Earth : Paroxysims and Perturbations of the Blue Planet. Oxford, 1994. Un court résumé de l'Oxford University Press précise qu'à la suite de cette éruption de 1815, mais tard au printemps de 1816, l'état du Maryland fut témoin de chutes de neige brune, bleue et même rouge. Brune également en Hongrie; aussi brune, mais également rouge et jaune à Tarente, dans le sud de l'Italie. En Nouvelle-Angleterre, selon les mêmes auteurs, cette année sans été se révéla une année sans récoltes. Les prix du maïs et du blé montèrent en flèche. Les éleveurs durent se défaire de leur bœuf et de leur porc à très bas prix. Dans l'ouest de Europe, ce fut encore pis. La disette provoqua des émeutes, des foules armées se ruant sur les boulangeries et les entrepôts de grain, en Angleterre, en France et en Suisse. Officer et Page relient tous ces faits à l'éruption du Tambora. Notons que ces événements survinrent dans une Europe épuisée par les guerres napoléoniennes. En Amérique, la guerre de 1812-1815 entre l'Angleterre et les États-Unis venait également de se terminer.

Reportons-nous à une autre source, cette fois à l'encyclopédie numérique Wikipédia. Le tableau y apparaît à la fois plus complet et plus nuancé. L'éruption du Tambora, une montagne de 4 300 mètres (14 000 pieds), débuta modérément le 5 avril 1815 pour atteindre son point culminant le 10 avril et se poursuivre jusqu'au soir du 11. Les explosions ne cessèrent que le 15 juillet. La taille de la montagne fut réduite à 2 851 mètres (9 354 pieds), soit tronquée du tiers. D'une poussée de magnitude 7, en terme de poussée volcanique, la plus importante de toutes les éruptions connues sur terre en 2 000 ans, la colonne de cendres atteignit une hauteur de 14 kilomètres (140 000 pieds). Les explosions cessèrent le 15 juillet 1815, pour se faire à nouveau sentir en 1819, 1880 et aussi récemment qu'en 1987.

Donc, pas surprenant que l'éruption du Tambora ait provoqué dans l'immédiat de nombreux tsunamis, dévasté de grandes superficies de territoire et affecté pendant plusieurs années les conditions climatiques de la planète. Pourtant, on estime à « aussi peu » que de 0,4° à 0,7 °C la chute moyenne de température sur l'ensemble de la terre, provoquant des hivers plus rigoureux et des étés froids et pluvieux en 1816, 1817 et 1818. La Grande-Bretagne, l'Irlande, l'Allemagne et d'autres pays de l'Occident connurent des récoltes catastrophiques. Au pays de Galles, des familles complètes quittèrent leurs patelins en quête de nourriture.

Aux États-Unis, l'année 1815 marquerait même le début du mouvement migratoire vers le Centre-Ouest américain.

Wikipédia, sans toutefois pouvoir les situer, fait état d'autres éruptions de grande magnitude survenues aux environs de 1810. L'analyse des strates glacières du centre du Groenland et de l'Antarctique, en particulier les données recueillies au Groenland, révèle des concentrations anormales de sulfure survenues aux environs de 1810, précédant celles du Tombora , en 1815. Il pourrait s'agir des éruptions de La Soufrière, à la Guadeloupe, en 1812; et du Mayon, aux Philippines, en 1814. Islandnet ajoute celle de Luzon (Philippines, 1814). Et cite cette remarque d'un certain professeur J.B. Hoyt (Annuals of the Association of American Geography,1958) : « la période de 1812 à 1818 fut exceptionnellement froide en Nouvelle-Angleterre, en particulier l'année 1816 ».

De retour au Canada

De retour au Canada et plus spécifiquement au Québec, outre les 30 centimètres de neige enregistrés en juin 1816 à Québec, l'historien américain John D. Post, rapporté par Wikipedia, note, en juillet et en août, la présence de glace sur les lacs et les rivières, et ce, aussi loin vers le sud que la Pennsylvanie. Les températures estivales pouvaient passer d'un extrême (+ 35°C) à l'autre (sous 0°C) en une journée. La pénurie d'avoine, par exemple, affecta grandement l'économie en général : le transport en souffrit particulièrement, les chevaux se trouvant eux-mêmes victimes de la disette. À l'échelle mondiale, la température moyenne ne diminua pourtant pas de moins de 0,5° ou 0,7°C.

L'histoire de Drummondville rapporte le même phéno-mène, l'année de sa fondation en 1815. À noter que dans l'histoire de cette ville, il est question de « la grande famine de 1815 et 1816 » pas seulement de 1816, « l'année sans été ». D'abord poste militaire et agricole, Drummondville fut fondée par le lieutenant-colonel Frederick George Heriot et des soldats licenciés de la guerre 1812-1815. Heriot eut, semble-t-il, beaucoup de mal à en retenir les habitants, prêts à tout moment à renoncer au projet. Encyclobec rappelle qu'en 1816, sur la Côte-du-Sud (de Saint-Gervais, en Beauce, à l'Islet, à Saint-Jean-Port-Joli et à Rivière-Ouelle), les grains sont de mauvaise qualité et que les « riches » perdent la plus grande partie de leurs récoltes habituelles. Les plus vulnérables sont donc ceux qui ne possèdent pas de terre: les journaliers et les mendiants. Les bénéficiaires de secours gouvernementaux seront tenus de les rembourser. En 1820, aucun des habitants de Saint-Gervais n'a encore pu le faire.

C. [Cyrus] Thomas, l'historien des Cantons-de-l'Est, souligne aussi qu' « une famine marqua 1815-16, et les habitants de Sutton et d'autres cantons subirent en conséquence de grandes privations. »

L'historien Jean Provencher, dans sa Chronologie du Québec, en plus de parler de « l'année sans été de 1816 », va un peu dans le même sens lorsqu'il rappelle, « pour l'année 1815, les gelées fatales aux récoltes de Montréal jusqu'au Bas-du-Fleuve ».

Avril 2010 en Islande: l'éruption du Eyafjalla, pour mémoire

En avril 2010, soit 30 ans après celle du mont Saint Helens, aux États-Unis (en 1980), une autre éruption majeure s'est produite en Islande. Aura-t-elle les conséquences d'éruptions majeures du passé? Pour mémoire, retenons-en le déroulement. L'éruption du Eyjafjoöll (Eyafjalla -montagne insulaire- ou Eyjafjalljkull – glacier de montagne insulaire -), qui s'amorça en Islande le 20 mars, se manifesta avec vigueur le 21mars. Le panache de particules atteignit rapidement une altitude de 11 kilomètres. Le 14 avril, l'importance et l'étendue des nuages de cendres volcaniques forcèrent la fermeture de l'espace aérien européen perturbant grandement le retour des vacances de Pâques. Entre le 14 et le 18 avril, 63 000 vols ont dû être annulés, dont, le 18, tous ceux d'Air Canada « à destination et en provenance de Londres, Paris, Francfort, Munich, Zurich, Genève et Rome, mais aussi de Tel-Aviv-Jaffa, en Israël ». Quelque 6 millions et demi de passagers se trouvèrent bloqués à travers le monde, entraînant pour les compagnies aériennes des pertes quotidiennes de plus de 200 millions de dollars.

Le 19 avril, une partie des nuages fatidiques atteignit même Terre-Neuve et le golfe du Saint-Laurent. Si bien que le lendemain, un avion d'Air Canada, en partance des Îles-de-la-Madeleine vers Gaspé, a dû se poser plutôt à Québec. Pendant ce temps un correspondant de Radio-Canada à Reykjavik, capitale de l'Islande située à quelque 125 kilomètres du Eyjafjalla, pouvait affirmer que cette ville n'avait pas encore été touchée et que la circulation avec New York n'avait jamais été interrompue et qu'aucune odeur de souffre ne s'y était même fait sentir! Selon lui, en Islande, la principale crainte venait avant tout de ce que le volcan voisin, le Hekla, mille fois plus dangereux, pourrait à son tour faire des siennes. La même journée, l'établissement de corridors sécuritaires, soit en haute altitude soit plus au sud, permit au transport aérien de reprendre progressivement (à 50%) en Europe ; sauf en Angleterre, dans les pays scandinaves et en Allemagne. Malgré tout, selon Le Devoir du 8 mai, « la plupart des vols entre l'Amérique du Nord et l'Europe avaient été déroutés la veille à cause de la large bande (2 000 km) de nuages de cendres issues du volcan islandais…qui couvre le nord de l'océan Atlantique, créant un embouteillage aérien jusqu'au-dessus de l'Espagne ».

Techniquement, la traversée en descente des nuages volcaniques posait en elle aussi problème, la densité de ces nuages, au-delà de 2mg au mètre³, pouvant affecter le comportement des moteurs d'avion. Autre détail technique, selon l'édition du 3 mai du magazine Time, l'épais chapeau de glace du Eyjafjalla a de plus contribué à refroidir la lave en fines particules de silice, portées à leur sortie par les grands vents et les cours d'eau environnants. Un pilote d'Air Canada put affirmer que le blocage aérien s'était avéré pire que celui de 2001, au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 sur le World Center, à New York. Le Time, lui, rappellera qu'un grand nombre de chefs d'état, dont le président Obama, n'ont pu, pour cette raison, assister, le 18 avril, aux funérailles du président de la Pologne, décédé en compagnie d'une trentaine d'autres dignitaires polonais dans un accident d'avion tout récent. Le même magazine conclura que l'éruption du Eyjafjalla avait causé la pire interruption de circulation internationale depuis la Seconde Guerre mondiale.

Serge Gagné

Sources :

-Cent cinquantième anniversaire de Sutton 1802-1952 Sesquicenten-nial of Sutton (quelques exemplaires de l'édition originale sont conservés aux archives d' Héritage Sutton)
-A Short History of Everything, de Bill Bryson. Anchor Canada, 2004.
-The Infamous « Year Without a Summer » 1816 : dossier principalement constitué par Carol-Ann Griffin pour son article, « 1816, Sutton's Year Without a Summer », publié dans le Cahier d'histoire numéro 4 d'Héritage Sutton en avril 2004. Les lettres AHS,ci-dessous, réfèrent aux archives d'Héritage Sutton.
-Tales of the Earth (Paroxysims and Perturbations of the Blue
-Planet, de Charles Officer et Jake Page. Oxford, 1994.
-Wikipedia. The Free Encyclopedia.
-Annuals of the Association of American Geography,1958. Citée par The Indonesian Digest, indodigest.com (AHS).
-Histoire de la région de Drummondville. « La Grande famine de 1815 et l816 ». AaZdrummond.com
-Encyclobec.ca (AHS).
-Contributions to the History of the Eastern Townships, de C.[Cyrus] Thomas. Montréal, 1866). (AHS).
-Chronologie du Québec, de Jean Provencher. Boréal, 1991.

On peut se procurer les Cahiers d'histoire directement auprès d'Héritage Sutton (450 538-3222) ainsi qu' à la librairie Le Livre d'Or et au Cafetier. Pour consulter, prendre rendez-vous en composant le même numéro.

De Berlin à Frelighsburg : des prisonniers militaires allemands dans les vergers.

Le principe de loyauté étant basé sur la confiance et le respect mutuel, plusieurs agriculteurs ont connu un questionnement moral important, avec la présence de prisonniers allemands dans leurs champs entre 1942 et 1944. Entre leur loyauté au Canada en guerre et celle des prisonniers allemands restés loyaux à la mère patrie germanique, un équilibre existait dans une loyauté commune à la terre agricole. Mais cette loyauté de façade était-elle la réalité...?

LE CONTEXTE HISTORIQUE DES POW AU CANADA

Appartenant au Dominion britannique, le Canada entre en guerre en septembre 1939. Dès le 10 juin 1940, pour éviter toute tentative de sabotage et assurer sa propre sécurité intérieure, l'Angleterre envoie 3 000 prisonniers de guerre allemands au Canada, identifiés POW (Prisonner of War), au lendemain de la défaite des troupes françaises.

