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La placidité, un univers
Quelques musiciens se présentent sur scène; les instruments et la voix se propagent à des décibels fort près du seuil de tolérance de l'oreille humaine. Pourtant, malgré leur déhanchement, leur mouvement de tête et leur tapage de pied, spectatrices et spectateurs semblent tout à fait détendus et placides au coeur de la tempête de sons. Au centre d'un réveillon ou d'une fête familiale du temps des fêtes, un bébé dort paisiblement; une mère observe placidement sa famille tumultueuse. À la station de ski, des skieurs fébriles affrontent le froid, la neige et l'effort physique et empruntent les remontées en toute placidité.
Est-ce possible d'éprouver un tel calme au coeur même de centres d'activités ou d'endroits de brouhaha? Bien sûr, cela n'est pas donné à tous. On dirait qu'il faut d'abord passer d'un degré de surexcitation supérieur à un degré moindre pour sentir la placidité.
La personne qui s'est démenée pour mettre sur pied une activité, une fête ou une rencontre entre amis; la mère qui s'est inquiétée en préparant une recette; le parent qui a été écrasé par le travail ou les respon-sabilités familiales; l'étudiant qui a été submergé par les études, ne se trouvent-t-ils pas soulagés au point d'atteindre un niveau de placidité dès qu'ils sentent un peu de relâche?
Dunham, Frelighsburg et Sutton sont des endroits de placidité en ce sens qu'ils permettent aux gens qui les fréquentent de vivre une baisse de tension, la réalisation de leur rêve ou un changement de cadence qui transforment d'aucunes situations dérangeantes en pures délices... pour l'âme. Qu'est-ce qu'une légère file d'attente en ski, au restaurant ou à l'épicerie la fin de semaine pour quelqu'un qui a affronté des bouchons de circulation interminables en ville pendant la semaine. Que représente le bruit d'une foule dans un chalet de ski ou un bistro pour une personne confrontée à des plaintes d'employés, de clients ou d'enfants dans la vie courante?
Or la placidité est aussi à la portée des gens sereins et calmes, car ils peuvent toujours trouver un milieu plus paisible et clément. La nature enneigée accessible en raquette ou en ski de fond en est peut-être le plus bel exemple. Et, que dire des endroits de contemplation intérieure comme les églises, les ateliers de yoga ou de Qi Gong, les galeries d'art et les scènes diverses... même un moment de lecture du GÉOPLEINAIR ou du journal Le Tour devant un feu de foyer? À chacun son univers de placidité!
Bonne lecture!
Denis Boulanger
Sublimes animaux
Les exemples de rencontres spirituellement fertiles entre les humains et les animaux abondent dans la littérature de tous les horizons culturels, à commencer bien sûr par les livres d'enfants et sans oublier les éternelles fables d'Ésope et de La Fontaine.
Dans un long poème intitulé Chant de moi-même [Song of Myself, 1855] Walt Whitman écrit à ce sujet : « Je crois que je pourrais aller vivre avec les animaux, ils sont si placides et réservés.
Je reste des heures et des heures à les regarder, ils ne s'échinent pas à travailler et ne gémissent pas sur leur sort, ils ne restent pas éveillés la nuit et ne pleurent pas sur leurs péchés, ils ne me lèvent pas le cœur à discuter de leurs devoirs envers Dieu ; il n'en est pas un qui soit mécontent, pas un rendu fou par la manie de posséder des objets, pas un qui s'agenouille devant un autre, ni devant un de ses semblables ayant vécu il y a des milliers d'années. Aucun d'eux n'incarne la respectabilité ou la misère sur toute la terre. Ils me révèlent un lien entre nous et je les accepte, ils m'apportent des signes de moi-même et prouvent avec simplicité que ces signes sont à eux. Je ne sais où ils les ont acquis, serais-je moi-même passé par là il y a très longtemps et les aurais-je négligemment laissés tomber ? […] Je crois qu'une feuille d'herbe n'est en rien inférieure au labeur des étoiles et que la fourmi est également parfaite, comme le grain de sable et l'œuf du roitelet, et que la rainette est un chef-d'œuvre digne du plus haut des cieux, et que la ronce grimpante pourrait orner les salons du ciel, et que la plus infime jointure de ma main l'emporte sur toute la mécanique, et que la vache qui broute, tête baissée, surpasse n'importe quelle statue, et qu'une souris est un miracle capable de confondre des sextillions d'incroyants. »

Martin Buber, dans Je et Tu se penche plus précisément sur le regard des animaux : « Les yeux de l'animal nous parlent un grand langage […] ils expriment le mystère que la nature a révélé et enfermé en eux, je veux dire l'appréhension du devenir […] Ce langage, c'est le premier balbutiement de la nature sous la première étreinte de l'esprit, avant qu'elle s'abandonne à lui pour son aventure cosmique que nous appelons l'homme. […] Je regarde parfois ma chatte au fond des yeux…»
Et qui n'a senti un pincement de coeur en lisant ce passage de La mort du loup d'Alfred de Vigny : « Hélas! ai-je pensé, malgré ce grand nom d'Hommes, Que j'ai honte de nous , débiles que nous sommes! Comment on doit quitter la vie et tous ses maux, C'est vous qui le savez sublimes animaux. À voir ce que l'on fut sur terre et ce qu'on laisse, Seul le silence est grand; tout le reste est faiblesse. --Ah! je t'ai bien compris, sauvage voyageur, Et ton dernier regard m'est allé jusqu'au coeur. Il disait : Si tu peux, fais que ton âme arrive, À force de rester studieuse et pensive, Jusqu'à ce haut degré de stoïque fierté Où, naissant dans les bois, j'ai tout d'abord monté. Gémir, pleurer prier est également lâche. Fais énergiquement ta longue et lourde tâche Dans la voie où le sort a voulu t'appeler, Puis, après, comme moi, souffre et meurs sans parler ».
« Pour évaluer l'avancement spirituel d'une nation, regardez comment elle traite les animaux », disait Gandhi. L'objectification de l'animal et les mauvais traitements qui en découlent commencent par l'affirmation qu'il n'a pas d'âme, comble de l'ironie puisque « animal » vient du latin « anima » qui signifie justement… l'âme ! Le monde animal est une école de placidité et d'interdépendance où l'ignorant ne voit généralement que des structures mécaniques de prédation et de domination reflétant ses propres désirs de domination, ses jugements et ses échelles subjectives de bien et de mal.
L'exemple vient, hélas, d'en haut. En dépit d'une cosmologie biblique qui situe clairement l'aspect souffrant de l'aventure humaine entre la consommation du fruit de « l'arbre de la connaissance du bien et du mal », stéréotype du « jugement premier », et une fin des temps marquée par le « jugement dernier », les bran-ches exotériques des religions du Livre continuent à s'empommer des fruits de l'arbre interdit en brandissant le glaive du sectarisme et du châtiment au lieu de cultiver, comme leurs branches ésotériques, l'équanimité, la placidité, la sérénité, la tolérance, le contentement, l'acceptation, le détachement et tous les autres synonymes du grand « OUI ». Oui, « Dieu dort dans les minéraux, s'éveille dans les végétaux, s'anime dans les animaux et est conscient dans l'Homme. »
À l'heure où la notion de développement durable est sur toutes les lèvres, le grand défi n'est pas de s'agiter davantage, mais au contraire, de réformer en chacun de nous la notion de progrès, de passer d'une obsession pour la quantité qui mène à l'impasse du « jamais
assez », à une « évolution tranquille » centrée sur une conscience placide, affranchie du désir de domination et des comportements prédateurs qui en découlent. En somme, passer du règne de la quantité à celui de la qualité. Alors, « il ne se fera ni mal ni destruction sur toute ma montagne sacrée »…
Daniel Laguitton
www.granby.net/~d_lag
Info Crime s'implante à Sutton
QU`EST-CE QU`INFO-CRIME?
Info-Crime est un PROGRAMME COMMUNAUTAIRE. Cet organisme à but non lucratif a été implanté dans Brome-Missisquoi, en octobre 2002, par des citoyens qui avaient le souci de s'engager au niveau de la prévention et de la criminalité. Le conseil d'administration actuel est composé de femmes et d'hommes oeuvrant dans le milieu des affaires, que ce soit en entreprise privée, dans le secteur commercial, au sein d'institutions financières ou médiatiques. Il comprend aussi des personnes retraitées issues de divers milieux de travail.
QUELS SONT LES OBJECTIFS D' INFO-CRIME?
Il n'appartient pas uniquement aux services policiers d'assurer la sécurité de la communauté. Les citoyens doivent également être mis à contribution. Les objectifs sont donc d'éveiller la conscience sociale de chacun, de sensibiliser les citoyens à leurs responsabilités civiques et d'aider les policiers dans leurs efforts pour protéger la société contre le crime en permettant aux citoyens de s'engager dans leur communauté par le biais de différentes approches.
QUAND POUVONS-NOUS APPELER LE 1-800-711-1800?
Toute information pertinente concernant des actes criminels tels que : vol, introduction par effraction, plantation de cannabis, transformation de cannabis, fraude, meurtre, photos de personnes recherchées, agression, délit de fuite ou tout autre acte ou geste criminel commis ou qui se commettent peuvent être signalés à INFO-CRIME 24 heures par jour, 7 jours par semaine.
EST-CE SÉCURITAIRE D'UTILISER INFO-CRIME?
Malheureusement, la peur et l'indifférence sont toujours les principales raisons pour lesquelles les citoyens hésitent à coopérer avec les services policiers.
Donc il fallait concevoir un système GRATUIT, ANONYME ET CONFIDENTIEL qui permettrait aux citoyens possédant de l'information pertinente sur des activités criminelles de les communiquer en toute quiétude. Depuis octobre 2002, INFO-CRIME répond à ces besoins avec la ligne sans frais 1 800 711-1800 et son site Internet : www.infocrime.org.
Si l'information transmise permet d'élucider un crime, un montant pouvant atteindre 2 000 $ pourrait vous être accordé.
Toutes les mesures de confidentialité ont été prises pour qu'une personne demeure sans crainte à l'abri de toutes représailles à la suite de la divulgation d'information.
Vous êtes invité à utiliser ce service aussi souvent que nécessaire et à devenir une personne qui fait une différence dans la prévention et la solution de crimes dans Sutton et la région.
Daniel Dion
Président INFO-CRIME
Nourrir le futur aujourd'hui
par Suzanne Cazelais
« La production alimentaire est en crise dans le monde entier. » Difficile à croire si on se fie à l'abondance et la diversité des aliments offerts sans relâche au supermarché! Pourtant, lorsqu'on se penche de plus près sur la question, on constate que 50 pour cent des aliments consommés au Québec sont importés et qu'ils parcourent en moyenne 2 500 km avant d'atterrir dans notre assiette. On découvre aussi que le transport d'une laitue de la Californie au Québec nécessite 36 fois plus d'énergie qu'elle n'en apporte en calories une fois consommée.
Réflexion sur le retour à une production locale, biologique et diversifiée.
Pourquoi produire localement? Parce que consommer quotidiennement des aliments qui proviennent de l'autre bout de la planète est une démesure écologique. Parce que l'approvisionnement de notre table dépend entièrement de la bonne marche d'un système de distribution sur lequel nous n'avons aucun contrôle. Parce que les lois du marché actuel conduisent à une hyperspécialisation qui a pour conséquence l'appauvrissement du sol, l'utilisation d'OGM, de pesticides et d'engrais de synthèse pour soutenir la productivité de monocultures et la pénurie de superficies agricoles pour les besoins locaux. Parce que ce système est possible uniquement grâce à un pétrole abondant et bon marché, une réalité qui ne sera plus la nôtre d'ici quelques années (voir Pic Pétrolier: http://fr.wikipedia.org/wiki/Pic_p%C3%A9trolier). Parce que certaines pratiques actuelles pourraient être comparées, sans trop exagérer, à de l'esclavage moderne et ont des conséquences sociales et humaines inacceptables, notamment sur la santé des travailleurs agricoles du Sud et leurs conditions de travail.
Notre confort et nos fruits exotiques ont un prix, et celui-ci dépasse largement celui payé à la caisse du supermarché! Ces coûts cachés sont présentement déportés à notre insu sur nos impôts et vers les générations futures (santé, entretien routier, ressources naturelles, qualité de l'air et de l'eau, etc.).
