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La probité dans les arguments
La région déborde de dossiers importants qui influen-ceront le futur développement de la région. Or, comme de nombreuses personnes sont concernées par les différents enjeux, il ne peut qu'y avoir des discussions. La divergence d'opinions semble primordiale dans une démocratie, car elle permet de faire avancer les choses en fonction d'objectifs plus larges comme le maintien d'un environnement sain, de la pérennité des paysages, du développement économique, de la ruralité...
Pour ne mentionner que quelques dossiers « chauds », soulignons que l'on discute actuellement d'un projet de parc d'éoliennes et d'une tour de transmission à Frelighsburg, des divers détails du plan d'urbanisme à Sutton et d'une nouvelle station de pompage impliquant l'inversion du flux pétrolier dans l'oléoduc actuel à Dunham et dans toute la région. Il est difficile de faire la part des choses à la seule lecture des pamphlets publiés par les forces en opposition.
Cependant, les personnes plus distantes ou moins intéressées par un sujet se font bombarder d'infor-mation, parfois plus ou moins neutre. Ce n'est pas que les gens qui diffusent cette information manquent de probité, c'est qu'ils accordent plus ou moins d'importance à certains objectifs. La protection de l'environnement sera toujours confrontée au dévelop-pement, le droit à la propriété privée s'opposera à celui du bien collectif... On comprend que les divers groupes utilisent chaque unité d'information comme argument pour soutenir leur opinion. S'il ne manque pas d'honnêteté, il faut prendre garde aux exagérations.
À titre d'exemple, citons monsieur André Beauregard qui exprimait son opinion à l'égard du débat sur l'oléoduc dans un texte intitulé Confiance naïve ou peur exagérée? dans la Voix de l'Est du 27 avril, dont voici un extrait. [...] il faut argumenter de façon rationnelle. La con-fiance naïve n'est pas de mise. [...]
Par contre, la peur exagérée n'est pas de mise non plus. Il est un peu démagogique de faire la liste des incidents légers ou graves qui sont survenus depuis environ 70 ans sur l'ensemble des territoires traversés par les oléoducs tant en Europe qu'en Amérique. Cette façon de faire s'appuie sur l'émotivité des gens et empêche toute étude moindrement rationnelle. [...]
Entre l'insouciance des uns et la peur incontrôlée des autres, il y a place pour une réflexion objective. [...]
Ce numéro du journal Le Tour présente une réflexion sur la probité en invitant les lectrices et lecteurs à retenir la mise en garde de monsieur Beauregard à l'égard de l'argumentation qui leur est présentée par divers groupes, promoteurs autant qu'opposants.
Bonne lecture!
Denis Boulanger
Probité bien ordonnée …
Selon la définition du Petit Robert, la probité est une « vertu qui consiste à observer scrupuleusement les règles de la morale sociale, les devoirs imposés par l'honnêteté et la justice ». Si les devoirs imposés par l'honnêteté sont universellement reconnus et constants à travers les âges, on ne peut en dire autant des devoirs qu'impose la justice et encore moins de ceux qui découlent d'une morale sociale variable selon les cultures et les époques. La probité définie par le dictionnaire usuel a donc des accents de conformisme moral que le dictionnaire étymologique ne dément pas : « probité » vient de racines signifiant « croissance droite », or ce qui semble « pousser droit » à une époque ou dans un contexte culturel donné s'avère fréquemment courbe quelques années plus tard ou sous d'autres cieux. Quelques exemples illustreront cette interchangeabilité du droit et du courbe.
Le temps profane est linéaire, comme une règle bien graduée, il mène de l'instant zéro à la « fin des temps »; par contre, le temps sacré est cyclique et la roue des saisons nous permet de commémorer annuellement les gestes des dieux ou des héros fondateurs (Annonciation, Noël, Pâques, Ascension et Pentecôte dans le cycle liturgique romain) ou de célébrer les moments clés du cycle solaire (solstice d'hiver, Imbolc, équinoxe de printemps, Beltan, solstice d'été, Lugnasad, équinoxe d'automne et Samain dans le calendrier druidique). La Terre nous parut plate jusqu'à il y a envi-ron 2400 ans, aujourd'hui nous la voyons ronde comme une bille. Même chose en physique où les modèles linéaires de Newton cèdent le pas à la courbure de l'espace-temps de Einstein. À bien y penser, tout humain normalement constitué sait qu'après les années de droiture sonne l'âge des … courbatures.
Nous sommes témoins d'un bouleversement sans précédent des règles de ce que l'on a rebaptisé « éthique sociale », la « morale » étant en punition depuis que les structures politiques, sociales et religieuses qui en étaient les « gardiennes » sont en ruines ou en rénovation. Sur le plan familial, des conflits intergénérationnels de plus en plus aigus marquent, depuis la Seconde Guerre mon-diale, la disparition d'un mode de transmission jusque-là presque exclusivement fondé sur la filiation. « Qu'est-ce que ça peut ben faire que j'vive pas la même vie qu'mon père », chantait Ferland dans le sillage de l'onde de choc que fut, à ce titre, l'année 1968.
Un progrès technologique fulgurant, notamment sur le plan des télécommunications et des transports, permet à des aînés qui ont grandi avant la radio et la télévision de bavarder aujourd'hui avec leurs petits-enfants installés aux antipodes. Pendant que l'image d'une fragile planète bleue s'éloigne rapidement dans le rétroviseur de l'exploration spatiale, une conscience planétaire s'éveille qui appelle d'urgence la formulation de valeurs collectives qui la sustenteront. Le rythme de ces bouleversements est tel que nous avons tendance à juger selon les critères d'aujourd'hui des gestes posés hier dans des contextes éthiques parfois très différents. Les excuses officielles et les demandes de pardon et de réparation fusent donc de toutes parts et, bien qu'appropriées et nécessaires pour édifier une nouvelle éthique sociale, elles ne sont pas toujours exemptes d'opportunisme et d'agendas suspects. Quant aux accommodements raison-nables, comment y voir autre chose qu'une tentative légitime de redéfinir la probité dans un contexte social transformé par l'immigration?
Autre indice de l'émergence d'une nouvelle éthique, la notion de « crime contre l'humanité », introduite en 1945 lors du procès de Nuremberg, a pris de l'ampleur durant la seconde moitié du siècle le plus sanglant de l'Histoire et alimente aujourd'hui journaux et blogues. En 1968, ce type de crimes est devenu « imprescriptible », c'est-à-dire punissable quel que soit le temps écoulé. Nos illustrissimes disparus ne doivent cependant pas s'agiter dans leur mausolée ni sauter de leur piédestal, car le principe de non-rétroactivité des lois les protège : nul ne peut être tenu coupable d'avoir enfreint une loi avant sa promulgation. Quant aux « puissants » qui quittent aujourd'hui la vie active, une amnistie votée juste avant leur départ leur garantit assez souvent une retraite paisible et ce n'est pas demain que les nécropoles royales ou militaires afficheront : « à louer pour cause de déménagement ».
L'élaboration d'une « probité de citoyen du monde » bat son plein. Il y manque toutefois un élément critique : la prise de conscience, à grande échelle, que l'humanité fait partie intégrante d'une communauté planétaire constituée d'une multitude de biosystèmes interdépendants. Tant que la pollution des sols, de l'air et de l'eau, l'altération des climats et l'extermination d'espèces minérales, végétales ou animales ne seront clairement et légalement reconnues comme des formes insidieuses de crimes contre l'huma-nité, nos débats sur la reconnaissance des génocides ou injustices du passé, aussi sincères soient-ils, resteront du lavage de hublots sur un Titanic qui s'enfonce.
Dans ce contexte où les règles de morale sociale s'effacent plus rapidement que ne s'élabore une nouvelle éthique, on peut se demander s'il existe une variété inoxydable de la Probité, une éthique qui serait impassible à l'affront des ans et résisterait aux vers et aux mites.
Trois formules célèbres se combinent pour répondre à cette question. La première, connue depuis la nuit des temps, a son équivalent dans toutes les cultures et spiri-tualités du monde, c'est la règle d'or : « Traiter les autres comme on aimerait qu'ils nous traitent ». Nous devons la seconde à Shakespeare : « Sois fidèle à toi-même et, aussi vrai que la nuit suit le jour, tu ne pourras trahir personne ». La troisième, sans laquelle les deux précédentes sont futiles, était sur le fronton du temple d'Apollon à Delphes : « Connais-toi toi-même ». C'est là que toute probité commence...
Daniel Laguitton
www.granby.net/~d_lag
Forêt ou développement durable: un même combat
Nouvelle surprenante, mais véridique : les FSCs américains sont les véritables sauveurs de nos forêts. C'est ce que rapporte L'Arbre PLUS, le bulletin du prin-temps (avril-mai 2010, volume 23, numéro 2) du Syndicat des producteurs forestiers de l'Estrie. De même, un aménagement discipliné et durable du territoire pourrait éviter une aberration écologique et économique à Sutton.
Exploitation forestière durable
Voyons d'abord ce que sont les FSCs. Les FSCs (Forest Stewardship Certificates) sont ce qu'on pourrait sans doute appeler, en français, des Certificats de sauve-garde forestière, des CSFs. Citons donc L'Arbre PLUS : « Depuis 2005, le bois vendu chez plusieurs détaillants aux États-Unis, dont le géant Home Depot, doit être certifié. Autrement dit, il doit provenir de forêts gérées selon des normes environnementales beaucoup plus sévères et contraignantes que celles actuellement en vigueur au Québec ». Et ne croyons pas que seules les âmes tendres ont souscrit à cette initiative, puisque « 80% du bois québécois est exporté aux États-Unis ». Précisons que les exigences des FSCs sont considérées comme les plus rigoureuses du genre. (voir la dizaine de pages consacrées à ce sujet sur Internet)
Les forestiers de la région, l'an dernier, ont manifesté massivement leur intérêt pour ce programme, lors d'une importante assemblée d'information organisée par le Groupement forestier du Haut-Yamaska, dont le siège social est à Cowansville. Le gouvernement québécois s'apprêterait même à imposer ces normes, précisément pour sauver l'industrie forestière.
Évidemment, dans certaines régions, les coupeurs « à blanc » crient à l'injustice. Comme à Sutton, sur un autre plan, les « développeurs » pressés s'opposent à une planification territoriale raisonnée. On trouve merveilleux qu'« ailleurs » on arrive à des résultats économiques et sociaux enviables et tout à fait réels par des règles d'urbanisme sérieuses, mais qui sont ici perçues comme insupportables.
Aménagement durable du territoire
Prenant exemple sur l'exploitation forestière moderne, ce qu'il nous faut à Sutton, avant qu'il ne soit trop tard, c'est un programme rigoureux d'aménagement territorial. Nous devons ériger en absolu la nécessité de protéger les bassins et sous bassins hydrologiques de nos rivières et les versants de nos montagnes. Et prendre au sérieux, comme pour les FSCs, la protection faunique. Cela est vrai pour Sutton, mais aussi pour nos voisins immédiats et pour les secteurs semblables au Québec. Les dangers d'érosion, les pentes raides et les difficultés d'aménagement sont des phénomènes bien connus de tous. Tous les emplacements ne se prêtent pas à l'ouverture de chemins ni même à la construction.
Une authentique planification suppose un contrôle responsable de l'étalement domiciliaire. L'augmentation de la richesse foncière peut, en effet, s'avérer un piège et entraîner des conséquences négatives sur l'équilibre des dépenses muni-cipales, particulièrement aux plans de la voirie et de la sécurité. Les recettes augmentent, mais leur répartition reste toujours trop inégale et finalement inéquitable. D'une année à l'autre, sans marge de manœuvre, nos plus chers rêves collectifs (logements familiaux, loisirs, etc.) restent compromis. Il faut sortir de ce carcan. Prenons-le pour acquis, l'assiette fiscale de Sutton est fragile parce que, au départ, elle n'est pas assez diversifiée.