Finalement, le Canada va accepter plus de 35 000 prisonniers allemands de 1940 à 1946 qui sont répartis dans une vingtaine de camps sur le territoire, dont celui de Farnham en Montérégie. Parallèlement, ce sont 8 000 soldats canadiens qui se trouvent captifs en Allemagne nazie. Chaque camp canadien est codé par une lettre ou un numéro par lequel chaque POW doit s'identifier lors de correspondances pour la Croix Rouge. Cette dernière est responsable du respect des Conventions de Genève établies en 1929 par la Société des Nations, et ce, pour chaque pays ennemi.

Un seul officier allemand de la Lutwaffe (aviation), Franz Von Werra, réussit à s'évader du Canada et à rentrer en Allemagne en janvier 1941. Devenu un héros national, Hitler décide de l'envoyer sur le front de Russie, où il est abattu par l'aviation russe, fin 1941.

DU CAMP DE FARNHAM AUX CHAMPS DE FRELIGHSBURG

À cause de la présence discrète d'un camp de prisonniers allemands, la municipalité de Farnham va devenir une zone militaire sous haute surveillance. Ouvert en octobre 1940, ce camp se trouve sur le terrain de la station expérimentale de la Dominion. Sur 1 098 prisonniers allemands répertoriés au Québec, Farnham comptera environ 200 prisonniers à la fin du conflit. Principalement composé d'officiers de l'armée du IIIe Reich, le camp spécial de Farnham n'est pas un endroit de salubrité exemplaire pour ces nouveaux occupants. De nombreuses plaintes vont parvenir au Consul de Suisse représentant la Croix Rouge, à l'exemple de l'officier allemand Schlichting, qui écrit « Le camp de Farnham par sa laideur et son manque d'aménagement, est déprimant au plus haut point...Je proteste donc officiellement contre notre transfert dans ce camp et réclame notre envoi dans un autre endroit qui respecte davantage les articles de la Convention de Genève au sujet des prisonniers de guerre ».

Conscientes de cette vétusté précaire, les autorités militaires canadiennes vont peu à peu améliorer l'organisation pénitentiaire de Farnham. Dès 1944, jusqu'à sa fermeture en mai 1946, le camp va fournir de la main-d'œuvre germanique aux agriculteurs québécois des environs. Cette main-d'œuvre bon marché fournie gracieusement par l'armée canadienne marquera les esprits des fermiers de l'Estrie. Bons travailleurs et bien disciplinés, la plupart des officiers allemands sont envoyés dans les fermes sur une base volontaire, où selon la convention de Genève, ils doivent être logés, nourris et rémunérés de 50 cents par jour.

Sous la responsabilité des agriculteurs locaux et contraints par un couvre-feu strict, les prisonniers d'origine allemande ont parfois laissé une forte impression, car sous l'uniforme militaire, on retrouve des professeurs d'université, des ingénieurs, des marins, mais également quelques descendants de la vieille noblesse prussienne. Beaucoup de ces soldats parlent un très bon français, au grand étonnement de leurs hôtes francophones, mais surtout au grand déplaisir des militaires canadiens qui ne peuvent communiquer qu'en anglais à l'aide d'un interprète souvent prisonnier allemand.

Le film fiction « La vie d'un héros » réalisé par Micheline Lanctôt en 1994 offre un regard romancé sur la complexité des rapports de loyauté existant entre les POW et des fermiers de Frelighsburg qui les ont accueillis et gardés, jusqu'à leur départ pour l'Allemagne en 1946. « La vie d'un héros est un film qui parle avant tout du temps, de la mémoire, et non pas de l'Allemagne nazie ou de la guerre. Je n'ai pas écrit le scénario en tentant de justifier ma famille d'avoir éprouvé de la sympathie pour un prisonnier allemand. J'ai fait ce film contre la séduction de la guerre. Le véritable sujet du film, c'est cinquante ans de souvenirs qui ont mythifié un personnage et la dure confrontation du mythe avec la réalité. » - Micheline Lanctôt.

Jusqu'en 1946, l'emploi de POW allemands permettra de faire face à la pénurie de main-d'oeuvre masculine agricole au Québec, notamment dans les vergers de Frelighsburg grâce à l'influence du premier ministre québécois Adélard Godbout. Un certain nombre de ces prisonniers resteront au pays après la guerre et deviendront citoyens canadiens par loyauté à leur nouvelle patrie.

Laurent Busseau
www.historien-sans-frontiere.com

Référence bibliographique :

-Archives nationales du Canada : www.collectionscanada.gc.ca
-Bernard, Yves, Trop loin de Berlin : des prisonniers allemands au Canada 1939-1946, Septentrion, 1995.
-Kendal Burt, L'évadé du camp 1 : le seul qui s'évada, Hachette, 1952
-LANCTOT, Micheline, "La vie d'un héros."1994, Office national du film du Canada.

Un centre Shaolin à Sutton

Chaque année à l'automne et au printemps, et ce depuis 2009, Sutton est l'hôte d'un maître Shaolin, Shifu Shi De Cheng, issu de la 31e génération de maîtres. Il vient rencontrer son étudiant qui s'est installé récemment à Sutton.

Depuis l'automne 2009, des cours sont donnés dans le but de transmettre l'enseignement traditionnel et ses valeurs qui se nomment “Wude” ou vertus martiales.

Ces vertus reposent sur le respect et la loyauté envers les parents, l'enseignant (le Shifu), les jeunes et les gens plus âgés ainsi qu'envers les êtres vivants qui nous entourent.

Ces valeurs sont soutenues par un code d'honneur dictant le respect des lois de la société dans laquelle le pratiquant de Shaolin évolue. Avec de la maturité, de la discipline et de la patience dans la pratique de sa discipline, la personne se dirigera vers un niveau de conscience de plus en plus en paix avec elle-même (son corps & son esprit) et son environnement.

Historique du temple Shaolin (Ville de Deng feng, Province du Henan, centre de la Chine)

Bien que les arts martiaux existaient en Chine avant sa construction, le premier Temple Shaolin fût bâti au pied du mont Shaoshi en 495 par l'empereur Xiao Wendi durant le règne de la dynastie Wei du Nord (386-534). Celui-ci fût édifié en l'honneur d'un moine indien. (Bartuo)

L'arrivée de Bodhidharma 32 ans après sa construction influença fondamentalement le développement de la pratique martiale en y unissant la philosophie bouddhiste du Grand véhicule ”Mahâyâna”; le Chan, qui plus tard deviendra le Zen au Japon.

Durant le règne de la dynastie Song du nord (960-1127) le moine dirigeant du Temple (Huzhü) invita les 18 maîtres martiaux les plus réputés de Chine à séjourner 3 ans à l'intérieur des murs du Temple afin de fortifier l'art

martial de Shaolin. La boxe de Shaolin puisa une part importante de sa substance à partir de l'essence de ses maîtres. La pratique traditionnelle d'aujourd'hui reflète majoritairement l'héritage de cette période ayant comme assise des principes fondamentaux (internes et externes).

Le Temple fut un berceau des arts martiaux en ayant comme fondation les 3 sources philosophiques qui fondent la pensée chinoise traditionnelle;
• Laotse; la voie et la vertu
• Confucius; la sagesse de l'homme en société
• Bodhidharma; Le Chan

La Fondation Shaolin à Sutton

Sa mission est d'enseigner et de stimuler l'apprentis-sage de la culture, de l'effort, du courage, de la patience, de l'humilité, du respect, de la persévérance, du partage, du dépassement et de la réussite chez les jeunes.

Ses principales activités sont la pratique du Shaolin Gong fu traditionnel (art martial traditionnel chinois) et de l'art équestre (équitation).

L'organisation générale est de construire un centre martial équestre «externe» à but non lucratif possédant une architecture traditionnelle Shaolin afin d'accueillir principalement les jeunes garçons et filles de 7 à 17 ans à des ateliers martiaux et équestres intensifs après les horaires scolaires réguliers, les fins de semaines, et durant la période estivale.

Pour plus d'information sur l'organisme et pour apprendre comment vous y joindre et par-ticiper à ses activités, visitez : www.fondationshaolin.com 450 538-0725

Erik Gosselin
maître de Gong fu et administrateur fondateur de la fondation Shaolin

Patchwork à la Potvin

On dit d'un chien qu'il est fidèle, mais en anglais, on parle plutôt d'un loyal dog. D'ailleurs, les francophones que j'ai interrogés sur le sujet ne semblaient pas très fervents à employer le terme loyauté, lui préférant ses synonymes : honnêteté, respect, enga-gement. À sa simple évocation, plusieurs faisaient référence illico à la reine et aux loyalistes. Je pouvais même apercevoir une certaine moue, signe de leur peu d'intérêt pour ce terme. Dans un accent franco-beauceron, notre boulanger local s'est même écrié « c'est un terme désuet, il faut le mettre à la poubelle, lui, ainsi que la %?&* de reine! »

Pas si désuet, selon Jean-François du Cafetier : « Bien que je n'étais pas là « avant », je crois qu'autrefois la loyauté était davantage synonyme de « sécurité ». Les gens restaient au même endroit avec la même personne, dans la même maison et exerçait le même métier toute une vie durant. Aujourd'hui, nous sommes moins insécures, pour diverses raisons. Nous avons plus envie d'essayer, avons accès à plus d'informations via les nouvelles technologies, avons une plus grande facilité de déplacement. Au lieu d'être loyaux envers un contrat, ou par pression sociale, nous le sommes envers nous-mêmes, nos idées, nos sentiments. C'est une forme d'intégrité.» Pour Jean-François, la loyauté commence par soi-même, comme pour beaucoup de choses.

Rencontrée pour la première fois à la Galerie-Bro-cante, Bilitis étend le concept de loyauté et d'intégrité jusqu'à sa patrie, le Québec. « Je suis marin de profession et même si la capacité d'adaptation doit être l'un de mes premiers atouts, puisque je voyage beaucoup, je n'aurai toujours qu'un seul port d'attache : le Québec. La loyauté est un outil que l'humain a inventé pour l'empêcher de se dénaturer.»

La loyauté, une invention humaine? Pas selon Marie-France de Dunham, qui après avoir beaucoup réfléchi à la chose en caressant son chat, s'est dit que cette qualité en était une pourtant très « animale ». Elle précise d'ailleurs qu'il faut « avoir une certaine générosité, un certain don de soi pour être loyal à ses engagements envers les autres.»

Cette générosité, Christian croit qu'elle se fait rare. « Avant, il y avait beaucoup de compagnonnage en cuisine, les gens s'instruisaient les uns les autres. Aujourd'hui, au lieu d'apprendre des autres, on va sur Internet. Cet individualisme rend moins loyal. Il ajoute : Aujourd'hui, la famille perd de son impor-tance, on reste loyal aux amis proches, les vrais, ceux qui restent en vieillissant.»

Du haut de ses 16 ans, Mathurin, lui, se dit loyal à sa famille et à ses amis, proches, bien sûr. Ceux qu'on compte sur une main. Par contre, il se dit loyal seulement envers ceux qui le sont en retour. Car, peut-on être loyal envers quelqu'un en qui nous n'avons pas confiance?

C'est justement ce que le grand Alain se demande : « Est-on loyal parce qu'on nous fait confiance, ou nous fait-on confiance parce que nous sommes loyaux? » Ce qui nous ramène au commencement : l'œuf ou la poule? La poule était-elle fidèle à son coq? Le coq était-il loyal à ses origines? L'était-il par besoin de sécurité? Était-il fidèle à ses sentiments ou respectait-il tout simplement le serment d'allégeance qu'il avait fait à la mère poule? Peu importe qui on est, notre âge ou notre environnement, nous sommes tous des êtres loyaux. Si ce n'est pas à la reine, nous le sommes envers nous-mêmes, à notre environnement ou envers les gens qui nous entourent. La loyauté est différente pour chacun, tout individu étant régi par des lois internes qui lui sont propres et qui gouvernent ses actes et ses sentiments.