Produire localement abaisse non seulement notre empreinte écologique de façon considérable, mais cela nous permet de soutenir une démarche d'affranchissement du pétrole et une plus grande autonomie face aux fluctuations des marchés internationaux. Cultiver notre terre nourricière avec des méthodes biologiques et peu mécanisées assure la pérennité de notre environnement pour les générations futures. Manger en harmonie avec notre terroir et nos saisons nous raccorde à l'univers vivant dans lequel nous habitons.
Pour en arriver à cela, il faut mettre en valeur le savoir-faire qui tient compte des climats et conditions particulières à chacune des bio régions. Il faut organiser notre territoire de façon à favoriser l'agriculture de subsistance et démocratiser l'accès à la terre. Il faut choisir les variétés végétales les mieux adaptées, réintégrer dans notre quotidien les procédés de conservation des aliments et découvrir le vaste potentiel que recèlent nos plantes indigènes. Cela demande également de travailler la terre et le territoire de façon respectueuse et efficace, et de traiter nos déchets et matières organiques en tenant compte des processus naturels de régénération de la terre.
Par où commencer? Des citoyens de Sutton se penchent actuellement sur les forces et les particularités de la région et envisagent un plan d'action. Par exemple, considérant que la plupart des terres locales ne sont pas cultivées, certains propriétaires seraient-ils intéressés à les prêter à de jeunes agriculteurs désireux de produire légumes, petits fruits, céréales ou animaux sur pâturage pour le marché local? Une coopérative de solidarité agricole pourrait être formée pour chapeauter les initiatives émanant de part et d'autre. Le sujet est riche, fertile, prometteur et presque inépuisable : jardins communautaires de subsistance, marché public, cuisine commune, caveaux communautaires, cours et ateliers sur la culture, la transformation et la conservation des aliments, production locale de semences…
Il faut aussi commencer à agir chez soi, dès maintenant : achat local, jardins de pelouse, conservation des aliments pendant la belle saison, compostage (ou mieux encore, vermicompostage) des déchets de table, modification de ses habitudes alimentaires pour inclure davantage d'aliments de saison (par exemple, en hiver, légumes racines et germinations).
Transformer notre approche à la nourriture, c'est un changement à la fois concret et essentiel, qui nécessite une révolution dans notre perception de notre lien avec la vie. Il est trop tard pour être pessimistes ou pour continuer à rêver d'un futur idéalisé. Le temps est arrivé de nourrir le futur dans chacun de nos gestes quotidiens avec placidité.
Une collaboration de Vicky Veilleux et Suzanne Cazelais à partir d'un texte de Vicky Veilleux disponible au www.vivreensemblepourlaplanete.blogspot.com
Intéressé(e) à contribuer à l'autonomie alimentaire de Sutton? Écrire à suzanne.cazelais@videotron.ca
Vous voulez vous approvisionner localement et favoriser la création d'emploi chez vous? Devenez membre d'un marché de solidarité régionale. Le Marché de solidarité régionale offre des centaines de produits locaux de qualité provenant d'agriculteurs de la région respectueux de la terre et de l'humain. C'est simple et facile : magasinez et commandez les produits de votre choix par Internet à des intervalles réguliers et cueillez votre commande au point de chute du marché.
Marché de solidarité régionale de Cowansville
531, rue du Sud Cowansville
(450) 955-1100
www.marchecowansville.org
Membership: 30 $ par an
Les AmiEs de la Terre du Voisinage de Waterloo
151, rue Lewis Ouest Waterloo
(450) 539-4964
www.atvwaterloo.com
Membership: 20 $ par an
Le grand connétable Pickel
Les ancêtres de Horace D. Pickel quittent le Palatinat, pays germanique, au début du 18e siècle et immigrent dans la province de New York, près d'Albany. Peu de temps après la Révolution américaine, les Pickel quittent cette région pour venir s'établir au Canada et s'installent finalement dans le comté de Brome. Fils de Thomas Pickel de descendance germanique et d' Asenath McCoy, de descendance écossaise, Horace Darius Pickel naît le 10 février 1838. Orphelin de père à l'âge de 13 ans, Pickel doit abandonner ses études pour travailler à la ferme familiale jusqu'à l'âge de 18 ans avant de se lancer dans l'achat et la revente de produits de ferme.

En 1858, âgé de 20 ans seulement, il devient un des huissiers du nouveau district judiciaire de Bedford, lequel comprend les comtés de Missisquoi, Brome et Shef-ford. En 1861, il est nommé grand connétable (High Constable) du district, dont les fonctions consistent à assurer l'ordre public et à procéder à l'arrestation et à la détention des personnes transgressant les lois. Il occupera cette fonction jusqu'à son décès. Le bureau du grand connétable étant situé dans le nouveau palais de justice de Sweetsburg, Pickel déménage dans ce village en 1863. Lors de l'incorporation du village le 1er janvier 1875, Pickel devient le premier maire de Sweetsburg et il sera réélu en 1878 et en 1881. Le village de Sweetsburg a été annexé à Cowansville en 1964.
Pendant de nombreuses années, Pickel aura la réputation de posséder les plus beaux chevaux de la région. Il sera membre de l'Eastern Townships Trotting Association et remportera de nombreux concours et compétitions. Il se rendra régulièrement à New York pour vendre des chevaux.
Le 7 juillet 1877, Cowansville et Sweetsburg reçoivent la visite de Sir John A. Macdonald, qui fut le premier premier ministre du Canada en 1867. À cette époque, Macdonald est le chef de l'opposition en pleine période de campagne électorale. Il doit arriver par le train de 10 heures à la gare de Cowansville et se rendre pour un grand pique-nique à Sweetsburg, dans le bocage Fuller situé près du présent emplacement de l'Hôtel Yamaska. Pour souligner la venue de Macdonald, les rues Sud et Principale sont décorées de grandes banderoles et de magnifiques arcades de sapinage. Le train arrive vers midi et le chef de l'opposition est accueilli par une foule très nombreuse et plusieurs fanfares de la région. Après un bref discours, Macdonald prend place dans une splendide calèche tirée par quatre chevaux bais et conduite par le grand connétable Pickel.
Une longue procession composée d'environ 80 calèches et de centaines de personnes se met en marche pour Sweetsburg où, selon certains témoins, plusieurs milliers de personnes venues de partout dans la région attendent Macdonald au bocage Fuller.
Tout en occupant ses fonctions de grand connétable, Pickel est également le directeur local d'une agence provinciale de détectives. Une annonce publicitaire dans les journaux comporte les éléments suivant : « Enquête confidentielle et agence de détectives, au bureau du grand connétable du District de Bedford, Sweetsburg. Agents secrets dans toutes les régions de la province. Toutes communications et affaires strictement confidentielles. Frais raisonnables. »
Le 29 décembre 1864, Pickel a épousé Ruhannah Benham du canton de Brome, née le 13 décembre 1839. Ils ont eu seulement un enfant, Follin, lequel sera médecin à Sweetsburg pendant plus de 40 ans. En 1883, Pickel construit, près du palais de justice, une magnifique maison de style Second Empire. À cette époque, deux autres grandes maisons de même style venaient d'être cons-truites soit la résidence du sénateur George B. Baker, plus tard le couvent de Sweetsburg et la maison du meunier George K. Nesbitt. De nos jours, seule la Maison Nesbitt demeure et fait partie du Circuit patrimonial de Cowansville.
Horace Darius Pickel est décédé à Sweetsburg le 10 juin 1894 et son épouse, le 11 janvier 1913. Ils sont tous les deux inhumés dans le cimetière Christ Church, voisin du palais de justice de Cowansville.
Michel Racicot
Société d'histoire de Cowansville
www.societehistoirecowansville.com
Êtes-vous paisible, serein, « placide »?
Si vous répondez affirmativement à cette question, c'est que le thème de la présente édition du Tour, la « placidité », vous est familier, au moins dans la pratique, même si ce mot ne fait pas partie de votre vocabulaire habituel. Quand et comment réussissons-nous à nous prélasser à ce palier? Plusieurs circonstances et maintes occasions nous offrent cette possibilité. Mieux : nous ouvrent une avenue royale qu'il ne tient qu'à nous de raffermir et de prolonger.
Par exemple, le grand pianiste Alain Lefebvre, lors d'une émission radiophonique récente, nous mettait en garde. « La musique adoucit-elle toujours les mœurs? », demandait-il, comparant deux musiciens dont l'un (Lully) avait produit une œuvre agressante et l'autre (Rameau), une musique tout en douceur et en raffinement. « Pas sûr », pouvons-nous constater avec lui.
Alors, comment y voir clair? De multiples façons, évidemment, même et surtout en nous en tenant à nos activités quotidiennes : routine du jour, travail, loisirs, rêves d`avenir. Et en cultivant leur apport positif, plus nombreux qu`on ne l`imagine. La table est mise, inépuisable.
Voyons d'abord ce qu'il en est de la routine quotidienne, beaucoup plus enrichissante qu'il n'y paraît. Chaque geste coutumier, justement parce qu'il est chargé d'automatismes, contribue à renforcer en nous la discipline des habitudes, celle justement qui nous aidera à mieux faire face à des situa-tions plus exigeantes, en famille ou socialement. Les gestes personnels du quotidien sont innombrables, point besoin de les énumérer. La conduite automobile elle-même constitue un bon indice de « placidité ».
Le travail proprement dit, à domicile ou à l'extérieur, apporte un lot de contraintes particulièrement exigeantes. La nécessité de s'y soumettre nous pèse dans la mesure où notre liberté nous semble menacée. Mais quelle liberté? Celle de résister à une agression et d'en faire à notre tête ou celle d'évaluer une tâche à son véritable mérite? Évaluer objectivement une tâche, imposée ou non, implique justement l'intervention de notre capacité de détachement, de notre capacité à nous mettre tant soit peu « au neutre » et à réagir froidement, « placidement », c'est-à-dire, paisiblement et sereinement. Il s'agit là d'une responsabilité individuelle. Le bât peut alors blesser dans la mesure où, parfois, une force extérieure démesurée vient fausser cet exercice. À moins, pour poursuivre le jeu de mots, de puiser à notre réserve d'« impassibilité », si tant est qu'elle existe. Mais, attention! Nous pourrions verser dans l'insensibilité ou l'indifférence, qui ne sont pas nécessairement des qualités, car il ne faut ni s'écraser ni s'avachir.
Quoiqu'il en paraisse, les loisirs (sportifs ou culturels) et les hobbies manuels jouent également un rôle primordial,justement parce qu'il s'agit d'activités libres. Leur pratique
suivie, sérieuse et pondérée contribue à créer de précieuses habitudes, par la force des choses. À éclairer et discipliner nos esprits.
Les rêves eux-mêmes, par définition, émergent habituellement dans un contexte de « placidité ». Ils sont aussi bénéfiques en ce qu'ils nous projettent dans l'avenir, nous tracent des voies souvent prometteuses. Il ne s'agit évidemment pas ici des rêves qui occupent notre sommeil. À une émission Découverte de la fin de septembre, le futur astronaute québécois David Saint-Jacques nous le rappelait expressément. De docteur en astrophysique, celui-ci est devenu docteur en médecine, médecin en territoire nordique, et le voilà maintenant aspirant à la station spatiale internationale (sans débourser 35 millions de dollars!). Pourquoi? Parce que, croit-il, nos rêves nous accompagnent plus fidèlement que nous le pensons, finissent par nous rejoindre, parfois à notre insu. Le réputé auteur de Pi, Yan Martel, dont la fable sur l'eau a été lue en orbite par Guy Laliberté, va même jusqu'à dire que « C'est par des rêves qu'on crée des réalités nouvelles ». Pour rêver, il faut au départ se retrouver dans un état de « placidité ».
Serge Gagné
Le 6e sens
L'ouïe, la vue, l'odorat, le goût, le toucher et la proprioception. Ce dernier sens réfère à notre sens de l'équilibre, du positionnement et du mouvement dans l'espace. Il s'appuie sur les informations recueillies par les récepteurs des articulations, des muscles et de l'oreille interne. Il permet de se sentir en soi avec « l'œil du corps ».