Après la période naïve et erratique des dernières années, il faudra beaucoup de bonne volonté pour se discipliner. Aussi bien se montrer raisonnables, dans l'immédiat, que de se faire imposer l'interdiction absolue de prolonger le dévelop-pement domiciliaire à l'extérieur des périmètres bâtis actuels (village, alentours du Centre de ski, Glen Sutton et Sutton Junction).
(Suggestion : lire le beau témoignage de Christian Lamontagne, de Sutton, en page 16 et 17 intitulé « Un projet collectif à la campagne : oui, c'est possible! »)
Serge Gagné
Probité dans le ciel
Lorsque nous regardons autour de nous, nous savons ce qui existe grâce à nos yeux qui « voient ». Et on peut dire, avec grande certitude, que si nous voyons une orange sur une table, c'est qu'elle y est réellement au moment où nous l'observons. D'ailleurs, quand notre main s'avance pour saisir cette orange dans le but de la manger, on voit notre main accomplir sa tâche en même temps que notre cerveau lui en donne l'ordre.
Mais que fait une orange dans un article qui a pour sujet la probité en astronomie?
Ce thème s'applique au fait que tout ce que nous voyons à l'échelle astronomique « n'est plus là au moment de l'observation ». Ainsi, on se fait jouer un tour lorsque nous regardons le ciel parce qu'en réalité nous ne voyons pas ce qu'il y a présentement, mais ce qui était là dans le passé!
Pourquoi?
Nous savons que la lumière file à une vitesse verti-gineuse : une bagatelle d'environ 300 000 km/s (ou 1 080 000 000 km/h). C'est une vitesse peu compréhensible à notre échelle quoti-dienne, mais qui est tout de même limitée quand on considère les distances « astronomiques » qu'elle doit franchir pour nous parvenir des astres visibles dans le ciel. Par exemple, la lumière du Soleil prend environ huit minutes et vingt secondes pour arriver à nous. Et les beaux clairs de Lune prennent environ une seconde et quart à émerveiller nos yeux romantiques. Comme nous savons que la distance entre nous et la Lune est d'environ 300 000 km et que celle jusqu'au Soleil est d'environ 150 millions de kilomètres, on réalise facilement à quel point la distance affecte ce que nous observons à des milliards et des milliards de kilomètres!
Prenons l'exemple de Proxima du Centaure, l'étoile la plus proche de nous qui se situe à quatre trillions de kilomètres. Sa lumière prend 4,22 années pour se rendre à nous et c'est pourquoi nous disons justement qu'elle est située à 4,22 années-lumières. Si nous regardons beaucoup plus loin et que nous allons jusqu'à la galaxie d'Andromède, notre galaxie jumelle et plus proche voisine galactique, nous nous éloignons à deux millions et demi d'années lumières. La magnifique image de cette galaxie que nous voyons au télescope a donc été émise il y a plus de deux millions d'années! La Terre était alors à l'âge de l'apparition de l'homo erectus quand il commençait à peupler sa surface.
Ce concept de « regard dans le passé » est un facteur non négligeable qui distingue les sciences de l'astronomie des autres sciences en ce sens que les astronomes doivent toujours considérer l'aspect « temporel ». Autrement dit, dans l'étude des astres, les astronomes et astrophysiciens professionnels doivent « relativiser » les distances impliquées. Et c'est sans oublier une foule d'autres facteurs comme, par exemple, l'expansion de l'univers. Je ne traiterai pas de ce sujet dans le présent texte, mais je peux vous informer brièvement que plus on s'éloigne à l'extérieur de notre galaxie, plus la Voie lactée ainsi que les autres galaxies s'éloignent rapidement de nous.
Selon les théories reconnues et vérifiées, la vitesse de la lumière est une limite infranchissable. Aucun objet ou onde ne peut aller plus rapidement que cette vitesse « absolue ». Il est également important de se rappeler que la lumière est une onde électromagnétique tout comme les ondes radio ou les rayons x. Beaucoup d'observations astronomiques se pratiquent d'ailleurs en utilisant ces longueurs d'onde qui permettent d'en apprendre beaucoup plus qu'avec le spectre d'ondes électromagnétiques de la lumière visible. On utilise alors un radiotélescope, cette grande soucoupe parabolique.
Donc, la prochaine fois que vous regarderez le ciel, n'oubliez pas que la lumière émise par toutes les étoiles qui brillent l'a été il y a des siècles et des siècles… Ce regard dans le passé ajoutera encore plus à la magnificence du ciel.
Pour conclure sur une autre note, mentionnons qu'avec le programme « Martien » d'Obama, qui consiste à envoyer des humains sur la planète Mars d'ici 2035, les astronautes se sentiront bien loin et seuls par moments dus aux délais de communication de cinq minutes à une demi-heure environ!
Visitez le site internet www.montcosmos.com. Les activités publiques débutent très bientôt. Sachez que ce n'est pas parce que l'année de l'astronomie est terminée qu'il n'y aura pas d'activités enlevantes durant la saison! N'hésitez pas à m'expédier vos questions. J'y répondrai directement dans mon blogue ou bien dans cette chronique.
Eddy Szczerbinski
dhaulagiri@hotmail.com
L'OISEAU AU LONG BEC EMMANCHÉ D'UN LONG COU
Tiré du compte-rendu de la conférence de Pierre Wéry organisée le 13 mars dernier par le Club des ornithologues de Brome-Missisquoi : LES ARDÉIDÉS DU QUÉBEC
Par Ghislaine Delisle
Vous avez deviné, il s'agit du Grand Héron qu'on voit sur nos lacs et cours d'eau dans la région. Il fait partie de la famille des Ardéidés. Il y a 6 espèces d'ardéidés nichant au Québec : le Grand Héron, le Héron vert, la Grande Aigrette, le Bihoreau gris, le Butor d'Amérique et le Petit Blongios. Il y en a 67 espèces dans le monde et ils sont tous liés directement aux milieux humides, en eau douce ou salée, jusqu'à la limite des arbres.
Les marécages forestiers sont un garde-manger pour les Ardéidés. Au Québec, le plus commun, le plus gros et le plus facile à observer étant le Grand Héron. La fluctuation du niveau d'eau joue sur la disponibilité de la nourriture.
Morphologie
Le pied du Grand Héron compte 4 doigts. Le pouce est derrière et des trois doigts devant, celui du milieu est pectiné comme un peigne pour nettoyer ses plumes. Les pattes tournent au rouge à la saison des amours. La tête porte des plumes ornementales et le bec est comme un poignard pour darder ses proies dans la végétation dense. Il n'a pas de cri particulier parce que la communication entre les individus se fait visuellement. Par contre, quand il est dérangé, il claque du bec.
Alimentation
Vous serez surpris d'apprendre que le Grand Héron produit des pelotes de régurgitation parce que, comme les hiboux et les chouettes, ils avalent leurs proies entières. En effet, ce qui n'est pas digéré par l'estomac, plumes, gros os, etc. est régurgité en boulette.
Il chasse en eau peu profonde, à l'affût de jour comme de nuit, mais il peut aussi nager. Bien qu'il se nourrisse surtout de poissons, son régime alimentaire est très vaste. Il va de la petite crevette jusqu'au rat musqué en passant par les poussins de canards, les œufs, les batraciens, les petits rongeurs et même le Râle de Virginie peut lui servir de petit déjeuner. C'est un opportuniste.
Prédateurs et mortalité
Un faible pourcentage seulement des jeunes se rend à l'âge adulte. Il y a beaucoup de mortalité infantile, les jeunes étant souvent la proie d'un prédateur.
Sa liste de prédateurs est assez longue. Tout d'abord, il y a l'homme qui malheureusement le prend encore pour cible; le raton laveur qui pille les nids des héronnières; le renard roux qui se régale des jeunes tombés du nid en plus de l'ours noir, la moufette rayée, le Grand Duc, le Goéland marin et la Corneille.
Nidification
Le Grand Héron niche en haut des arbres en colonie de quelques nids à plusieurs centaines. Il peut avoir le même partenaire d'une année à l'autre. Le mâle apporte les branches au nid, mais c'est la femelle qui les dispose. Pendant la parade nuptiale, les adultes dansent un en face de l'autre un peu comme les grues. Puis, ils se tiennent le bec et oscillent en cadence. On appelle ça le baiser du héron. Pendant l'accouplement, qui se passe au nid, le mâle tient le cou de sa partenaire dans son bec pour ne pas la blesser. La femelle pond 2 à 4 œufs blancs qui deviennent bleutés au contact de l'air. C'est une ponte asynchrone, c'est-à-dire que la couvaison, assurée par les deux parents, commence dès le premier œuf et dure en moyenne 27 jours. Les petits ne naissent donc pas tous en même temps, ce qui fait qu'il y a toujours un aîné. Si la nourriture est rare, il se nourrira en premier, affamant les plus jeunes et il pourra même les jeter en bas du nid. Au début, les parents régurgitent la nourriture dans le nid et les petits s'en nourrissent. Après, ils s'alimentent directement au jabot des parents. Ils hivernent sur la côte atlantique jusqu'au Mexique et nous reviennent en mars pour notre plus grand bonheur.
René Nicolas Levasseur, un homme intègre
En 1748, René Nicolas Levasseur, maître constructeur des vaisseaux du roi, devient le premier seigneur de Saint-Armand. Né à Dunkerque en 1707, René Nicolas est issu d'une famille dont les membres occupent des postes d'écrivains de la Marine et de commissaires dans la Marine royale. D'ailleurs, il apprend son métier de constructeur auprès de son père, René Levasseur, lui-même ancien écrivain de la Marine qui devient chef constructeur à Toulon. Sa correspondance laissent deviner son tempérament, mais très peu de détails sur ses origines, sa vie privée, sa famille et, finalement, sur son destin.
C'est à Toulon, en 1731, que le vice-amiral de France, le marquis d'Antin, remarque sa bonne conduite et l'envoie à la Cour du roi Louis XV pour y devenir capitaine du canal de Versailles. En 1735, la prévôté des marchands de Paris lui confie la tâche de construire un vaisseau sur la Seine pour l'inspection des ponts et la promenade du roi. Avril 1739 marque un tournant dans sa carrière : le ministre de la Marine et des Colonies l'enjoint de se rendre au Canada pour y prendre la direction des chantiers royaux. Levasseur arrive en Nouvelle-France à bord du Rubis, en août 1739, avec sa famille. Déjà, à la fin de septembre de la même année, l'intendant Hocquart souligne son zèle et sa compétence. Très tôt, Levasseur, de par ses fonctions, côtoie l'élite de la Nouvelle-France. Son nom apparaît comme témoin dans les registres de baptêmes et de mariages des gens de la haute société. Mais, homme de dévouement et de tempérament indépendant, il se garde distant du pouvoir et des manigances de ceux qui l'exercent. Sa compétence et son intégrité lui valent nombre de gratifications et de titres malgré les différends qu'il entretient avec l'intendant Bigot. Il ne s'empêche pas, d'ailleurs, de critiquer ses supérieurs quand il se sent brimé dans l'exercice de ses fonctions. Il leur reproche notamment de retarder la construction des vaisseaux du roi et de favoriser les projets des particuliers.
Il ne se défile pas devant ses responsabilités et il reconnaît ses torts. Lors du lancement du vaisseau l'Orignal, le 2 septembre 1750, ce dernier brise ses amarres et plonge trop rapidement de son berceau. Emporté par son élan et le courant, il s'échoue : c'est une perte totale. On allègue que le quai est trop haut : qu'à cela ne tienne, Levasseur recule le quai de 33 pieds et l'abaisse de quatre pieds.
À la suite de la défaite de 1760, après avoir participé à la défense du pays, il retourne en France. Et contrairement à plusieurs administrateurs de l'ancien Régime, jamais il n'est inquiété par les procédures judiciaires intentées par le Roi contre de hauts officiers civils, militaires, judiciaires et certains marchands. Aucune accusation d'abus, de détournements de fonds ou de malversations n'est portée contre lui dans ce qu'on appelle l'Affaire du Canada. Qui plus est, son gendre Alexandre-Robert Hillaire de la Rochette agit à titre de commissaire pour le compte de la Marine lors du règlement par le Roi des lettres de change et jamais Levasseur ne bénéficie de privilèges lors du règlement. Il a laissé derrière lui, dans cette aventure en Nouvelle-France, fortune, santé et illusions.