Avec cet article, j'espère avoir été assez loyale au style « patchwork » de notre défunt Rolland Potvin, qui savait sauter d'une conversation à une autre avec un enthousiasme enjoué et rendre les propos des gens rencontrés sans jamais les juger.

Geneviève Hébert

Festiv'Art de Frelighsburg célèbre ses 15 ans en beauté

Pour une 15e année consécutive, le Festiv'Art revient colorer les rues de Frelighsburg en accueillant peintres, photographes, sculpteurs, artistes pluridisciplinaires et artistes en métiers d'art qui célébreront l'art sous diverses formes. C'est donc les 4 et 5 septembre prochain que la plus grande galerie d'art à ciel ouvert du Québec recevra des milliers de visiteurs dans un des plus beaux villages d'ici.

Plus de 100 artistes exposeront leurs œuvres dans les jardins, sur les parterres et les balcons des habitants de ce hameau reconnu pour ses paysages bucoliques et ses maisons de style loyaliste. C'est sans compter la vingtaine d'artistes en métiers d'art regroupés dans l'Allée des métiers d'art qui sera sur place pour présenter leurs créations. Mentionnons qu'environ 20 000 visiteurs, dont plusieurs collectionneurs d'art, débourseront plus de 200 000 $ pour acquérir des œuvres d'art, ce qui fait de Festiv'Art l'événement le plus prestigieux de sa catégorie.

Chaque année, les artistes sont invités à produire une œuvre selon un thème. Pour la 15e édition, celui de « l'Exil » a été choisi pour inspirer les créateurs. Différents prix récompenseront les œuvres thématiques qui se seront démarquées.

Festiv'Art prendra son envol dès le vendredi 3 septembre où les visiteurs invités à effectuer, un verre de vin à la main, une tournée de cinq galeries d'art de Frelighsburg : le Centre d'art de Frelighsburg, la galerie au Chant de l'Onde, Galerie- Design d'Eden Muir, la galerie Michel Dupont et Galerie Coeur Nomade. Voilà une belle occasion de se mettre en appétit pour les jours suivants…

Pour plusieurs, cet événement est devenu un pèlerinage artistique incontournable à répéter, année après année. Il faut dire que « marcher le Festiv'Art » est un véritable bonheur. Chaque pas nous mène vers plus de découvertes et d'émerveillement. Déambuler tranquillement dans les rues, admirer un artiste en pleine création et échanger sur sa passion sont au nombre des petits plaisirs qui attendent l'amateur d'art. Il faut dire que Festiv'Art crée une occasion unique d'échange entre des créateurs rendus accessibles et des visiteurs intéressants et intéressés. Un véritable privilège pour les deux parties!

Pour en savoir plus, consultez le www.festivart.org

La Tournée des 20, quinze ans de loyauté

Habituellement quand on aborde le mot loyauté on reconnaît d'office, en y allant à la lettre, le sens suivant : celle qui souligne la fidélité à un souverain et aux institutions établies. Fidélité envers les dirigeants d'un parti, tout en prouvant un attachement dévoué à une cause. La loyauté signale aussi un respect des conventions librement acceptées; elle précise l'acceptation des règles d'honneur et de probité. On convient que ce sont particulièrement les sujets ou les membres d'une organi-sation qui sont respectueux des systèmes établis, des normes fixées, des codes décrétés, etc.

Si nous inversions les rôles! Le maître d'œuvre jouant de loyauté envers ses adeptes.

Les initiateurs de la Tournée des 20 titraient haut et fort dans leurs arguments fondateurs qu'il fallait agrémenter et enrichir la région de Brome-Missisquoi d'un parcours artistique haut de gamme. Règles justifiées et normes précises dictaient alors la route à suivre. Ils s'engageaient en toute loyauté à respecter eux-mêmes ces lignes directrices et à les faire respecter. C'est ainsi qu'ils ont su inspirer, dans leurs élans créateurs doublés d'un immense dévouement, tous les artistes et artisans qui souscrivaient à leur invitation.

Le fait de ne pas briser le lien de confiance établi, le fait de ne pas dévier des pistes de qualité proclamées, le fait d'assurer une présence constante en tout temps et en tous lieux, le fait de persévérer dans l'imposition d'exigences au niveau de la création, tout cela témoigne de la loyauté des initiateurs de cette belle aventure artistique.

Il faut dire qu'en retour, tous les artistes et les artisans se sont unis autour de ces principes directeurs. C'est pourquoi, depuis quinze ans, La Tour-née des 20 ateliers d'art et de métiers d'art connaît le succès et continue d'accueillir de très nombreux visiteurs. Ces mê-mes visiteurs retrouvent annuellement un grand bonheur artistique parce qu'ils s'identifient aux ateliers-galeries portant les numéros civiques de l'authenticité et du professionnalisme.

La Tournée des 20, loyale envers les amoureux du beau porte toujours l'étendard de la qualité. Et que dire de l'accueil fait à tous.

Les artistes et artisans vous y invitent et vous souhaitent une bonne visite.

Des dépliants sont disponibles dans les bureaux touristiques régionaux et locaux et dans plusieurs maisons commerciales.

Information : 450 295-2273, 450 298-5630, 888 811-4928 ou www.tourneedes20.com

Jean Villeneuve

Loyauté : fidèle questionnement…

Quotidiennement, nos décisions sont guidées par nos convictions, par notre bagage socioculturel, par nos valeurs… Les choix reposent la plupart du temps sur notre jugement. Est-ce que la loyauté entre vraiment en jeu lorsque vient le temps de choisir un magasin ou le lieu d'une activité? Comment nos habitudes de consommation sont-elles influencées par la valeur de la loyauté, en 2010? Est-elle un élément déterminant dans le processus décisionnel?

Parce que les temps changent et évoluent, nous n'avons peut-être pas la même perception de la loyauté aujourd'hui qu'autrefois. Il y a 50 ans, on priorisait probablement la relation d'individu à individu quand venait le temps de se procurer un bien. Par exemple, lorsque nous devions acheter du lait, nous pensions sûrement immédiatement à être fidèles et à nous rendre chez le « bon commerçant du coin », dont la réputation n'était plus à faire et avec qui une relation de proximité s'était établie. Parce que ce marchand était également loyal envers ses clients, il était hors de question d'aller ailleurs! Et, c'est là qu'une impression de demeurer fidèle à ce commerçant entrait en jeu.

Aujourd'hui, on opterait peut-être plutôt d'aller au magasin X ou Y offrant un programme de récompense ou de fidélité... La relation de loyauté avec le marchand est-elle moins priorisée qu'avant, de même que les liens d'amitié avec celui-ci? Certes, il ne faut pas généraliser! Tout dépend encore des habitudes de vie de chacun, sans doute! Habituellement, avons-nous la

pensée magique de choisir un magasin pour sa loyauté avec ses clients? Ou faisons-nous plutôt nos choix en fonction des avantages d'une entreprise aux dépens d'une autre? Sommes-nous fidèles aux commerçants qui nous apparaissent loyaux?

Et si on appliquait cette même réflexion pour le Mont SUTTON? Pourquoi les skieurs de la station choisissent-ils d'y pratiquer leur sport favori, et ce, année après année? Les skieurs sont-ils fidèles à la montagne pour le plaisir que leur procure le concept de sous-bois en nature, ou bien pour les valeurs de la famille Boulanger? Est-ce que l'authenticité, le souci de la préservation de la nature et le désir de skier en forêt, trois éléments toujours aussi privilé-giés depuis 50 ans par les Boulanger, feraient partie des raisons pour lesquelles les gens défi-nissent la station « comme nulle part ailleurs »? À bien y penser, les valeurs cultivées par la famille Boulanger au Mont SUTTON, depuis 1960, ont sûrement un rôle important à jouer avec la loyauté de sa clientèle. Plusieurs skieurs s'identifient aux mêmes valeurs que celles des fondateurs du Mont SUTTON, ce qui fait en sorte qu'ils demeurent fidèles. Serions-nous donc fidèles à nous-mêmes en choisissant une station de ski dont les valeurs rejoignent les nôtres? Il semble que cette observation soit bonne pour le Mont SUTTON. Pour preuve, on remarque un bon nombre de personnes qui renouvellent leur abonnement saisonnier chaque hiver. Le Mont SUTTON figure d'ailleurs parmi les stations du Québec ayant la plus grande rétention de sa clientèle. Quelques skieurs sont même détenteurs d'une passe de saison SUTTON depuis l'ouverture de la station en 1960. On pourrait aussi dire que des liens familiaux se sont même tissés entre la famille Boulanger et sa clientèle!

En plus de la loyauté des skieurs envers le Mont SUTTON, les témoignages reçus tout au long de la 50e saison démontrent une fidèle admiration devant le travail des Boulanger, un sentiment d'appartenance à la station et une passion pour le ski à la station qui dure depuis plusieurs années. À vous maintenant d'exprimer les raisons pour lesquelles vous vous dites « fidèle » au Mont SUTTON en participant au concours « Le Mont SUTTON en 50 mots ». Décrivez en quelques lignes ce que représente le Mont SUTTON pour vous et vous pourriez peut-être gagner votre passe de saison 2010-2011.

Détails au montsutton.com

Mireille Simard

Loyal à son rêve…

Cela fait six ans qu'une poignée de Suttonais s'active à maintenir en vie une drôle de bibitte nommée GRAPP (Groupe de réflexion et d'action sur le paysage et le patrimoine), en se dédiant à la protection des paysages et du patrimoine rural de la région. La visite de Stowe à l'été 2005, en compagnie du directeur de l'urbanisme de l'endroit, leur a rapidement démontré qu'une station de ski à la mode peut conserver des paysages exemplaires tout en excluant les travailleurs locaux faute d'habitations abordables (même pour le directeur du service d'urbanisme) et en entretenant des fermes sans agriculteurs, juste pour la carte postale. À quoi bon préserver le décor, si le résultat est de chasser du paysage tout ce qui peut nuire à sa mise en marché : la faune sauvage quand elle ne supporte pas les humains, l'agriculture quand elle attire les mouches, ou les travailleurs locaux quand ils ne peuvent plus se payer le luxe d'habiter chez eux…

Pour être loyal à sa mission, le GRAPP a donc décidé de réorienter son travail. Pour s'assurer que les paysages d'ici conservent leur authenticité et que leurs habitants puissent continuer d'y habiter, il a redirigé ses efforts vers la recherche des options au développement conventionnel du territoire rural. À Sutton, le défi était de taille. Lors du dernier recensement, il ne restait plus qu'une qua-rantaine d'agriculteurs, et par rapport au recensement précédent, le prix moyen des résidences avait bondi encore plus vite que dans le reste du Québec : 141 % d'augmentation au village et 89 % dans l'ancien Canton (ou les valeurs de départ étaient déjà très élevées), contre 65 % au Québec en général. Rien d'étonnant dans un monde où les beaux paysages se font de plus en plus rares, et deviennent en conséquence de plus en plus chers…

Mais la dégringolade agricole, la multiplication de châteaux au cœur d'habitats sensibles et l'exclusion des moins fortunés ne sont pas des fatalités dues aux inexorables lois du marché. Ce sont plutôt les conséquences de règles adoptées pour encadrer des activités tout à fait humaines, qui n'ont absolument rien de lois divines ou naturelles. Pour régler les pro-blèmes à la source, ce sont donc ces règles qu'il faut changer, plutôt que de culpabiliser les individus qui les suivent.

À titre d'exemple, le zonage à très basse densité adopté depuis des années par l'ancien Canton a permis de limiter en partie les conséquences visuelles de la villé-giature. En favorisant l'étalement et en réduisant l'offre potentielle de terrains, il a aussi fait monter en flèche le coût des propriétés et exclut les nouveaux arrivants incapables de se payer les cinq acres requis. Le zonage agricole a lui aussi permis de protéger le territoire, mais exclut des aspirants agriculteurs incapables de s'offrir les immenses propriétés dont le morcellement était interdit, alors que plusieurs se seraient bien contentés de quelques arpents de terre. Résultat des courses : les domaines de luxe ont été privilégiés au détriment de petites fermes viables et plus de la moitié du territoire agricole de Sutton est aujourd'hui occupé à des fins résidentielles.