Le 6e sens permet d'évaluer notre position et notre masse dans l'espace ainsi que la tension musculaire utile pour garder cette position.
La plupart des mouvements quotidiens sont automatiques et ne requièrent aucune réflexion. La proprioception permet de nous concentrer pleinement sur la réaction à chaque situation.
Cependant, les événements de la vie stimulent constamment les sens. L'accélération du rythme de vie et la nécessité de répondre aux demandes extérieures nous poussent à négliger les messages sensoriels internes indiquant que les muscles commencent à fatiguer. Dans cette optique, les tensions finissent par sembler normales.
Les avantages sont nombreux à prendre conscience du corps et de ses tensions : adopter une meilleure posture, accéder à une plus grande liberté de mouvement, dégager l'axe respiratoire afin de mieux respirer, retrouver une plus grande confiance dans nos mouvements et ressentir un bien-être général amélioré. Sans compter sur la possibilité d'atténuer ou même d'effacer les maux et raideurs de dos, de cou, de hanche, d'épaules et les douleurs aux membres s'y rattachant, et ce, jusqu'au bout des doigts et des orteils.
Les avantages implicites d'un corps détendu et reposé sont de se sentir plus calme, de pouvoir penser plus clairement et de travailler plus efficacement! L'aplomb et l'équilibre permettent de développer la grâce et la paix intérieure. Et pourtant, dans cette proposition, il ne s'agit pas tant de faire quelques exercices, mais plutôt d'être à l'écoute, d'être conscient de ce que nous sommes et de comment nous sommes.
Nous vivons à une époque où tout doit être fait de plus en plus rapidement, créant ainsi une pression psychologique à tout faire bien. Ce stress accroît davantage nos efforts. Par peur de faire mal, nous ne nous concentrons que sur le résultat aux dépens de la manière d'y parvenir. Modifier cette tendance à l'arrivisme en un contrôle conscient des moyens employés nous encourage à équilibrer notre attention entre ce que nous faisons et comment nous le faisons, et à être plus attentifs au procédé employé.
Au lieu de nous concentrer sur la posture correcte, nous devons considérer dans quelle mesure nous interférons avec le fonctionnement naturel de notre équilibre et de notre posture et comprendre que si nous pouvons éviter les tensions inutiles, une position adéquate en résultera. En léger décalage avec le centre de gravité du crâne, la tête est naturellement plus mobile et inclinée vers l'avant. Ce mouvement mobilise les muscles posturaux du dos et permet à la colonne de se redresser, dégageant le tronc, permettant ainsi un réflexe respiratoire plus mobile.
Et si nous nous arrêtions un instant avant de nous dépêcher à faire quelque chose pour arriver au but et au résultat? Si nous commencions en prenant une pose? Le temps de laisser la nuque mobile pour que la tête avance, que la colonne puisse s'étendre et le dos se dégager… Et rester à l'écoute dans ce processus de conscientisation. Qui sait, nous pourrons chan-ger le cours des choses et la direction que nous voulons donner à notre vie. S'arrêter avant de commencer PEUT être une habitude à prendre.
Anik Kelly
Masso-kinésithérapeute, monréseau+
Le rapport Pronovost, la placidité de l'UPA et le PDZA.
Basées sur la synthèse des 770 présentations qui lui ont été faites aux quatre coins du Québec, les conclusions de la Commission sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire québécois (CAAAQ) sont limpides : l'agriculture est en crise et des changements majeurs sont requis pour lui donner un nouvel élan.
Face à une telle situation, comment expliquer la résistance au changement de l'Union des producteurs agricoles (UPA)? S'agit-il d'une saine placidité caractérisée, suivant le dictionnaire, par la capacité de conserver un calme parfait en toutes circonstances? Ou est-ce là la version pathologique du même trait de caractère découlant de graves lésions cérébrales et caractérisée par l'absence de toute réaction de défense aux agressions extérieures?
Quoi qu'il en soit, le gouvernement du Québec a choisi de jouer de prudence, en commençant par la réalisation de huit projets pilotes de Plans de développement de la zone agricole (PDZA)1. Le but de l'exercice, qui répond à la 44e recommandation du rapport de la CAAAQ (le fameux rapport Pronovost)2, est d'assurer une mise en valeur durable, et centrée sur l'agriculture, du territoire agricole des municipalités régionales de comté (MRC) impliquées. Son principal intérêt est d'ouvrir le champ des possibles en permettant l'émergence de projets alternatifs mieux adaptés à la réalité de certains territoires que la production de masse imposée par le système en vigueur.
En raison de son paysage agricole contrasté, Brome-Missisquoi fait partie des huit MRC ciblées par le ministère de l'Agriculture (MAPAQ). Dynamique à l'ouest de la MRC, l'agriculture est en déclin marqué dans les collines et vallées de l'Est, peu propices à l'agriculture industrielle. Le diagnostic de la situation agricole de Sutton, réalisé en 2005 par le GRAPP, illustre les limites de la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles (LPTAAQ) dans un contexte fortement teinté de villégiature :
• Il ne restait en 2005 que 46 exploitations agri- coles enregistrées auprès du MAPAQ alors qu'on en comptait 274 en 1951.
• Sur ces 46 exploitations, plusieurs ne généraient que le minimum de revenu agricole permettant un remboursement de taxes foncières, sans être pour autant de « vraies » exploitations agricoles. On ne retrouvait que 6 fermes laitières, alors que cette activité était auparavant la base de l'agriculture locale.
• La superficie moyenne des exploitations agricoles était de 101 ha. Au total, elles occupaient moins de 12 % du territoire municipal, alors que la zone « verte » recouvrait plus de la moitié du même territoire.
• Moins de 50% des lots de la zone « verte » étaient utilisés à des fins agricoles. On y retrouvait, par contre, 610 habitations.
• De nombreuses friches et plantations de conifères témoignaient de l'ampleur de la déprise agricole. Considérées comme un usage agricole par la CPTAQ et financées à 80% par des fonds publics, les plantations de conifères étaient approuvées par le MAPAQ, le potentiel agricole de Sutton était jugé trop faible pour justifier des interdictions.
• En raison d'un contexte législatif, réglementaire et spéculatif très défavorable, l'agriculture du terroir, qui constituait la forme de relève la mieux adaptée à la réalité du territoire, semblait condamnée à demeurer marginale.
• En interdisant le morcellement des terres agricoles, le « zonage » vert avait réussi à protéger le territoire, mais pas les activités agricoles.
Tel que prescrit par le rapport Pronovost, le PDZA de Brome-Missisquoi peut permettre d'atténuer nombre de contraintes légales et réglementaires limitant la viabilité des usages agricoles. En tant que projet-pilote, il constituera peut-être une véritable planche de salut pour l'agriculture du Piémont des Appalaches et un exemple à suivre pour des régions aux contextes similaires.
Il devra cependant composer avec une spéculation foncière qui a fait grimper la valeur de certaines parcelles agricoles à plus 20 000 $ l'acre. Dans un tel contexte, il faudra beaucoup d'imagination et de volonté politique pour redynamiser une agriculture victime de ses trop beaux paysages. Tous les citoyens concernés par le sujet sont donc invités à participer activement aux consultations publiques sur le PDZA organisées par la MRC en décembre et mars prochain.
1 http://www.brome-missisquoi.ca/pdf/fr/resume_pdza.pdf
2 http://www.caaaq.gouv.qc.ca/documentation/rapportfinal.fr.html
Patricia Lefèvre,
pour le Groupe de réflexion et d'action sur le paysage et le patrimoine (GRAPP).
La fausse placidité du grand-duc d'Amérique
Texte tiré d'une conférence de Pierre Wéry pour le Club des ornithologues de Brome-Missisquoi
Que ce soit en nature ou à la télévision, tout le monde a déjà vu le plus puissant et le plus féroce de nos hiboux : j'ai nommé le grand-duc d'Amérique. Le calme qu'il dégage et son immobilisme, sauf la tête qui pivote sur 360 degrés, nous donnent une image de fausse placi-dité. Méfiez-vous, le grand-duc est un chasseur redoutable.
Il chasse à l'affût et il est bien équipé physiquement pour cette forme de chasse. Ses oreilles se trouvent cachées dans les plumes à la limite du disque facial et le rôle primordial de ce dernier est de diriger les sons vers les oreilles qui sont très sensibles. Il peut entendre une souris à 100 mètres. Mentionnons que ses aigrettes ne sont pas des oreilles, mais des plumes.
Les plumes de ses ailes sont striées ce qui permet à l'oiseau de voler sans bruit et de fondre silencieusement sur sa proie qui ne se doute de rien. Son bec fort lui permet de tuer sa proie instantanément pour qu'elle ne s'agite pasquand il l'enlève dans les airs. Ses serres sont puissantes avec des griffes coupantes comme des lames de rasoir et pointues comme des aiguilles. Sa vue est 8 à 10 fois meilleure que la nôtre.
Donc, du haut de son perchoir préféré, il écoute et regarde en tournant la tête puisque ses yeux sont fixes. Il localise ses proies au son et à la vue. Il triangule; c'est-à-dire qu'il évalue la direction, la distance et la hauteur. Ensuite, il fonce silencieusement et avec précision sur sa proie qu'il tue instantanément et s'envole vers son nid ou un perchoir. Il peut chasser de jour, mais préfère la nuit.

On le retrouve en Amérique, de la ligne des arbres au Nord à la Terre de Feu au Sud, dans une mosaïque d'habitats. Il vit autant dans les forêts, les champs en friche, les clairières, etc.
Saviez-vous qu'on le retrouve fréquemment dans les parcs urbains? Le jour, il somnole près du tronc d'un arbre où son plumage se confond avec l'environnement. C'est ce qui lui donne cette fausse image de calme. Il commence à s'activer une demi-heure après le coucher du soleil. Comme chez tous les rapaces, la femelle est plus grosse que le mâle.
Quelles sont ses proies? Le grand-duc est un généraliste et un opportuniste. Son régime va du campagnol (mulot) au grand héron et à la bernache en passant par la moufette, le lièvre, le lapin à queue blanche, le porc-épic, le raton laveur, le canard, la gélinotte et même les chats et les petits chiens. Les Anglais le nomment « Tiger of the forest ».
Une autre activité importante dans la vie du grand-duc est la nidification.
Les grands-ducs ne construisent pas de nid. Ils s'accaparent d'un ancien nid de corneille d'Amérique, de buse à queue rousse, de grand héron, et même d'écureuil gris. Ils utilisent aussi d'anciens nids de grand corbeau logés sur des parois de carrières abandonnées.
Ils nichent en fin février, début mars. La femelle pond deux œufs blancs sphériques de la grosseur d'une balle de billard à raison d'un œuf tous les deux jours. C'est ce qui explique qu'il y a toujours un aîné de deux jours dans une couvée. Si la nourriture est rare, seulement l'aîné survivra, le cadet mourra et sera mangé par son frère ou ses parents. Pas de perte. La femelle couve pendant 30 jours sans pratiquement bouger du nid pour que les œufs ne gèlent pas. Le mâle la nourrit pendant ce temps. Quand les petits naissent, le mâle doit chasser de plus belle parce qu'ils naissent nus et que la femelle doit encore rester au nid pour les garder au chaud. On n'est tout de même qu'à fin mars! Quand ils grandissent, les deux parents chassent pour eux. Au début, la femelle leur déchiquette de petits morceaux de proie, mais plus tard, ils en avalent de grosses parties et régurgitent des pelotes comme leurs parents.
Le nid de grand-duc n'est pas un modèle d'hygiène. Il est couvert en pourtour de la fiente des petits et il contient des restes de proies en décomposition. De plus, d'autres restes de proies pourrissent au sol et quelquefois, le mâle ramène une moufette rayée. Soulignons qu'on peut
souvent trouver le nid à l'odeur. Cette puanteur n'incommode nullement l'oiseau qui n'a pas d'odorat.
Le grand-duc ne craint personne même si le renard et le coyote peuvent attaquer les jeunes. Malheureusement, l'homme, même si c'est défendu, le prend pour cible...