Un épisode de sa vie moins connu et qui nous révèle un homme soucieux d'intégrité est celui de son retour en France et notamment dans les Pyrénées. Après sa retraite comme commissaire de la marine à Bayonne et après s'être occupé de l'approvisionnement de bois de mâts dans les Pyrénées, tâche pour laquelle il est félicité, il se porte à la défense de l'ingénieur Gleizes, véritable artisan de l'exploitation des Pyrénées. Dans la « Réfutation d'un mémoire » dont Levasseur serait le rédacteur ou, à tout le moins l'inspirateur, celui-ci s'insurge contre l'ingénieur Paul-Marie Leroy qui s'attribue tout le mérite de l'exploitation. L'auteur se dit « toujours ami du vrai » et « offre donc cet essai comme un hommage dû… à (l') amour de la justice ». René-Nicolas Levasseur, un homme intègre.
Normand Gaumond,
Société d'histoire et de patrimoine de Frelighsburg
Les Constructions Pierre Boivin
Cet entrepreneur de Sutton a obtenu son accréditation comme concessionnaire Bone Structure. Le concept est un système de construction en acier léger pour la construction de maisons unifamiliales et de multilogements résidentiels.
Il comprend plusieurs atouts, à la fois techniques et esthétiques, par rapport à une construction traditionnelle!
D'abord, un système de précision chirurgicale pour obtenir des murs et des planchers parfaitement droits. Cette précision permet de commander ses armoires de cuisine avant même d'avoir coulé la fondation de la maison. On évite donc les surprises déplaisantes de plafonds ou de murs qui travaillent et laissent apparaître des failles.
Ensuite, un assemblage simple, selon un processus de construction standardisé, minimise les erreurs humaines et les défauts de construction sans clous pour l'assemblage, sans découpage pour les fenêtres, portes et revêtements extérieurs, sans perçage de la part des électriciens, plombiers et spécialistes de la ventilation et du chauffage. Le résultat, une enveloppe de bâtiment hermétique!
Puis, une liberté architecturale unique parce que les caractéristiques de l'acier du système BONE Structure™ permettent d'enjamber des distances de 25 pieds sans colonnes intermédiaires ou murs porteurs. Cette liberté comprend d'ailleurs une très grande souplesse pour la fenestration pour que vous puissiez profiter pleinement de votre environnement extérieur.
Enfin, une construction verte conforme à la plupart des certifications environnementales, dont les normes LEED et Novoclimat. En outre, comme le montage ne nécessite pas de découpe, il n'y a pas de déchets de construction ni de nécessité de conteneur à déchets. Comme la durée de vie de l'acier est plus longue que celle du bois, sans dégradation ou perte de propriétés physiques, on réduit son empreinte écologique. L'efficacité énergétique peut être assurée en enveloppant hermétiquement la structure de mousse de polyuréthane à base de soya et en isolant le toit à R-56 et les murs à R-28.
Pour en connaître davantage, consultez le site www.bonestructure.ca ou joignez Les Constructions Pierre Boivin au 450 931-2121 ou : www.constructionpierreboivin.ca
Construction Pierre Boivin a été finaliste du concours Domus tenu en février dernier. Ce concours prestigieux, réservé exclusivement aux membres de l'APCHQ, reconnaît les entreprises qui se sont distinguées tout au long de l'année par leurs réalisations exceptionnelles. L'entreprise a été reconnue dans la catégorie Unité de logement locatif ou en copropriété de plus de 200 000 $ et de moins de 300 000 $ pour avoir revampé en immeuble à condos haut de gamme avec piscine, l'ancienne Auberge La Paimpolaise.
D.B.
Genèse
Faire des liens entre les systèmes du corps humain revêt une importance souvent négligée lors de l'analyse d'un malaise. Même chose pour les rapports entre les différents pans de l'intégrité de l'être.
Par exemple, la thyroïde, la plus grosse des glandes endocrines. Située der-rière la trachée à la base du cou, ce petit brigadier hormonal fait souvent la manchette chez les gens qui travaillent comme des fous, abusent un peu, souvent, élèvent leurs enfants, gèrent la vie contemporaine avec tout ce que cela implique de frustrations, de déceptions, de joies aussi, bien sûr. Une vie ordinaire, soit, mais que l'on sait chargée d'un stress profond et souvent constant. Le problème avec ce rythme de vie, c'est qu'il épuise le corps. Généralement, les glandes surrénales seront les premières touchées puisqu'elles sont responsables de la production des hormones qui créent la réponse au stress. Pour faire une histoire courte, lorsque les surrénales sont vidées, toutes les autres glandes en subissent les conséquences. S'ensuivent divers dérèglements parfois bénins, parfois graves. Donc, le quotidien, en perturbant les surrénales, influence le fonctionnement de la thyroïde. C'est ce genre de liens qui peut changer la donne lorsque, par exemple, une personne aux prises avec une apathie avilissante cherche à résoudre son problème. Le choix de l'avenue qui permettra de « guérir » dépendra du diagnostic reçu. Mais fournir au corps des éléments qui tonifient les surrénales et donnent, par la bande, un petit « boost » à la thyroïde peut constituer une de ces avenues. Je ne parle pas ici de troubles majeurs de la glande, souvent auto-immuns et qui demandent une intervention directe, mais plutôt de dérèglements bénins, mais dérangeants.
Une plante maintenant. Une micro-algue d'eau douce, la Chlorella Vulgaris, nommée simplement chlorella, ou chlorelle. Elle est cultivée un peu partout dans le monde, surtout au Japon.
La chlorella est d'abord nutritive. Pas moins de 50 % de son poids est constitué de protéines assez complètes. Elle contient aussi les principales vitamines du complexe B, des vitamines C et E, plusieurs oligo-éléments et minéraux importants, dont le calcium, le fer et le magnésium. C'est une petite mine d'or de nutriments essentiels.
L'iode n'est pas dans sa liste d'oligo-élément. C'est que la chlorella n'en contient presque pas. Or, c'est l'iode surtout qui est important lorsqu'on aborde les troubles thyroïdiens. Ainsi, la chlorella n'agit pas directement sur la thyroïde. Son impact se fera par des liens entre les différents systèmes et par son travail de nettoyage de l'organisme et de stimulant immunitaire.
Autre élément, cette micro-algue est une source incroyable de chlorophylle. Ce phyto-nutriment contribue à rétablir l'équilibre acido-basique (acide/alcalin) déréglé par une alimentation (et un rythme de vie) souvent beaucoup trop acidifiante. La chlorophylle alcalinise. Ses autres propriétés incluent la capacité de purifier l'organisme; de bactéries, levures, champignons indésirables et toxines, elle est anti-inflammatoire et favorise la régénération cellulaire. La chlorella fait donc tout cela. En plus, elle stimule le système immunitaire, est un important agent protecteur et restaurateur du foie, et possède des propriétés antitumorales et antivirales. Les processus impliqués sont assez compliqués, je vous épargne les détails pour le moment. Peut-être, seulement mentionner qu'au niveau des toxines que le corps peut emmagasiner, la chlorella, comme les autres algues, forme un genre de cage biochimique qui capte et emprisonne les toxines et les dirige vers la sortie, gentiment, mais avec énormément d'efficacité. Fort utile pour détoxifier de métaux lourds et de dioxines par exemple.
La chlorella et les autres micro-algues bleues et vertes font partie des premières formes de vie ayant occupé notre planète, permettant rien de moins que l'apparition de l'oxygène. Elles mirent un peu plus que les sept jours attribués à Dieu pour sa « création », mais le résultat demeure. La liste des troubles qu'elle contribue à soulager est impressionnante et je n'ai fait que l'effleurer. J'y reviendrai au prochain numéro. D'ici là, rien ne vous empêche de l'essayer!
Annie Rouleau
Herboriste
annieaire@gmail.com
Un projet collectif à la campagne : oui, c'est possible!
Christian Lamontagne
Certains disent que la protection de l'environ-nement entre en conflit avec le développement de Sutton. Mais on peut développer en protégeant l'environnement, il suffit de penser autrement. Pour notre part, il y a cinq ans, nous avons concrétisé notre désir de vivre dans un concept communautaire en protégeant le plus possible notre milieu. Et si les règlements municipaux avaient été pensés en fonction de protéger l'environnement, nous aurions fait encore mieux. Voici ce que j'en retiens.
De l'énergie et de la détermination
Avant même de parler d'argent, il faut surtout être déterminé à atteindre son objectif. Dans notre cas, il s'est écoulé cinq ans entre le moment où nous avons eu notre première rencontre et celui où nous avons acheté le terrain qui nous convenait. Pendant ces cinq années, nous avons eu des dizaines de rencontres et nous avons parcouru des milliers de kilomètres dans trois régions du Québec.
Par la suite, cinq autres années se sont écoulées avant que la première maison soit finalement construite. Nous avons dû prendre le temps de nous entendre sur le tracé de la route, déterminer l'emplacement des terrains destinés à la construction, les faire lotir, définir les règlements de copropriété, faire bâtir la maison, etc.
Beaucoup de choses peuvent se passer en dix ans : on peut changer d'emploi, se marier, devenir parent, tomber malade ou décéder. Il est donc primordial que le projet provienne d'une décision longuement mûrie et qu'il ne soit pas un souhait ou un désir passager.
D'autre part, il est indispensable que tous les gens qui participent au projet puissent se parler pour résoudre les divergences et les conflits qui ne manqueront pas de surgir. Pour qu'il puisse aboutir, ce genre de projet requiert une communication franche et honnête ainsi que d'excellentes relations humaines.
Choisir des égaux
À l'origine, notre groupe comptait quatorze parti-cipants, et jusqu'à dix-huit personnes en ont fait partie à un moment ou un autre. Lors de l'achat du terrain, nous n'étions plus que trois couples. Certains participants ont quitté le projet parce qu'ils voulaient habiter plus rapidement à la campagne et que l'aspect communautaire ne revêtait pas la même importance pour eux. D'autres l'ont quitté parce qu'ils ont réalisé qu'ils n'avaient pas les moyens financiers de leurs rêves.
En effet, il est essentiel que les participants disposent à peu près des mêmes ressources financières. Sinon les priorités et les attentes seront trop différentes pour permettre au projet d'évoluer rapidement et harmonieusement. Les différences financières entraîneront des tensions et deviendront rapidement des obstacles majeurs à la mise sur pied du projet.
L'aspect légal
Tout projet collectif doit être structuré de manière légale. Lorsqu'il est question d'un projet communautaire ou collectif, deux options s'offrent aux participants : la coopérative ou la copropriété divise (condominium). Pour des raisons de sou-plesse (les inégalités sont possibles et les règlements internes sont laissés au choix des participants), de simplicité (la loi a déterminé un certain nombre de règlements immuables, particulièrement concernant le mode de décision) et de transmission (revente, héritage, etc.), la formule de la copropriété semble préférable.
Grâce à cette formule, nous avons pu partager un grand terrain en créant cinq parties privatives de deux acres chacune et garder 44 acres de terrain comme espace commun. La copropriété permet, en effet, de contourner de façon tout à fait légale les contraintes de zonage imposant une superficie minimum de terrain par maison. Comme la copropriété représente un seul terrain avec des parties communes et des parties privatives, c'est la densité globale permise par le zonage qui est prise en considération. Le règlement de zonage aurait permis de construire dix maisons sur la copropriété. Notre choix fut d'avoir de petits terrains pour nos maisons, et un grand terrain commun.
Par où commencer?
Comme la copropriété est un résultat plutôt qu'un point de départ, il faut que le groupe organisateur agisse comme « promoteur » du projet. Ce qui peut se faire de manière simple et sécuritaire par la formation d'une entreprise, à but lucratif ou non, dans laquelle les participants du groupe seront des actionnaires ou des membres. Les deux formes d'entreprise ont leurs avantages et leurs inconvénients.