En travaillant de concert avec la MRC pour favoriser l'accès à la terre et à l'habitation pour la relève agricole, en publiant le premier guide communautaire d'aménagement rural québécois basé sur des principes de « Smart Growth » et en faci-litant la réalisation d'un projet de lotissement écologique cité en exemple par le ministère des Affaires municipales pour sa contribution à la protection de la biodiversité, le GRAPP poursuit fidèlement son rêve de campagne viable, authentique et conviviale. Mais pour que ce rêve de-vienne réalité, il a besoin du soutien de tous les rêveurs éveillés. Pour mieux connaître le GRAPP, pour en devenir ou redevenir membre, ou pour partager de l'information, contactez-le à info@grapp.ca ou rendez-vous sur internet à www.grapp.ca.

Patricia Lefèvre, cordonnatrice
Pour le Groupe de réflexion et d'action sur le paysage et le patrimoine (GRAPP
)

Le Labohem, une introspection collective

C'est avant le dévernissage/party couronnant le Labohem, le 23 juillet dernier, que j'ai amorcé l'analyse de mon expérience au Labohem.

L'objectif du collectif du Labohem, rappelons-le, était de révéler par l'art l'identité culturelle de Sutton. Bien sûr, cela ne peut se faire en un mois, d'autant plus que le dévoilement de cette identité, de ce moi collectif, contribue à un mouvement déjà perpétuel.

Il y a un narcissisme inhérent dans ce regard posé sur notre ville, mais tout de même nourri d'altérité, de la découverte de l'autre. C'était fantastique, cette manière de passeport, de prétexte pour entrer dans la vie des citoyens et citoyennes composant la communauté de Sutton. D'abord, connaître les gens du collectif : l'Atelier du Bocal (Steve Marier, Martin Morissette, Stéphane Lemardelé et Jean-François Hamelin) auquel se sont greffés Simon Estérez, Jean-Pierre Chansigaud, Isabelle Grenier, Karine Théolis et moi-même. Un beau groupe sans diva divagante, marrant, attentionné, stimulé et stimulant. Des collaborations futures peut-être…

La communauté ensuite. Dans la démarche du Labohem, il y a une invitation à s'ouvrir à l'autre et à témoigner, à partager cette ouverture. Peut-être l'expression est-elle inappropriée, hyper-bolique, mais j'y vois quelque chose de religieux – qui relie. Quels que soient notre égocentrisme, notre individua-lisme, notre besoin farouche de solitude, nous faisons partie d'une grande assemblée humaine. Je croirais que rien n'y arrive sans que nous en soyons affectés d'une manière ou d'une autre, même à notre insu. Les gestes de création du Labohem devaient contribuer à relier ses membres à la communauté de Sutton, à tisser des liens entre ses citoyens. Une réussite? Du plus profond de notre cœur, nous le souhaitions.

Le Labohem a eu sa réponse lorsque la population de Sutton a afflué à la Légion pour le dévernissage. L'intégralité de la production y a été dévoilée, peintures, textes, photographie, musique et film. L'accueil a été d'une intensité bouleversante, les multiples félicitations nous ont fait transcender les lois de la gravité.

Il fallait être là pour entendre les spectateurs commenter et applaudir l'apparition d'un ami ou parent à l'écran lors de la projection du film. De l'inédit pour moi! D'ailleurs, par-delà la qualité des œuvres, je crois que ce que les citoyens et citoyennes ont apprécié, c'est le sujet, la démarche. « C'est un événement pour nous, pas pour les touristes, m'a dit, emballé, un conseiller municipal. » De la séduction à l'interne, quoi… Pour Ninon Chénier, le Labohem est de nature à renforcer l'identité collective d'un village. Un renforcement qui n'est pas pour autant exclusif, je l'espère, et qui peut inspirer d'autres communautés. D'ailleurs, le noyau du Labohem récidivera à Cowansville fin septembre, avec dévernissage le 22 octobre. Et peut-être serons-nous de retour à Sutton en 2011.

Denis Lord

Un nouveau médecin à la clinique de Sutton

L'équipe du Centre de Santé Sutton est fière d'annoncer l'arrivée prochaine de Dre Marie-Pierre Dion. Dre Dion commencera à pratiquer au début du mois de septembre à Sutton.

Le docteur Dion est diplômée d'un Doctorat en médecine de l'Uni-versité de Sherbrooke et a gradué en médecine familiale en 2005. Elle a pratiqué cinq ans dans la région de Joliette en milieu hospitalier (hospitalisation et gériatrie active).

Originaire de Cowansville, Marie-Pierre Dion revient s'établir dans sa région. Elle s'intéresse particulièrement au suivi des maladies chroniques et à la prévention chez les personnes âgées. Elle participera à la prise en charge de patients vulnérables qui n'ont pas de médecin de famille.

Son arrivée permettra notamment d'assurer une relève et de consolider l'équipe médicale déjà en place. Toute l'équipe est très heureuse de l'accueillir et lui souhaite la plus cordiale bienvenue!

Pour plus d'informations, appeler au Centre de Santé Sutton au 450 538-3983.

Hélène Hamel

L'art d'Hélène Gagnon : la loyauté du regard et de l'écoute

« Mon défi consiste à faire cohabiter le sauvage et le moderne... dans un monde contemporain. Afin que l'art retrouve sa véritable nature. »

Le projet « Autour d'une exposition 200 » m'a permis de connaître Hélène Gagnon en plein exercice de pédagogie artistique. Elle animait des ateliers de création auxquels étaient invitées les classes de jeunes, accompagnés de leurs enseignantes.

J'ai participé à la visite guidée de l'exposition. Je pourrais même souligner que j'ai observé Hélène écouter les jeunes, susciter les réactions des moins loquaces, expliquer les éta-pes de la création, répondre aux questions et reformuler au besoin. Le tout avec une simplicité, une maîtrise et une efficacité chaleureuses.

Hélène Gagnon a plusieurs cordes à son arc. Je n'allais pas tarder à découvrir quelques-unes de ses œuvres picturales et littéraires et sa fascination pour la vie « sau-vage ». Le carton de ses expositions 2008 à Bromont, où elle habite, représente un fragment de son grand tableau intitulé « L'ancêtre ». Cette patte noire au milieu des couleurs ensoleillées, c'est une main qui s'agite, une invitation qui vient de loin et qui sourit déjà.

Dans cette exploration des grands animaux, on retrouve un fauve sur fond bleu intitulé « Rôder », pour rôder doucement, « errer sur cette terre qui nous échappe », un buffle déguisé en montagne et quelques échantillons annonçant la série des bisons. Mais cette faune ne saurait se passer de la gent ailée. Alors, la chouette, « Oiseau nocturne observant le jour », s'est perchée à l'orée de la nuit.

Voilà que s'amène le visiteur aussi insouciant que gourmand : le raton « Démasqué »! qui sort de la toile, presque tout blanc. Son clin d'oeil coquin lui ga-gnera de nombreux fans et un jeune étudiant viendra même un beau samedi se faire prendre en photo en sa compagnie! Hélène signera volontiers des autogra-phes. Une exposition, n'est-ce pas un spectacle silencieux, subtil, et qui n'en suscite pas moins des bravos et des « encore »?

Hélène Gagnon est une artiste des mots. Voici comment elle décrit sa démarche : « Ce qui m'intéresse est la relation entre la nature, l'art et l'homme.

Une oreille à l'écoute du vent me guide
Là où l'esprit de la montagne se dresse.

Une forêt m'ouvre ses arbres…
Je parle de la forêt comme de cette amie d'enfance qui m'entoure de ses bras verts en me racontant la vie à travers ses silences.
L'entendez-vous?

Par le biais de recherches identitaires qui se fusionnent à des explorations picturales, je questionne le lien qui unissait notre espèce à son milieu naturel. En quête de ce chaînon manquant, j'entame un voyage intérieur qui me fait découvrir un étonnant bestiaire… Je suis en recherche constante de cet espace qui préconise la vie intuitive : lieu où l'homme et la bête enfin se retrouvent.

Inspirée par le monde végétal et animal, je me laisse entraîner dans une conversation où les voix intérieures et celles de l'environnement s'entremêlent, se répondent, faisant la plupart du temps émerger une image…

Ces lignes tracées au hasard font leur chemin dans l'œuvre, laissant apparaître des traits préliminaires ou des sillons, gravés, dessinés, qui subsistent à l'application de la peinture… Faire cohabiter le sauvage et le moderne… dans un monde contemporain. Afin que l'art retrouve sa vraie nature. »

Hélène Gagnon a obtenu un DEC en Arts et Lettres au Collège de Granby Haute-Yamaska, au début des années 90. Elle a étudié à l'Université de Sherbrooke et à celle de Bishop, où elle a obtenu un Baccalauréat en Arts visuels, avec mention « Studio Honours ».

Hélène poursuit actuellement sa démar-che du « journal créatif II », en compa-gnie d'Anne-Marie Jobin, qui dirige l'École le jet d'Ancre (Granby). Notre artiste cultive simultanément ses intérêts en littérature, grammaire et rédaction et ses recherches artistiques (« Art Education » à Bishop et « Pain-ting from Within » avec Bernice Sorge, 2008-2010).

Depuis 2007, Hélène Gagnon a participé à huit expositions collectives et signé trois solos; en juin dernier,
« La forêt m'ouvre ses arbres », son dernier solo, anima la salle Normand Gaudreau du Centre d'art de Dunham.

Un mot sur sa signature d'artiste : un petit totem à l'orientale, qui s'intègre magnifiquement au tableau
« nature ». Il ne serait donc pas étonnant de retrouver l'auteure dans une démarche de calligraphie artistique, explorant une nouvelle avenue.

En espérant une prochaine exposition, Hélène, nous te souhaitons d'heureuses randonnées sur des traces inédites et inspirantes.

On peut joindre l'artiste au 450 534-3986.

Lise F. Meunier

L'INTERNET HAUTE VITESSE DANS NOS CAMPAGNES :
PILE OU FACE… CACHÉE?

Côté pile

La MRC de Brome-Missisquoi implantera bientôt 47 pylônes pour déployer l'Internet haute vitesse sans fil WiMax sur l'ensemble de son territoire. Les programmes provincial et fédéral financeront 90 % des coûts d'installation, le 10 % restant étant assumé par les municipalités. Le réseau prévu sera administré par une coo-pérative sans but lucratif. Une façon de procéder qui met, à priori, les deniers publics au service de la communauté.

Les gouvernements volent ainsi au secours des populations rurales abandonnées par les gros fournisseurs. Les Vidéotron, TELUS, Bell et autres câblodistributeurs ont peu de profits à retirer de ces zones à faible densité de population. Ils sont d'autant plus frileux que pour obtenir les autorisations leur permettant d'ériger des pylônes, ils sont tenus de consulter les citoyens – un processus qui se complique lorsque la population s'y oppose.

Côté face cachée

Selon la réglementation fédérale en vigueur, une fois un pylône et son premier système d'antennes installés, les autres fournisseurs n'ont pas à consulter la municipalité ou la population pour y ajouter leurs antennes.1 En mettant en place eux-mêmes les infrastructures de base, les gouvernements permettront donc aux grands fournisseurs d'étaler leur réseau sans qu'ils aient à exercer le moindre effort ni à affronter la grogne des citoyens. On peut déjà imaginer la coopérative surpassée par la compétition… Et le paysage bardé d'antennes!

Mais là n'est pas le seul paradoxe dans ce dossier. La multiplication de l'offre mérite aussi réflexion.