La corneille d'Amérique est son ennemie. Quand un groupe de corneilles trouve un grand- duc, elles le houspillent pour le chasser. Si vous voyez un groupe de corneilles crier et tournoyer, regardez au centre de l'activité. Peut-être y verrez-vous un grand-duc stoïque. Vous admirerez alors sa placidité…
Ghislaine Delisle
Peace and Love
Notre rédacteur en chef est une source infinie d'inspiration. Les thèmes du journal Le Tour orchestrent une symphonie de synapses dans mon cerveau, c'est extraordinaire. Bien que mon sens esthétique ne soit pas charmé par le mot « placidité », celui-ci est tout de même porteur d'une belle profondeur. Pour servir le thème, une plante sera, à nouveau, mon alliée. Une plante, et un organe. L'aunée, Inula helenium, et le poumon.

En médecine traditionnelle chinoise (MTD), les poumons contrôlent la respiration et l'énergie vitale, le Qi. Ils assistent le cœur au niveau de la circulation du sang, donc de l'énergie. D'une part, une bonne respiration engendre des poumons forts, qui à leur tour servent la santé globale. D'autre part, les états émotifs influencent le bon fonctionnement des poumons en modifiant la respiration. L'anxiété est particulièrement dommageable pour cet organe. Le calme, la placidité sont donc salutaires. Mais ça, tout le monde le sait… Les poumons sont aussi la source du Wei Qi, ou énergie de défense. Celle-ci circule à la surface du corps, par l'intermédiaire de la peau, et forme la première ligne défensive du corps, bloquant les pathogènes dans leur éventuelle progression vers les profondeurs physiques. Les plantes toniques des poumons jouent ainsi un rôle majeur dans le maintien de la santé.
L'aunée est une plante pulmonaire importante. On la retrouve dans les tout premiers écrits traitant de plantes médicinales. Au fil du temps, son utilisation demeure semblable, à quelques nuances près. C'est surtout pour son action sur le système respiratoire que l'aunée est reconnue. La plante est principalement expectorante, stimulant l'élimination du mucus. L'aunée est aussi relaxante et tonique de la muqueuse respiratoire, lorsque cette dernière est bien endommagée par des troubles aigus ou chroniques. On l'utilise pour les catarrhes, les bronchites, les coqueluches, trachéites et autres toux de rhume ou de grippe. De plus, son action est reconnue pour aider à soigner l'asthme, l'emphysème et la tuberculose. À ceci s'ajoute un aspect antiseptique important.
Les principaux constituants chimiques de la plante sont assez bien connus. Ce sont surtout des lactones sesquiterpéniques et de l'inuline, un gros polymère osidique, ou sucre complexe. Ce qu'il faut retenir de cette chimie est que de nombreuses études se sont penchées sur le sujet de l'aunée, et les conclusions corroborent l'usage ancestral. Je vous en mets quelques-unes en références1. Les textes les plus exhaustifs font état de l'action de l'aunée sur le bacille de Kosh, responsable de l'infec-tion bactérienne qu'est la tuberculose.
Outre le système respiratoire, l'aunée est aussi indiquée pour nombre de troubles digestifs et urinaires. On l'utilise, encore une fois, pour ses propriétés stimulantes, relaxantes et toniques.
Au niveau de la digestion, l'aunée est aussi une plante amère. Le principe amer des plantes agit directement sur le foie, la vésicule biliaire et le tonus de tout l'appareil digestif. L'aunée sera aidante en cas de congestion hépatique, d'indigestion et d'atonie digestive, de maux de ventre. L'aunée débloque les états stagnants, tonifiant la muqueuse au passage. Autre petit point intéressant, la plante est utilisée pour les troubles sévères des gencives, retardant le déchaussement et prévenant la putréfaction. En mâchant la racine fraîche ou séchée, ou en préparant une décoction, par la suite utilisée en gargarisme.
Pour le système urinaire, les qualités antiseptiques de l'aunée entrent à nouveau en jeu. Étant aussi diurétique, la plante sert en cas de « ites » affectant ce système; cystites, néphrites, pyélonéphrites. Par rebondissement, et comme la plupart des diurétiques, l'aunée aura un effet sur les problèmes arthritiques et rhumatismaux.
La plante est puissante et très efficace. Elle est aussi d'une grande beauté, tranquille, mais majestueuse.
Je conviens qu'il peut être étourdissant de lire un pareil résumé. L'idéal est d'essayer la plante en diverses situations. Le temps des grippes arrive, vous n'en serez que mieux préparé.
Vous trouverez la plante séchée en vrac chez Au Naturel à Sutton, ou chez Verveine et Cie à Cowansville, ou auprès de votre herboriste.
Une petite recette pour terminer :
• Sirop d'aunée
• 2 litres d'eau
• 50 à 100 grammes de racine d'aunée sèche
• Miel
Tremper la plante dans l'eau froide durant une heure. Porter ensuite à ébullition. Laisser mijoter 20 minutes, tamiser puis remettre sur le feu pour réduire le liquide de 2 litres à 250 millilitres. Ajouter de ½ à une tasse de miel. Bien mélanger. Prendre 1 cuillérée à table 3 à 4 fois par jour, pour deux semaines maximum, en conservant au frais le précieux élixir.
Ab imo pectore
Annie Rouleau
Herboriste
annieaire@gmail.com
1 Pharmacognosie, phytochimie, plantes médicinales, par Jean Bruneton, Éditions Tec & Doc, Éditions médicales internationales, ? 1999
Aussi : http://www.pubmedcentral.nih.gov/picrender.fcgi?artid=2273753&blobtype=pdf
Une passionnée inventive (indépendante) et modérée L'art des émotions assumées - Josée Barrette
Fière de ses racines ancrées dans la montagne inspirante, Josée Barrette habite de nouveau Sutton. Elle est « chez elle », entourée des arbres qui viennent habiter sa création au rythme des saisons énergiques. Elle vient de terminer un bac en traduction à Concordia, sans interrompre sa production artistique.
Nous parcourons rapidement ses notes biogra-phiques pour y découvrir deux expositions solos intitulées Impressions (2006, Galerie Artus Mtl) et Sillons (2002, Galerie EntreCadre, Mtl); et trois expositions de groupe à la Galerie ArtsSutton, en 2001 Dualité, 2006 La nature des choses et 2009 Totem.

Une oeuvre de Josée, L'immense, illustrait l'affiche de 2006: voyez cette plante surréaliste à six feuilles dansantes sur une vague bleu de mer chaude! Présentement, elle expose à la Galerie Rouge de Cowansville, Fleur de macadam, un tableau qui s'inscrit parfaitement dans le thème ROUGE.
Josée a commencé à peindre il y a 23 ans et elle a étudié le dessin et la peinture avec Nicole Beaulieu (Université de Mtl, 1990-92), Francine Labelle et Yves Durand (Mtl, 1996-1998). Elle a également participé aux ateliers de Seymour Segal en Grèce et en Tunisie (2005, 2007).
Toute sa recherche porte les couleurs de la vie, des émotions de l'heure : motivée par des sujets « intérieurs » pas nécessairement faciles. Des exemples : N'insiste pas, La tristesse (un grand tableau aux couleurs douces, et au centre, en bas, le dessin d'un être prostré), Un rêve, Je vous hais, Le cirque (2000, un chapiteau turquoise coiffé de rouge brillant, dissimulant son secret, comme la boîte trouée du Petit Prince).

La création (2001) fait partie de l'exposition Sillons et illustre de belle façon la manière plus abstraite : les couleurs franches posées en aplat, le rouge feu, le bleu et le vert et ce trait puissant, au centre du tableau…arbre ou oiseau : belle énigme!
Josée reconnaît que son parcours n'a rien d'urgent. Il se développe selon une certaine nécessité et une préoccupation environnementale sous-jacente, sans thèse! « Je sais ce que je veux faire. Je vois. Et le titre vient facilement ».
Les feuilles tombent (1987): la toile attire mon attention, car la touche fait vibrer les bleus et les verts… étrange automne! La saison des tulipes (2005), un tableau de six pieds où les fleurs s'allument comme la pluie du soir transforme la ville avec magie, mais quelqu'un dort sous les tulipes. Démesure (2004) est aussi un grand tableau (108 cm x 76 cm) concret-abstrait où le feu vient lécher la silhouette des branches et éclairer un bouquet imaginaire, voire viscéral! Du rouge et des ombres chinoises.
Et nous voilà devant la grande toile de la « une » : Lueurs. Sur fond jaune février, six arbres qui structurent trois plans en tons de brun, gris, café au lait. Une forêt-clairière où se cache sans doute la promesse du printemps, où les ombres multiplient ces arbres filiformes qui révèlent à la fois une présence, une inspiration et une inquiétude.
Maintenant, Josée travaille aussi la toile enduite de cire d‘abeille, comme une gravure, rehaussée d'éléments peints (Totem, 2009). Les arbres dénudés y sont omniprésents, alignés sur un horizon sombre ou égarés dans un coucher de soleil. Cette recherche conjugue deux fragilités, les arbres et le support. Simultanément, elle atténue les couleurs tout en majorant la présence de l'arbre.
La démarche de Josée Barrette s'enrichit au contact de tout ce qui fait Sutton actuellement. Elle apprécie son « chez soi », la colonie d'artistes qui produisent et exposent ici, les galeries, les cafés-galeries! Je me félicite d'avoir accepté la proposition de notre éditeur, qui m'a permis de connaître une artiste calme, chaleureuse, confiante, qui se soucie peu des modes. Ses oeuvres font partie de collections privées et nous apprendrons avec bonheur la tenue de sa prochaine exposition.
Lise F. Meunier
Présentation de VitiNord
VitiNord est un évènement qui rassemble tous les acteurs et actrices de la vigne et du vin de climat froid, afin de transmettre les outils et les connaissances disponibles aujourd'hui pour l'amélioration de leurs systèmes de production.
Au printemps 2009, VitiNord naît en organisme sans but lucratif et prend le relais de l'IANV (International Association for Northern Viticulture, Wisconsin) pour l'organisa-tion de la deuxième rencontre internationale sur la viticulture de climat froid, au Québec.
Pourquoi le Québec est-il choisi pour cette rencontre d'exception?
Parce que la transformation agroalimentaire est un secteur névralgique de son économie, parce que depuis trente ans, des cépages hybrides sont mis à l'essai sur son territoire et qu'il en résulte une vaste gamme de produits vinicoles dont certains seront certifiés 100 pour cent Québec à partir de cette année.
D'une part, VitiNord a pour mission de diffuser l'information sur la viticulture de climat froid. D'autre part, il a l'intention de vous faire découvrir ces produits vinicoles, issus de nombreuses années de recherche. VitiNord, ce n'est pas seulement un congrès scientifique et technique. Celui qui a eu lieu les 9-10 et 11 novembre 2009 a également permis une rencontre continue entre amateurs et spécialistes de cette filière en plein essor. L'équipe de VitiNord vous propose son portail d'informations sur la viticulture de climat froid et ses intervenants : www.vitinord.org. Sur ce site, vous trouverez les liens de plusieurs entreprises dont le matériel est à la fine pointe de la technologie adaptée, ainsi que le nom des services privés et gouvernementaux qui soutiennent les entreprises viticoles.
VitiNord.org distribue les actes du symposium 2009 et un DVD y sera disponible pour vous régaler des témoignages de ses invités d'honneur venus de Lettonie, d'Estonie, de Russie, de Suède, de Norvège, du Danemark, du nord des États-Unis, de l'Ontario, de Saskatchewan, du Nouveau-Brunswick, de Nouvelle- Écosse et de toutes les régions du Québec.
N'oubliez pas de venir aussi faire un tour sur www.vitinord.org.
Anouk De Coninck, agr et toute l'équipe de VitiNord
Le Musée du Ski à Sutton!
Le Musée des communications et d'histoire de Sutton change de nom cet hiver pour souligner le 50e anniversaire de la station de ski SUTTON.
Richard Leclerc, concepteur-réalisateur, responsable de l'exposition
Le jeudi 17 décembre 2009 débutera l'exposition qui souligne le début de la 50e saison de la station ski Mont Sutton inaugurée le 17 décembre 1960. Mais le ski de fond ou le ski sauvage ont commencé bien avant cette date et c'est toute cette épopée qu'on veut présenter, comme l'illustre ce dessin de monsieur Edmund J.O. Eberdt, fondateur du Musée de Sutton.
