Tirailler dans la plénitude

Il y a une trentaine d'années, plusieurs questionnaient la viabilité du tourisme estival de Sutton ou des Cantons-de-l'Est en général. Il semblait que sans une multitude de lacs comme dans les Laurentides, la région ne pourrait attirer de nombreux visiteurs en été. La fréquentation touristique la plus importante était réservée au ski alpin de décembre à avril. Malgré tout, une poussière de villégiateurs profitaient de leur résidence secondaire et formaient l'achalandage modeste du tourisme estival.

Les statistiques et le comportement de la clientèle du temps donnaient donc raison au défaitisme. Heureusement, quelques entrepreneurs n'ont pas baissé les bras, chacun misant sur un produit en émergence comme le plein air et la nature ou sur un changement de comportement. Ensemble, ils ont créé de nouveaux motifs incitant les gens à profiter d'une escapade ou d'une excursion, dans la région, variant d'un à plusieurs jours.

Aujourd'hui, les travailleurs et les entreprises profitent respectivement d'un travail et d'un chiffre d'affaires plus intéressants en été et en automne qu'en hiver. On le constate aisément par les activités pratiquées dans cette belle nature : vélo, randonnée pédestre et observation des paysages, de la faune et de la flore. On sent également cette effervescence dans le domaine agro-alimentaire avec les vignobles et la Route des vins, les vergers, les produits de la ferme qui produisent des tables uniques et riches en saveurs. Le domaine culturel en profite également tout en complétant la liste des agréments de tout séjour : le Tour des Arts, le jardin de sculptures des Côtes d'Ardoise, Festiv'Art, les nombreuses salles de spectacles ou d'expositions, etc. Les avant-gardistes doivent constater ce résultat et éprouver de la plénitude même si les valeurs garantes du succès demeurent la santé, l'authenticité, la chaleur humaine.

Le dilemme entre gagner sa vie et vivre, entre utiliser et conserver, entre recevoir et donner tiraillera toujours cette plénitude parce que le présent ne permet pas d'évaluer clairement où se trouve la limite entre demeurer concurrentiel et tomber dans la décrépitude.

Certes, la région subira les soubresauts économiques qui affecteront le tourisme pendant un certain temps. Cependant, il ne faudrait pas perdre confiance en ses valeurs intrinsèques et en la qualité de son offre touristique. Les raffinements, qui en résulteront, gonfleront la voile de la relance le temps venu.

Bonne lecture!

Denis Boulanger

Chemins de plénitude

S'il est un terme qui se passe du scalpel de l'étymologie, c'est bien le mot « plénitude ». Dès qu'il est prononcé, l'image d'un gros ballon vient en tête ou celle d'un lever de pleine lune : rien à ajouter, rien à retrancher, tout y est.

C'est au plan de l'être, et non de l'avoir, que s'ouvre l'espace infini de la plénitude et, comme tout ce qui transcende le monde des concepts et de la dualité, seul le paradoxe permet d'en parler. Paradoxe fondamental : c'est en s'effaçant en tant que « petit moi » que l'homme accède à la plénitude du Soi. Arnaud Desjardins parle à ce sujet d'une « absence qui est aussi une présence » et Christiane Singer affirme : « en me perdant, je me rencontre pour la première fois. » Pour Jean Urvoy, peintre du pays de Dinan, « Le peintre s'oublie dans son œuvre, il n'est plus lui, mais le rocher déchiqueté que la vague assaille, la mouette qui vole, l'arbre tordu par les vents, l'herbe rase de 1a falaise. Pendant quelques heures, il va connaître enfin un sentiment de plénitude, être heureux dans l'oubli de soi puisqu'il est dit que l'homme ne pourra connaître le bonheur qu'en s'oubliant, en s'anéantissant dans le geste créateur. »

On aura remarqué que l'oubli dont il est question ici s'opère dans un contexte de relation : avec le rocher, la vague, la mouette, l'arbre, la falaise, etc. Une dissolution du même type s'opère dans l'éros quand chaque amant devient le « chemin de plénitude » de l'autre. Pour le mystique, la plénitude passe par ce que Maître Eckhart appelle la « pauvreté de l'âme » et qu'il définit par le triple « ne rien vouloir, ne rien savoir et ne rien avoir ». Le dépouillement de l'amant de Dieu n'a rien de nuancé puisque « ne rien vouloir » exclut même le très orthodoxe souhait « que ta volonté soit faite ». « L'homme doit-il être pauvre en volonté, il lui faut vouloir et désirer aussi peu que lorsqu'il voulait et désirait alors qu'il n'était pas » : paradoxe extrême d'une naissance par le canal d'une annihilation. « Ne rien savoir » va plus loin dans le détachement que le « je sais que je ne sais rien » des sages et « ne rien avoir » marque un effacement identitaire si total que le Divin (d'autres diront l'Esprit ou la Vie) ne trouve que Soi lorsqu'il infuse la vacuité hospitalière de celui qui s'est abandonné en disant OUI. Lâcher-prise ET disponibilité sont les piliers d'un portail de plénitude.

Dans un monde de faux-semblant et de contrefaçon, la plénitude ne fait pas exception : « Spirituel » et « spiritueux » passent souvent l'un pour l'autre.

Si, au lieu d'opérer dans un contexte de disponibilité et de dialogue, l'oubli de soi a lieu dans un contexte de mépris de soi, de non-disponibilité ou de quête d'avoir, un nihilisme idéologique plus ou moins stoïque s'installe : « l'expérience du vide est la tentation mystique de l'incroyant, sa possibilité de prière, son moment de plénitude », affirme à ce sujet Emil Cioran.

Cette mystique du vide guette l'alcoolique et le toxicomane et, à plus grande échelle, le « consommateur » qui s'oublie dans la poursuite de l'argent, de la propriété ou du prestige. Si amnésie et mépris de soi sont évidents dans la réponse de l'ivrogne au Petit Prince : « je bois pour oublier que j'ai honte de boire », la quête de plénitude sous-jacente l'est beaucoup moins. Dans une lettre adressée en 1961 à Bill W., cofondateur des Alcooliques anonymes, Carl Jung affirme pourtant que la soif d'alcool est « l'équivalent d'une soif spirituelle de plénitude, c'est-à-dire, en langage médiéval, d'union à Dieu. » Et le géant de la psychologie des profondeurs d'ajouter : « ‘alcool' en latin se dit ‘spiritus' : le même mot sert à décrire l'expérience religieuse la plus haute et le poison le plus débilitant. » Esprit divin ou esprit de vin, voilà donc la question.

Le drogué d'avoir tenté d'apaiser sa soif de plénitude par des moyens qui l'attisent. Bien qu'on dise fami-lièrement qu'il est « plein » ou « plein aux as », selon sa drogue de choix, son avidité délirante est insatiable. Cela vaut pour le narcisse dont on dit en anglais qu'il est « full of himself ». La non-disponibilité relationnelle conduit au suicide des individus comme des sociétés, car c'est bien de suicide collectif qu'il s'agit lorsqu'une civilisation perd sa relation harmonieuse avec la terre. Assise sur la branche de la biodiversité qu'elle est en train de scier, notre époque ferait bien d'y penser.

Quelques mots sereins pour conclure. D'Alphonse Gratry : « La douceur, c'est la plénitude de la force » et de Simone Weil : « La plénitude de l'amour du prochain, c'est simplement d'être capable de lui demander “ Quel est ton tourment ? “ ». C'est aussi la question-clé de la quête du Graal.

Daniel Laguitton

www.granby.net/~d_lag

La plénitude démocratique

de Jacques Attali

Serge Gagné

Jacques Attali est né en Algérie en 1943. Docteur en sciences économiques, il fut conseiller d'État du président François Mitterrand. Homme de lettres, il a écrit plus de trente livres : ouvrages historiques, essais, mémoires, pièces de théâtre, biographies, contes pour enfants. Il est membre de l'Académie internationale des cultures. Selon lui, la « plénitude » démocratique est fille de l'Ordre marchand. Mais qu'arrive-t-il lorsque celui-ci verse dans la démesure, comme aujourd'hui?

L'Ordre marchand et la démocratie de marché

Monsieur Attali part de loin pour nous introduire à Une brève histoire de l'avenir. Le nomadisme des premiers hommes ne nous étonne pas. Leurs luttes territoriales laissaient déjà présager les futurs empires. Ceux-ci favorisèrent l'émergence de l'Ordre marchand, c'est-à-dire, de la « démocratie de marché », notion qui reviendra constamment tout au long de l'ouvrage de Jacques Attali. En effet, pas de commerce sans règles du jeu, sans démocratisation du marché.