En principe, on a besoin que d'un seul service Internet haute vitesse. Or, les normes actuelles ne limitent pas, en pratique, le nombre de fournisseurs. Dans les endroits présentement bien desservis, les internautes peuvent choisir entre six compagnies différentes, sans compter les services par satellite. S'ajoutent à cela les Wi-Fi locaux offerts dans les lieux publics.

Il y a 100 ans, la Ville de Montréal était complètement défigurée par un enchevêtrement de fils électriques. Dix-sept compagnies distribuaient l'électricité à leurs clients, sans aucune réglementation municipale (voir photo). Le passé se rejoue devant nos yeux, sauf que mainte-nant les connexions sont invisibles. En fait, la situation est bien pire! Imaginez le même foisonnement, mais partout et dans tous les sens à la fois, jusque dans les moindres recoins de votre chambre à coucher.

Où est le problème? Les risques pour la santé.

Avec 5 à 10 ans d'avance, les Européens ne peuvent plus nier l'évidence des effets néfastes possibles des technologies sans fil sur la santé humaine.2 En avril 2009, le Parlement européen, dans un effort pour réduire l'exposition du public là où c'est possible, demandait à ses états membres « d'envisager promouvoir la technologie avec fil pour la communication de données ».3 Oui, à l'Internet haute vitesse, mais pas par la voie des airs. Simple loyauté au principe de précaution : devant un danger possible pour la santé, réduire les risques jusqu'à ce que preuve soit faite de l'absence de ce danger.

En matière de principe de précaution, on est aussi en droit de se demander s'il est raisonnable d'exposer l'ensemble de la population aux micro-ondes pour un service qui ne vise que 10 à 20 % de ceux qui n'y ont pas déjà accès. Un sondage des besoins réels aurait tôt fait de donner l'heure juste.

Tout compte fait, le concept de la coopérative n'est peut-être pas si bête. Pourquoi ne pas le mettre au service de la « nationalisation » de l'Internet haute vitesse avec fil dans chaque MRC? Cela permettrait de préserver des zones « blanches » à faible pollution électromagnétique dans nos campagnes. Les familles qui souhaitent rester loyales au principe de précaution et les électrohypersensibles graves, dont le nombre est en augmentation fulgurante, pourraient échapper à ce qu'il serait maintenant convenu d'appeler la « pollution invi-sible imposée ».

Suzanne Cazelais

Références :

1) Industrie Canada. Systèmes d'antennes de radiocommunication et de radiodiffusion – CPC-2-0-03, [en ligne], 4e édition, janvier 2008, p. 9 : 6. Exclusions, deuxième point.

2) Parlement européen. Résolution du Parlement européen du 2 avril 2009 sur les préoccupations quant aux effets pour la santé des champs électromagnétiques (2008/2211 (INI)), [en ligne], Textes adoptés P6_TA(2009)0216, point B.

3) Parlement européen. Déclaration écrite sur les risques de l'exposition aux champs électromagnétiques résultant de l'utilisation des technologies sans fil, [en ligne], 21 avril 2009, point 5, DC\780060FR.doc

Loyal, le PARC D'ENVIRONNEMENT NATUREL DE SUTTON? Oui!

Qu'est-ce qui inspire, motive le PENS? Quand le PENS, par l'intermédiaire de ses responsables, définit ses actions et prend position à l'égard de toutes sortes de sollicitation du milieu, qu'est-ce qui lui sert de point d'ancrage pour définir concrètement ses choix? Et bien, c'est la loyauté à sa mission, la fidélité à ses buts!

Le PENS a été créé dans le but d'offrir un service à la collectivité, de gérer et d'entretenir des sentiers de randonnée, d'observation et d'interprétation de la nature et de promouvoir diverses autres activités liées à la protection et à la conservation de l'environnement. Depuis sa création et à travers les années, cette mission s'est manifestée de diverses manières.

Dans le contexte socio-économique et communautaire actuel, la randonnée pédestre (la raquette pendant l'hiver) est de plus en plus perçue comme un attrait touristique, un produit d'appel pour amener des consommateurs de tourisme dans la région. Les intervenants, dont le rôle est d'organiser l'offre touristique ainsi que les commerçants qui souhaitent bénéficier de leur part de retombées s'activent avec des projets tous plus stimulants les uns que les autres. Et le PENS est également sollicité de toutes parts.

Comme toute organisation sans but lucratif, le PENS parvient à offrir ses services en demandant une modeste contribution à tous ses utilisateurs par le biais d'un billet journalier et d'une carte de membre annuelle. Cet organisme bénéficie de quelques subventions et du soutien de bons citoyens qui accordent des droits de passage sur leur terrain. Et que dire de tous ces gestes bénévoles! Les responsables du PENS n'ont qu'à bien gérer ces quelques ressources pour respecter sa mission. Le cap reste clair : la protection de l'environnement en favorisant l'accès à la nature et à des activités de sensibilisation.

Alors, quand le PENS reçoit une demande de s'associer à un regroupement, de devenir un membre actif ou de fournir du personnel pour une activité à but commercial, il se demande d'abord comment cette requête va lui permettre de réaliser sa mission, comment elle rejoint les enjeux de protection et de conservation de la nature et si ses ressources lui permettent d'y acquiescer. Et voilà comment la loyauté l'inspire et explique ses choix !

L'Assemblée générale annuelle du PENS

L'assemblée générale annuelle du PENS a été tenue le 6 juin. Le conseil d'administration élu pour la prochaine année se compose de mesdames Johanna Ryffel, Liette Métras, messieurs Jean-Marc Lareau, Frank Ruiz, Yvon Fleury, administrateurs, M. Richard Falcon, secrétaire, M. Réal Michon, trésorier, Mme Thérèse Leclerc, vice-présidente, M. Jean Compagna, président.

Concours annuel de photos

Afin de partager la beauté de la nature et de la montagne, faire connaître ses sentiers, les protéger et mieux les apprécier, le PENS organise encore cette année son con-cours de photos. Pour connaître les conditions d'admissibilité, les caté-gories et les modalités de participation, veuil-lez consulter le site www. parcsutton.com. Avis à toutes et tous les intéressés.

Nouveautés et activités à venir pour l'au-tomne

Un nouveau type d'a-bonnement est maintenant disponible pour les randonneurs amoureux des Cantons-de-l'Est. Le Passeport des montagnes vertes, une carte de membre annuelle, donne l'accès aux sentiers de la Réserve naturelle des montagnes vertes, des Sentiers de l'Estrie et du Parc d'environnement naturel de Sutton. Il est offert pour 90 $ par les trois organismes partenaires de cette initiative, entre autres, aux guérites du PENS.

Un outil de découverte et d'exploration sera disponible pour agrémenter les sorties en groupe et en famille dans ce milieu naturel. En effet une Biotrousse des massifs des monts Sutton sera disponible. C'est une version adaptée à notre région qui est le fruit d'un projet initié par la Biosphère d'Environnement Canada et d'une collaboration avec le CLD de Brome-Missisquoi et différents intervenants du milieu.

Pour toutes ces activités, il est nécessaire de réserver en appelant au 450 538-4085 ou par courriel à : info@parcsutton.com

Thérèse Leclerc

LA LOYAUTÉ COMME OXYMORE

Bandes dessinées et musiques

Par Ramon Vitesse

La loyauté fait figure de sujet trompe-l'œil pour tout ce qui touche à la politique... Marc-André Cyr, à propos du G20 à Toronto, écrit dans Le Couac de juillet-août 2010 : « Comme toujours, la violence dépeinte par les scribouilleurs en laisse est attribuée à ceux qui la subissent. » QUAI D'ORSAY, Chroniques diplomatiques (Dargaud) de Blain et Lanzac, ce dernier qui part de sa propre expérience au cabinet de ministres, a quelque chose de fascinant tant formules toutes faites et quelques mots assemblés peuvent être assénés au point de perdre jusqu'au simple bon sens pour devenir n'importe quoi : « Chacun doit tendre la main vers l'autre » - un coup de matraque avec ça?! BILL BAROUD (Big collec', Fluide Glacial) de Manu Larcenet rassemble les quatre premiers albums de cet agent secret « au service de la sécurité du monde civilisé, du monde libre et de la chrétienté.»

Cette collection d'histoires courtes narre autant de missions d'un formidable balourd en lieu et place du baroud annoncé… Systématiquement, il se fait utiliser pour préserver l'ordre établi, l'injustice galopante et la domination des forts sur les faibles! J'AI PAS TUÉ DE GAULLE, Mais ça a bien failli… (Bayou, Gallimard) de Bruno Heitz dépeint un tire au flanc s'adonnant au vol de voiture pour le compte d'un cupide concessionnaire automobile. Surpris par une vieille connaissance et fanatique de droite, il acceptera, puisqu'on le fera chanter, de marcher dans des meurtres; dont celui de De Gaulle qu'il fera cafouiller in extremis. Un polar français à l'ancienne vaguement autobiographique qui cite Simenon : « Tout est vrai sans que rien soit exact.» LE ROI CASSÉ (Casterman) de Dumon-theuil a quelque chose de jubilatoire en passant à la moulinette le concept de héros national en la personne d'un déserteur notoire. Il s'agit de la chronique du dernier mort de la guerre avant sa dernière heure. Pour la peine, les autorités, de connivence avec Dieu, lui offrent une autre identité pour revivre après le coup de théâtre. Sa résurrection le perdra. Il deviendra littéralement décalé du monde, de ses proches à qui il répétera : « Mais, je suis là! C'est moi! » LINCOLN, 6. French Lover (Paquet) d'Olivier, Jérôme & Anne-Claire Jouvray présentent ce personnage roublard toujours tiraillé entre le Bon Dieu et le diable pour unwestern-spaghetti. Dans cet épisode, Lincoln accompagne une révolutionnaire qui croyait bien en avoir fini avec la lutte… C'était sans compter avec des partisans trop loyaux pour être crédible et des ennemis qui persistent à maintenir le symbole de liberté à abattre.

La loyauté envers soi-même passe invariablement par la quête de liberté de tous instants et jusqu'au dernier souffle… NIETZSCHE, Se créer liberté (Le Lombard) de Michel Onfray et Maximilien Le Roy retrace la vie de celui qui pourfendait le croyant – « nécessairement un homme dépendant, incapable de se poser lui-même comme fin. » Cette croyance pouvait prendre la forme du travail « qui constitue la meilleure des polices, qu'il tient chacun en bride et s'entend à entraver puissamment le développement de la raison, des désirs, du goût de l'indépendance… » Un livre révélateur pour le moins! LA VISITE DES MORTS (Glénat Québec) de Philippe Girard narre la prise de conscience d'un terne fonction-naire qui, soudain, se découvre une pertinence, hors du confort et de l'indifférence, à prononcer désormais et quotidiennement des discours en l'honneur de défunts. Sa lune de miel avec la vie capote le jour où il s'exécute (!) à propos d'un tueur à gages ayant passé l'arme à gauche… Mais, il aura vraisemblablement vécu au bout du compte. SARAH COLE, Une histoire d'amour d'un certain type (Futuropolis) de Grégory Mardon d'après Russell Banks traite, impitoyablement, de loyauté dans une situation amoureuse étriquée entre un bel et riche avocat et une femme monoparentale que la vie et l'usine n'ont pas gâtés. À grand renfort de gris, l'amour naissant se noie dans un abîme de mensonges, d'exigences et d'un manque de loyauté aussi appelé haine. CADAVRE EXQUIS (Bayou, Gallimard) de Pénélope Bagieu, sous des dehors de conte de fées dévoile la supercherie d'un auteur à succès auprès de tous - il relance sa carrière en se faisant passer pour mort, mais surtout d'une jeune inconnue qui, finalement, a cru en son prince charmant. À l'opposé, dans un registre terrifiant, JOURS DE CENDRE (Sarbacane) de Joseph Falzon superpose une invasion militaire, la fourberie d'une connaissance avec sa femme et une vengeance qui tourne littéralement au cauchemar; notamment à l'amputation et à la violence. Le tout, sans paroles aucune! SECONDE CHANCE (KSTR) d'Ozanam et Renart adopte le mode du flash-back pour tenter de comprendre la défection d'un tueur à gage vedette. Cette dernière faisant figure de super héroïne s'avérera être un ange; mieux la vierge des tueurs, la madone des voleurs. LA FILLE INVISIBLE (Glénat Québec) nous ramène sur le plancher des vaches, de l'anorexie – Émilie Villeneuve et Julie Rocheleau, conseillées par le Dr. Jean Wilkins du CHU Ste-Justine, réalisent une fiction réalité sur une forme d'emprisonnement à l'intérieur de son propre corps. Si l'album est fort bien dessiné, on nous permettra de douter que l'image des mannequins n'ait rien à voir avec certains cas d'images au petit poids extrême que certaines s'imposent tel un diktat corporel et intellectuel.