Pour des raisons de simplicité, nous avons choisi de créer une compagnie sans but lucratif à laquelle nous avons prêté de l'argent pour l'achat du terrain et la mise en place des infrastructures. Les sommes sont remboursées lors de la vente des parties priva-tives aux copropriétaires, par une simple écriture comptable (et des actes notariés!).
Toutefois, si vous ne voulez pas vous embourber dans des discussions interminables, il est préférable que les « promoteurs » ne soient pas trop nombreux. Il est possible de concevoir un projet qui accueillera plus ou moins une dizaine d'habitations, mais il sera presque impossible de discuter de tous les détails d'un projet avec 20 personnes. Il est préférable d'avoir entre trois et six personnes maximum pour définir le projet et établir un consensus. Au-delà de ce nombre, il est extrêmement difficile d'y parvenir. D'autant plus qu'il n'est pas facile de trouver des moments pour se réunir qui conviennent à tous les participants. La réussite du projet sera assurée non pas par le nombre de personnes qui participent à sa définition, mais par la détermination des promoteurs et par leur capacité à travailler ensemble pour atteindre le même objectif.
Combien ça coûte?
L'idée d'un projet collectif prend souvent forme lorsque les gens constatent qu'un groupe dispose de beaucoup plus de ressources qu'un couple seul. Car ce qui est inaccessible lorsqu'on est seul devient possible à plusieurs, un avantage indé-niable du groupe.
Évidemment, le prix d'un terrain dépend de ses caractéristiques et de la région dans laquelle il se trouve. Sur ce plan, les variations peuvent être énormes, mais un grand terrain coûtera toujours proportionnellement moins cher à l'hectare (±2,2 acres) qu'un petit terrain.
Cela dit, il est illusoire d'envisager de faire construire une maison solide et confortable pour moins de 1 500 $/m2. Ce montant est un minimum absolu à moins de tout construire soi-même. La surface d'une maison pour un couple et deux enfants peut facilement atteindre 200 m2. Faites le calcul. Les rêves ont aussi un prix. Chaque parti-cipant doit déterminer le montant qu'il est en mesure de payer.
L'envers de la campagne, le communautaire et l'écologie
Les citadins rêvent de verdure, de tranquillité et d'intimité. Les campagnards cherchent des occasions de socialiser et de rencontrer leurs voisins et leurs concitoyens. Passer d'une habitation en ville, où tous les services et les voisins sont à proximité, à une maison située à cinq kilomètres du village sans aucun voisin en vue, peut être une expérience désagréable si on ne s'y est pas préparé. Il y a une raison pour laquelle les gens de la campagne ont tendance à se rassembler dans des villages.
Dans le projet d'habitation que nous avons conçu, les maisons n'étaient pas trop éloignées les unes des autres, car nous voulions éviter l'isolement de la campagne, nous aider mutuellement au besoin, partager les équipements et prendre certains repas ensemble. De plus, lorsque l'on vieillit, il est rassurant de savoir que les voisins ne sont pas trop loin.
En regroupant les habitations, nous avons pu construire un abri pour l'équipement d'entretien communautaire à peu près à égale distance de toutes les maisons. Nous avons également dégagé un espace qui pourrait servir pour un éventuel jardin communautaire et peut-être un étang de baignade. Ce qui nous a permis de conserver un maximum de couvert forestier et de minimiser l'impact sur l'environnement. Les chevreuils, les dindons sauvages et même les orignaux n'ont qu'à faire trois pas à l'extérieur de la forêt pour venir nous saluer! Si l'environnement géographique avait été propice, nous aurions même pu partager un puits (quoique cela entraîne de lourdes contraintes réglementaires) et des installations de traitement des eaux usées. Communautaire rime souvent avec écologie et économie!
Vivre à la campagne, c'est vivre de façon relativement isolée. Si votre décision est bien réfléchie, vous ne regretterez jamais d'avoir pu accéder au silence, à la beauté et au contact avec la nature. Si vous pouvez en plus vivre dans un environnement communautaire, vous aurez le meilleur de deux mondes.
P.-S. Mais assurez-vous qu'Internet haute vitesse est disponible!

Christian Lamontagne (clamontagne@xplornet.com) a fondé successivement le magazine Guide Ressources et le site Internet PasseportSanté. Il habite Sutton dans la copropriété de La Salamandre pourpre qui peut encore accueillir deux habitations. Labohem
Le Labohem est un nouveau projet culturel collectif. C'est une intervention pluriartistique qui s'implante, l'espace d'un mois, dans un village ou une ville. Elle a pour but de créer une exposition, au jour le jour, avec l'aide de la population locale afin de révéler l'identité culturelle d'une région.
Un collectif d'artistes d'ici sillonne les rues : photographes, dessinateurs, vidéastes, écrivains et musiciens. Ils rencontrent les résidents dans leur quotidien. Une exposition d'images de ce quotidien s'affiche, dans les rues, sur des supports multiples et des installations vidéo prennent place à divers endroits. Un laboratoire, ouvert au public, occupe un local désaffecté qui revit pendant 30 jours. Les artistes s'y retrouvent, s'organisent et, surtout, traitent, numéri-sent, travaillent, montent leurs images et écrivent des textes. Un rendez-vous hebdomadaire est donné à chacun pour y rencontrer les créateurs et éventuellement jouer avec eux. Un « photo-dessin-maton » y est mis en place et permet des poses plus longues. Des croquis préparatoires aux images, des planches contacts, des rushs, des brouillons, des sketchs sont affichés et décortiqués. Tout le travail électronique, qui les adaptera ensuite aux supports finaux, est montré et expliqué.

Au fur et à mesure, jour après jour, apparaissent sur les murs, dans les vitrines et sur Internet, de nouvelles images imprimées localement. Les installations vidéo s'implantent chez des partenaires. L'animation se fait sur un circuit à travers la ville, montrant ainsi sa singularité, son patrimoine. On suit ce parcours culturel et on embarque dans la création. Ce sont les gens d'ici qui sont mis en valeur; ceux qui font vivre la région; vous. Celles et ceux qui y travaillent, vivent sur le territoire ou ne font que passer. Il s'agit de montrer la concentration d'un ouvrier sur sa machine, la fierté d'un commerçant devant sa boutique fami-liale, le sourire d'une caissière... Une véritable étude sociologique. Au laboratoire du Labohem, des voisins qui ne se sont jamais adressé la parole échangent leur numéro de téléphone, leur adresse courriel. Un pro-cessus d'identification est déclenché et un sentiment d'appartenance est provoqué. Certains créent des associations de quartier ou de commerçants et des réseaux spontanés se forment. Chacun reçoit son image, mais l'artiste reste complètement libre devant le choix artistique. L'exposition s'achève par un « dévernissage », une soirée de clôture sans paillette. On peut alors se procurer les images et le DVD Labohem. Un musicien assure une performance musicale sur une projection sur grand écran de la totalité de la production.
Le Labohem assure une pérennité en revenant, année après année, sur les mêmes lieux. Il prend ainsi place dans la durée pour que l'habitude puisse être montrée, tant du point de vue de l'auteur qui cherche matière au quotidien sur le terrain que de celui du visiteur qui revient.
Le Labohem sera à Sutton en juin et à Cowansville en septembre… avec vous!
Stéphane Lemardelé
slemardele@sympatico.ca
Sutton reconnaît ses bénévoles
Près de 125 personnes ont assisté à la remise des certificats de reconnaissance décernés aux bénévoles sélectionnés par 30 organismes locaux lors de la soirée organisée par la Ville de Sutton le vendredi 23 avril dernier.
Monsieur Pierre Pelland et Me Pierre Ménard, respectivement maire et directeur général de la Ville de Sutton, ont tenu à souligner particulièrement le travail des présidentes et présidents du Club Optimiste de Sutton de 1977 à 2009. Cette reconnaissance était aussi adressée à l'ensemble des membres du club pour leur dévouement pendant ces 32 années d'activités.

(gauche à droite), 1ère rangée (Hélène Hamel, Hélène Forget, Alexandrine Poissant, Pierre Pelland, maire de Sutton, Ernest Lacoste, Gail Booth, Nathalie Mireault, responsable de la soirée) ;
2e rangée (Doreen Page, Johanna Couderc, Danny Dylong, Geneviève Leduc, Diana Owen, Rebecca Barrett) ;
3e rangée (Denis Boulanger, Françoise Lépine, Reverend Malcom Cogswell, Linda Mutzke, Johanna Ryffel, Roger Balthazard, Melanie Davidson, Lise Jones, Jean-Paul Boyer) ;
4e rangée (Carol O'Brien, Louis Dandenault, Bruno Coulombe, Élyse Boulanger, Lise Cameron, Paul-André Dubreuil, Peter Stastny) ;
5e rangée en arrière (Luc Boulanger, Richard Leclerc, Cedric Poitras, Benoît Boulanger) ;
Absents : Guy Demers, Christine Boulanger, Linda Caswell.
Vittorio Canta, la patience et l'art sans compromis « The search for truth has always taken me on perilous paths.» V. C.1 Originaire de Milan (1941), Vittorio Canta grandit dans une riche ambiance de culture et d'histoire. Dès son jeune âge, il manifeste un talent inné pour les arts visuels, présage de sa future carrière en design graphique.
Après ses études à Milan, à l'institut renommé «Accademia di Brera », il deviendra un designer très apprécié de la dynamique publicité italienne. En 1966, Vittorio cède au goût de l'aventure et de nouveaux défis; il s'installe à Montréal. Retour aux sources? Sa grand-mère paternelle se nommait Lorraine Bélanger (elle était la fille d'Angélina Riopel et d'Alphonse Bélanger)! S'amorce alors une fructueuse carrière de création et de production au service des entreprises cana-diennes les plus innovatrices.
Certes, l'art commercial impose au concepteur son lot d'adaptations, tout en lui permettant d'atteindre des enjeux de taille. Après quarante années de ce régime, Vittorio Canta décide de se consacrer uniquement à l'art pour l'art, au plaisir de l'expression, en hommage à la nature, à la femme. En 2001, il découvre Sutton et son environnement pittoresque, lieu de prédilection pour un artiste qui partage son temps entre son atelier et le grand air où il multiplie les randonnées avec son chien, quand il ne roule pas à bicyclette, sa deuxième passion!
D'abord, il s'exerce avec brio, audace et un certain humour, à la manière des artistes de la Renaissance (technique, couleurs, composition)! Il en résulte une série de tableaux lumineux, voire mystérieux. D'autre part, il mène une recherche « post-impressionniste », qui dépasse l'étude des couleurs, en donnant un sens au sujet, à la composition et à la relation art et actualité (par exemple « Horse Power », « Lance's Triumph », « Clara in Turin » et « The National Game »). Ce ne sont pas des portraits, mais des représentations de sports extrêmes, des fêtes de l'effort à son apogée.

L'artiste rattache sa production récente au mouvement « divisionnisme » ou « pointillisme » : l'intense vibration de cette technique à la « Vittorio Canta » invite le spectateur perspicace à retrouver les formes, à recomposer le mouvement. La palette de couleurs participe à cette vibration grâce à laquelle nous contemplons le paysage, comme en plongée (« Brome Lake », « The Village »). Le découpage et l'exécution sont d'une netteté remarquable; l'artiste travaille avec la précision d'un tailleur de diamants.
Chacun des sujets, même les natures mortes (« Vase »), nous atteint profondément, tout en laissant beaucoup de latitude à l'interprétation. Lorsque l'artiste ajoute une anecdote personnelle, un nouvel éclairage illumine le tableau. « Un uomo solo », par exemple, c'est un souvenir d'enfance : Vittorio écoute à la radio la description d'une course cycliste et, en imagination, il voit le meneur, le fameux Fausto Coppi, franchir la ligne d'arrivée! “ Un uomo solo al comando - A man alone in the lead...”