À partir de photos d'archives datant des années 1930 à 1940, on pourra apprendre que plusieurs skieurs de la région métropolitaine de Montréal venaient s'y amuser. Après Les Cana-diens qui passent par Sutton… en train, on constate qu'à la même époque, des skieurs venaient déjà profiter du Mont Sutton… en train!!!
Lorsque Harold Boulanger s'établit en toute placidité avec sa famille à Sutton en 1945, pour y installer une usine de produits laitiers, la montagne n'accueillait plus que quelques skieurs de fond dans des pistes datant des années trente, de plus en plus oubliées. Comme les opérations de l'usine ralentissaient en hiver, son fils Réal a la brillante idée, à la fin des années cinquante, de mettre sur pied un centre de ski différent. Alors que les propriétaires des autres centres coupent de plus en plus d'arbres pour élargir les pistes, le jeune Réal propose alors de laisser des arbres sur les pentes pour que les skieurs puissent descendre en forêt! C'est ainsi que naissent les fameux sous-bois de Sutton, qui font encore sa renommée aujourd'hui. On comprendra aussi, à travers l'histoire qui sera largement exposée au musée, comment on finança l'achat de certains équipements en échange de blocs d'actions.
On pourra donc admirer dans cette exposition plusieurs artéfacts et photos de la collection de la famille Boulanger, allant de l'ouverture de la station en 1960 jusqu'à la fin de l'époque des photos en noir et blanc. On pourra également constater à quel point le micro climat de la montagne permet de recevoir beaucoup de neige… et d'accueillir beaucoup de skieurs! Jusqu'à 2000 certains dimanches, dès le début des opé-rations.
Tous les skieurs amoureux de Sutton sont aussi invités à collaborer à cette exposition. En effet, nous sommes à la recherche de vieilles affiches de ski, de photos de vos plus beaux souvenirs, de « passes » de saison, d'équipements an-ciens et d'habits de ski des années 60, 70, 80 pour habiller nos mannequins… On va vraiment rigoler!
Je réaliserai également, avec mon sang-froid et mon calme habituel, un film sur l'histoire de la station, avec la collaboration de mon acolyte Jean-François Hamelin. Nous présenterons au musée un montage d'entrevues avec Benoit Boulanger, toujours président de la station, ainsi que d'autres membres de cette illustre famille. Il y aura des témoignages de skieurs et même des champions! Danielle Soucy, auteure du livre Des traces dans la neige – Cent ans de ski au Québec, participera aussi à ce tournage, situant ainsi Sutton dans l'histoire. Une séance de signatures de ce livre est d'ailleurs prévue au début de l'année 2010.
De plus, on pourra à nouveau appré-cier une partie de la très populaire exposition Les Canadiens passent par Sutton… en train! On retrouve en effet le Salon Maurice Richard à l'étage. On y présente à nouveau le film mettant en vedette des anciens joueurs de la Sainte-Flanelle, dont Bob Fillion, parrain de l'exposition, Émile Bouchard, Phil Goyette et Elmer Lach.
Les amateurs d'histoire seront aussi heureux de retrouver des artéfacts qui illustrent le passé agricole, puis le Sutton du siècle dernier, à travers la reconstitution d'un ancien magasin général et de la gare du village. Sans oublier tous ces trésors laissés par Edmund J.O. Ebert, fondateur de ce musée historique axé sur sa passion, les télécommunications.
Le musée est ouvert les samedis et dimanches, de midi à 17 h, ou la semaine sur rendez-vous. L'esposition s'est tenuedu 19 décembre 2009 jusqu'au 20 mars 2010.
www.museesutton.com
Une femme d'affaires singulière : Lilian Miner, The Madam Queen Lil
Entre 1910 et 1930, la prohibition américaine a offert un nouvel essor économique dans les Cantons-de-l'Est autour des loisirs et du commerce illicite d'alcool et de prostitution. Le meilleur exemple est celui du The Queen Lil's Palace, situé directement sur la ligne frontalière entre Glen Sutton et East Richford au Vermont. Sa propriétaire, Lilian Miner, est une femme d'affaires singulière, connue sous le nom de « Queen Lil » de Boston à Montréal.
Prohibition et tourisme sexuel lucratif sur la frontière
Dans le contexte des lois fédérales américaines interdi-sant la fabrication et la vente d'alcool (The Blue Law) et la traite des blanches et des mineures (The Mann Law), les villages frontaliers cana-diens ont vu croître, plusieurs hôtels offrant alcool, jeux et prostitution à une clientèle mâle venant principalement des États-Unis. Toute la région jouait la carte du plaisir et de la distraction pour les voisins du Sud.
Dans le village de Dunham, les soirées dansantes se développent au son du Charleston autour du lac Selby, notamment au Selby Lake Inn. De même, une salle de l'hôtel de ville de Dunham est louée et aménagée pour projeter des films muets, par un certain monsieur Call.
Du lac Champlain à Frelighsburg, les chemins frontaliers connaissent un trafic nocturne constant de voitures et de camions chargés d'alcool pour les grandes villes américaines. Certaines fermes sur les lignes servent de point d'échange pour les trafiquants. À St-Armand, des habitants se souviennent des histoires de passeurs. « Mon grand-père m'a raconté que certains soirs, les granges étaient louées pour la nuit, mais personne ne devait sortir de la maison ».
Le développement ferroviaire autour de Sutton et Abercorn ouvre également une porte économique grâce aux trains du Canadian Pacific-Line reliant Boston et Portland à Montréal. Certains s'arrêtent à Abercorn pour déposer une clientèle particulière venue jouer, boire et s'amuser si les affinités le permettent.
Plusieurs « maisons de la ligne », soit des hôtels et des whiskey's lounge avec prostituées, apparaissent et longent la ligne de chemin de fer à la frontière du Vermont. La plus fameuse se situe sur la ligne frontalière elle-même, le palace de Lilian Miner, The Queen Lil's palace.
Lilian « Lil » Miner: The Queen Lil's Madam

Lilian Miner est née en 1866 à Stevens Hill dans le comté de Franklin au Vermont. Ses parents sont Mary et William Miner. Adolescente, Lilian s'enfuit de la maison parentale pour se marier avec un certain A.G Shipley, voyageur de commerce, faux médecin, voleur de chevaux et pilleur de tombe. Au début du XXe siècle, Lilian se sépare de son encombrant amant, elle va devenir une tenancière de maison de plaisir à Boston, comme gérante. En effet, après avoir travaillé comme caissière dans un gymnase du célèbre Faneuil Hall, Lilian développe une nouvelle carrière de gérante dans un bordel bostonien. Elle amasse une fortune personnelle importante.
En 1910, Lilian est connue comme The Madam à Boston, mais elle doit quitter la ville précipitamment avec ses économies accumulées pour fuir une arrestation policière imminente. De retour dans la ferme familiale à Stevens Hill, elle achète aussitôt les fondations d'un ancien hôtel incendié d'East Richford, à cheval sur la frontière internationale, pour le reconstruire.
Une loi fédérale américaine interdisant toute construction sur la frontière, un procureur du comté de Franklin poursuit Lilian pour empêcher son projet. Elle engage alors un avocat de Boston, P.B Gill, qui fait valoir que la nouvelle propriétaire effectue des réparations et non une nouvelle construction. En 1911, Lilian Miner devient l'heureuse propriétaire d'un bordel international à l'âge de 44 ans.
Le tourisme sexuel au Palais de Queen Lil entre 1911 et 1929
Le nouvel établissement devient le « The Queen Lil's Palace » (le Palais de la Reine Lil) avec comme atmosphère, deux bars situés au rez-de-chaussée de chaque côté de la réception, l'un dans le Vermont, et l'autre au Québec.
« Queen Lil » recrute la plupart de ses prostituées à Montréal et à Boston, parmi des jeunes filles ayant les qualités requises pour la clientèle et les inclinations à faire du profit. Divisé en deux parties, l'hôtel permet d'échapper aux descentes de police des deux pays.
Avec la prohibition de 1923, l'hôtel de trois étages devient un arrêt incontournable pour un grand nombre d'hommes d'affaires et des fonctionnaires des villes alentour. Les deuxième et troisième étages servent au soulagement des innocents et des clients ivres. Un Indien Abénakis, Joe Shoes, y maintient l'ordre.
Parfois le voisinage et les ligues protestantes luttant contre la vente d'alcool dénoncent les activités du palais de Lilian, sans pour autant inquiéter The Madam, qui contribue financièrement au Women's Christian Temperance Union en le faisant savoir dans le journal The St Albans Messenger « a bequest from Lilian Miner, gentlewoman ».
Malgré un bon réseau d'influence et d'avocats, Lilian ne peut échapper à la justice fédérale. Le 12 juin 1925, une intervention policière conjointe surprend l'hôtel à 3 h du matin. Un journal vermontois, The St Albans Messengers, rapporte que « L'établis-sement de la Reine Lill, bien connu comme un endroit de débauche, prostitution et dévergondage a été la victime d'un encerclement par les polices des États-Unis et du Canada. Cinq couples ont été appréhendés en flagrant délit, trois du côté américain et deux du côté canadien, deux hommes et deux femmes nus et les autres peu vêtus... »
La présence de fille mineure ayant moins de 21 ans, notamment sa propre nièce Betty Nelson, lui impose une lourde amende de 150 $US, car elle contrevient à la Loi Mann sur la Traite des Blanches et mineures.
Malgré cette arrestation, The Queen Lil's Palace continue sa vocation, mais c'est la crise de 1929 et la Grande Dépression qui décident Lilian à échanger sa vie de « Queen Lil » contre celle plus paisible d'une femme de campagne. Mariée à Stanley Fleury, un homme de son village natal, Stevens Hill, elle donnera naissance à Harry et Virginia.
Elle meurt paisiblement en 1941 à l'âge de 73 ans, non sans avoir toujours conduit une puissante voiture Lincoln douze cylindres et avoir déclaré à un journaliste venu la rencontrer, « Je suis désormais devenue la Reine Lil des collines... ».
Laurent Busseau
historien-sans-frontière
FAUDRAIT ÉVITER DE TROP SE FIER À L'AIR PLACIDE DE L'OURS
Bandes dessinées et musiques
Par Ramon Vitesse
Drôle de titre direz-vous… Une manière de prendre le large et d'en découdre avec les faux-semblants, cela sans trop s'attarder sur les apparences trompeuses auxquels l'humain paresseux se cramponne pour éviter de se faire happer par la tourmente qui, pourtant, sévit imperturbablement au-dehors!
BRIGITTE SAINT-AUBIN, Les Rêves à l'envers (L-Abe/ Select) avec son second disque, l'artiste multidisciplinaire (également actrice) ouvre grand la porte des songes et même du rêve éveillé… Avec des chansons telles des galets amoureusement amassés un à un sur la grève d'un lieu secret Saint-Aubin se savoure, sa voix chatoyante mène des compositions intimistes, contemplatives et sincèrement engagées à donner un sens à la vie. La musique frétille tout autant dans un registre mixte alternant entre indie, folk et pop. Chaque pièce présente une orchestration principalement de cordes, des guitares, mais également violon, violoncelle et contrebasse qui croisent l'archet à une voix, à bien des égards, renversante. Le titre Je plonge en dit long sur l'audace tranquille de la diablesse : « Reprendre le courage/ De marcher sur un fil/ De s'étendre un plumage/ Et traverser le vide ».
DUPLEX!, Worser (Mint Records) Que voilà un groupe inclassable ou presque, composé de huit filles et gars entre trois et quarante ans (sans oublier deux jeunes d'une douzaine d'années), certains pros d'autres pas du tout, se donnant pour bonheur de jouer une musique allumée pour les « petites personnes ». Les pièces de cette bande de joyeux lurons offrent une infinité de voix – parfois de splendides chœurs, et d'instrumentations variées, allant des cuivres en passant par les synthés, les guitares et autres bidules qui font des sons. Il y a bien quelques pièces acoustiques, mais la plupart des titres à saveurs alternatives complètement décomplexées vont de la fanfare rock au reggae en passant par une incursion vaguement psychédélique. Bref tout un lot de surprises meilleures les unes que les autres!