En musique, DOMLEBO, Grand naïf (indépendant) démontre que, même en ayant été de l'aventure des Cowboys Fringants, on puisse avoir envie de quitter la routine pour voler, même en toute modestie, de ses propres ailes - Dans Laissé pour mort Dom parle de son désir quant à se réapproprier le détonateur de sa vie. BERNARD ADAMUS, Brun (Grosse Boîte) dans la lignée d'un Plume Latraverse qui aurait rencontré Tom Waits reste fascinant et authentique – qu'adviendra-t-il de lui avec autant d'attention publique et média? LE HUSKY, La fuite (Grosse Boîte) propose le deuxième jalon d'un projet électro rock un brin acoustique où les textes d'amour un peu épeurants sonnent justes. Comme on dit, un chat, ça ne ment pas; à lui le mot de la fin : THE CAT EMPIRE, Cinéma (Maple Music / Indica) nos Australiens récidivent dans un lounge rock aussi félin qu'imprévi-sible…

Phylogenèse

Il existe, en psychothérapie, un outil qui utilise une analogie évolutive pour illustrer les phases psychologiques d'une personne. On tire parti d'archétypes des stades de « vie », qui, par leurs caractéristiques, illustrent l'état de la personne. Ces archétypes sont : le minéral (la matière), le végétal, l'animal, l'humain et le divin. Avec comme postulat le fait que chaque personne passe d'un archétype à l'autre de manière épisodique, ce genre d'outil de croissance est à la fois profond et tout à fait ludique. Par exemple; si j'emploie le terme « végéter » pour parler d'une journée où je n'ai d'autre envie que de rester écrasée dans un fauteuil, il y a de fortes chances pour que je sois dans un état représenté par l'archétype du végétal. Or que font les végétaux dans la vie? Ils exposent leur feuillage au soleil et enfouissent leurs racines dans la terre, de manière apparemment passive. Le but de l'exercice étant d'aller puiser ce dont ils ont besoin pour s'épanouir et progresser dans leurs cycles de vie. Analogie facile? Peut-être. Je peux tout de même utiliser cette observation pour considérer ma journée « couch potato » comme un moment privilégié au cours duquel je peux, soit faire le plein, soit permettre passivement à ce qui sommeille en moi de se transformer en fleur!

Dans le précédent numéro du Tour, je vous parlais de la chlorella. Il y était question de son apport en protéines, en minéraux et oligo-éléments. Je vous ai aussi parlé de sa haute teneur en chlorophylle, aspect primordial la classant parmi les substances les plus détoxifiantes qui soient. Des microalgues connues, comme la spiruline et les « blue green » sauvages, la chlorella est la plus riche en chlorophylle.

Allons un peu plus loin.

Sa membrane externe est très résistante, ce qui la rend inassimilable sous sa forme naturelle. Par contre, cette même membrane lui confère de grandes propriétés médicinales. Comme je disais dans le précédent article, elle forme une cage qui capte et emprisonne nombre de toxines dangereuses emmagasinées par le corps, permettant de les éliminer sans danger. On peut aussi voir la robustesse de la coquille protectrice de la chlorella comme une référence à son travail sur le renforcement de nos propres cellules. Cet élément expliquerait peut-être pourquoi la chlorella est à ce point tonique pour notre système immunitaire. Mais, il y a aussi une explication scientifique à cela; de tous les aliments, qu'ils soient d'origine animale ou végétale, les microalgues (mais surtout la chlorella) sont les plus grandes sources d'acide nucléique (ADN/ARN) assimilables. Absorbés par un humain, ces acides nucléiques favorisent le renouvellement cellulaire. La chlorella est donc particulièrement intéressante pour les enfants en plein développement, les adultes exténués, les personnes âgées, pour accélérer la guérison de blessures, et dans des cas de troubles dégénératifs ou de chimiothérapie. Notez qu'elle stimule la reproduction des cellules normales, non pas de celles impliquées dans un processus de reproduction pathologique, comme les tumeurs.

Malgré sa puissance, elle est la plus douce de toutes les microalgues, la plus sécuritaire et la plus tonique.

Les qualités de la chlorella bénéficient d'un large bagage d'appuis scientifiques. Aucune contre-indication connue, ni pour les enfants, ni pour les personnes âgées. Les femmes enceintes ou allaitantes peuvent cependant porter attention au fait que la chlorella est détoxifiante, mais que normalement les toxines seront éliminées via les selles.

Il importe de bien choisir la source de chlorella avant d'acheter. La compagnie Sun Chlorella peut être considérée comme la Rolls Royce de cet aliment. ChlorEssence de Sequel Naturals est aussi un produit de qualité. La posologie quotidienne de base est de trois grammes. Cinq grammes sont recommandés pour une plus grande action détoxifiante.

Commencez tranquillement, puis augmentez la quantité chaque semaine jusqu'à la dose désirée. Il est préférable de répartir la dose quotidienne en deux ou trois parties, idéalement prise avant les repas et mastiquée quelques secondes. Le fabricant New Chapters offre des gélules de chlorella, alternative intéressante pour ceux que le goût rebute.

La chlorella fait donc partie des loyaux éléments qui, subtilement, aident l'humain dans chacun des stades archétypaux. Qu'on se sente écrasé sous une tonne de roches, ou complètement légume, ou encore comme un petit animal apeuré!

Et puis, cette microalgue contient le souvenir de l'éclosion de la vie sur terre. S'en imprégner suggère la possibilité d'intervenir dans l'appa-rente confusion humaine qui règne en maître sur cette planète!

Annie Rouleau, Herboriste
annieaire@gmail.com

Références :

- Healing with Whole Food, par Paul Pitchford, Éd. North Atlantic Books © 1993, 1996, 2002
- The Energetics of Western Herbs, par Peter Holmes, Éd. Snow Lotus ©1989, 1993, 1997

Un loyaliste

Les loyalistes sont des colons américains qui demeurèrent fidèles à la Grande-Bretagne durant la guerre de l'Indépendance américaine. Lorsque la Grande-Bretagne a été défaite, des milliers de loyalistes ont été chassés ou durent s'enfuir des États-Unis vers l'Amérique du Nord britannique ou ailleurs dans l'Empire britannique.

Sir John Johnson, un leader loyaliste durant la Révolution américaine, est né en 1741 à Johnstown, dans la vallée de la Mohawk, province de New York. Son père William Johnson, qui avait émigré d'Irlande encore tout jeune homme, était devenu le plus riche propriétaire foncier de la province de New York. William Johnson occupait le poste de surintendant général des Affaires indiennes pour le gouvernement britannique.

Pendant la guerre de Sept ans, alors que les Français et les Anglais se battaient pour le contrôle de l'Amérique du Nord, John, âgé de seulement treize ans, accompagna son père et participa comme volontaire à la bataille du lac George, où son détachement eut le dessus sur les troupes françaises. En reconnaissance de leur participation, William Johnson obtint le titre de baronet de la province de New York; quant à John, il fut fait chevalier en 1765.

En 1773, John Johnson épousa Mary Watts affectueusement nommée Polly, la fille de John Watts, président du Conseil des Affaires coloniales, à New York. Ils eurent onze enfants. À la mort de son père en 1774, Sir John hérita du titre de baronet ainsi que des vastes propriétés de son père, y compris le Johnson Hall, possessions qu'il dût abandonner quand il fut forcé de fuir vers la Province of Quebec en 1776.

En effet, lorsque les hostilités éclatèrent dans les colonies britanniques d'Amérique, Sir John resta loyal à la Couronne. Il fut alors obligé de fuir pour éviter d'être capturé par les troupes rebelles. Arrivé à Montréal, il forma le King's Royal Regiment of New York, également appelé les Royal Greens. Ses troupes firent de fréquentes incursions dans la vallée de la Mohawk pour s'en prendre aux forces rebelles. En 1782, Sir John Johnson fut nommé brigadier général des troupes provinciales.

Lorsque la Révolution américaine prit fin, ceux qui avaient déjà fui les États-Unis comprirent qu'ils ne seraient plus jamais autorisés à retourner sur leurs terres. Tous les biens personnels de Sir John Johnson ainsi que de milliers d'autres loyalistes furent confisqués. Sir John se vit alors confier la tâche d'aider les loyalistes à s'établir dans leur nouveau pays. En 1784, il organisa et supervisa l'établissement de milliers de loyalistes dans les régions du haut Saint-Laurent et de la baie de Quinte, devenant ainsi le fondateur de la province de l'Ontario. Puis, il fut nommé surintendant général et inspecteur général des Affaires indiennes dans les deux Canada. Plus tard, il devint membre du Con-seil législatif. En résumé, Sir John Johnson, un loyaliste de grande renommée, fut une personne très influente autant dans le Bas-Canada que dans le Haut-Canada.

Il est décédé en janvier 1830 à l'âge de 88 ans. Son service funèbre eut lieu dans la cathédrale Christ Church sur la rue Notre-Dame. Montréal n'avait jamais vu une procession funèbre aussi grandiose. Il fut inhumé dans le caveau familial, sur le mont Johnson maintenant connu sous le nom de mont Saint-Grégoire, dans la municipalité de Mont-Saint-Grégoire, non loin de Saint-Jean-sur-Richelieu.

Au moment de son décès, Sir John Johnson était propriétaire de la seigneurie de Monnoir et de la seigneurie d'Argenteuil. Bien qu'il possédait plusieurs résidences, notamment à Montréal et dans la région de Kingston, à mesure qu'il vieillissait, il préférait demeurer dans la petite maison qu'il s'était construite au pied du mont qui portait son nom. C'est là que le caveau familial a été construit et où son épouse Polly a été inhumée en 1815, ainsi que quatre de leurs enfants. Ce caveau a été accidentellement détruit au bulldozer il y a plus de 50 ans, et présentement plusieurs associations, dont la Sir John Johnson Centennial Branch of the United Empire Loyalists' Association of Canada, cherchent à le restaurer.

Michel Racicot, généalogiste Sir John Johnson Centennial Branch, UELAC

 

Loyauté et Jazz

Il y avait les loyalistes fidèles au roi Georges qui, par conviction, quittèrent ce qui devint les États-Unis d'Amérique pour venir s'établir au Canada où ils fondèrent les Cantons-de-l'Est. Il y a aussi des gens loyaux envers les marques de commerce, qui ne jurent que par les produits qu'ils achètent et ne changeraient ces derniers pour rien au monde.

Et il y a les amants du jazz! Considérés par certains comme des intellectuels, ce sont ces claqueurs de doigts, ces remueurs de tête, ces tapeurs de pied. En fait, ceux qui sont dans le vent et sur la vague, et qui se sentent vivifiés par l'esprit du jazz. Ils sont loyaux envers une musique à la fois accessible et inaccessible, mais toujours bien présente et vivante; une musique ancrée dans ses racines et en perpétuel ressourcement.