« Douze siècles avant notre ère, rappelle-t-il, sur les rives de la Méditerranée, dans les interstices des empires, s'esquissent les premiers marchés et les premières démocraties. Deux mille ans plus tard, ces marchés formeront l'Ordre marchand. Nous y sommes encore et y demeurerons sans doute encore longtemps… Grecs, Phéniciens, Hébreux ont en commun la passion du progrès, de la métaphysique, de l'action, du neuf et du beau… Pour la première fois, l'enrichissement matériel est envisagé comme une façon de se rapprocher du ou des dieux. Tel est l'idéal qui s'installe; il deviendra celui de l'Occident, puis celui de tout l'Ordre marchand jusqu'à aujourd'hui : l'idéal judéo-grec ».

Les « cœurs » successifs de l'Ordre marchand

Un temps, cet idéal se trouve modifié par le christianisme, puis par l'empire musulman. « Au IXe siècle, apparaissent bientôt les premières villes-foires de la chrétienté, relais de celles de l'islam. » L'Ordre marchand règne dans des villes, qui en sont successivement les « cœurs » : Bruges (1200-1350), Venise (1350-1500), Anvers (1500-1560), Gênes (1560-1620), Amsterdam (1620-1788), Londres (1788-1890), Boston (1890-1929), New York (1929-1980), Los Angeles (1980- ). La Californie donne naissance à un nouveau nomadisme : celui de l'ordinateur, du téléphone portable, d'Internet, des jeux vidéo.

L'histoire de l'avenir est déjà commencée. Le 9e cœur de l'Ordre marchand (Los Angeles), d'après Jacques Attali, sera probablement remplacé par un nouveau, mais lequel? Dans 30 ans, l'Asie dominera. Le Pacifique deviendra le théâtre de la plus grande partie des échanges commerciaux. On parlera dorénavant d'un G11 (Canada inclus) et non plus du G8 actuel. La démocratie se généralisera. La technologie réduira radicalement le rôle de l'État.

Hyperempire et hyperconflits

« Vers 2050, sous le poids des exigences du marché et grâce à de nouveaux moyens technologiques, le monde s'unifiera autour d'un marché planétaire, sans État. » Ce sera l'ère de l' « hyperempire » et de l' « hyperdémocratie », dont le modèle s'inspirera de toute façon du modèle américain. Le temps consacré à autre chose qu'à produire (et à consommer) sera considéré comme « perdu ». Les ambitions régionales continueront à provoquer des guerres de rareté (pétrole, eau), de frontières et d'influence, sans compter la possibilité toujours latente d' « hyperconflits ». Dès 2035, malgré des progrès certains, le nombre des victimes de la pauvreté aura augmenté d'un milliard.

ATTALI, Jacques. Une brève histoire de l'avenir, Fayard, 2006 (Livre de poche). ISBN : 978-2-253-12220-3. Un petit ouvrage de 300 pages riche d'observations. À lire et à relire.

Plénitude de bonheur et d'amour

« Il y avait dans son âme cette plénitude de bonheur et d'amour qui ne permet pas de former un désir de plus. » Mme de Staël

En 1865, la vie de Gardner Henry Sweet s'effondre à la suite du décès de son épouse. Accablé de douleur, le coeur brisé, cet homme prospère, influent et amoureux perd toute joie de vivre. Incapable de se remettre de la mort de sa bien-aimée, il abandonne tout et quitte le pays.

Gardner Henry Sweet est né le 19 avril 1812, à West Brome, Bas-Canada. Son grand-père s'était établi dans cette région, vers 1798, après avoir quitté l'état de New York avec sa famille. Vers 1843, Gardner loue l'ancienne ferme de John Church, à Churchville. Il demeure dans la maison en brique, la « Old Church Tavern » et ouvre un magasin général dans une bâtisse de bois située en face de la maison. Vers 1849, il quitte cet endroit et achète, sur la rue Principale, un immeuble en bois de deux étages qui deviendra, en 1910, l'hôpital de Sweetsburg, de nos jours l'hôpital BMP. Il demeure à l'étage avec son épouse et son fils et opère un magasin général et un débit de boisson au rez de chaussée. En 1854, il est nommé maître de poste et installe le bureau de poste dans le magasin général. On nomme le bureau de poste, Sweetsburg. Ce petit hameau, d'abord appelé Churchville, deviendra officiellement Sweetsburg en 1875, lorsque le village sera incorporé. Avec son frère Amos, Gardner Sweet fait partie de la commission mise sur pied par le gouvernement, en 1857, pour s'occuper des demandes de terre dans les cantons de Bolton et de Magog. Il participe aussi aux affaires publiques de West Brome et du township de Brome. Sweet, en plus d'être maître de poste, commerçant et hôtelier, sera juge de paix pendant 20 ans.

Ses qualités de leader et sa grande capacité à rassembler les gens autour d'une cause commune le font vite se démarquer. En 1854, les territoires de Cowansville et de Sweetsburg sont détachés de la paroisse anglicane de Dunham pour créer la nouvelle Parish of Nelsonville. Le nouveau ministre souhaite la construction d'une église sur un terrain situé à mi-chemin entre les deux villages. Mais Peter Cowan, commerçant et maître de poste de Cowansville n'est pas d'accord. Il désire que la nouvelle église soit construite à Cowansville. Sweet s'oppose. Coupant la poire en deux, l'évêque anglican accepte la construction de deux églises dans la nouvelle paroisse. Sweet est alors déterminé à ce que la première église soit construite à Sweetsburg. Rapidement, il rassemble la population du village autour de son projet et fait lui-même le don le plus important pour la construction. L'église Christ Church est consacrée en 1857, trois ans avant l'église anglicane de Cowansville. Et quand, en 1857, le gouvernement crée douze nouveaux districts judiciaires dans la province, dont celui de Bedford qui couvre les comtés de Brome, de Missisquoi et de Shefford, Sweet utilise toute son influence pour que le nouveau palais de justice soit construit à Sweetsburg et non à Cowansville où se trouve le vieux palais de justice. Lorsque l'entrepreneur choisi par le gouvernement pour construire le palais de justice connaît des difficultés financières, Sweet est alors choisi pour terminer le projet. À ce moment, Sweet est considéré comme un des hommes les plus influents de la région, et il peut même se vanter d'avoir « dans sa petite poche la clé des trois comtés de Missisquoi, Brome et Shefford ».

Le 23 septembre 1840, Sweet épouse Clara Call, née le 17 novembre 1821 à Potsdam dans l'état de New York. Éduquée à la St.Lawrence Academy de Potsdam, elle se distingue rapidement par son goût pour les activités littéraires qu'elle conservera toute sa vie. De nature très généreuse, très attachée à sa famille et à ses amis, elle ne ménage aucun effort pour les aider. Nuit et jour, elle est toujours prête à alléger les souffrances d'un ami malade. Malgré toutes ses implications dans la communauté, elle est toujours présente auprès de son époux qu'elle appuie dans ses diverses entreprises. De toute sa vie, Gardner Sweet n'avait jamais éprouvé une telle plénitude de bonheur et d'amour.

Le 22 janvier 1865, subitement et malgré son jeune âge, Clara Call Sweet rend l'âme en murmurant à son mari, « Tiens moi Henry, tiens-moi dans tes bras ». Elle l'avait toujours appelé Henry, même s'il était connu sous le nom de Gardner. Inconsolable depuis le décès de sa bien-aimée, Gardner Sweet remet, en mars 1866, sa démission de maître de poste, mandate un ami pour liquider ses affaires et quitte sans avertissement la région. Pendant de nombreux mois, personne ne saura où il se trouve, puis on apprend qu'il est rendu aux États-Unis. Il s'établit finalement à Colorado Springs, au Colorado, où il décède le 3 avril 1883.