« There is no contemplation without art. » 2
« The spectacle of our daily skies, the ripple in a pond, a field of grass, are a reminder of how individual sensitivity determines our ability to recognize those casual and ever-changing visions.» V.C.3 Traduction libre des citations:
1- La recherche de la vérité m'a toujours conduit sur des sentiers périlleux.
2- Il n'y a pas de contemplation, sans art.
3- Le spectacle quotidien de nos ciels, l'ondulation à la surface d'un champ de graminées, nous rappellent à quel point notre sensibilité personnelle détermine notre habileté à reconnaître ces visions fortuites et sans cesse changeantes.
En espérant une exposition Vittorio Canta, nous disons bravo! et merci! On peut joindre l'artiste au 450 538-6939.
Lise F. Meunier
Le secret le mieux gardé de la survie humaine
La connaissance du développement physique, intellectuel et émotionnel chez l'homme est aujourd'hui connue jusqu'à un point relativement avancé. Cependant, nous reconnaissons une plus grande part de mystère au développement moral et spirituel. Et ce, malgré le fait que ce développement moral soit probablement ce qui nous permet et nous permettra de survivre comme société humaine.
En fait, la probité, c'est-à-dire l'observation rigoureuse des devoirs de la justice et de la morale, prend tout son sens, en premier lieu, dans notre rapport à la collectivité. Il nous serait possible d'imaginer une visée plus globalisante et universelle qui assurerait le respect de la Vie et de la Nature dans ce qu'elles proposent de plus grandiose.
La base de la survie humaine, c'est de développer notre capacité et nos aptitudes de responsabilisation par rapport à nous-mêmes et par rapport aux gens avec qui nous sommes en relation. On peut y arriver en pratiquant la vertu, cette qualité particulière et cette disposition constante qui nous portent à faire le bien et à éviter le mal par respect pour la vie, la dignité et l'intégrité.
Est-ce que nous demandons à un arbre s'il suit scrupuleusement ses devoirs envers la nature? Est-ce qu'il est responsable dans son développement? Choisit-il volontairement et consciemment de respecter l'intégrité de ses cellules en croissance, en mouvement, en vie? Nous ne savons pas si l'arbre sait à la manière de l'homme. Nous ne savons pas si sa conscience lui permet d'évaluer la portée de ses actions. Mais, nous pouvons observer sa croissance, son enracinement, son déploiement dans l'espace, son interaction avec le milieu, avec les autres arbres, plantes, animaux, sa façon équilibrée de se nourrir avec l'air, l'eau, la terre et ses nutriments et de rejeter ses déchets, de se repro-duire… En synergie avec les lois de la nature.
Idéalement, nous aimerions bien que l'homme soit capable de comprendre le pourquoi de ces lois et, surtout, leur sens ou leur esprit qui nous servent d'inspiration dans cette évolution. Au fond de notre cœur, nous aimerions pouvoir inspirer les autres par nos idées et nos actions. Nous aimerions être inspirés par ceux qui nous entourent. Qui n'aime pas l'idée du respect dans son sens le plus noble? Dans le sens de liberté, d'honnêteté, de responsabilité. Et, tant qu'à y être, pourquoi ne pas avoir la conscience tranquille?
Tant que nous restons au niveau de l'individu et du profit personnel, nous ne nous engageons pas réellement avec la collectivité.
« Si ça fait du bien aux autres et que ça me rapporte “tant mieux”; si ça les dérange, c'est leur problème ». À partir du moment où nous acceptons « le plus grand que soi », incluant notre entourage immédiat et ceux auxquels nous nous identifions, nous nous engageons dans l'évolution humaine. Mais, ce qui nous mènerait plus loin, comme individu, serait de reconnaître la société en général comme une entité morale décidant de façon saine de nos lois, devoirs et responsabi-lités.
Ou alors, comme un secret un peu honteux où nous n'arrivons pas à nous avouer que nous ne sommes pas tout à fait à la hauteur de nos aspirations. Nous pouvons choisir qu'il en va de la vie selon les circonstances, l'entourage, la culture, le tempérament, les maladies… Nous pourrions aussi choisir de croire que ce sont les autres qui nous ont amenés à faire des choix moins inspirés. En ce cas, à quoi servirait de mettre un peu de volonté, de ténacité ou même de sacrifice?
Et pourtant, nous ne demandons pas à un athlète olympique de gagner avant de s'exercer. Il faut lutter très fort pour arriver à la probité, « se démener comme un beau diable ». On doit voir la probité comme un muscle : plus on l'exerce, plus il grossit. Dans tous les sens du terme, la probité rend plus fort.
Anik Kelly
Masso-kinésithérapeute, monréseau+
Réflexions inspirées des stades du développement du jugement moral selon Lawrence Kohlberg, psychologue, théoricien et professeur de psychologie à Harvard et propos de Cécile M. Barcelo, syndic de la Fédération québécoise des massothérapeutes de 1990-1998.
La construction des routes au temps des pionniers
Les premiers colons à s'établir dans le canton de Sutton se sont frayé un passage, de peine et de misère, à travers l'épaisse forêt.
Pendant des années, il leur sera plus facile de se rendre en Nouvelle-Angleterre que dans le reste du Bas-Canada. Aller à Montréal est une expédition de quatre jours avec des arrêts pour la nuit à St-Armand, Caldwell Manor (Noyan), Saint-Jean et Laprairie. La traversée du fleuve peut être dangereuse. En 1819, 46 passagers périssent lorsque leur embarcation partie de la Pointe-Saint-Charles en direction de Laprairie chavire à la hauteur de l'île des Sœurs. En 1826, le fleuve fait trois autres victimes, dont Stephen Westover de Sutton.
Le Montreal Herald du 7 octobre 1826 décrit ainsi l'accident qui a causé sa noyade : « As the William Annesley Steamboat was passing between this port and the opposite shore, when crossing the sault, in consequence of the rapidity of the current, she was whirled round about, and thrown so far upon one side, that two men and a woman, and a double
waggon were precipitated into the water. The engine-man, who observed, from his place, the fall of the wagon, stopped the engine in an instant. One of the men clung by the paddle-wheel, until he was taken on board. The woman, who fell rather farther out, was picked up by the small boat, which was instantly lowered, but the other male passenger who was thrown fartherest into the current, was observed to sink about 15 or 20 yards below, at the moment the woman was got hold of ... The sufferer on this occasion was named Stephen Westover, a respectable land-surveyor from Sutton.”
Stephen Westover était arpenteur (surveyor of lands) pour le gouvernement du Bas-Canada. Il était le fils d'Elisabeth Holmes et de Moses Westover, l'un des concessionnaires de 1802, établi à Sutton Junction. Il avait épousé Dorinda Ball de Brome avec laquelle il a eu deux enfants, Roswell et Stephen Egbert.
Stephen Westover a arpenté de nombreuses propriétés et tracé plusieurs routes. À l'époque, obtenir la construction d'une nouvelle route n'est pas chose facile. Il faut soumettre une pétition au grand voyer du district de Montréal, Louis-René Chaussegros de Léry. S'en suit une procédure prévoyant la rencontre des pétitionnaires, l'examen de la proposition des tracés principaux (front roads), chemin de traverse (bye roads), ponts – l'identification des propriétaires riverains et la publication d'avis publics. Le tout peut s'étirer sur plusieurs mois.
Pendant toute la première moitié du 19e siècle, la construction et l'entretien des routes sont des acti-vités corvéables non financées par des fonds publics. Celui qui se défile s'expose à une amende. Toutefois, on peut, si on en a les moyens, verser une compensation d'un « chelin et trois deniers cou-rants » et être exempté de corvée.
Stephen Westover s'est noyé en 1826. Nous ignorons qui s'est occupé des chemins durant la décennie suivant sa mort. Par la suite, trois noms ont été retracés. Le 22 août 1836, Pierre Louis Panet, grand-voyer du district de Montréal, nomme Ira Jones « to the office of Surveyor of highways and bridges » du canton de Sutton pour le reste de l'année 1835 et pour l'année 1836. Jones occupera cette fonction jusqu'en novembre 1940 alors que Pierre Louis Panet affecte deux nouveaux inspecteurs pour les années 1841 et 1842, James Sheppard et Henry Boright.
Ces nominations sont les dernières effectuées par un grand voyer puisque, à la suite du rapport Durham (1840), un premier régime municipal est mis en place. Le Bas-Canada est divisé en 24 municipalités de district dirigées par un conseil composé de délégués des cantons. Le 21 août 1841, une réunion a lieu pour élire les conseillers de Sutton. Henry Boright et le capitaine Solomon Squier héritent du poste. Lors de la même réunion, plusieurs autres fonctions sont assignées dont celle d'inspecteur des chemins qui échoit à Joseph N. Dyer.
En 1845, la gestion des routes dans le Canton de Sutton est répartie en quatre districts sous la responsabilité d'un inspecteur qui a sous ses ordres plusieurs surveillants. Le premier service de voirie du Canton de Sutton était né.
Jeannne Morazain
Pour en savoir plus sur le déploiement – en toute probité semble-t-il – du réseau routier du Canton de Sutton durant la première moitié du 19e siècle, lisez le douzième numéro des Cahiers d'histoire d'Héritage Sutton. Vous y trouverez aussi, des articles mettant en vedette Polly Barber Scovill, fermière et femme d'affaires, Orville Sweet et ses granges solidement charpentées et A Little Brown House. On peut se procurer cette nouvelle édition des Cahiers d'histoire au Livre d'or et au Cafetier au prix de 5 $. Une aubaine ! La librairie garde également en inventaire les onze premiers numéros.
1 La Gazette de Montréal du 19 mai 1819, cité dans Nos racines, l'histoire vivante des Québécois, p. 1080.
2 Cité par Shufelt, Harry.B. 1980. Stephen Westover. Surveyor of Lands in Lower Canada. 1816-1826. Yesterdays of the Brome County Historical Society, vol 1V, pp. 108-109.
3 Un shilling ou 12 pence.
Frederick T. Hall, greffier et protonotaire
Au palais de justice de Sweetsburg, Frederick Thompson Hall fut protonotaire de la Cour supérieure et greffier de la Cour de circuit pendant 34 ans. Né à Montréal le 18 mars 1822, il était le fils de Nahum Hall et Sarah Thompson. Son père, de descendance anglaise, né au New Hampshire, avait émigré à Montréal où il occupa un poste d'inspecteur de farine pendant de nombreuses années.
Après ses études primaires et secondaires à Montréal, Hall poursuit son éducation à l'Université du Vermont où il obtient son diplôme en 1841. De retour à Montréal, il fait des études en droit. Admis au barreau le 26 septembre 1844, Hall pratique quelque temps à Montréal, avant d'ouvrir un bureau à Saint-Jean où il demeure pendant 8 ans.
En 1858, il déménage à Sweetsburg où il est nommé protonotaire de la Cour supé-rieure et greffier de la Cour de circuit. Hall connaissait bien la région de Cowansville, car depuis plusieurs années, il y venait régulièrement représenter des clients de la région. Avant 1843, les gens du territoire devaient se rendre à Montréal afin de régler leurs différends légaux grâce aux services d'avocats montréalais. Mais avec l'expansion en province de la Cour de circuit, les avocats tels que Hall publiaient leur carte professionnelle dans les journaux régionaux pour offrir leurs services.
En 1861, son bureau est situé au premier étage du nouveau palais de justice de Sweetsburg. Il occupera ce bureau jusqu'à son décès. En 1864, Hall recevait un salaire annuel de 90 $ et un montant additionnel de 46 $ pour la préparation de documents officiels tels que baptistères, certificats de mariage et certificats d'inhumation.