Année après année, les amoureux de cette musique continuent d'écouter les sonorités glorieuses, bleutées et excentriques du Festival de jazz de Sutton. Ces mélomanes à la passion contagieuse piquent la curiosité de leurs proches qui sont emportés à leur tour dans un tourbillon de performances excitantes. On peut y entendre le son de la Nouvelle-Orléans, l'interprétation virtuose des classiques, les oeuvres contemporaines qui défrichent de nouveaux territoires, les harmonies consonantes ou dissonantes, et les rythmes entraînants ou chaotiques du jazz...

Ces loyaux partisans, leurs amis ainsi que les nouveaux initiés auront plusieurs raisons de se réjouir en venant assister aux concerts de cette 9e édition. La programmation riche et variée, dixieland, swing, bop, jazz-rock et autres styles, vous en mettra plein la vue… heu, les oreilles, enfin les deux! Il y aura des artistes bien connus comme de jeunes talents prometteurs, des chanteuses, des pianistes, des batteurs, des cuivres, etc. Tout ce beau monde se retrouvera à Sutton pour célébrer le jazz d'ici et d'ailleurs.

Du vendredi 17 septembre jusqu'au samedi 9 octobre, pendant 4 fins de semaine, Sutton jazz!

Une vingtaine d'événements seront présentés dans 8 endroits différents. Les spectacles des vendredis et samedis soir seront présentés au cœur du village, à la Salle Alec et Gérard Pelletier.

Marie-Claire Durand et son quintette de jeunes talents, dont l'excellent trompettiste David Carbonneau, donnent le coup d'envoi le vendredi 17 septembre avec des compositions originales. Le samedi 18, le festival est fier d'accueillir la très appréciée Susie Arioli, accompagnée du remarquable Jordan Officier et de Bill Gossage. Les membres du Hot jazz Quartet avec l'incroyable Michael Hynes aux claviers, fouleront les planches le vendredi 24 septembre. Le samedi 25, on pourra entendre Gadji-Gadjo, et sa musique du monde festive, métissée et colorée. Le vendredi 1er octobre, ce sera le quartet montréalais Trioxyde dirigé par l'excellent guitariste Jean-François Girard. Le samedi 2, le Homebrew Dixieland Band inaugurera une nouvelle formule souper spectacle (buffet aux saveurs de la Louisiane servi dans la salle même). The Organic Panic revient le 8 octobre avec sa nouvelle formation qui explore les compositions électro-jazz-rock du bassiste Simon Estérez. Le festival terminera sa série en salle le samedi 9 octobre avec le trio du virtuose pianiste américain Taurey Butler, accompagné d'Éric Lagacé et de Wali Muhammad. Après le concert, les amateurs sont conviés au Bistro Beaux-Lieux à un « jam session » endiablé pour la fête de clôture du festival! Une soirée éblouissante en perspective à ne pas manquer.

Des spectacles seront présentés gratuitement : les jeudis soir au Mocador, les samedis de 11 h 30 à 13 h 30 sur la terrasse de La Rumeur Affamée, les samedis et dimanches en après-midi au Cafetier au Tintoretto, et À La Fontaine; sur la montagne le 25 septembre 14 h, dans le cadre de l'événement Panoramaduod'lacôte et le dimanche 26 septembre à 12 h à la foire environnementale Écosphère.

Le Festival de jazz de Sutton est une occasion unique de profiter des couleurs majestueuses du paysage automnal en venant découvrir à des prix très abordables quelques-uns des meilleurs musiciens de jazz de la province dans une atmosphère intime et chaleureuse.

Pour plus d'information : www.festival-jazz-sutton.com

Stanley Lake
(traduction et adaptation Simon Estérez aidée de Marie Dansereau)

Une approche holistique en dentisterie

Dre Julie Lafrance est une dentiste holistique diplômée en médecine dentaire depuis 1989 et membre de l'Ordre des Chirurgiens Dentistes du Québec. Elle a ensuite enrichi son parcours professionnel de diverses formations visant une approche en santé globale et en dentisterie telles la psychohypnodontie, l'ostéopathie, l'homéo-pathie, la naturopathie, la réflexologie et la biocompatibilité pour n'en nommer que quelques-unes. Ses études en ostéopathie l'ont ouverte non seulement sur l'impact des traitements dentaires sur le reste du corps, mais également sur le lien dents-mâchoire-tête-cou.

Dre Lafrance utilise des médicaments homéo-pathiques et d'autres produits naturels pour travailler en prévention et en cas d'urgence. Ils permettent de minimiser l'utilisation de produits chimiques et d'éliminer les effets secondaires reliés aux médicaments et aux traitements dentaires. Dans bien des cas, il est possible d'éviter la prise d'antibiotiques, de diminuer la douleur et de favoriser l'autoguérison ainsi que l'inté-gration de la conscience de tout le système masticatoire en lien avec le reste du corps. Tous les organes du corps sont interreliés. Par exemple, avec des notions de médecine chinoise et de réflexologie, il est possible d'avoir des pistes pour comprendre pourquoi une dent est atteinte et ainsi favoriser sa guérison dans sa globalité.

Cette approche rime avec « loyauté » envers soi-même et l'environnement puisque l'équilibre écologique englobe le corps et l'environnement. Sa démarche vise à réduire l'utilisation de substances chimiques dans l'organisme et dans la nature. À la demande du patient, elle procède à des traitements sans anesthésie et utilise des méthodes plus naturelles comme l'homéopathie, l'ostéopathie et la réflexologie. Dre Lafrance aime laisser la chance au corps de s'auto guérir. De plus, elle utilise des matériaux dentaires biocompatibles, c'est-à-dire non agressant pour l'organisme en tenant compte de leur efficacité et de leur durabilité.

Dès que l'on entre chez le dentiste, nos sens sont assaillis de toute part : les odeurs, les bruits et même la vue réveillent chez la plupart des personnes des ancrages de toutes sortes rappelant aux cellules du corps ses expériences passées. C'est pourquoi l'approche de l'équipe de Dre Lafrance est axée sur l'accueil, le respect et la douceur afin d'être loyale envers l'être humain dans sa globalité.

Renseignements : Julie Lafrance 450 919-1199

Catherine Lapointe

Le ciel d'été et les astérismes

Toujours au rendez-vous, l'été est arrivé et se fait bien sentir. L'automne approche rapidement aussi! À l'image des saisons, le ciel change graduellement au cours de l'année. Nous pouvons dire qu'il y a un ciel pour chaque saison. Et ce ciel, majestueux et toujours là – loyal envers nous – sera le sujet de cette chronique sur l'astronomie. Je vais ici vous parler du ciel d'été.

La première figure caractéristique de ce ciel est sans nul doute le Triangle d'été. Ce fameux triangle est composé de trois étoiles très brillantes. Il s'agit d'Altaïr, de Véga et de Deneb. Ne cherchez pas le Triangle d'été parmi les 88 constellations, car ces trois étoiles appartiennent toutes à des constellations différentes. Altaïr appartient à la constellation de l'Aigle, Véga appartient à la constellation de la Lyre et Deneb appartient à celle du Cygne. Comme il s'agit de trois étoiles brillantes, on dit qu'elles forment ensemble un triangle et cette figure est en fait, un astérisme.

Souvenons-nous, néanmoins, que les constellations ne sont que des « dessins » imaginés par l'homme pour mieux se reconnaître et se démêler avec le ciel. Et, si nous le voulions, nous pourrions redessiner toutes les constellations. On pourrait y inclure officiellement le Triangle d'été, et aussi y ajouter la constellation du … Vélo! D'ailleurs, certains peuples consi-déraient le Triangle d'été comme une constellation dans leur cartographie du ciel. Je vous en reparlerai peut-être dans une prochaine chronique…

Un autre astérisme très connu, par ailleurs visible toute l'année et que vous avez sans doute un jour remarqué, est le fameux chaudron de la Grande Ourse. Lors de votre prochaine sortie par une belle soirée étoilée, levez la tête et repérez ces deux astérismes. Si votre ciel est assez sombre et vos yeux suffisamment habitués à la noirceur, vous remarquerez que le Triangle d'été vous indiquera un autre beau spectacle : celui de la Voie lactée. Notre galaxie que nous pouvons contempler de l'intérieur.

Certains diront que le Triangle d'été est visible toute l'année. Toutefois, c'est seulement en été qu'il demeure dans le ciel du soir jusqu'au matin. L'équivalent en hiver est Orion qui comprend plusieurs étoiles très brillantes, dont Bételgeuse et Rigel, respectivement bleue et une rouge. Orion n'est pas visible l'été, mais annonce l'hiver, car elle recommence à paraître à l'automne avant de se lever complètement dans le ciel d'hiver. Surveillez-la avant le lever du Soleil cet automne.

Fait marquant cet été, il sera possible, muni de bons instruments, d'observer toutes les planètes du système solaire au cours de la même nuit. Difficile de ne pas voir Vénus briller avec force dans le ciel au nord-ouest le soir; Saturne expo-ser à nouveau ses fabuleux anneaux et Mars montrer son aspect rougeâtre. Jupiter arrive plus tard en soirée et trône, comme il se doit, sur le ciel entier. La petite Mercure se dévoile timidement juste avant le lever du Soleil sans oublier les deux soeurs jumelles, Uranus et Neptune, qui sont également visibles, mais seulement au télescope. Si vous n'avez pas de télescope, n'oubliez pas qu'avec des jumelles, vous pouvez apercevoir bien des choses invisibles à l'oeil nu. Profitez-en donc pour les tirer du tiroir et les dépoussiérer un peu!

Venus, Mars et Saturne se comportent un peu comme un train cet été. Elles se suivent à la queue leu leu pour se coucher à l'ouest, après le coucher du Soleil. Ne les manquez pas, vous pourrez les voir à l'oeil nu. Jupiter sera dans le ciel plus tard dans la nuit et il sera possible de voir Mercure très près du Soleil à son lever – attention à vos yeux! Mais si vous la ratez, profi-tez du spectacle, un lever de Soleil est toujours magnifique à observer!

Au mois d'août, nous ne pouvons passer sous silence la pluie d'étoiles filantes des Perséïdes. Vous les avez peut-être observées autour du 12 août.Ce sont des poussières laissées dans le sillage de la comète Swift-Tuttle que la trajectoire de la Terre vient croiser chaque année vers les mêmes dates.

En espérant que le ciel, comme un ami loyal, vous permet d'être en sa compagnie quand vous relativisez vos bonheurs et vos petits problèmes.

N'hésitez pas à me faire parvenir vos commentaires, suggestions et questions : dhaulagiri@hotmail.com

Eddy Szczerbinski

La 9e édition de Sutton en Blues

Les Productions Kazou dévoilent la programmation de la 9e édition de Sutton en Blues. Encore une fois, le programme de cette édition regorge de talents, de surprises et de coups de cœur. Cette année, dans le cadre des célébrations de la 10e édition en 2011, les spectateurs seront appelés à voter pour leurs trois groupes favoris des années antérieures. Les groupes qui auront reçu le plus grand nombre de votes feront partie de la programmation de l'édition « Anniver-saire. Les participants auront droit à un bulletin de vote par spectacle. Donc, plus vous serez loyaux à la série, plus vous aurez de chance de voir vos favoris en 2011. Mentionnons que l'achat d'un passeport 2010 (nombre limité) vous donne droit à deux billets pour le spectacle de Dawn Tyler Watson Jazz Project au Tournesol le samedi 2 octobre, une formidable entrée en matière pour cette saison tout en Blues!

Quoi de mieux que de lancer la série, le 16 octobre, en enflammant le plancher de danse avec le Lewis Dave Band? Un piano Boogie Woogie, comme on n'a pas encore entendu à Sutton en Blues. Il a été en nomination pour l' « Artiste de la relève et Groupe révélation » au Lys Blues en 2009 et s'est classé 2e à « Relève en Blues » du Festiblues de Montréal. Le style de Lewis Dave s'inspire d'artistes tels que Jerry Lee Lewis, Little Richard, Ray Charles, B.B. King, Dr. John et Kenny 'Blue Boss' Wayne.