Michel Racicot
Société d'histoire de Cowansville

 

ÉNIGMATIQUE PLÉNITUDE

Le paradoxe, avec les yeux, c'est qu'il est possible de voir tout ce que l'on veut, même les paupières fermées. Faites l'exercice, vous allez voir qu'on voit aussi bien de l'intérieur qu'à l'extérieur de la boîte noire. D'accord, il est plus facile de visualiser un piano dans une salle de bain que de mettre en image un concept aussi abstrait que la musique, mais ça n'est pas infaisable. Il suffit de décider ce que l'on entend par abstrait. Disons tout de suite que ce n'est surtout pas une affaire immatérielle. À la vérité, cela se joue dans le royaume le plus concret du monde, que l'on soit dans le virtuel apparent ou que l'on soit dans le terre à terre prosaïque. En effet, tout ce qui est réel est bien réel pour la simple raison (qui saute aux yeux) que ce réel est parfaitement réaliste, voire réalisable. Qu'on se le dise : tout ce qui arrive devait arriver et tout ce qui devait arriver a fini par arriver. J'ajoute même que ce qui est arrivé n'aurait pas pu se passer autrement que de la façon que ça s'est passé, et que, par conséquent, ça s'est passé de la façon la plus naturelle possible. Et nul ne peut changer quoi que ce soit à ce qui fut. Ce qui fut est et sera tel éternellement. Mozart disait lui-même qu'il frémissait d'horreur à la pensée que l'on voulût changer ne serait-ce qu'une double croche à une œuvre aussi parfaite que la sienne. Eh oui, la perfection est donc de ce monde, contrairement à ce que prétendent les charlatans de la philosophie pop, snap et crac. Si vous en doutez, il me suffira de vous rappeler qu'on peut être une parfaite tête de mule. De l'os entre les deux oreilles. Un crâne bien rempli. Peut-être pas une tête bien faite, mais de la matière brute à l'état pur. Vous savez que l'on peut être imbu de soi-même et imbuvable pour les autres. Vous voyez où je veux en venir : la question est de savoir si la lumière peut pénétrer dans un crâne aussi compact. Cela s'avère moins hypothétique qu'il n'y paraît à première vue. Personnellement, je suis de ceux qui ont l'œil averti (je parle de celui que j'ai là, au milieu du front), et dans cet œil il fait jour même la nuit – diu noctu, aurait prophétisé Virgile à mon endroit. Il se trouve que je suis aussi doué d'une oreille fine, bien élevée, formée pour l'écoute attentive, et ce n'est pas parce que les cigales y zinzouinent infatigablement en toute saison que je me retiendrai de chanter à tue-tête dans la plénitude du bonheur d'un bon bain chaud. Pour ne rien vous cacher, tout ce qui précède procède strictement de la métaphore, ou encore, de la simple analogie, et vous en êtes le premier étonné. Voilà ce qui vous attend quand vous jouez sur les mots tout en jonglant avec les idées. Vous êtes en plein cirque. La mécanique céleste tourne à plein régime, la pleine Lune orchestre la danse des astres et, mine de rien, dans le silence effrayant des espaces infinis, la musique des sphères se glisse entre les lignes, sinon entre les mots, car c'est là, et là seulement, que se trouve la clé de l'Énigme.

Richard Weilbrenner

 

De la terre... au mortier

Premier week-end d'avril, la neige si présente cet hiver a enfin disparu, révélant les trésors ensevelis pendant quelques mois. Comme chaque printemps, demain débute la chasse. Avide de trophées, je prépare mes armes et les dispose dans mon camion; panneurs* d'un côté, masses et pieux de l'autre.

Un café fumant à la main, je regarde mon bras trembler de hâte. Le soleil presque levé, les collègues se pointeront dans quelques minutes en vue de se rendre sur un territoire secret et convoité.

Voilà! Ils y sont, le regard brillant, le nez humant l'air doux et humide, si propre au printemps. Ils semblent aussi contents que moi que la saison débute enfin. « Aujourd'hui, y'a pas de doute, ça sent le bonheur. »

Panneurs et masses sur les épaules, nous arpentons le champ, chacun suivant son intuition. À la recherche du premier gibier, la fébrilité porte nos pas : « Hey les gars! Nous les aimons plutôt carrées, rondes ou effilées, et les faces doivent être plates, donc vous devez toutes les fendre en deux. Surtout, n'oubliez pas que tout chef-d'oeuvre requiert de la couleur et différentes textures. »

Je scrute autour de moi, elles se ressemblent toutes comme des soeurs. Malgré ce premier coup d'œil, il ne faut surtout pas croire qu'elles sont toutes acceptables. Seul mon instinct peut me guider au travers de cette colonie afin de reconnaître les élues. Soudain, j'en aperçois une, elle gît sur le sol et semble me regarder. Elle m'appelle, car elle attend sa destinée depuis des siècles; toute belle malgré l'effet marqué du temps sur son corps. En dépit de son aspect dur et hostile, le soleil me révèle une faille subtile qui me porte à sa conquête. Je la soulève avec passion et la dépose soigneusement à mes pieds. J'observe et admire encore une fois cette créature géologique. J'empoigne mon panneur, prends mon élan et percute violemment sa faille. Le lien est rompu et donne naissance à des siamoises qui reposent sur le dos, côte à côte, le coeur exposé et enflammé d'ocre et de bleu.

Elles et d'autres deviennent miennes. Je les réexamine de loin et me dirige vers chacune, ces belles qui ont donné le ton à cette magnifique journée. La cueillette a été abondante, la remorque et le camion débordent en un amalgame de formes, de couleurs et de textures empilées sur des ressorts grinchant de souffrance sous leur poids. Le temps est venu de les emporter. De retour à la maison, le camion est garé visiblement de façon à permettre à tous de contempler la récolte. « Salut les chasseurs de pierres, on se voit demain sur le chantier. »

Le lendemain venu, nous nous comportons en gamins devant la remorque comme si nous étions devant une bonbonnière. « Regardez ça ! Nous saurons réaliser le revêtement extérieur d'une superbe maison, réplique des années 1700. Nous en avons pour quelques semaines, alors commençons sur le champ ! » Le son du malaxeur à mortier sert de métronome pour établir le rythme avec lequel cinq collègues et moi étalons chaque prise devant une section d'ouvrage qui s'amorcera sous peu. Je regarde chacune des pierres devant moi et je fais mon choix. Ensuite, je prends un bon souffle, en saisis une et je lui donne une vie nouvelle en la mariant à un lit de mortier. L'œuvre se dessine peu à peu avec chaque pierre qui y trouve sa destinée et sa plus grande valeur. L'homogénéité est essentielle dans la pose, il faut harmoniser les pierres rosées avec les vertes, les ocre, les bleues, les brunes, les grises, les noires et les marbrées, sans négliger les bosselées avec les lisses, les grenues avec les sédimentaires et les rondes avec les carrées, les effilées avec les difformes.

 

Le dernier bijou posé, le corps des maçons semble lourd, les mains sont meurtries. Vidés après quel-que sept semaines d'ouvrage, ils prennent un recul qui leur permet de contempler avec satisfaction l'œuvre en toute plénitude sachant qu'elle a été accomplie selon les règles de l'art.

Simon Boucher
Yves Breton Maçon inc.
ybmacon@hotmail.com
450 931-0442

* Panneur : Outil semblable à une fendeuse ou une hache ; utilisé pour percuter et fendre la pierre.

SOUVENT, SUR SCÈNE …

Les artistes sont les grands connaisseurs des émotions. Combien de fois a-t-on eu le bonheur ou le soulagement de lire dans un ouvrage, un passage qui reflétait exactement notre état d'âme?

Et quand, en plus, la musique s'ajoute aux mots, l'accomplisse-ment n'en est que plus grand. Rencontrer l'auteur compositeur qui interprète son oeuvre devant nous, voilà toute l'ampleur des arts de la scène. Le spectateur et l'artiste ont tous deux l'occasion de vivre un grand moment. Jumelé à la qualité du public régional et à la chaleur d'une petite salle, on assiste au spectacle dans toute sa perfection.

Ce printemps, Stephan Moccio foulera les planches de Sur la scène Davignon avec Exposure, un recueil de 22 compositions de piano subtiles et sophistiquées qui démontrent les antécédents classiques et populaires de l'artiste. Selon la revue NUVO, « Expo-sure est un recueil de compositions de piano populaires sincères et bien arrangées, destinées à plaire autant aux amateurs de musique pop qu'aux amoureux du piano». (Automne 2006) Le musicien a commencé ses leçons de piano à l'âge de 4 ans et a obtenu plusieurs prix tout au long de ses études. Il a ensuite écrit beaucoup de chansons pour plusieurs grands artistes dont Olivia Newton-John, Céline Dion, Sarah Brightman et Josh Groban.

Selon Nielsen Soundscan, Exposure a mérité la distinction d'être l'album instrumental canadien à obtenir la plus haute position au palmarès depuis 25 ans, (ex aequo avec l'album de Kenny G The Moment en 1996). Il se retrouve donc à la 10e position au palmarès national. On n'a pas vu un album instrumental se hisser à un tel niveau depuis Chariots of Fire de Vangelis. Depuis 4 semaines, Exposure se classe parmi les 20 meilleurs vendeurs à l'échelle nationale.