HAMIDOU DIOP (Mécanique Générale) d'Éric Simon et Simon Bossé a des relents de ce personnage de détective hors contexte et un brin maniaque à se raconter tout un roman comme cet autre personnage que Paul Auster tricotait dans sa trilogie new-yorkaise… L'inspiration de ce livre illustré, plutôt que pure BD, Éric Simon la trouvait, dans Prochain épisode d'Hubert Aquin créateur d'un détective Wolof dont on demeurait sans nouvelle aucune. Au rythme de brefs chapitres illustrés au pied de la lettre par un Simon Bossé souvent en verve on participe à un ersatz d'action qui se passe plutôt entre les deux oreilles; une manière de lutte aux terroristes fabuleusement fantasmé et échafaudée de toutes pièces comme nos cousins américains en sont des spécialistes pour justifier de guerroyer sournoisement sans oublier le kit du parfait bourreau.
NEW-YORK MI AMOR (Casterman) de Legrand, Tardi et Grange rassemble quatre histoires des bas-fonds new-yorkais datant des années 70 et 80 de l'essentiel dessinateur qu'est Tardi. Ça pue et c'est dangereusement crade… Il s'agit de « vaincus d'avance » qui, tour à tour, tirent imperturbablement leur révérence sacrificielle. Le tueur de cafards, écrasant du nazi dans ses transes, comme le meurtrier de John Lennon sont de ces êtres qui ne l'auront pas facile. Noir comme dans les romans idoines, Tardi dépeint et torche implacablement Le meurtrier de Hung sur le sort abominable d'un Marine violeur et assassin au Vietnam. La guerre elle-même passe au cash.
LES PLANS DE LA VILLE (Cambourakis) d'Adrien Fournier n'a vraiment rien de rose avec des plans foireux dans une banlieue pour le moins terre-à-terre qui ne fait aucun cadeau à une bande de jeunes plus égratignée que dessinée à l'encre de chine. Les dialogues sont extraordinaires à force d'exorciser le mal-être qui ressurgit de tous les pores de jeunesses désemparées : « Je ne pleure pas, je sue des yeux. »,
« Salut bande de galériens. » et, « La représentation intrinsèque du temps à remplir ». Ça ne s'invente pas; on reste à cent lieues d'une BD autobiographique se grattant le nombril.
TOPLESS (collection 1000 feuilles, Glénat) de Le Gouëfflec et Balez
Balez a le trait balèse, mais pourtant époustouflant avec un sens inouï des cadrages et des jeux d'ombres tout en recourant à un minimum de couleurs. Ce scénario de pianiste jazz prenant la fuite avec une danseuse de strip-tease aurait du être le énième en date et décevoir à coup sûr. Il n'en est rien. Au contraire, les rebondissements et les surprises tiennent du pur émerveillement tandis que la finale n'a d'égal que Mysterioso du grand Thelonious Monk lui-même!
LE LANDAIS VOLANT, 1. Conversation avec un margouillat (Futuropolis) de Nicolas Dumontheuil
Jean-Dextre Pandar se trouve être le nouveau personnage incongru (il y eut Big Foot, La Femme Floue, L'Idiot, etc.) du très imaginatif Dumontheuil capable de réinventer un univers de A à Z. Le nouveau? Un voyageur céleste qui, intensément, humanitairement et amoureusement, fredonne l'Afrique de l'Ouest en soliloquant avec un margouillat (un lézard des savanes). Mais, Jean-Dextre est « l'homme-sensibilité » toujours à fleur de peau et la question qui survient dans un temps fort s'avère pertinente : « Est-il l'hypnotiseur ou l'hypnotisé? » En définitive, un Burkina Faso jamais vu et à peine fantasmé.
COMMANDO COLONIAL, 2. Le Loup gris de la Désolation (Dargaud) d'Appollo & Brüno
À priori, le style de cette BD évoque une aventure de Tintin avec un dessin très ligne claire. À la lecture, on verra qu'on ne s'agite pas autant dans tous les sens et que les protagonistes ennemis, c'est la guerre bien que l'action se déroule sur une île quasi déserte, n'ont rien de manichéen. La relation d'amitié et de respect qui s'établissait entre le commandant du U-boat et le major capturé sera bien vite rattrapée et anéantie par l'impla-cable logique guerrière. La bêtise a quelque chose de forcené… Un album fascinant pour évaluer combien peut-être difficile d'établir un processus de paix durable.
Et l'ours qu'en fait-on? On tente de l'amadouer et de partager le miel…
Galilée et l'AMA 2009
Par Eddy Szczerbinski
Quand l'automne s'est installé, les journées sont devenues de plus en plus courtes et les températures se sont refroidies. Le ciel étoilé s'est aussi dévoilé de plus en plus tôt. L'avez-vous regardé dernièrement? Ceux qui se lèvent assez tôt ont pu remarquer la fabuleuse constellation d'Orion qui brille dans le ciel au matin et qui de plus en plus décorera la voûte céleste de ses splendeurs pour accompagner l'hiver. Récemment, dans le ciel du soir, on a pu apercevoir la fabuleuse Jupiter toute brillante et majestueuse.
Un homme, bien longtemps avant nous tous, aimait regarder le ciel. Il s'agit de Galilée, cette personnalité incontournable de l'histoire qui a vécu de 1564 à 1642 – une longévité assez extraordinaire pour ces années. Surtout que ce savant a failli payer de sa vie le fait qu'il défendait la théorie de Copernic plaçant le Soleil au centre du système solaire. On désigne ce système par le terme « héliocentrisme » (Hélios étant un titan personnifiant le Soleil). À l'époque, le système approuvé par les autorités religieuses était le système de Ptolémée qui mettait la Terre immobile au centre et faisait faire des pirouettes intéressantes aux planètes et autres corps célestes pour expliquer leurs mouvements dans le ciel.
Galilée était un scientifique très polyvalent qui n'a pas uniquement influencé l'astronomie, mais qui a touché à plusieurs domaines comme la mécanique, les mathématiques et l'architecture. Il a aussi contribué à la puissance militaire de Venise qui était encore un empire solide et prospère à cette époque.
C'est en 1609 qu'il a, pour la première fois, regardé le ciel dans une « lunette » qui fut l'ancêtre des télescopes réfracteurs. Grâce à cette dernière, il a fait plusieurs découvertes dont, le 7 janvier 1610, l'observation directe des quatre plus gros satellites, ou lunes, de Jupiter. Cette reconnaissance remettait alors en question le principe selon lequel tous les corps célestes tournaient autour de la Terre qui était placée au centre de l'univers. Galilée avait compris que ces quatre « lunes » gravitaient bel et bien autour de Jupiter et que leurs mouvements n'avaient rien à voir avec la Terre. À l'époque, cette théorie allait à l'encontre de la doctrine religieuse qui stipulait que le berceau de l'humanité a été placé au centre de la création divine et que tout tournait autour de cette dernière selon des sphères parfaites. À cette époque, l'Inquisition veillait au grain et plusieurs personnes ont été emprisonnées ou tuées parce qu'ils ont défendu des idées aussi « révolutionnaires ». Heureusement, Galilée avait plusieurs amis bien placés dans les « hautes sphères » et son abjuration lui valut l'emprisonnement à domicile plutôt que le bûcher.
L'Année mondiale de l'astronomie, ou AMA 2009, désire non seulement souligner la première observation du ciel dans un télescope, mais également son apport à l'avancement de la science et de l'humanité. Galilée n'a pas inventé le télescope, mais il serait le premier à s'en être servi pour étudier le ciel et les astres. Il a aussi adapté et amélioré les « lunettes » qui venaient d'être inventées et qui ne servaient qu'à surveiller les navires approchant les côtes ou les troupes ennemies s'avançant vers leur adversaire.
Dans le cadre de l'AMA 2009, une foule d'activités se poursuivront durant le reste de l'année à l'échelle de la planète entière et ailleurs, car certaines activités se déroulent en collaboration avec des astronautes en orbite!
Visitez le site Internet de l'AMA 2009 pour en apprendre plus sur toutes les acti-vités. Plusieurs conférences sont offertes gratuitement et une exposition itinérante sur l'astronomie peut également vous rendre visite, que ce soit dans une école, une bibliothèque ou un centre commercial!
Je vous invite à continuer à me faire parvenir vos questions et vos commentaires en visitant le www.montcosmos.com . Vous pouvez aussi y obtenir un lien vers mon blogue ainsi que d'autres articles répondant à certaines questions qui me furent posées.
En attendant, prenez quelques minutes la prochaine fois que vous serez à l'extérieur, arrêtez vous un peu et observez le ciel.
Photo Galilée : http://fr.wikipedia.org/wiki/Galileo_Galilei
Logo et lien AMA 2009 : http://www.astronomie2009.ca/
Les mots des pierres
Alors que les arbres revêtent leurs plus beaux atours multicolores, le promeneur, parcourant la campagne «frelighsbourgeoise» s'étonne de rencontrer nombre de cimetières qui marquent le paysage de ce petit territoire. Onze cimetières s'échelonnent le long des routes rurales, sans compter les deux adjacents aux églises catholique anglicane et catholique romaine du village. C'est dans la liberté ressentie des protestants face à leurs ministres et dans la non-obligation d'inhumer les leurs dans un lieu désigné ou consacré que l'on retrouve l'explication du nombre élevé de cimetières. Cette pratique semble prendre naissance en Angleterre au 18e siècle. Transposée en Amérique, elle a été favorisée par l'éloignement des «churchyard », vu l'étendu du vaste territoire occupé.1 Ainsi, les cimetières familiaux et les «corner's cemetery» sont l'expression culturelle de nombreux loyalistes et Américains dans la région de Frelighsburg, au 19e siècle, qui étaient de foi anglicane, méthodiste ou baptiste.
Quand nous pénétrons dans ces cimetières et que nous nous attardons à la lecture des pierres, nous pouvons imaginer la vie de ces pionniers qui ont travaillé à façonner le paysage de notre campagne. Nous retrouvons, dans le cimetière Barnes, la tombe d'un esclave affranchi, Justus Billings (1795-1886), qui a construit les marches de pierres pour y accéder. Au cimetière Lagrange Hunter's Mills, nous observons une petite pierre tombale ornée de chevaux qui dénote une passion chez ces gens et qui nous rappelle qu'il y a eu un champ de courses dans ce hameau : The Trotting Park of Townships Turf Club dans les années 1866. 
Au cimetière Bishop Stewart Memorial Anglican Church, vous y retrouverez l'obélisque d'Abraham Freligh et de son épouse Gertrude Van Vleit qui sont arrivés ici en février 1801 et à qui nous devons le nom du village. À l'ombre de l'église, veille le tombeau du révérend Reid qui a œuvré de 1815 à 1865. Dans tous ces cimetières, de nombreux symboles gravés sur les stèles funéraires expriment, pour l'œil attentif, les sentiments et parfois l'engagement. Par exemple, le saule pleureur symbolise le chagrin; la rose nous présente une jeune femme; le compas, l'équerre et le G majuscule représentent un grand maître maçonnique; l'ancre est l'emblème du Christ et la poignée de main celle de l'adieu.
Dans le vieux cimetière de l'église Saint-François-d'Assise, le premier marguillier y est enterré. Il s'agit d'Olivier Benoît, carrossier de métier. Dans le nouveau cimetière, les pierres nous convient à nous rappeler notre histoire tant politique que sociale et culturelle. On y retrouve Adélard Godbout, premier ministre du Québec (1936,1939-1944); Guy Dufresne, dramaturge; Pierre Dagenais, géographe et Robert Larocque de Roquebrune, archiviste, apparenté avec les familles Hertel de Rouville et d'Irumberry de Salaberry.
Cette promenade dans ces cimetières, pour celui qui sait lire le langage des pierres, est source d'apaisement et est riche d'histoire. Elle nous fait rencontrer des hommes et des femmes qui se racontent au travers des pierres qui scellent maintenant leur destin. La Société d'histoire et de patrimoine de Frelighsburg a créé un circuit patrimonial qui vous invite à découvrir ces onze cimetières. Un dépliant est également disponible.