En 1869, il épouse Helena B. McCaffrey, fille du médecin William McCaffrey de New York. À ce moment, les Hall demeurent au-dessus du bureau de poste de Sweetsburg qui se trouve dans le magasin général de Curtis Boright, de nos jours le 1005, rue Principale. Le 1er octobre 1870, Mme Hall revient de l'hôtel Union situé en face du magasin Boright. En traversant la rue pour se rendre chez elle, Mme Hall est frappée par une calèche arrivant à grande vitesse. Quoique blessée sérieusement, elle s'en remettra sans conserver de séquelles. À la suite de cet accident, plusieurs villageois se plaignent de la vitesse des voitures passant dans le village et demandent aux autorités d'éduquer les conducteurs sur les dangers de la vitesse excessive et sur le respect des droits des piétons.
En 1879, Hall accorde le contrat de construction d'une grande maison à l'architecte et entrepreneur John J. Bell arrivé à Cowansville en 1878. La maison des Hall est la première construction de Bell dans la région. Puis, il construit, en 1882, le premier hôtel de ville de Cowansville, qui était situé sur le présent site du centre commercial Domaine du Parc, rue Principale. John J. Bell fut également le premier capitaine de la brigade des pompiers de Cowansville en 1881.
Le 25 mars 1880, pour célébrer leur nouvelle maison nommée « Belmont », les Hall invitent tous les ouvriers à une grande réception. En septembre 1885, Mme Hall ouvre dans leur résidence une école pour filles, pensionnaires et élèves externes. On y donne une éducation anglaise, en portant une attention spéciale à l'enseigne-ment du français et de la musique.
Comme plusieurs à l'époque, Hall est un grand amateur de chevaux. Il est le fondateur et le secrétaire-trésorier du premier « Eastern Townships Turf Club » de la région. Certains des meilleurs cavaliers de saut à obstacles se disputaient la victoire sur le magnifique terrain du club situé à Frelighsburg. Frederick T. Hall décède en 1892, alors qu'il est toujours à son poste de protonotaire et est remplacé par l'avocat John P. Noyes de Waterloo.
En avril 1922, la « Girls' Cottage Industrial School Institution » déménage à Sweetsburg dans l'ancienne résidence du protonotaire Hall. Cette école de réforme pour filles, fondée en 1911 par mesdemoiselles Beatrice et Mary Hickson de Montréal, était commanditée par le Club Kiwanis de Montréal. À ses débuts, l'école se trouvait dans une petite maison en bois sur le chemin de la Reine-Marie à Outremont, avant de s'installer, quelques mois plus tard, à St-Lambert. Cette école coopérait avec la Cour juvénile du gouvernement provincial en s'occupant de jeunes filles délinquantes, non catholiques. Ayant besoin de plus d'espace, l'école déménagea à Sweetsburg et y demeura jusqu'à 1946, année où elle ferma ses portes. En 1949, l'ancienne maison « Belmont » de l'avocat Hall est transformée en hôtel, l'Hôtel Yamaska.
Michel Racicot
Société d'Histoire de Cowansville
www.societehistoirecowansville.com
Du plus vrai que nature…à la nature vraie!
Quatre randonneurs et exploitants de Sutton (Daniel et Micheline de l'Auberge des Appalaches, Lynda et Jay du Gîte Vert Le Mont -- texte en anglais ci-dessous) visitent Oaxaca au sud du Mexique.
C'est à partir de gens simples et véridiques qu'émanent souvent les plus belles et les plus grandes idées. C'est le sentiment que nous gardons au retour d'un voyage mémorable dans cette belle province du sud du Mexique. Dans la capitale Oaxaca, magnifique cité coloniale entourée de montagnes de plus de 3000 m, une agence touristique propose des circuits écotouristiques à travers la chaîne « Sierra Norte ». Un autobus de transport en commun local nous amène à San Antonio Cuajimoloyas, une commu-nauté Zapotèque, notre point de départ pour un trekking de 2 jours avec un arrêt dans le village de Latuvi.
Étant propriétaires d'une auberge à vocation verte et membres d'un regroupement plein air visant le développement et la commercialisation de la randonnée pédestre dans le massif des monts Sutton, cette expédition s'est avérée une source d'inspiration inattendue!
Au cœur de la chaîne des sommets Sierra Juarez de Oaxaca au Mexique, l'organisation Pueblos Mancomunados regroupe huit villages authentiques et hautement conscientisés à l'environnement. Comme ici, les gens des communautés locales sont des partenaires impliqués à chaque étape du développement. Ils ont mené à terme plusieurs grands projets dont certains sont, pour l'instant, des points de discussion à notre agenda. Parmi leurs réalisations, on note l'élaboration des différents parcours et l'uniformisation de la signalisation concrétisée par l'impression d'une carte commune. Dans chaque village, on retrouve un local d'accueil et d'information décrivant les différents trajets ainsi qu'un système de guides interprètes qui vient renforcer la vocation écotouristique du projet. Soulignons que ces derniers se déplacent d'un village à l'autre. Avec l'aide de l'asso-ciation des auberges de jeunesse internationales, la coopérative locale a mis sur pied un réseau d'hébergements neufs et fonctionnels évoquant avec respect les règles de l'architecture indienne ainsi que leurs normes environnementales.
Ces villages de montagne sont regroupés également en coopérative de produits et de services. L'un d'eux se spécialise dans la production de champignons,
un autre dans l'élevage des truites, un autre dans l'agriculture ou les fruits… et le partage se fait! C'est avec fierté que les villageois préservent l'intégrité territoriale de leur coin de paradis souvent par des gestes aussi simples que d'informer les visiteurs où trouver les bacs à recyclage. Leur grande richesse est et restera la magnificence et la biodiversité de leur nature, « une des régions les plus diversifiées au monde » (WWF, 1995). À travers les âges, l'héritage ancestral continue d'influencer les communautés indigènes et les agriculteurs à la rationalisation, la conservation et la protection des ressources naturelles de cette région du Mexique.
C'est de retour chez nous, au cœur du massif des monts Sutton, maillon clé dans la chaîne des Appalaches qui s'étend de la Géorgie à la Gaspésie, que nous ressentons une note de fierté parce que notre région possède la plus grande réserve naturelle privée dans l'est du Canada.
À travers notre territoire, trois grands réseaux de randonnée pédestre sont accessibles : le Parc d'environnement naturel de Sutton, la Réserve naturelle des Montagnes Vertes et les Sentiers de l'Estrie. Avec une vision comparable au projet Sierra Juarez de Oaxaca au Mexique, ce regroupement élabore actuellement une démarche stratégique pour mettre en valeur la randonnée pédestre touristique. Les principaux acteurs sont encadrés de partenaires majeurs régionaux et de représentants de différents secteurs. Tous abordent la même philosophie : la probité, l'intégrité et le respect de son environnement!
Daniel Martin et Micheline Côté
¿Ustedes Quieres Caminar? Visit Los Pueblos Mancomunados!
It's hiking season in Sutton, and I'm ready. So my thoughts return to my last cool hike, which takes me to memories of Miche and Dan, and Lynda and me, in Oaxaca in southern Mexico last December.
Oaxaca is a wonderfully cosmopolitan cultural center but after you've heard the music, hung out on the zócalo (public square), drunk some chocolate, and tasted all the mescal you care to, it's time to get out of the city. If you want to hike and commune with nature, the 290 square-kilometer territory called Los Pueblos Mancomunados is the place to go. Just two hours outside of Oaxaca, in the southern Sierra Juárez mountains (La Sierra Norte), are eight Zapotec villages that have, for hundreds of years, lived as one cooperative community. Today, in part to preserve their way of life, they also engage in a friendly and enviable indigenous ecotourism. These are people of probity, who take a long view of their ancestral legacy.
The Sierra Norte was settled around 1400 CE. While many of Mexico's ethnic tribes succumbed to Spanish rule, the Zapotecs and Mixes of this region never did. Instead, they struggled against the Spanish for 300 years from their mountain refuges, until Mexico's independence in 1821. Today, seven of these eight Sierra Norte villages cooperate as Los Pueblos Mancomunados.
For the nature-seeker, the path to Los Pueblos Mancomunados begins in Oaxaca, at Expediciones Sierra Norte (www.sierranorte.org.mx), just four blocks north of the zócalo. Other trekking companies can arrange your visit but working directly with the villages' organization is both easy and cheaper. Tucked into the back of a small Mexican colonial courtyard, Expediciones Sierra Norte's single-room office has everything needed to plan your visit.
These mountains have amazing biological diversity, and that's reason alone to visit. The Lonely Planet says, in addition to being habitat for all six of Mexico's wild cats, these mountains host 400 bird species and 350 types of butterflies. There are 4000 plants too, many with ancient medicinal uses. Huge agave plants tower over you on the trail, and weirdly iridescent lizards sun themselves on nearby rocks as you eat your lunch in the Mexican wilderness. As well as on foot, you can see the region on bicycle or horseback.
The first things you need to decide are how long you can stay, how many villages you want to visit, and what types of terrain, flora and fauna you want to see. If time is short, or if you don't like carrying overnight gear, there are a number of day-trips. Some of these include waterfalls and loop-treks with great views. If you want to stay several days, there are village-to-village treks, and cabañas to sleep in when you get there. The office and website are replete with maps, elevation profiles and photos to help you decide what you'd like to squeeze into your visit. Once you finalize your itinerary, it's all set out on a group form (don't worry, you can change your minds!), which includes your guide fees and cost estimates of transportation, overnight lodging and food. You pay your per-day accessfee and you're away, off to Oaxaca's Terminal de Autobuses de Segunda Clase to buy tickets on the local bus they've specified. Our bus was packed with flower-laden pilgrims heading home for Our Lady of Guadalupe festivities the next day.
The traffic getting out of Oaxaca can be tedious, perfect for the nap you've earned awaking early. But turning north off Mexican Route 190 at Tlacolula (market-day, Sunday), you begin a relentless climb. Most trips start from the south edge of the Sierra Norte, from the villages of Cuajimoloyas, Llano Grande or Benito Juarez. This is because these villages occupy the highest ridge of the Sierra Norte, at about 10,000 feet. From here north you are hiking nominally downhill. That overstates the advantage, however, as most trails are capriciously up and down; at 3200 meters, every rise feels steep.
Having a guide is well worth the dosh. Besides the advantage of not getting lost (trail marking is spotty), your guide is part of the experience. Up to eight of you can split a guide (just $10-16 a day), and all the way he'll relate history, identify edible plants and species of birds, and suggest diversions and alternate routes. Speaking Spanish is definitely useful, but struggling with the language is part of the fun! All are part-time guides; one we had is a local potato farmer, guiding hikers while at home his potatoes mature in the ground. And, when you get to your next village, ready to drop, he knows where your lodging is and where to eat. Use a guide!
The views are absolutely stunning. Seeing a village at a distance you know is hours away is exhilarating. In December, the cool high-altitude mornings moderate to pleasantly warm days before cooling to crisp sunsets and starry nights. Trails are a mix of rocky/dusty and verdant/fresh. I advise some solid-soled shoes, though. My normal walking shoes needed a layer more padding to protect my feet from the stony surfaces, which left me with bruised pads for several days after.
Time spent in La Sierra Norte is the perfect antidote for Mexico's frenetic markets, noisy streets and pushy vendors. The cooperative community reminded me of Sutton. See you on the mountain!