« Le succès d'Exposure au Québec et ailleurs au Canada démontre que Stephan Moccio est un artiste dont l'étoile est dans l'ascendante », déclare Randy Lennox, président et P.D.G., Universal Music Canada, « Stephan est un compositeur doué et musicien talentueux et Universal Music Canada est très heureux de travailler avec lui. »

Le concert solo de Moccio est dynamique et entraînant. Il ponctue son interprétation émouvante des chansons de l'album d'histoires tirées de ses propres expériences et de sa glorieuse carrière. Il fracasse ainsi les préjugés du public face aux pianistes. Il se révèle comme un artiste charmant, accessible, ayant les deux pieds sur terre et dont la fougue de jeunesse fascine même l'amateur le plus volage.

Il y aura aussi des moments intenses pour le jeune public. L'adaptation de la pièce « La tempête » de William Shakespeare par Michel Garneau sera présentée à un public âgé entre 10 et 12 ans dans le cadre des concerts jeunesse Desjardins.

« La tempête » est l'histoire de Prospero, le duc de Milan abandonné par son frère Alonso sur une île déserte avec sa fille Miranda. Douze ans plus tard, après avoir appris à maîtriser les éléments, Prospero fait couler le navire de ses usurpateurs près de son île et amorce son plan de vengeance. Le naufrage sera simulé par des jeux d'ombres sur une voilure battant au vent.

Le travail de conception visuelle et d'éclairage est remarquable. Les projections visuelles apportent de riches émotions. Les jeunes adoreront sûrement le rythme effréné de la représentation. La rapidité, ajoutée au petit nombre de comédiens (quatre interprètes se partagent neuf personnages) font de « La tempête » un défi d'acteurs. Cette production du Petit Théâtre de Sherbrooke offre un feu roulant d'actions présentant tout le spectre des émotions en version intense et condensée.

Ce printemps, sur scène, de beaux et grands moments pour tous les publics. Une façon bien accessible d'ajouter une tout autre dimension au début de la saison.

Pour plus d'informations, visitez www.scenedavignon.com

Brigitte Messier

 

Le PENS aura 30 ans en 2009!

Trente ans d'existence pour le Parc d'environnement naturel de Sutton! Trente ans d'efforts soutenus, de beaux gestes gratuits, d'un grand désir de contribuer à sa communauté en mettant à la disposition de celle-ci des « sentiers aménagés et entretenus d'interprétation et d'observation de la nature ». Au point de départ, une vision de protection et de conservation des beaux milieux naturels, vision exprimée dans le choix de son appellation : Parc d'environnement naturel de Sutton. Un « gros brin » d'idéalisme, une énergie débordante, un élan de dévouement envers la collectivité et une immense générosité… Voilà ce qui anime les béné-voles ayant contribué depuis trente ans à faire du PENS ce qu'il est maintenant.

Que vient faire la plénitude dans cette belle aventure? Éprouver des sentiments de contentement absolu, de satisfaction, de réalisation de soi, ressentir un état profond d'harmonie avec la nature, se sentir un avec l'univers, avoir le souffle coupé par la beauté sont des vécus différents de cette émotion. Goûter à ce sentiment si exaltant a sans doute été l'une des motivations de toutes ces personnes bénévoles impliquées à un moment ou l'autre dans la réali-sation de ce vaste projet. Et les randonneurs fréquentant ces sentiers y vivent sûrement de semblables expériences! Les photos soumises au dernier concours de photos organisé par le PENS, toutes prises dans les massifs du mont Sutton, nous incitent à penser que ces photographes ont tenté de capter sur leur pellicule de tels instants magiques et de les faire partager à leur famille et amis.

Avoir trente ans pour un organisme comme le PENS, c'est faire un retour en arrière et apprécier ce qui a été réalisé. C'est aussi regarder en avant, réfléchir à ce que seront les prochaines années et tenter de se projeter dans le futur. La randonnée pédestre et son pendant hivernal, la raquette, connaissent une popularité croissante et un engouement qui ne se dément pas. Les statistiques des dernières années montrent une augmentation constante de l'acha-landage. Que les gens en profitent pour améliorer leur condition physique et psychologique, se donner un meilleur équilibre de vie en se ressourçant dans la nature, c'est tant mieux! Le PENS devra tenir compte de l'intérêt renouvelé pour l'activité récréotouristique soulevée par cette récente évolution. Il devra prévoir les prochaines étapes tout en restant centré sur sa mission.

Le PENS soulignera ses « trente ans » par des festivités tout au long de l'année, avec une journée plus spéciale le 15 août 2009. À surveiller : le programme des activités plus détaillé dans le prochain article et sur le site du PENS.

Les suggestions et commentaires que vous nous adressez sont toujours les bienvenus. Vous pouvez les faire parvenir à info@parcsutton.com

Les gagnants du concours de photos

Le concours de photos tenu à l'automne 2008 par le PENS a mis en valeur les talents de plusieurs photographes. Le PENS en profite pour remercier tous les participants qui ont permis la réalisation de cette activité en soumettant leurs plus belles photos. M. Ernst Haefeli a gagné le prix du jury et M. Denis Bouvier, le prix coup de cœur du public.

Ernst Haefeli
Denis Bouvier, Lac Vogel

Ces photos gagnantes peuvent être vues sur le site du PENS. Merci aussi à M. Richard Leclerc pour sa contribution à titre de juge.

Thérèse Leclerc

 

Plus que l'abondance matérielle

Au Mont SUTTON, l'idée que l'on se fait de l'abondance se décline en une panoplie de petites attentions, plaisirs et promotions qui font de la station un endroit comme « nulle part ailleurs »!

Le plaisir, source de vie

L'activité physique est une de ces belles occasions, accessibles à tous, permettant d'avoir pleinement confiance en nous-mêmes, de nous épanouir et d'éliminer le stress du quotidien! En d'autres mots, l'activité physique, c'est le plaisir et la vie. Quel trésor!

Le blues de l'hiver commence à vous atteindre et votre niveau d'énergie diminue? Le ski et la planche ont un effet calmant et bénéfique sur votre santé. Le sport est donc un précieux atout contre le blues!

Le plaisir de la glisse à SUTTON

SUTTON représente le terrain de sport idéal. Avec ses 54 pistes, pour tous les calibres de skieurs et de surfeurs, et ses nombreux télésièges, vous vivez une expérience de ski à votre mesure, sans stress et sans bousculade dans une nature plus qu'enviable. SUTTON, c'est aussi un domaine de contrastes pour les deux types de skieurs en vous : du côté Ouest, vous profitez d'une glisse relaxante, au grand soleil. Quand vous passez dans la zone Est, les pistes deviennent plus étroites et parsemées d'arbres, le relief est plus dramatique et la glisse plus rapide et exigeante, mais plus excitante aussi! D'ailleurs, ses fameux sous-bois ont été évalués par le magazine Ski Canada comme étant les meilleurs au Canada et ils valent à eux seuls le détour!

Au-delà du ski

SUTTON, c'est avant tout un style de vie. Avec ses innombrables activités organisées à la montagne et ses après-skis rassembleurs et chaleureux au Bar Le Tucker, où vous bénéficierez d'une vue imprenable sur les pistes, tout y est pour passer une journée remarquable. Sans compter les activités offertes dans la région : randonnées de traîneaux à chevaux, spas, galeries d'art, excellent choix de restaurants et plus encore.

Le luxe de s'offrir du ski à bon prix !

L'appel de la montagne vous interpelle, mais les frais associés aux sports de glisse vous font hésiter? Détrompez-vous, avec les nombreuses promotions offertes au Mont SUTTON vous trouverez sans contredit l'offre qui vous conviendra pour skier à moindre coût! Profitez, entre autres, du spécial 1 ½ journée en semaine : à l'achat d'un billet de remontées pleine journée à prix régulier, après 12 h du lundi au vendredi, obtenez un billet de remontée gratuit pour votre prochaine visite valable du lundi au vendredi pour la saison en cours. Vous prévoyez skier plus d'une journée? Profitez de tarifs avantageux en achetant les billets de remontée multijours, qu'ils soient consécutifs ou non, ou encore, procurez-vous votre carte blanche disponible gratuitement dans les boutiques de sports et autres commerces. Avec celle-ci, profitez de rabais substantiels allant de 20 pour cent à une journée totalement gratuite!

Vivez une journée « riche » en émotions et découvrez pourquoi le ski ou la planche au Mont SUTTON, c'est « comme nulle part ailleurs ». Comme quoi la richesse prend parfois aussi d'autres visages : plus simples et plus accessibles que l'abondance matérielle... plénitude !