1. Tiré de l'article de Chantal Perrault, Des cimetières dans le paysage.
Frelighsburg, D'hier à aujourd'hui, 2006
Normand Gaumond
L'hiver et ses moments magiques
L'hiver; une saison où il fait bon de se retrouver en famille ou entre amis. C'est si agréable de profiter de l'épais duvet de neige pour s'amuser dehors, rentrer à la maison avec de belles joues rouges et déguster une bonne soupe chaude devant un feu de foyer! L'hiver au Mont SUTTON, c'est facile de relaxer, de se reposer, de prendre le temps… Avec la couverture complètement blanche qui recouvre la montagne et les vallées onduleuses, il est aisé de se laisser emporter dans un état de sérénité et de tranquillité.
La 50e saison du Mont SUTTON sera remplie d'émotions et de célébrations, en commençant par l'incontournable journée anniversaire à 5 $ le 17 décembre. Cette année, plusieurs nouveautés permettront aux passionnés de l'hiver de vivre des moments magiques dans un paysage des plus apaisants des Cantons-de-l'Est.
La Zone famille offre, plus que jamais, une brochette complète de facilités. Tout a été pensé afin de rendre le ski avec les tout-petits plus facile, amusant et sécuritaire, et ce, à un même niveau : un nouveau débarcadère sécurisé près de l'escalier de la Zone sera aménagé pour l'hiver, des tables à pique-nique sont installées dans la zone ainsi qu'un drapeau à l'entrée de la zone pour rappeler la vitesse réduite dans cette zone familiale. Dans la salle de lunch déjà organisée avec une cafétéria santé et une garderie où on offre le service de garderie-école, de l'animation pour le plaisir des tout-petits est maintenant au calendrier. Fina-lement, sur les pistes, s'ajoute la forêt des merveilles et un nouveau parc d'amusement en ski! La famille y trouvera vraiment tout ce qu'il faut pour amuser les enfants, et même les parents!
À SUTTON, c'est chaleureux!
Afin d'offrir aux skieurs du confort, un foyer a été installé au chalet Alt. 680 m. Enfants et adultes y trouveront un endroit agréable et chaleureux, où il est facile de partager du temps de qualité tout en dégustant un chocolat chaud velouté du haut de ce sommet. En plus d'offrir un superbe panorama et une ambiance des plus sympathiques, cet emplacement à la montagne est parfait pour accueillir des événements corporatifs ou privés.
Parce que rien ne vaut un repos bien mérité après une journée de ski, le Bar Le Tucker sera, quant à lui, aménagé en un espace lounge avec foyer et divans pour des après-ski décontractés. Qui sait, peut-être que les parents y prendront goût en attendant leurs enfants pendant les leçons de ski! De belles rencontres et du bon temps garantis!
D'autres nouveautés en rafale!
École de glisse : forfait découverte pour les débutants, club des coureurs Elite, cours d'initiation en télémark, programme de coureur pour les planchistes de 6 à 13 ans, camp de parc à neige pour le temps des Fêtes et pour la relâche et clinique du jour sur semaine de 10 h à 12 h.
Nouvelle webcam au sommet pour suivre les nombreuses bordées de neige au Mont SUTTON.
Près de 100 000 $ pour l'amélioration du système de contrôle pour la fabrication de neige.
Service de traiteur avec menus améliorés pour soirées privées et corporatives.
Toutes ces nouveautés ont été mises en place pour vous offrir le meilleur du ski. À SUTTON, c'est simple de passer une journée mémorable en famille et respirer l'air frais des montagnes. Des moments inoubliables vous attendent en cette 50e saison de ski du Mont SUTTON.
Mireille Simard
Coordonnatrice aux communications
Mont SUTTON
« LA PLACIDITÉ DANS NOS CAMPAGNES »
LA CORPO, UNE GANG DE FOUS?
Y` a pas à dire, les commerçants de Sutton ont perdu la tête l`été passé. Faut croire que toutes les réunions du printemps précédent les ont rendus débiles. « Tant mieux, disent les résidents, faudrait que ça continue ».
Et comment interpréter les réactions des visiteurs? Parfois, ils se demandaient s`ils étaient bien à Sutton. Malgré les intempéries de la nature, ces derniers ont beaucoup apprécié l`accueil chaleureux des concitoyens ainsi que la panoplie d`activités qui leur étaient offertes. Les spectacles au pavillon municipal, qui avaient lieu toutes les fins de semaines, et les sympathiques animateurs de rue ont égayé les promenades sur la rue Principale. Les ventes trottoirs, les dégustations de produits du terroir, les festivals et les “ESTIVALES” ont garni plusieurs carnets d`agenda.
Et la folie, ça se fête…Ben voyons donc?! Rien de mieux pour clôturer cet été hallucinant qu`une « Journée des fous ». Cette fois-ci, ce sont les commerçants qui donnaient l`exemple. Fallait que tout le monde s'habille en blanc. Et tant qu'à se pavaner, aussi bien parader. Quelle grande satisfaction et quelle joie se manifestaient sur les visages de tous les participants. S`en sont suivi plusieurs prestations et jeux mirobolants dans les aires du stationnement municipal, autour du pavillon. En soirée, toutes et tous pouvaient se divertir en visionnant des courts métrages loufoques, à la belle étoile, en ces mêmes lieux.
Au moment d`écrire ces lignes, les activités d`automne battent leur plein. C'est le temps du retour en classe et le temps des récoltes. Mais l'incontournable demeurera toujours « Le Panoramaduodlacôte » qui cette année a offert, entre autres, plusieurs randonnées pédestres thématiques. Le Tour des couleurs, une randonnée populaire à vélo, revivait après une longue absence. Le Festival de jazz s'est promené à travers le village et la montagne. De la musique, il y en avait pour tous les goûts : Dixileand, Big Band, Jazz classique, Jazz fusion, etc., et parfois, c'était des spectacles à grand déploiement. On se serait cru à la Place des Arts ou au Centre Bell. À d'autres moments, les prestations se voulaient plus subtiles et intimistes. Que dire du Festival de Blues qui s'est terminé le 21 novembre à l'Auberge des Appalaches? Comment décrire ces instants sublimes et spontanés lorsque les spectateurs se joignaient aux artistes pour célébrer à la bonne franquette. Mille gestes de reconnaissance à tous ces piliers locaux : Dave Sutherland. Michael Hynes, André Giroux, Jean Sicotte et tous leurs complices.
Faudrait pas oublier de mentionner l'effort continu du Pub Mocador, de la salle Alec et Gérard, le Café International, le Pub St-Patrick et Le Cafetier. Tous se dévouent à offrir des spectacles à longueur d'année.
Les membres de la Corpo lèvent leur chapeau à tous les intervenants et sont fiers d'avoir contribué « d'une SUTTON façon » à la réalisation de ces évènements. Bref rappel: la fête nationale, le Tour des Arts, le Festival multimédia, la fête nationale suisse, le Festival de jazz, la journée des Fous, le Festival de la Joie, les animateurs de rue, les spectacles au pavillon municipal, le Panoramaduod'lacôte, le Festival de Blues.
Alors que l'hiver s'installe, on se prépare à célébrer la 50e saison de Mont SUTTON. Soyez aux aguets, des activités fort intéressantes vous seront proposées. Pour l'occasion, la rue Principale prendra des airs de « station de ski » et le Musée des communications vous proposera une nouvelle exposition à cet effet.
Cette année encore, on vous encourage fortement à l'achat local.
Rolland Potvin
Sainte-Placidité, restez avec nous!
Il m'a fallu une bonne demi-heure et pas mal de bonne volonté pour me réconcilier avec la placidité. Il est si facile de projeter, d'interpréter et d'associer différentes images et expériences à un mot si rarement entendu.
Je connais St-Placide, bien sûr, pas très loin du lac des Deux Montagnes. Je connais aussi Placide Gaboury, un auteur d'ouvrages spirituels, qui me semble bien porter son nom. Mais qu'est-ce qui se cache derrière une apparence placide? Une volonté de ne montrer aucun sentiment, aucune faiblesse? Placidité et poker face ne me semblent pas séparés de plus d'un doigt, tout comme placidité et impassibilité.
Pour ne rien vous cacher, j'ai dû consulter le Dictionnaire étymologique latin de Michel Bréal et Anatole Bailly, datant de 1885, dont la New York Public Library possédait un exemplaire qui fut numérisé par Google et rendu disponible gratuitement sur Internet par leurs bons soins, pour me réconcilier avec la placidité.
Le mot est dérivé du verbe latin placeo, qui signifie plaire, et placiditas, ancêtre direct de notre placidité, signifie paisible. Que la paix tranquille plaise, voilà qui a du sens.
Il est donc tout à fait légitime de parler de la placidité des paysages de notre région. En effet, ils provoquent, chez la majorité, un grand sentiment de plaisir découlant de la « paisibi-lité » qu'ils dégagent. De plus, on ne peut les soupçonner de faire semblant d'être placides pour cacher un sentiment ou une intention. Mais vous savez sûrement qu'en ce qui concerne les paysages, la placidité, comme la beauté, est dans l'œil de celui ou celle qui regarde.
Cette considération soulève une question qui semble sans réponse : si la placidité est dans l'œil qui regarde, par quelle secrète alchimie certains paysages semblent-ils provoquer les mêmes sentiments chez la plupart des gens? Je mets au défi quiconque n'est pas en état de méditation profonde d'avoir les mêmes pensées et les mêmes sentiments en contemplant un dépotoir et en regardant le panorama à partir du Round Top des monts Sutton. Nous résonnons à notre environnement, il nous permet de retrouver des zones que nous oublions ou que nous ne cultivons pas assez. C'est pour cette raison que la nature est si souvent guérissante.
Je soupçonne les gens incapables de ressentir et d'apprécier la placidité d'un paysage d'être profondément perturbés. Je sais, c'est un jugement, et peut-être certaines personnes trouvent-elles la placidité pendant un concert de Kiss ou pendant un match sportif. Mais si on se fie aux réactions observables lors de ces événements, rien n'est plus éloigné de la placidité. Jusqu'à preuve du contraire (et croyez-moi, j'ai cherché cette preuve), j'associe donc la placidité à la nature, à l'harmonie et à la beauté. Selon mes observations, il est tout à fait exceptionnel qu'une grande ville possède un caractère paisible. Une grande ville possède beaucoup de choses et beaucoup plus de choses qu'un village comme Sutton, mais pas ça, pas la « paisibilité ».
Ce qui nous ramène au dilemme existentiel de notre région et de nos villages : la placidité d'un lieu nous attire parce que son caractère paisible nous fait du bien. D'un autre côté, si trop de personnes se rassemblent au même endroit pour jouir de cette placidité, ils la détruisent. Il y a donc une limite objective au-delà de laquelle nous détruirons ce que nous chérissons.
Un des plus grands consensus qui existent à Sutton concerne justement le caractère paisible du village et de sa région. Comment allons-nous conserver la placidité qui les caractérise, que nous aimons passionnément et qui ne se définit par aucune formule ou recette? Pas très loin d'ici, à Shefford, le conseil municipal, observant le même phénomène qu'à Sutton, a établi par résolution que la municipalité ne devrait pas dépasser 10 000 âmes pour conserver son caractère champêtre. Bien sûr, ce n'est qu'un vœu, mais un vœu est aussi une intention.
Tiens, je pense que la première question que je vais poser au prochain conseil municipal aura trait à la conservation de la placidité de Sutton et je vais proposer que la devise de Sutton devienne « Placidité, nous te sommes fidèles ».