Jay Sames
jay.sames@gmail.com
PLUS OU MOINS PROBANT…
Bandes dessinées et musiques
Par Ramon Vitesse
La probité semble en voie de désuétude et sa mise au rancart, pour le commun des citoyens, va de pair avec la multiplication des magouilles, des excès, des détournements et des milliers d'entourloupes qui pleuvent sans relâche sur nous au jour le jour de la part de policiers, de militaires, de religieux, de fonctionnaires, d'élus ou de gens d'affaires… Comme on devrait dire plus souvent : Aux voleurs! À l'assassin! Et ainsi de suite… Rappelons que l'ignorance ou le laisser-faire font de nous des complices de notre propre horreur. Voici quelques lectures et écoutes pour mieux saisir l'ampleur de la catastrophe qui mine le monde entier, mais aussi la confiance mutuelle…
D'entrer de jeu, croire ou ne pas croire? C'est une question sur laquelle le Québec laïc ne se penche même pas comme société… Individuellement, on reconnaîtra que les sphères d'influences du religieux sur le monde profane sont légions. DIEU EN PERSONNE (Futuropolis) de Marc-Antoine Mathieu fait réapparaître Dieu en imaginant les réactions des gens, mais, aussi, des foules, du gouvernement et des commerçants en augmentant la réflexion à l'aide de plusieurs citations telle celle de Gotthold Ephraim Lessing: « La recherche de la vérité vaut mieux que sa possession. » Mais, peut-être est-ce plus simple de courir les chimères? Dans le même ordre religieux des choses terrestres, GAZA 1956, En marge de l'histoire (Futuropolis) de Joe Sacco, dans un style de BD reportage hyper rigoureux, articulé et bien documenté (beaucoup de témoignages contre vérifiés puisque les rapports sont pratiquement inaccessibles). La probité de l'histoire officielle est mise à rude épreuve dans cette facilité à faire disparaître des évènements. Les tueries commises par des militaires israéliens à Khan Younis et à Rafah dans la bande de Gaza, pourtant, permettent de courir après l'actualité pour parvenir à recoller des pièces nécessaires à comprendre plutôt que juste entrevoir. Ce pavé fait près de 400 pages! Dans AU NOM DE LA BOMBE (Delcourt), sous titré Histoires secrètes des essais atomiques français, de Albert Drandov et Franckie Alarcon on en apprend beaucoup sur cette saleté d'arme de destruction massive et pour laquelle bien des gouvernements de pays n'ont reculés devant aucune fourberie, mensonge et dissimulation afin de réaliser les essais (bien entendu dans leurs colonies… ou chez de petits peuples) nécessaires. Le point culminant du livre est le discours de Teariki (un leader autonomiste tahitien) servi à De Gaulle en visite sur l'île en 1966… Du solide : « Puissiez-vous, Monsieur le Président, appliquer en Polynésie française les excellents principes que vous recommandiez, de Phnom Penh, à nos amis américains et rembarquer vos troupes, vos bombes et vos avions. »
L'honnêteté, même scientifique, peut parfois faire défaut – il y a tellement d'intérêts; pour ne pas dire de fric, en jeu… HÉLAS (Dupuis) de Spiessert et Bourhis parle de cela avec beaucoup de sensibilité et d'une manière frappante; les personnages sont tous des animaux tandis que l'espèce rarissime que sont des spécimens humains qui attirent non seulement les scientifiques, mais aussi les gastronomes et amateurs de sujets empaillés générant un lucratif trafic. Dans un désordre d'idées libertaires ou poétiques, LES AILES (Bayard) du Taiwanais Jimmy Liao font figure de livre très questionnant sur la manière dont, comme être unique et social, il importe d'user d'autocritique pour évoluer au-delà des diktats misérables de la consommation et des loisirs de pure distraction. Un président-directeur général voit soudain une paire d'ailes lui pousser dans le dos. Parviendra-t-il à s'élever et prendre la mesure de l'importance de ne pas rester un oiseau de poulailler condamné au ras du sol? Les dessins sur des pleines pages qui, chaque fois, font chavirer la banalité du chemin en droite ligne jusqu'à la tombe… Des histoires, les humains s'en racontent volontiers. Dans MARILYN, De l'autre côté du miroir (Casterman) de Christian de Metter un écrivain fera une rencontre étonnante qui sera suivie d'une virée en voiture dans les campagnes voisinant New York avec Marilyn Monroe!!! Une panne les obligera à se réfugier dans un castel où ils vivront la peur pour ensuite se quitter à jamais. Une splendide peinture et un style proche d'Hitchcock. Des histoires de pêche ou d'amour il y en a des farfelues, voire même des démesurées… TOUTOUTE PRE-MIÈRE FOIS (Fluide Glacial) de Krassinky remet les pendules à l'heure de la réalité crue pour les tout
premiers rapports sexuels à partir de plus d'une vingtaine de témoignages oscillant entre drôlerie et désespoir. Fascinant comme on y retombe sur terre – au diable la performance. LAS ROSAS (Actes Sud – l'AN 2) de Anthony Pastor offre une proposition d'œuvre BD rigoureuse avec un dessin noir et blanc à trames apparentes comme dans les bandes des quotidiens. La particularité de ce western tortilla à l'eau de rose – des fleurs piquantes faut-il le préciser?, est d'être situé en plein désert mexicain dans un minivillage de roulottes réservé aux femmes. Rosa, une jeune un peu à pique, y est amenée par le shérif afin qu'elle accouche loin d'un conjoint violent et dans le commerce de drogues. Jamais pathétique, mais toujours à pousser les émotions à l'extrême, ce feuilleton a quelque chose de corsé.
Un chouia de musique plus qu'honnête? HENRI BAND, Ça travaille fort (Tribu/Dep) ramène son rock des campagne avec, notamment, mandolines, claviers et guitares avec des textes forcenés tels que Le dépotoir, Le chemin des champs de bataille ou cette pièce titre nous demandant pourquoi donc travailler à notre perte… En folk québécois, je manquerais de probité de ne pas attirer votre attention sur deux albums pareillement fort de deux formations éprouvées : LES TIREUX D'ROCHES, Cé qu'essé? (CFM musik/Outside) et LE VENT DU NORD, La part du feu (Borealis Records). Dans les deux cas, la multiplicité des instruments et des approches utilisées pour chacune des pièces sont autant d'invitations à voyager dans le temps et dans les cœurs du monde entier dès notre patrimoine vivant! Il vous faut voir et entendre pour y croire? Ne manquez pas l'édition 2010 du CowanSkate Cult qui se tiendra à la mi-juillet à Cowansville…
Un réseau de pipeline entre Portland et Montréal depuis 1941
La probité signifiant intégrité, c'est ce principe même du devoir de tout historien face à l'Histoire, qui conduit mon propos d'aujourd'hui sur l'origine historique du pipeline passant les monts Sutton. Le mot pipeline est un terme anglo-saxon venant du Latin pipa pour tuyau et linea pour ligne. Le nom français oléoduc désigne un conduit pétrolier, venant aussi du Latin oleo signifiant huile et ducere pour conduire. Depuis 1941, trois
oléoducs pétroliers ont été construits pour assurer le transport de pétrole brut et l'approvisionnement énergétique par voie terrestre depuis Portland dans le Maine (É.-U.) vers Montréal au Québec. En 2010, le réseau de canalisation entre le port de Portland et les raffineries à l'Est de Montréal se compose de trois tuyaux d'âges et de mise en fonction différents. Depuis 1941, il existe également cinq stations de pompage sur tout le réseau, dont deux au Québec qui sont toujours en fonction à Highwater et à Saint-Césaire.
Une première canalisation de 324 mm de diamètre, soit 12 pouces, a été construite en 1941, puis mise hors service et laissée en place dans le sol, en 1984. Une seconde canalisation de 457 mm, soit 18 pouces, a été construite en 1950. Elle a été mise hors service en 1986, puis convertie pour l'exportation de gaz naturel vers Portland, en 1987. Finalement, elle est à nouveau reconvertie et inversée pour le transport de pétrole brut vers Montréal, en 1999. Un nouveau projet d'inversion est prévu pour faire passer du pétrole bitumineux de l'Alberta vers Portland, grâce à la construction d'une nouvelle station de pompage à Dunham. Enfin, la dernière canalisation de 610 mm, soit 24 pouces, construite en 1965, est toujours exploitée pour le transport de pétrole brut de Portland vers Montréal.
Origine du projet en 1941
Le 1er août 1941, était inaugurée à Highwater, dans le canton de Potton, la jonction officielle d'un nouveau pipeline reliant le port de Portland à Montréal. Cependant, c'est seulement le dimanche 16 novembre 1941, à 16 h 43 précisément, que le pétrole arrivait dans les raffineries industrielles de l'Imperial Oil of Canada à l'Est de la métropole. L'objectif principal de ce premier projet de pipeline construit entre les États-Unis et le Canada britannique était d'assurer un approvisionnement en ressource énergétique de la Province de Québec et d'une partie de l'Est canadien. Entré en guerre contre l'Allemagne nazie en septembre 1939, le Canada ne pouvait plus assurer la sécurité des navires marchands dans l'embouchure du fleuve St-Laurent, sous contrôle des sous-marins allemands, les fameux U-Boot.
En second lieu, la froideur de l'hiver et la problématique des glaces dans le St-Laurent rendaient de plus en plus périlleux l'approvisionnement en pétrole des raffineries de Montréal « qui fonctionnent au service du peuple canadien pour garantir sa liberté et sa démocratie », comme le rappelait le premier ministre du Canada, MacKenzie King. Le but politique de ce projet était d'assurer, avant tout, la sécurité énergétique de l'est du Canada pour faire fonctionner toutes les industries productives du pays.
Les premiers travaux de construction
Dès la fin du printemps, des travaux sont mis en oeuvre pour installer un oléoduc de 12 pouces de diamètre extérieur (324 mm) au départ de Portland. De nombreuses excavations de sols agricoles ont demandé de nombreux contrats de location donnant un droit acquis sur l'ensemble du tronçon. Les travaux forestiers dans les montagnes du Vermont et des monts Sutton ont nécessité l'utilisation de machines puissantes pour arracher, broyer et creuser les forêts sauvages. Une tranchée profonde de trois pieds (1 mètre) a été creusée pour enterrer le tuyau, requérant de nombreux dynamitages et parfois un pliage par force du tuyau lui-même. L'ensemble des tubes a été soudé par soudure autogène et enduit de goudron pour garder une étanchéité lors de leur immersion dans la rivière Richelieu et le fleuve St-Laurent. Une archive filmée de cette construction historique est conservée à l'Office national du film canadien.
Les propriétaires du projet Portland-Montréal
En 1941, les gouvernements canadiens et américains passent un accord énergétique, mais les travaux sont financés et commandés par la Imperial Oil of Canada et la Standard Oil New Jersey Company dans le but de fournir les raffineries montréalaises contrôlées par Shell Oil Company, McCall Fontana Oil company et la British-American Oil Company. Parallèlement, deux compagnies ont été créées pour la gestion technique du pipeline, soit la Portland Pipeline Company du côté américain et la Pipe-Lines Montréal Limited, qui deviendront la Portland-Montréal Pipe-Lines Company (PMPL).
Après la guerre en 1946, la Standard Oil of New Jersey vend ses filiales de Portland et Montréal Pipe-Lines aux quatre grandes compagnies pétrolières propriétaires des raffineries de Montréal. Selon les archives de l'ONÉ, Pipe-Lines Montréal Ltée, qui était sous juridiction de la Commission des transports du Canada de 1941 à 1959, passe sous la nouvelle juridiction de l'Office national de l'énergie (ONÉ), avec un nouveau certificat d'utilité publique numéro OC-5, émis en date du 29 février 1960. Depuis cette date Portland-Montréal Pipe-Lines (PMPL) est responsable des trois oléoducs qui traversent aujourd'hui le Québec, le Vermont, le New Hampshire et le Maine.
Laurent Busseau
www.historien-sans-frontière.com
sources :
Office National de l'Énergie, Canada
Office National du Film, Canada
Raymond-Casco Historical heritage Society Maine US
Portland-Montréal Pipe-Lines
Un climat de confiance… depuis près de 50 ans!
Au cours d'une vie, tout individu est amené à faire des choix, et les décisions sont fondées généralement sur les valeurs morales de chaque personne. Comme l'expression populaire le dit, « beaucoup d'eau s'est écoulée sous les ponts » depuis l'ouverture du Mont SUTTON le 17 décembre 1960 et bien des décisions ont dû être prises par la famille Boulanger pour assurer l'avenir du Mont SUTTON. À plusieurs moments, les Boulanger sont retournés au cœur de leurs valeurs familiales inculquées et les ont appliquées à leur modèle d'affaires : un souci d'authenticité, de préservation de la nature, de persévérance, de loyauté...