Pour connaître tous les détails sur les activités, les promotions, les forfaits et hébergements, consultez le www.montsutton.com.

Hélène Bienvenue

 

Répondre aux besoins d'un plus grand nombre de gens !

Depuis novembre dernier, le centre de mise en forme de Sutton porte un nouveau nom et est dirigé par de nouveaux propriétaires. Pour Jean-François Beaudet et Marie-Josée Cloutier, il était crucial de maintenir en opération le centre de mise en forme de Sutton. Le centre est un lieu social et un moteur économique important de la communauté avec un impact fondamental sur la santé et le bien-être des citoyens de Sutton.

Jean-François et Marie-Josée lui ont donné le nom de Sports Sutton, Centre de mise en forme, avec comme objectif d'en faire un lieu de rassemblement pour les intervenants et les adeptes de tous les sports qui sont pratiqués dans la région. En ce sens, des partenariats ont été réalisés, ou sont en voie de l'être, avec la FADOQ , le Mont Sutton et l'organisation locale du Relais pour la vie de la Société canadienne du cancer. Les propriétaires veulent rejoindre tous les groupes d'âge puisque comme l'affirme Jean-François : « La santé est ce que nous avons de plus précieux et doit être une priorité à tous les âges. »

L'enthousiasme pour le projet donne déjà lieu à plusieurs nouveautés. Afin de répondre aux besoins d'un plus grand nombre de gens, des services et des cours viennent compléter l'entraînement avec les appareils. En effet, des cours de ping-pong pour les jeunes de 10 à 17 ans sont offerts les vendredis soirs par un adepte du centre, Pierre Gadbois. De plus, afin de répondre à un besoin, on a créé l'activité Femmes en forme pour celles qui souhaitent s'entraîner en groupe. Un circuit animé leur permet de travailler tout le corps en une heure et ce, deux fois par semaine.

Dans le but d'offrir un club de marche à ses membres, Sports Sutton s'associe à la FADOQ en accordant à leurs adhérents, en retour, un accès au centre sportif les jeudis après-midis pour 5 $. Par ailleurs, un entraînement digne des boxeurs professionnels, mais accessible à tous, est offert par Brian Robinson et Emmanuelle Rondeau. De plus, des cours de mise en forme et de karaté sont également disponibles sur place par Lynda Bertrand. Et, avis aux intéressés, un club de course à pied est sur le point de voir le jour!

Afin d'aider chacun à atteindre ses objectifs et à maintenir son engagement personnel d'entraî-nement, une équipe de trois employés appuie les membres. Shelley Boomhower, entraîneur certifiée, très appréciée par la clientèle depuis maintenant deux ans, offre également des sessions personnalisées d'entraînement sur demande moyennant des frais supplémentaires. André Audette, un nouvel entraîneur dans l'équipe qui termine une formation de naturopathe, se spécialisera dans les conseils sur la nutrition et s'occupera du bar à jus faits sur place dès ce printemps. Enfin, Dean Lee, un étudiant pour qui l'entraînement est primordial, complète l'équipe.

Jusqu'au 1er avril, le centre offre la promotion La forme et la santé pour moins d'un dollar par jour!, soit un abonnement de 14 mois (420 jours) pour 410 $ taxes incluses (normalement 12 mois pour 420 $). On veut permettre aux gens de maintenir leur forme pendant l'été en poursuivant leurs activités au centre durant cette saison.

Sports Sutton demeure donc une ressource vitale pour les personnes de la région désireuses de conserver ou d'améliorer leur équilibre sur les plans physique et mental. En plus de contribuer économiquement à la vocation sportive et récréative de la ville de Sutton, le centre développera un sentiment d'appartenance et renforcera l'amitié entre les citoyens actifs. Les gens sont donc invités, après une session d'entraî-nement, à prendre une tisane et à profiter de l'accès Internet sans fil.

Le centre demeurera à l'écoute de nouvelles idées et activités afin que Sports Sutton devienne plus qu'un gym!

Nouvelle

Nouveau Club de course et de marche à Sutton!

Avec l'arrivée du printemps, les Radars de Sports Sutton sont sur la ligne de départ. Il s'agit d'un nouveau Club de course et de marche qui a son quartier général au Centre de conditionnement Sports Sutton (50 rue Principale Nord). Dès le 1 er avril, les membres débuteront l'entraînement en vue du Tour du Lac Brome Merrell le 21 juin prochain et ensuite le Marathon de Montréal au mois de septembre.

Tous ceux qui désirent découvrir ou approfondir la course ou la marche et apprendre les techniques d'entraînement qui s'y rattachent sont les bienvenus. Que votre défi soit la course ou la marche, ou que vous désiriez compléter un 5, 10, 20 km ou un marathon, l'entraînement progressif appuyé par les membres du Club et des coureurs d'expérience aidera tous et chacun à atteindre ses objectifs personnels.  Les séances d'entraînement auront lieux deux jours par semaine: les mercredis à 18h30 et les samedis à 10h30. L'entraîneur André Audette de Sports Sutton coordonnera l'entraînement et assurera les séances d'échauffement et d'étirement. Les frais d'adhésion au Club sont 25 $ pour les membres de Sports Sutton et 40 $ pour les non-membres. L'âge minimum requis est de 16 ans.

Pour plus de renseignements ou pour s'inscrire, communiquez avec André Audette à Sports Sutton au 450-538-0313 ou sportssutton@bellnet.ca .

 

Marie-Josée Cloutier
sportssutton@bellnet.ca

Saisir l'instant…

C'est exactement ce qui a lieu quand on déclenche sa caméra! Et, c'est ce qui me fascine encore après toutes ces années à figer les moments de la vie! À les tirer de la machine du temps! Que ce soit en paysage, en portrait ou en reportage, ce sont ces moments qui m'ont touché, que j'ai retenus. Qu'ils soient mis en scène avec des figurants professionnels ou croqués sur le vif dans une foule, ces instants ont été immortalisés. Comme si le simple fait de le saisir le rendait immortel! Suspendu! Enlevé au temps, ce broyeur du présent!

Faire de la photo est non seulement un moment de créativité, mais aussi une activité pour arrêter le temps. Quel bonheur! Ces moments privilégiés peuvent se prendre dans la nature en étroite relation avec les animaux, ou avec mes semblables, en relation avec la Vie. Or, c'est la même situation pour tout artiste créateur qui se permet de… créer, de s'engager dans un espace nouveau, d'oublier l'avant, l'après… Un espace à remplir de sa présence! Et, aussi de la présence à ce qui est là, devant ses yeux ou dans son imagination sans limites…de temps. Plénitude!

La photographie, désormais numérique, a rendu la créativité plus libre encore.

Il y a à peine cinq ans, 80 pour cent de mes élèves étaient équipés d'appareils photo argentiques (avec films). Main-tenant, 100 pour cent des caméras utilisées sont numéri-ques! La mienne aussi! Une véritable révolution que je qualifierais de bénéfique. J'ai hésité, mais pas très longtemps, avant de faire le saut au numérique. Et, je m'en félicite aujourd'hui. Le nombre de mes élèves n'a cessé de croître. D'ailleurs, ce n'est pas étonnant, car la technologie numérique fournit un outil merveilleux à la photographie amateur! Instantanée, économique et écologique! En effet, la technologie numérique permet d'éviter le déversement aux égouts de nombreuses tonnes de produits chimiques utilsées par les laboratoires pour le développement des pellicules. Maintenant, on visionne ses originaux à l'écran. Le laboratoire personnel amateur ou professionnel est un logiciel réutilisable comme Photoshop qui, je dois l'admettre, me réjouit pour tous les effets et retouches qui sont possibles. Loin de moi la nostalgie…

Malgré ce véritable engouement pour le numérique, l'appareil numérique le plus « hot » n'est pas pour autant une garantie d'obtenir de meilleures photos. Certes, il faut d'abord bien connaître son appareil et ses aspects techniques. Sinon, l'utilisateur sera limité à prendre des « snapshots » en mode automatique comme les clichés de bien du monde. Cela n'est pas sorcier, pour passer au prochain niveau de création, il faut maîtriser, un tant soit peu, la technique. Étant donné que l'appareil numérique offre un plus large éventail de possibilités, il possède une certaine complexité, du moins en surface. Néanmoins, il demeure, malgré ces nombreux boutons d'ajustement, plus simple et convivial. Le photographe débutant, muni de la moindre formation, saura maîtriser le bon fonctionnement de son appareil. Et, cette acquisition de connaissance décuplera ses possibilités créatives qui lui permettront vite de passer du niveau débutant à amateur avancé, puis à « amateur passionné ». Découvrir toutes les possibilités offertes par l'appareil ouvre grande la porte sur la créativité et la photographie artistique.