Le 23 octobre présente le retour d'un des grands guitaristes de blues : Christian Malette. Longtemps avec Bob Walsh, il a disparu de la scène Blues pendant quelque temps pour accompagner Céline Dion, Marjo, Laurence Jalbert et Susie Villeneuve. Christian vient renouer avec ses racines pour notre plus grand plaisir. Généreux, talentueux, son « Blues for an Angel » est une pièce d'anthologie du Blues de tous les temps, une des plus belles surprises de cette édition, un vrai coup de cœur.

Le Louis Janelle Blues Band sera sur la scène le samedi 30 octobre. C'est un groupe dont le répertoire est ancré dans le Swamp Blues louisianais et qui rappelle les Lazy Lester, Slim Harpo, Lightnin' Slim et autres. Ajoutez-y une touche du Chicago Blues des Muddy Waters, Little Walter, Howlin' Wolf et c'est une soirée de bon vieux Blues. Comme c'est l'Halloween, ils promettent du latino pour ajouter à la fête sur le plancher. La totale, quoi?

Le 6 novembre, c'est au tour de Clio & The Blues Highway. Clio est née à Montréal et a grandi à New York. Elle a connu la scène dès l'âge de 12 ans avec le Carroll Street Church Choir de Brooklyn. Cela fait plusieurs années que nous l'avons à l'œil, car elle grandit à grands pas. En 2008, elle gagnait deux Lys Blues : Relève et Cabaret . Lors du gala des Lys Blues 2010, les Productions Kazou ont eu l'honneur de lui remettre le Lys Blues « Groupe Révélation », un coup de cœur imparable!

Le 13 novembre appartient à Monkey Junk qui a remporté, cette année, le prestigieux Blues Music Award de la relève (Best New Artist Debut) au 31e gala du BMA à Memphis, au Tennessee. C'est après avoir raflé cinq Maple Blues Awards « Entertainer of the Year et Electric Act of the Year ». Steve Marriner, pour sa part, s'est mérité « Male vocalist of the Year et Harmonica Player of the Year », alors que Tony D a été choisi « Guitarist of the Year ». Qui dit mieux ? Absolument à entendre et à voir!

La finale, le 20 novembre, appartient au David Rotundo Band de Toronto. De retour à la demande populaire, David ne cesse de casser la baraque partout où il joue. Gagnant de deux Maple Blues Awards en 2007 : Electric Act of the Year et Harmonica Player of the Year, deux prix qui reflètent bien sa présence scénique et son énergie à rendre le Blues comme il se doit pour créer la fête dans la place. Une finale rêvée pour tous les amateurs de Blues !

Rendez-vous à L'AUBERGE DES APPALACHES, 234, RUE MAPLE, SUTTON tous les samedis soirs à 20 h 30, du 16 octobre au 20 novembre. Forfaits et un nombre limité de passeports (120 $) disponibles. 450 538-5799 ou 1 877 533-5799

Jean Sicotte
450 538-0037
info@productionskazou.com
www.productionskazou.com

La loyauté envers ses convictions

Pour la 5e édition de la foire de l'environnement et de l'habitation saine, le Projet ÉCOSPHÈRE s'est offert un cadeau. Les conférenciers recrutés portent les opinions fondamentales qu'Écosphère défend depuis ses débuts.

Serge Mongeau, auteur et membre fondateur de la maison d'édition Écosociété, ainsi que le conférencier Pierre Jasmin, président des Artistes pour la paix, traiteront d'un des sujets les plus graves, la plus grande cause de dévastation sur terre : la guerre.

Comment pouvons-nous dépenser, voire investir autant d'argent et de ressources pour soi-disant sauver des peuples, maintenir un régime politique, ou pire, prétendre défendre la démocratie? Que le fléau de la guerre existe encore de nos jours est renversant...

Le bilan d'une guerre est toujours le même : des innocentes et innocents meurent, se font mutiler et violer. La grande majorité des guerres pourrait être évitée et les conflits armés pourraient être empêchés par la négociation. Dans plusieurs cas, ils sont créés de toutes pièces dans un seul but : assurer une mainmise sur le pétrole, des ressources naturelles ou pour grossir les ventes d'armes. Seriez-vous intéressés à obtenir des données sur la quantité d'énergie nécessaire à la formation et au transport des troupes, à l'armement, aux opérations militaires elles-mêmes, ainsi qu'aux coûts associés à la destruction environnementale et patrimoniale et à la reconstruction?

Une chose est certaine, ces chiffres sont faramineux. Au début des années 90, le gouvernement canadien octroyait 300 millions de dollars aux fabricants d'armes uniquement pour l'acquisition d'équipe-ment. Imaginez maintenant la somme que tous les pays ensemble peuvent dépenser. Par exemple, en 2008, le Brésil a signé une entente de plusieurs milliards avec la France pour l'achat d'armes…

D'autres sujets devraient nous préoccuper au plus haut point : les évasions fiscales et l'écart croissant entre riches et pauvres, thèmes qui sont trop souvent passés sous silence. Seulement pour le Canada, on estimait au début des années 90 à 88 milliards de dollars l'argent provenant de l'évasion fiscale qui dormait dans les banques offshore. Dormir, parce que cet argent ne contribue d'aucune façon au développement économique, social et environnemental. La valeur de cet argent sorti du pays en ayant échappé au fisc est en fait beaucoup plus élevée que sa valeur nominale.

L'auteur de Noir Canada, Alain Deneault, sera présent au Projet ÉCOSPHÈRE cette année et exposera les conséquences désastreuses, à la fois sur l'environnement et sur l'économie, des manques à gagner qui s'accumulent depuis de nombreuses années. En effet, un article récent du très sérieux Centre canadien des politiques alternatives (CCPA) révélait que la fortune totale des 10 familles canadiennes les plus riches est évaluée à 167 milliards de dollars. Il est légitime de se demander au détriment de qui et de quoi s'acquièrent de telles richesses…

Considérant les énormes déficits engendrés par les différents paliers de gouvernement, ainsi que les 50 milliards par année nécessaires pour payer uniquement les intérêts sur la dette canadienne, comment peut-on affirmer que les gens vivant de l'aide sociale coûtent cher à la société? Surtout quand on sait que 1 $ consenti aux moins fortunés retourne directement dans l'économie locale, alors que le même 1 $ offert en crédit d'impôt aux plus riches s'entasse dans les banques.

La population devrait travailler à la récupération des sommes colossales disparues dans les abris fiscaux pour l'acquittement de la dette. Autrement, les générations futures devront en assumer le lourd fardeau au détriment de l'éducation et des services de santé.

Dans une de ses conférences, Serge Mongeau traitera pour sa part du sujet de la décroissance. Compte tenu de la surconsommation généralisée et du gaspillage éhonté des ressources, il devient impératif que citoyennes et citoyens fassent adopter par leurs gouvernements des mesures pour contrer des comportements individuels et collectifs lourds de conséquences.

Voici un exemple simple : comment se fait-il que de nombreux automobilistes et camionneurs laissent le moteur de leur véhicule en marche alors qu'ils ne circulent pas? L'habitude de laisser tourner son moteur au ralenti plus de 10 secondes représente plus d'un million de litres d'essence brûlés inutilement chaque année au Québec. À 1 $ le litre, imaginez la somme perdue qui pourrait servir à autre chose. Au Québec, on dépense chaque année de 6 à 8 milliards pour le pétrole... Il s'agit là d'un déséquilibre commercial que pourront difficilement compenser les entreprises québécoises. Il est donc essentiel d'investir dans les énergies renouvelables.

À l'heure où se produit le désastre écologique du golfe du Mexique, on ne peut plus ignorer le lien entre les gestes quotidiens et les événements d'une telle ampleur. C'est d'ailleurs le thème de la conférence du vendredi 24 septembre que prononcera Charles Tisseyre, animateur du magazine scientifique télévisé Découverte à Radio-Canada, en ouverture de la 5e édition du Projet ÉCOSPHÈRE de Brome : « Catastrophes écologiques : conséquences économiques, sociales et environnementales ».

Loyaux festivaliers et festivalières, gens de parole et d'action, fidèles à leurs convictions, c'est pour vous que le Projet ÉCOSPHÈRE, foire de l'environne-ment et de l'habitation saine, est organisé chaque année. Ensemble, on peut changer le monde pour le bien commun et sauver la planète. Soyez de l'effort du 24 au 26 septembre 2010!

Éric Ferland et Stéphanie St-Amant
Groupe ÉCOSPHÈRE

Loyal à Dunham

C'est par la loyauté et la fidélité des visiteurs sillonnant la Route des vins que Dunham est devenu, petit à petit, une destination automnale incontournable. C'est grâce à leur curiosité et leur sincérité que ces ambassadeurs de l'achat local ont assuré le développement et la pérennité des entreprises de la région.

Au fil des saisons et des années, des liens émotifs solides se sont créés entre ces vacanciers et les artisans. Ces derniers ont vu naître et grandir leur entreprise avec émerveillement, comme si c'était leurs enfants. Les vacanciers, quant à eux, reviennent avec gaieté chaque automne pour partager cette atmosphère festive, cette joie rassembleuse des récoltes. Ils ne se lassent jamais des glorieux paysages, de ce dernier spectacle flamboyant précédant le calme hivernal.

Comme chaque automne, Dunham revêt ses plus beaux atours pour partager avec fierté ses vignobles, vergers, cidreries, micro-brasserie et ses nombreux commerçants qui en font la renommée. C'est avec chaleur et respect que les excursionnistes, tout comme ses concitoyens, seront accueillis dans ces établissements qui forgent l'identité du territoire.

C'est donc la fête dans six vignobles : il faut en profiter!

Sur la route 202 entre Dunham et Bedford : l'Orpailleur, Gagliano, les Côtes-d'Ardoise et les Trois Clochers;
Au centre du village : le Clos Ste-Croix
Sur la route 213, entre Dunham et Frelighsburg : vignoble et cidrerie Val Caudalies.

Ils sont tous à proximité et chacun d'entre eux propose différentes activités saisonnières, en plus des visites guidées et des dégustations en tout temps. Visitez le site Inter-net de chacun pour l'éventail de leur programmation.

D'ailleurs, sur le site de la ville de Dunham : www.ville.dunham.qc.ca vous trouverez toutes les informations sur les choix d'hébergement, de restauration ainsi que les sites d'auto cueillette de pommes, poires et raisins de table.

En couple, entre amis ou en famille, il fait bon de se retrouver tous réunis dans ce cadre champêtre dynamique et authentique, afin de partager cette généreuse nature et la passion des gens qui en vivent. Aux voyageurs qui passent, félicitations d'avoir adopté cette localité pour croquer à belle dent dans la vie, comme dans le fruit des durs labeurs!

Guillaume Leroux

DOMAINE VITIS, DEUX FOIS VIGNERONS PLUTÔT QU'UNE!

C'est avec autant de passion que Pierre Genesse et Marie-Claude Lizotte effectuent un retour aux sources en établissant un nouveau vignoble sur la Route des vins. Deux fois vignerons plutôt qu'une, cette fois-ci c'est à Brigham qu'ils ont choisi de planter leurs vignes après avoir fondé et opéré Les Blancs Coteaux à Dunham de 1989 à 2001.

Le Domaine Vitis est situé au pied du mont Gale près de Bromont où la vigne y pousse à merveille dans un sol graveleux qui permet de donner des vins authentiques, différents et équilibrés.

Le vignoble de trois hectares compte 11 000 plants principalement encépagés de Frontenac noir.

En cette grande année d'ouverture, quatre vins sont offerts, mais en quantité très limitée : un blanc, un rouge, un rosé et un vin unique au monde, la Glace Noire, un vin de glace noir à servir froid en chaude compagnie…

L'entreprise a reçu le prix Coup de cœur 2010 de la Montérégie dans la catégorie nouvelle entreprise bioalimentaire lors du Concours Entrepreneuriat du Québec.

Ouvert du mercredi au dimanche 10 h à 17 h.

Information : 450 263-4988 www.domainevitis.com

DB

 

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