Un climat de confiance s'est développé au fil des années d'existence du Mont SUTTON entre les membres de la famille Boulanger et les fidèles clients, la communauté, les partenaires... Année après année, des partenaires se sont associé au Mont SUTTON, que ce soit pour s'ajouter à la liste des privilèges aux détenteurs d'une passe SUTTON, la tenue d'activités à la montagne ou dans la région telle que la Fête nationale suisse qui a lieu chaque année au Mont SUTTON vers la fin juillet, et ce, depuis plus de trente ans!
Le festival du Mont SUTTON, le Panoramaduodlacôte, qui rassemble depuis près de vingt ans plusieurs collaborateurs, tous les automnes, est aussi un bon exemple d'un partenariat qui s'est bâti au cours des années. Chaque automne, des artistes et commerçants de la région se joignent au Mont SUTTON pour célébrer en communauté cette saison colorée!
Le « je-ne-sais-quoi » du Mont SUTTON et de toute sa destination
Beaucoup s'entendent pour dire que le Mont SUTTON a un « je-ne-sais-quoi » qui donne raison aux clients passionnés, aux partenaires et aux collaborateurs d'y revenir encore et encore, année après année, hiver comme été. Les valeurs familiales prônées par la famille Boulanger au Mont SUTTON, depuis 1960, en sont certainement responsables… Des gens s'y rendent pour trouver ce « petit quelque chose » tout à fait spécial, et ils sont incapables d'expliquer en quoi il consiste : « Je conduis 3 heures, passe devant au moins 15 autres stations de ski sur mon chemin, et continue jusqu'au Mont SUTTON, parce qu'une journée de ski au Mont SUTTON a quelque chose de spécial, a mentionné un vrai fan du Mont SUTTON. »
C'est pourtant bien simple à comprendre quand on regarde l'ensemble de la destination : l'esprit de communauté qui règne partout au village de Sutton, les
boutiques locales, les chaleureux Suttonnais, la succulente gastronomie pour tous les types de fourchettes. Et, bien sûr, les nombreuses activités organisées durant toute l'année, à la montagne comme dans la région, sont présentées au www.montsutton.com.
Sutton est assurément une destination à découvrir, sans aucun doute pour toutes les richesses qu'elle a à offrir… Mais, aussi, pour les valeurs morales qui les habitent.
Mireille Simard
Investir dans sa santé bucco-dentaire
Avant les années 1970, la dentisterie se résumait plutôt à des traitements curatifs que préventifs. C'est grâce aux progrès en médecine dentaire que les professionnels ont pu comprendre le lien étroit entre l'importance d'une bouche en santé et la santé globale du corps humain.
Nous savons maintenant, preuves scientifiques à l'appui, que les maladies parodontales (gencives) sont en lien avec les maladies cardiovasculaires, les accidents vasculo-cérébraux, les maladies respiratoires chroniques, le diabète, l'ostéoporose, la naissance de bébés prématurés ainsi que le cancer du pancréas. De nouvelles recherches suggèrent une relation possible avec l'insuffisance rénale et d'autres maladies inflammatoires. Les maladies parodontales se présentent sous forme aiguë ou chronique. Elles sont transmissibles et, lorsque non traitées, elles entrainent la résorption de l'os alvéolaire supportant les dents jusqu'au stade de la perte de celles-ci.
Les signes avant-coureurs les plus fréquents sont la rougeur, l'enflure, le saignement et la sensibilité des gencives au toucher ou des dents suite au déchaussement. Certains patients présenteront une mauvaise haleine ou encore de la mobilité de leurs dents.
C'est grâce à des visites préventives régulières avec votre hygiéniste dentaire et votre dentiste que tous ces problèmes peuvent être décelés à un stade précoce, nécessitant donc des traitements moins invasifs et moins coûteux. Un examen complet, précis et minutieux de votre bouche permettra de dépister tout problème au niveau de vos dents (caries, malposition, obturations défectueuses, absence, usure, espaces, sourire, etc.), des tissus mous, des muscles, des gencives, des cancers buccaux, de malocclusion ou encore de troubles de votre articulation temporo-mandibulaire.
La dentisterie moderne offre de multiples solutions pour atteindre une qualité de vie optimale favorisant ainsi une espérance de vie plus longue. Par exemple, le remplacement des dents manquantes par des implants dentaires permet de réduire l'affaissement et le vieillissement prématuré du visage, de faciliter une meilleure alimentation et digestion en plus de prévenir les problèmes à l'articulation temporo-mandibulaire. Que ce soit avec l'orthodontie invisible sans broche (Invisalign) ou encore par des restaurations toute céramique assistées par ordinateurs (CEREC) en une seule visite, la médecine dentaire peut grandement contribuer à une meilleure santé de votre bouche et de votre corps.
Profitez de toutes ces possibilités pour devenir complice de votre santé globale!
Roxanne Chaussé
La Coupe des Amériques
La tenue de la Coupe des Amériques lors des congés fériés de la fête du Canada et de l'Indépendance des États-Unis lui a été favorable et lui a permis d'atteindre des records de participation. La 27e édition de la Coupe des Amériques espère continuer son essor en tenant l'événement les 2, 3 et 4 juillet 2010.
Cette année, les circuits ont été remaniés à cause de travaux prévus sur la route 139, entre Sutton et Abercorn, qui ne seront pas terminés avant la tenue de la course. Ainsi, le départ du prologue se fera à Gilman corner. Les coureurs emprunteront la route 139 jusqu'à Sutton, puis la rue Maple, le chemin Poissant , la rue Harold et le chemin Réal pour terminer à Val Sutton comme d'habitude. Mentionnons que le parcours est plus long et plus difficile que le précédent.
Aucun changement n'est considéré pour le contre-la-montre, sauf que le comité organisateur met en place des mesures particulières pour enrayer tout problème de punaises qui pourraient se trouver sur la chaussée. Le critérium se déroulera encore à Cowansville. Les marchands et commerçants de Sutton seront ravis d'apprendre que ces deux étapes accueilleront, en plus des catégories maître traditionnelles, les trois catégories seniors et les coureurs élite du Québec. Tout un spectacle en perspective.
La course sur route du dimanche sera plus longue et passera par Knowlton, Mansonville, Owls Head, Austin, Bolton Est. Le retour se fera par Knowlton en passant par la rue Maple à Sutton pour terminer devant Condominiums La Paimpolaise près du Mont Sutton.
La Coupe des Amériques reçoit toujours de nombreux éloges. Le conseil d'administration les accueille avec fierté en reconnaissant que tout cet honneur revient aux bénévoles, aux commanditaires et à la communauté qui s'investit sans retenue pour l'événement. Chose certaine, le comité organisateur ne ménagera pas ses efforts pour obtenir autant de succès en 2010.
Néanmoins, pour bien réussir, la Coupe des Amériques comptera toujours sur la collaboration des citoyens, les ressources de la municipalité de Sutton, la collaboration des villes voisines, l'intervention du ministère des Transports et de la Sûreté du Québec et, surtout, sur le travail exceptionnel des bénévoles.
Changement de mélodie à l'Auberge Glen Sutton
Les nouveaux propriétaires, Angel Forrest et Denis Coulombe, respectivement chanteuse et musicien, modifient la mélodie d'un air populaire... qui devient le Red Room. Voilà plus de 20 ans qu'Angel Forrest séduit les foules avec sa voix puissante et rauque, son charisme, sa fougue et sa passion. Elle et Denis ont lancé l'aventure à Glen Sutton en même temps que leur troisième album Come Alive en avril 2010.
Le Red Room est en rénovation et réserve des soupers spectacles et des brunchs musicaux les diman-ches pour les adeptes de la cuisine mexicaine et internationale qui a fait la réputation de l'endroit. Cette relance promet d'attirer de nouveaux adeptes de partout à Glen Sutton.
L'endroit saura devenir un attrait qui permettra aux gens de répondre à l'ancien slogan de l'endroit : « Where the hell is Glen Sutton anyway ? »
Pour en connaître d'avantage sur Le Red Room : 450 538-2000 ou :
www.myspace.com/aubergeglensutton où un hyperlien vous dirige vers la musique d'Angel Forrest.
D.B. Leçons de probité d'un vieux pirate anarchiste
Vous trouverez peut-être que probité, pirate et anarchie forment un drôle de ménage à trois. La probité est généralement associée à l'observation scrupuleuse des règles de la morale sociale et de la justice, alors que le pirate est décrit comme un individu sans scrupules qui s'enrichit aux dépens d'autrui et que l‘anarchiste rejette toute autorité, toute règle imposée par l'État. Mais moi, j'ai connu un vieux pirate anarchiste qui, tout en n'étant pas un citoyen modèle, était un exemple d'intégrité et de loyauté envers les règles de vie qui ont dicté son comportement et tracé son destin depuis l'adolescence. Je parle de mon père, ce vagabond des limbes qui, en décembre dernier, quittait les sept mers pour parcourir le grand océan sidéral. Aventure, voyage, rêve et romantisme sont les clés du poème qu'aura été sa vie, sans oublier « anarchisme ». Pas l'anarchisme sombre et désespéré des punks « no future », mais au contraire, le genre d'anarchisme qui croit en la bonté de l'homme et de la femme, en la force libératrice de la communauté et en la résistance d'un et de tous face au fascisme. Ceux qui vivent selon cet idéal ont à mes yeux d'autant plus de mérite que cette vision n'est pas reconnue par l'ensemble de la société.
Lorsque j'ai rendu visite à mon père, deux mois avant son décès, nous avons fait ensemble un survol de sa vie. Ce dont il était le plus fier, c'est d'être resté fidèle à lui-même et à ses principes. Mon père n'aura jamais été propriétaire d'une maison, ni accumulé de biens. Il a déjà possédé une discothèque de jazz extraordinaire et une collection unique de masques mexicains, mais tout cela s'est perdu au fil de ses pérégrinations, d'un paradis ensoleillé à un autre, où il réinventait sans cesse sa vie. Mon père était un grand rêveur. Plus qu'un rêveur : un artiste, car il a réussi plus d'une fois à rattraper son rêve afin de vivre avec lui à l'unisson. Quand on vit en accord avec soi-même, on pénètre dans un espace créatif, un espace où l'on choisit de penser, agir et vivre différemment. Un espace où on affirme ce en quoi on croit, où on vit sa vérité. Mon père, comme les artistes en général, avait une habileté merveilleuse à se foutre du jugement des autres afin de s'ouvrir à l'inattendu.
Pour moi, la probité c'est de demeurer intègre et fidèle à ses valeurs. Cela exige un grand courage moral : le courage de la transparence, le courage de se laisser voir par les autres pour ce qu'on est. Mon père n'a jamais cherché à avoir l'air puissant, influent, sage ou humble. Il a souvent agi de façon insensible ou égoïste, sous l'emprise de la peur ou par caprice. Il était lui, sans patine, avec ses forces et sa vulnérabilité à fleur de peau, son sens du merveilleux et sa naïveté de grand enfant. La pratique de la transparence révèle peut-être nos failles, mais elle permet aussi à notre beauté et à notre force de briller, de rayonner et, ainsi, d'inspirer pareil comportement chez les autres. Oui, mon père était un pirate-anarchiste. Disons-le : il a f… é le système américain quelques fois, sous l'ère de Nixon, de Reagan et de Bush. Et malgré cela, je vois en lui un exemple de probité puisqu'il a tenté, sa vie durant, de vivre selon les règles d'un idéal social dont les dictats sont « liberté, fraternité, égalité ». Je remercie donc ce routard des galaxies intérieures qui traverse les frontières sans passeport. Son âme à la main. Je l'imagine parcourant l'élusive adobe sur son bateau-radeau avec son drapeau rouge et noir d'une anarchique tendresse et ses vieilles voiles rapiécées de mille histoires rocambolesques qui me font sourire la nuit en rêvant. *
Bénédicte Deschamps
Art-thérapeute/Ateliers de créativité Art, corps et âme
www.artcorpsetame.com
* Les paroles en italique sont extraites de poèmes composés par mon père: Jean-Marie Deschamps.
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