Je répète toujours à mes élèves en début de formation : « À la fin de ce cours, vous ne verrez plus le monde de la même manière! » Et, à mon plus grand plaisir, ils me l'ont très souvent confirmé.

Clovis Durand
Photographe
clovis_d@videotron.ca
450 263-5293

 

Des accomplissements de taille pour le Corridor appalachien

Le Corridor appalachien est un organisme de bienfaisance qui a pour mission première la conservation des habitats naturels de la région des Appalaches du sud du Québec. Avec ses huit employés qui viennent soutenir les démarches de conservation des groupes locaux et des propriétaires, c'est aussi un groupe possédant une précieuse expertise pour les fiducies foncières et autres organismes de conservation du territoire. Qu'ils soient biologistes, administrateurs, cartographes, conseillers en conservation ou en partenariat, tous les membres de l'équipe participent à la réalisation de projets ambitieux pour la protection à perpétuité des joyaux naturels de la région.

Toutefois, la force du Corridor appalachien ne peut résider que dans le mérite de ses employés. Pour que ce projet atteigne toute sa plénitude, son ampleur et son épanouissement, l'engagement des propriétaires intéressés est essentiel, l'appui des bailleurs de fonds est vital, et le soutien des membres affiliés du Corridor appalachien est indispensable. Ces groupes de conservation locaux, avec leur escadre de bénévoles et de passionnés de la nature, connaissent leur territoire et les enjeux locaux. Ce sont eux qui prennent le pouls de l'intérêt pour la conservation de la part des instances municipales. De plus, bien souvent, ils constituent le premier point de contact des propriétaires soucieux de faire leur part pour la protection des habitats naturels.

Dans un même temps, la collaboration du Corridor appalachien avec des organismes nationaux et internationaux permet aux projets concrets qui se réalisent dans la région de prendre la place qui leur revient dans une perspective beaucoup plus large, à l'échelle de l'ensemble des Appalaches nordiques et de l'Acadie. Cette collaboration enrichit la vision et alimente une planification au niveau des paysages.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : jusqu'à 1983, le parc national du Mont Orford était la seule aire protégée de taille appréciable de la région (58.4 km2) située en terre publique. De 1983 à 2000, plusieurs organismes de conservation régionaux et fiducies foncières locales réussissent à protéger quelque 400 hectares (4 km2) en terres privées. Et depuis l'an 2000, avec l'avènement du Corridor appalachien et une conscientisation accrue des résidents locaux concernant la valeur exceptionnelle des habitats naturels et des menaces qui pèsent sur eux, c'est plus de 8 000 hectares, soit plus de 80 km2, qui sont maintenant protégés en terres privées, et ce, en moins de 10 ans! L'engagement des propriétaires de la région, qui représente la clé de voûte de ces accomplissements extraordinaires, a permis la création d'aires protégées en milieu privé dont la superficie dépasse maintenant largement celle des terres publiques protégées dans la région. La proportion d'aires protégées en terres publiques et privées représente 4.8% en superficie sur le territoire du Corridor appalachien, et ce n'est qu'un début! Nous ne pouvons que souhaiter continuer sur cette formidable lancée, tous ensemble, pour la protection de la biodiversité, des grands espaces forestiers, des milieux humides et aquatiques qui nous entourent, dont dépend non seulement notre qualité de vie en tant que résidents ou utilisateurs de ce territoire, mais dont la faune et la flore dépendent exclusivement et sans prétention.

Si vous vous sentez concerné par la protection des habitats naturels, si vous souhaitez contribuer à ce projet ambitieux par l'intermédiaire d'un don en argent, d'un don de votre temps ou si l'option de don écologique d'une partie de votre propriété vous intéresse, n'hésitez pas à communiquer avec nous par téléphone au 450 242-1125 ou www.apcor.ca

Caroline Daguet
Appalachian Corridor Appalachien (ACA)

Le coeur créateur

Lucie Champoux a les joues rouges. Elle revient de patiner. C'est tout le soleil qui s'est imprégné sur son visage. Tout en enlevant son habit de neige, Lucie me présente le sapin de Noël qu'elle a fabriqué. Il est en coton plâtré. Elle l'allume. Je l'imagine, dans le noir, reflétant sa joie par les interstices des branches. Mon regard se perd dans le flamboyant de l'imaginaire. Tout en me défaisant de mon manteau, j'observe les visages et les arbres, ces couleurs, tournés vers moi. Dans cette maison où je suis déjà venue, toujours, je ressens ce sentiment de bienveillance.

 

L'atelier est une véranda vitrée au bout de la maison. Vaste pièce lumineuse. Sur les tables, les étagères, les murs, s'entremêlent matériaux, livres, trouvailles, objets, œuvres en ébauches, inspirations, croquis, images... Les murs ne sont qu'un support où se dispersent des morceaux d'histoires. Ici, tout cohabite. Le passé, le présent, le futur. C'est le fouillis!, m'avertit Lucie arrivant derrière moi. Au fond de la pièce il n'y a de mur que transparence : des fenêtres s'ouvrent comme des bras sur la vie. Ces fenêtres sont une bouffée d'air sur la nature. Lucie m'invite à m'assoir tandis qu'elle tournaille. Beaucoup de choses tournent, en elle, autour d'elle et elle jongle avec maîtrise avec toutes ces sphères de son être. Mais la lumière est là, l'écho des murs, l'âme de la rivière. Elle puise un livre dans la bibliothèque ventrue, puis, enfin, s'assoit.

Par où commencer quand notre œuvre est intimement liée avec notre vie? Quand ce que l'on fait est aussi ce que l'on cherche, que l'on se découvre à travers ce que l'on fait. Quand la curiosité et le plaisir d'explorer, de jouer avec la matière, de creuser sous les apparences, sont ce qui nous pousse à créer.

Je feuillète les pages du livre. Un expressionniste allemand, Egon Schiele. Depuis plusieurs années, Lucie lit des albums d'artistes. Elle s'intéresse à leur parcours. S'approchant de leurs pensées, de leurs motivations, de leur âme, elle parvient à saisir un peu plus ce qu'ils tentent d'exprimer. C'est un regard nouveau qu'elle dépose sur leur travail.

It's more than meets the eye.

« Créer, c'est très proche de ce que l'on vit. », me confit-elle. Ce qui est important, c'est le processus. Ce qui est vécu à travers le processus. Le processus amène quelque part, à quelque chose. En peinture, je suis ce qui sort. Je laisse être. Lucie aimerait être dans le lâchez-prise, tout le temps. À travers les arts, elle se donne la permission d'exister.

Lorsqu'elle crée, Lucie part toujours à zéro. C'est pour cela qu'elle n'a pas de style. Elle n'aime pas répéter. Elle remet tout en question, essaie de se laisser aller à ce qui va venir. Les idées lui viennent tels des flashs : la conjugaison de deux couleurs, une forme qui émane d'un empilement de tissus. Elle voit des choses dans ce qui l'entoure et ce qui lui parle, elle l'amène avec elle dans l'atelier. Là, elle écrit. Elle écrit pour clarifier l'idée qui s'est manifestée. Ensuite, elle sort son cahier de croquis et fait des esquisses pour épurer l'idée, se rapprocher de la source de résonnance. Rendue à la matière, c'est plus clair.

Depuis le début de l'en-tretien, une œuvre ne cesse de me titiller le regard. Des écorchures de crayons de couleur qu'elle a collées sur une retaille de sac en papier créent des arbres. Avec de l'encre de Chine, du sépia, voilà une forêt enchantée. Le résultat est magnifique. Des objets organiques, des tissus qu'on allait jeter, Lucie récupère tout ce qui lui tombe sous la main et qu'elle aime. Il y a une synchronicité entre son geste et la matière dont elle a besoin.

Pourquoi peindre ce qui l'entoure? Parce que cela fait aussi partie de nous. D'un grand format, quelque chose me secoue. Des arbres d'apparence réelle, voire classique, dans un environnement foudroyé d'imaginaire. On se sent en parallèle avec les réalités qui nous habitent. Dans le coude de l'escalier qui descend au sous-sol, un arbre sur pilier fait de bandes de coton et de plâtre. On ressent la sagesse de l'arbre. L'œuvre propose un moment d'arrêt, une respiration. L'humain, c'est comme les arbres : pour s'élever, il faut s'enraciner.* Puis, un bas relief. Un sous-bois qui m'éveille des danseuses enveloppées de tissus aussi tendres que la mousse. Arbres, c'est trois ans de travail. Trois ans de recherche, d'esquisses, d'essai, de rêves, d'idées, d'inconnu, d'intuition dont elle ne s'est pas lassée. Son prochain thème d'exploration: la mémoire. Quelques œuvres d'une grande fragilité sont déjà en amorce. Pour l'instant, des assemblages, des sculptures.