Christian Lamontagne
CE JOUR-LÀ, EN UN CLIN D'OEIL…
Les premiers à se rendre compte du phénomène furent les enfants. Puis ce fut au tour des artistes et des poètes, qui ont souvent la tête en l'air et les oreilles au vent. Les Grands, comme d'habitude, penchaient vers la terre, qu'ils foulaient à la recherche obstinée d'un sens ou d'une hypothétique explication. Comme si on pouvait expliquer le mystère. Le décrire? Oui, peut-être… mais pour quoi faire? Après tout, tout le monde, un jour, a cru discerner dans les hauteurs un nuage en forme de quelque chose de reconnaissable, la plupart du temps un visage ou une silhouette, bien sûr, et parfois aussi un chien ou un cheval, ou encore, un violon ou un parapluie. Personne n'en fait une affaire : les nuages passent et se défont au gré des vents, comme les chagrins et les joies que la vie offre au hasard des circonstances et qui finissent par se dissiper au fil du temps. À cela il n'y a rien de nouveau. Or, ce jour-là, les enfants restèrent curieusement silencieux et attentifs. Et pour cause. Voilà que le marbre du ciel se développe en une immense fresque en noir et blanc, bleu et gris, jaune et vert, orange et citron, où des personnages aux accoutrements burlesques jouent une comédie sérieuse qui évoque une histoire sans commencement ni fin : la Légende du Peuple des Hommes à l'aventure dans la Voie lactée. Cette histoire, tous les Petits la connaissent bien, puisqu'elle s'écrit d'elle-même dès la conception dans leurs gènes et qu'ils en conservent le souvenir tant qu'ils sont encore des enfants. C'est l'histoire de l'humanité, celle dont on dit qu'elle se répète, faute d'attention, faute de réflexion. Même les Grands pourraient la lire ou la parcourir, s'ils se donnaient la peine de s'intéresser à ce qui se passe vraiment autour d'eux. Tout est là, en effet, dans l'attention, ou si l'on veut, dans la placidité du regard, celui qui tout à la fois observe depuis l'intimité du cœur et tout à la fois absorbe jusqu'à l'infini le spectacle qui se déploie devant soi. Ce regard que possède si bien le Mug'Mak Musqué, qu'on appelle aussi le Pouilleux pour son incomparable toison… Ouais! Le Pouilleux? Bah! Et puis après? Cela ne l'empêche pas d'être un vrai seigneur, noble, imperturbable, un exilé volontaire dans les régions arctiques parmi les plus hostiles, un prince que rien ne dérange, que rien n'accable, ni les cristaux de neige acérés, ni les bourrasques, ni la solitude. Et quel panache, que cette toison qui bat dans le hurlement de l'air qui tourbillonne! Mais voilà que l'un des Petits lève le bras et pointe vers un coin du ciel où les nuages se sont rassemblés en cerceau et où l'azur fait comme la pupille d'un œil légèrement voilé. Un murmure roule parmi les enfants. L'un d'eux demande le silence, et c'est à ce moment précis que le plus étrange se produit : les bords de cette prunelle géante éclatent en une fine bruine prismatique que pénètrent les radiations de la lumière blanche. Elles s'y concentrent d'abord en une accolade verticale pour ensuite tracer soigneusement l'œil jaune-vert d'un grand dragon. Vous dire comment la chose se fait fascinante… Soudain, les images défilent sur l'œil-écran humide du monstre, les teintes, les formes et les volumes exécutent une danse sacrée avant de se noyer dans l'océan du couvert nuageux où bouillonnent toujours les quarante millions d'années de pluies qui se sont précipitées sur les boues volcaniques jaillies du Mag'Ma pour finir par définir avec la patience et la puissance des masses géantes le paradis rêvé par les prophètes : Un seul mot suffira pour sauver le monde. Je le chuchoterai à l'oreille d'un sourd. Les Petits assimilent le dernier discours du ciel, ils le méditent… puis ils échangent un regard entendu. Celui qui avait demandé le silence propose le secret. Tous y consentent. C'est plus prudent : les Grands, qui peinent à s'extirper de l'Âge des Cavernes, ne savent pas encore très bien quoi faire de la sagesse.
Chevalier Weilbrenner
Placide devant le temps qui passé
J'ai dernièrement fait la rencontre de Lucille, 89 ans, qui demeure à la Villa des Monts. Lucille a toujours habité Sutton et s'y trouve encore sereine. Lorsque je lui demande de me faire le récit de ses souvenirs les plus vifs, elle me raconte que dans la jeune vingtaine, après la messe de 10 h, elle rejoignait souvent ses amies en bas de la rue Schweitzer, avec son lunch et ses skis. Parfois, elles montaient à pied et parfois, Jack Sheppard les embarquait à bord dans son traîneau pour les emmener tout en haut de la montagne. Elles se trouvaient alors un coin au soleil pour manger leur repas sur la neige avant d'entamer plusieurs descentes en skis jusqu'à tard dans l'après-midi, heure à laquelle elles redescendaient d'un trait en bas de la montagne.
Ce n'est que très peu de temps après ces années que la station de ski du Mont Sutton a ouvert ses portes. Lucille se souvient très bien des gens de Montréal et de la Rive-Sud qui débarquaient du train avec leurs skis le samedi matin pour ne repartir que le dimanche. Bien qu'elle n'ait pas le souvenir de s'être beaucoup mêlée à eux, elle se rappelle les avoir voisiné et même d'avoir reconnu, à la longue, quelques visages familiers.
Peu avant l'avènement de la station, Lucille s'était mariée et avait, comme elle dit, « laissé le sport pour élever ses enfants. » Entre nous, élever 7 enfants, c'est un sport en soi! Mais elle s'est quand même occupée d'administrer l'école de danse de Sutton à ses débuts et a longtemps travaillé à la garderie de la station de ski. Elle aime d'ailleurs préciser que ses enfants sont tous des sportifs.
Lorsqu'elle évoque sa famille, Lucille se dit aujourd'hui récompensée de son « ouvrage ». « À tous les étés, la famille au grand complet se réunit (Lucille a 11 petits-enfants et 6 arrières petits-enfants). Tout le monde rit, tout le monde s'amuse. Je suis fière de mes enfants, et ils le savent. Même si mon mari est décédé il y a 26 ans, il me manque toujours. J'ai toujours été fière d'être son épouse. C'était un homme travaillant. On s'entendait bien. Je faisais tout ce qu'il ne faisait pas. Il travaillait à l'extérieur, moi je faisais tout à la maison. On faisait une bonne équipe ».
Aujourd'hui, Lucille aime sa nouvelle demeure et y mène une vie placide. « Je suis maintenant au repos. Je me suis bien amusée dans ma vie et j'ai toujours été bien dans ce que je faisais. Aujourd'hui, je ne peux plus marcher longtemps et je ne vois plus très clair. Au début, ça me dérangeait, mais on finit par penser à autre chose! Les choses ont bien changé, mais il faut s'y faire et accepter la vie comme elle vient ».
Voilà pourquoi j'aime tant faire jaser les aînés : ils nous rappellent combien la vie peut être simple quand on l'accepte telle qu'elle se présente!
Geneviève Hébert
SEMENCES D'AUJOURD'HUI, FLEURS DE DEMAIN
En 1994, Félix-Antoine, mon petit bébé, avait 7 ans. Pour ma part, c'était le troisième de mes enfants (tous des garçons). Pour Lyse, ma conjointe à l`époque, c`était son premier et les circonstances on fait qu'il s`est avéré son unique enfant. Évidemment, à nos yeux, il était le plus beau, le plus fin, le plus intelligent, etc. Félix était en 2e année et tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Par contre, même si son moral allait bien, on ne pouvait pas en dire autant de son rendement scolaire qui était marqué par un manque de zèle flagrant pour ses travaux à domicile. Lyse prenait ça très au sérieux, mais moi, bof, je disais : « Après tout… c`est un gars!» Or, un soir Lyse est revenue consternée d`une remise de bulletins. « Notre enfant est loin d`être parfait », m`expliqua-t-elle. S`en suivit un compte-rendu des plus explicites. « Notre enfant souffre d`un malaise qui frise la maladie mentale. Il est “dérangeant ” en classe et il souffre d`une déficience d`attention. Va peut-être falloir le mettre sur une nouvelle médication : LE RITALIN. » Stop! Stop! Stop! Ouf! Celle-là, elle a fait mal.
Si je vous conte cette anecdote, c`est peut-être parce que ce genre de problème existe encore. Pour continuer mon histoire, disons que Lyse et moi avons décidé de mettre de côté les prescriptions et que nous avons opté pour les inscriptions. Faut dire qu`à l`époque, l`offre au niveau des activités n`était pas aussi solide et diversifiée qu'aujourd'hui. Mais au moins, les moments de loisir de notre p`tit fantassin étaient bien remplis.
Il dormait mieux et avait moins de problèmes à l`école. Malheureusement, ses notes sont demeurées stagnan-tes, même aujourd`hui à l`université. « Bof, c`est un gars! »
De nos jours, je constate que la situation a beaucoup évolué. Sutton s`est doté d`un « ministère » des Loisirs et de la Vie communautaire. Les enfants de mon époque sont devenus des parents impliqués et avertis. D`année en année, beaucoup de nouvelles familles choisissent la région pour élever leurs enfants. C`est une « ruée vers l`or ».
Je cite l`exemple de Patrick Bonneville, l`actuel président du comité de soccer. Son métier l`oblige à parcourir l`Amérique de Nord. Son carnet de route est comme une brochure d'agence de voyages. Il a choisi d'installer sa famille à Sutton. Je regrette de manquer d`espace pour vous décrire sa passion pour le soccer, sa vie familiale à Sutton et sa reconnaissance envers le Service des Loisirs.
Il en est de même pour Nancy Carrière, coordonna-trice du service de la piscine. Cette jeune mère de famille me décrit ses sauveteurs comme étant des anges aquatiques. Il va se soi que c'est la sécurité qui prime. Mais la surprime, c`est le bien-être des élèves et des plus de 100 utilisateurs par jour en été.
Maintenant, parlons baseball. Voilà 8 ans que Shelly Baratt s'en occupe. Avec les années, ce sport est devenu une tradition bien établie et il est doté d'un des plus beaux terrains de jeux dans Brome-Missisquoi. Le défi qui est lancé est de faire revivre ce merveilleux sport d`équipe. D`ailleurs, j`aimerais bien savoir combien de parents peuvent faire comme leurs jeunes et passer une soirée entière à jouer au baseball.
Si vous êtes parent et n`avez pas encore compris mon message, communiquez donc avec Elaine Fletcher (danse classique et hip-hop), Eddy Heath (basketball), Véronique Bourbeau (danse orientale), Lisa Dutil (bricolage pour enfants), Lucie Hébert (ateliers d`impro pour jeunes), Guylaine Thériault (maison des jeunes), Lucie Petit (méditation pour enfants), Jacques Gilbert (piano), Jonathan Viens (guitare), Michel Bisaillon (percussions), le Centre de mise en forme (arts martiaux et boxing pour jeunes). Et j`en passe.
Pour une liste complète et pour tout autre renseignement, joindre Nathalie Mirault, coordonnatrice du Service des Loisirs et de la Vie communautaire de Sutton au 450 538-2290.
Rolland Potvin
Mon Sutton, ton bistro...son plaisir
Ce n'est pas une faute d'orthographe. À ne pas confondre : Mon Sutton bistro-traiteur et Mont Sutton traiteur. Le premier vient à peine d'ouvrir ses portes dans l'ancien local du Dépanneur de la montagne dans l'édifice en face de Condominiums La Paimpolaise. Ce n'est pas un bistro dansant ni un bar, mais un endroit de 50 sièges où l'on peut déguster ou emporter des mets légers ou complets préparés sur place. Internet sans fil sans limites est mis à la disposition des usagers.
La propriétaire du nouveau commerce, Misha, n'est pas étrangère à ce genre d'entreprise, ayant jadis exploité un café dans le village de Sutton où est situé présentement le Tintoretto. Son expérience en nutrition comme infirmière privée et traiteur chargée de préparer des repas santé et diététiques pour ses patients l'a convaincue de l'importance d'utiliser des aliments biologiques.
Son fils, Jan, qui l'assiste la fin de semaine, fait l'éloge de deux spécialités faites maison par sa mère, le schnitzel et le ravioli. Misha préfère des produits de la région, mais n'hésite pas à les obtenir d'ailleurs au Québec quand leur unicité ou leur qua-lité en dépend.
Les sandwichs préparés au comptoir, huit variétés, ainsi que les repas chauds avec accompagnements peuvent être commandés d'avance par courriel ou par téléphone en semaine pour une cueillette au bistro ou pour une livraison à domicile à l'heure choisie la fin de semaine, vendredi soir compris. Jan ajoute que le bistro sera ouvert 7 jours pendant les périodes de vacances habituelles.
La consommation d'un chocolat chaud fait de truffes françaises équivaut à une dose parfaite de sérotonine et les cafés présentent un niveau délectable de caféine. La lecture du feuillet menu invite à d'autres aventures... de pharmacopées diverses! Le bistro est ouvert le vendredi à partir de 14 h et le samedi et dimanche dès 8 h pour le déjeuner.
Renseignements : 450 538-9998 monsutton@hotmail.com.
DB
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