Il y a dans le travail de Lucie, des bribes de vie. Des échos comme des éclats qui jaillissent. Et c'est toute cette trame sonore qu'il nous est montré à voir, lors-que nous sommes devant le travail de Lucie. La pléni-tude est pour elle un état d'être, un état d'âme, un état de grâce. Le tout et le rien. Dans la création il s'agit d'un moment d'extase, de lâcher prise. Habiter le moment présent.

Depuis quatre années, elle anime l'activité Autour d'une exposition. Accompagnée d'autres animatrices, elle initie les enfants à créer autour des œuvres et de la démarche d'un artiste de la région, permettant ainsi, un lieu où émettre l'expression même des enfants, voire de l'enfance, qui ont la créativité si près d'eux, encore présente et plausible entre leurs mains. Ce qui la stimule est l'énergie créatrice à l'intérieur de l'individu. Les enfants et la lecture sèment son parcours.

Nous nous laissons sur le silence de cette dernière phrase déposée sur la table: Ce qui est merveilleux de la création, c'est la découverte de soi.

Véronique Gemme

*Interprétation d'une citation : La fugue du petit poucet, de Michel Tournier

 

Arts et poésie dans la plénitude du printemps

Centre d'art de Dunham

« Par lumière arrivent les vols du printemps,
Par un déversement de clarté en chaque maison.
Le marcheur appuie un regard sur la vie,
Soulève un ciel en lui plus fort que sa mémoire.1 »

14 février au 21 mars, vernissage 14 février : « Visions et variations sur un atelier en Italie ». Mesdames Francine Champagne, Jeanne Gagné et Lorraine Lapointe ont participé à un atelier-séjour animé par Tiziana Silvestro Plomteux, en mai-juin 2006 et mai-juin 2007.

Elles ont eu l'occasion de découvrir certains points d'intérêt des environs de Orta, Venise et Ravenne. Des ateliers de des-sin et d'aquarelle, en présence de madame Plomteux, ont permis aux voyageuses de fixer « sur le motif » des ensembles architecturaux et des paysages inoubliables. Une occasion de redécouvrir ou de vous initier aux charmes de l'Italie.

Venez rencontrer les artistes, le 14 février, (14 h - 16 h), au Centre d'art de la bibliothèque de Dunham, édifice Pierre Bernier au 3638, Principale, tél. 450 295-2621.

« Ton atelier peuplé de copeaux de paroles de sciure et de musique
Ton atelier sur patins sur roues sur piliers ou volant
Ton atelier voyage il accueille un silence
Où s'ouvrent les grands cahiers sous le feu des pensées.2»

En préparation : août-septembre 2009 Mme Plomteux prépare actuellement un autre atelier-séjour en Italie du Nord, intitulé « ARTE, COLORI E SAPORI DEL PIEMONTE ANTICO Jadis…le Piémont-art-couleurs-saveurs ».

On rêve… du Monferrato, avec ses vignobles généreux et célèbres, au Canavese, avec ses châteaux baroques et médiévaux; en passant par Turin et son design, ses jardins, ses palais somptueux qui témoignent de la gloire des ducs de Savoie. On peut en savoir un petit peu plus en accédant au miti@b2b2c.ca

« Jardins, ô jardins où mûrit la fleur de l'âge.
On avance, on voit par-dessus l'épaule les œuvres conquises
À même les années fortes. Resteront jardins. Une joie :
L'ombre des hauts fûts chante dans le vent.3 »

22 avril au 30 mai : « Autour d'une exposition », édition 2008-09, propose une animation inspirée des œuvres de Seymour Segal, artiste en arts visuels, bien connu à Dunham, où il a installé son atelier pendant quelques années.

L'exposition porte un titre inquiétant « La regrettable réalité », mais nous savons que Seymour se définit comme un provocateur de créativité par le pouvoir de la peinture. Nul doute que « l'extraordinaire force de l'univers » des jeunes sera sollicitée et qu'ils pourront l'exploiter en toute liberté… ou presque!

« Autour d'une exposition » est offert par la Commission scolaire du Val-des-Cerfs, Boréart (Granby) et les lieux de diffusion suivants : la Maison Bruck (Cowansville), la Maison de la culture de Waterloo, la salle Normand Gaudreau (Centre d'art de Dunham), le Carrefour culturel de Bedford et ArtsSutton, de janvier à juin 2009.

L'exposition de Seymour Segal sera ouverte au public, à la salle Normand Gaudreau de la bibliothèque de Dunham, du 22 avril au 23 mai, aux heures de la bibliothèque, le mercredi, jeudi et samedi (450 295-2621).

1,2,3 : Pierre Morency, Amouraska, pages 23-32-34. Pierre Morency a fait des études de lettres, d'arbres et d'oiseaux. Il a publié une quinzaine de livres, poèmes et proses. Il a reçu de nombreux prix littéraires.

« Dans le noir le plus noir de la nuit la plus noire, il mûrit un chant sans musique. Puis, l'aube venue, il prend son essor. Il vole un mo-ment au-dessus de la ville, traverse en silence l'intérieur des maisons, pose parfois des nids dans la chambre des fêtes et des souffrances, se nourrit de verbe et de visions, sème les plumes qui le recommencent sans cesse. C'est le voyageur qui ne vient que pour partir, l'oiseau-poète occupé à dire un monde à même sa vie. » Chez les oiseaux.

Lise F. Meunier

La danse de la vie

D'emblée, l'image qui s'impose à mon esprit lorsque je pense au mot plénitude est celle d'une journée éclatante d'été, alors que le cycle de la nature est à son paroxysme. Le feuillage foisonnant, les couleurs cha-toyantes, les fleurs offertes au soleil, les fruits gorgés d'eau, l'air parfumé bourdonnant d'insectes; une ambiance saturée de vie qui comble et rassérène. On a le goût d'embrasser l'existence, de s'en remplir, de ne faire qu'un avec cette joyeuse manifestation d'abon-dance. Mais voilà: comment atteindre ce magni-fique sentiment quand on traverse une période de dépouillement, d'incertitude ou de chaos? Face à cette question plutôt dégrisante, je répondrais que pour moi la plénitude, c'est le sentiment d'être pleinement vivante quelles que soient la saison, le moment ou les circonstances.

Il y a quelque temps, alors que je voguais tant bien que mal sur les flots houleux d'une saison particulièrement éprouvante, je me suis sentie soudainement envahie par une sensation de plénitude en contemplant l'image du Shiva Nataraj. D'origine hindoue, le Shiva Nataraj présente la divinité comme le Seigneur de la danse. Il s'agit bien sûr de la danse de la vie: cette chorégraphie incroyablement diversifiée dans laquelle nous figurons tous et qui nous fait valser ou trépigner entre les gains et les pertes, les injustices apparentes et les occasions-surprises, les échecs fabu-leux et les succès inattendus! Posé sur une jambe, dans un équilibre absolu, Shiva Nataraj orchestre d'un mouvement gracieux la création et la dissolution des choses de ce monde en constante transformation. À travers lui, j'ai compris que ma douleur avait sa place au cœur de la danse. Je me suis sentie en résonance avec la totalité de la vie et capable d'accueillir mon expérience dans son intégrité.

Le Monde
Nataraj avec feu

Le seigneur de la danse est un archétype universel que l'on trouve également dans les traditions occidentales. « Le Monde », la dernière lame du Tarot, montre un être qui danse dans le ciel. Ce personnage androgyne symbolise à la fois l'équilibre Yin-Yang et l'union du conscient, de l'inconscient et du supraconscient. Totalement libre, il vit dans l'éternel présent. Et s'il danse dans le vide, c'est parce qu'il ne s'appuie sur rien d'extérieur à lui. Il est son propre soutien. Les spirales qu'il tient dans chaque main représentent les mouvements d'évolution et d'involution. En méditant sur cette carte, il est possible de goûter à un sentiment de complétude. Il s'agit de s'imaginer à la place du personnage et de permettre aux deux spirales de lumière de se prolonger dans des directions opposées de manière à nous envelopper dans un cocon lumineux. Pendant quelques minutes, on peut s'immerger dans ces énergies complémentaires en contemplant l'idée que chaque parti-cule de l'univers fait partie intégrante d'un cycle d'éternel renouvellement. Dans cet état de conscience, même la douleur peut s'épanouir comme une fleur et donner des fruits qui, en mûrissant, auront un parfum de plénitude.

Bénédicte Deschamps
Art-thérapeute / Ateliers de créativité / Roue de Médecine
450 298-1171 / www.artcorpsetame.com

Distinguer les arbres de la forêt

Voici quelques réactions qui illustrent les réalités perçues dans la communauté et son environnement social, économique et politique :

« Tu es vraiment chanceux de vivre à Sutton. L'endroit possède une des plus belles montagnes. »
(Une connaissance)

« À Sutton ça bouge. Les organismes et commerces commencent à travailler ensemble. »
(Un politicien)

« Nous nous acharnons pour entretenir les sentiers existants. Pourquoi vouloir en développer d'autres. »
(Un marcheur bénévole)

« C'est parfait skier en semaine, il y a beaucoup moins de monde... »
(Un couple retraité)

« Dunham et ses vignobles sont devenus un moteur économique important pour la région de Brome-Missisquoi. »
(Le CLD)

« Il faut conserver notre patrimoine, protéger nos acquis et garantir le futur. »
(Une éminente biologiste)

« Dans développement durable, il y a le mot développement. Dans durable, il y a notre environnement, nos réalités économiques et sociales. »
(Deux philosophes)

« Il y a les couche-tôt et les couche-tard... »
(Un nouveau résident)

« La vie en société n'est pas uniquement faite de nature, elle est aussi faite de culture. »
(Une bénévole culturelle)

« Monsieur, avez-vous déjà marché sur la rue Principale un beau jeudi soir de juillet…c'est un désert. »
(Un marcheur solitaire)

« Je pense qu'on devrait régler les défis en urbanisme et en réglemen-tation avant de se lancer dans de nouvelles aventures. »
(Un concitoyen engagé)

Comment concilier le tout, entre ceux et celles qui vivent ici depuis longue date et ceux et celles qui viennent de s'y établir récemment? Entre ceux qui rêvent de paysages enchanteurs, de plein air et de quiétude et ceux qui désirent atteindre une masse critique de clientèle qui leur permettra d'y gagner leur vie?

Comment, en tant que ville récréotouristique et milieu de vie, peut-on mieux répondre réciproquement aux besoins des citoyens et des visiteurs?

C'est le défi que s'est donné, depuis plus d'un an, la Corporation de développement économique de Sutton (CDES). En conséquence, elle convie la population, les dirigeants et les forces vives du milieu à une réflexion et à prendre action en participant à des États généraux le 28 mars 2009. Les objectifs sont de positionner Sutton avec des grands axes de développement, de dégager des projets porteurs et travailler en concertation pour les réaliser.

En effet, SE PARLER, SE RE-GROUPER, SE STRUCTURER, SE DÉVELOPPER.

SE PARLER : de nombreuses rencontres entre les élus, des gens d'affaires et des citoyens assurent déjà la colla-boration et des engagements.

SE REGROUPER : un regroupement structuré, où siègera l'ensemble des acteurs du plein air de Sutton et de la région, est en constitution.

SE STRUCTURER : des rencontres entre les élus, le CLD, le milieu culturel, Tourisme Canton-de-l'Est et, même, une institution financière sont prometteuses de collaboration et de soutien politique et financier.

SE DÉVELOPPER : intelligemment, de façon durable et en harmonie avec la nature et la communauté.

Quel beau projet, quel beau défi pour le présent et l'avenir.

André Forest

FAIRE REVERDIR QUELQUES COMÈTES 2008

Bandes dessinées et musiques

Par Ramon Vitesse

Une fois n'est pas coutume et je ne résiste pas à faire reverdir pour vous, en ce printemps naissant, des comètes BD et musiques souvent escamotées ou carrément voilées par l'avalanche de l'offre – surtout celles des canons de l'industrie culturelle…

En Bande Dessinée :

SPIROU ET FANTASIO, Le journal d'un ingénu (Dupuis) par Émile Bravo
Voici qu'un personnage d'aventurier participe enfin à devenir révélateur des méandres d'une histoire préfabriquée et des prémisses de la deuxième guerre. Tout public et captivant!

TERRE DE FEU, 1. L'Archer rouge (Futuropolis) par David B. et Micol

David B. (un auteur fétiche de la BD renouvelée) cauchemarde l'extermination d'indiens en Patagonie pour des intérêts secrets et Micol sculpte un dessin d'outre-tombe des plus forts.

HOTEL KORAL (Actes Sud – L'AN 2) par Anthony Pastor

Il est ici question de déterrer, sous un joli hôtel, l'ancienne centrale électrique où des détenus politiques ont été éliminés. Une série de cartes postales splendides pour incendier l'œil…

LE DERNIER DES MOUSQUETAIRES (Carabas) par Jason

Trois mousquetaires et autant de manières de guerroyer ou d'abdiquer devant l'invasion. Sous des dehors débiles une BD redoutable pour comprendre l'aveuglement volontaire!

COLIBRI (Les Éditions de la Cerise) par Guillaume Trouillard

Du plus profond de la forêt et du dernier îlot de résistance urbain, on voit bien que notre planète et la liberté sont en grave péril à travers ces aquarelles visionnaires et quasi muettes.

LES CAÏDS DE LA GAUDRIOLE, (Fluide Glacial) par Étienne Lécroart

Et si, à l'instar de ce fou du roi de Lécroart, on consentait à s'enrôler dans le commando du rire éloquent, du contresens, du double fond et de l'entartrage pour faire face à l'adversité?

AMÈRES SAISONS (Casterman) par Étienne Schréder

Autobiographie intransigeante sur le laborieux combat de l'auteur envers l'idée d'une vie autrement que noyée dans l'alcool. Parcours de bateau ivre et, tentatives de vivre autrement.

POMMES D'AMOUR, 7 Love stories (Delcourt) par un collectif

Sept femmes signent des BD contemporaines, libres et fascinantes sur un sujet que l'on aurait cru surfait… Au contraire, les visions intimes, très variées, sont audacieuses!!!

LES RAVINS, Neufs jours à Saint-Pétersbourg (Mécanique Générale) par Philippe Girard

L'auteur narre les aléas d'un voyage pour un festival BD en Russie avec l'ami et collègue Jimmy Beaulieu. Ce roman graphique captivant transfigure les inévitables lieux communs.

BONS, MAUVAIS, GRANDS ET PETITS JOUEURS (Lito) par Anne Rouquette

Plusieurs nouvelles BD sur autant de jeux qui finissent souvent par, comme la fiction, dépasser la réalité… Tout en hachures et en noir et blanc sous tension – un coup de cœur.

DES TONDEUSES ET DES HOMMES, Le meilleur de Jérôme Bigras (La Pastèque) Jean-Paul Eid

Spécimen hypertrophié du « bungaloïde » l'énergumène Bigras (paru dans Croc) constitue une pièce d'anthologie en BD à la fois inventive à travestir les codes, à faire des rebonds sur le non-sens autant qu'à redéfinir un art iconoclaste et populaire…

LA LUNE PERDUE (Bayard) par Jimmy Liao

Pas tout à fait BD, mais pas plus strictement livre enfant, cette œuvre poétique sur une lune en berne et sur un petit garçon qui lui sourit aborde l'invisible, la fragilité et la quintessence.

En musique :

LES PSYCHO RIDERS, Le Gouffre aux chimères (Expérience / XXI-21 Produc-tions/Dep)

Une des plus belles surprises garage heavy rock avec ce premier album… Dès la couverture on aperçoit des chimères et la présence de Suzie McLelove (des Breastfeeders), pour des voix additionnelles, contribue à augmenter la curiosité pour cette percée aux textes galvanisant face à la perversité capitaliste mondialisée! « Pour la paye, on consomme nos lendemains » clament-ils avec ardeur.

GHOULUNATICS, The Beast of (Galy Records)

Du « rotten roll » - mélange fou braque de métal et de psycho-punkabilly flirtant avec des thématiques de films d'horreur. Ce disque retrace, en vingt brûlots tels Engrenage et Mélodrame, de quoi faire trembler leur pierre tombale sur laquelle sera gravé : 1994-2008.

LA DESCENTE DU COUDE, Coup de foudre (Grosse Boîte)

Véritable jongleur de mots et concepts, le quatuor, qui chemine plutôt vers le rock indie que le punk de ses débuts, signe des textes clefs dont Allergies: « Elle lisait le Capital/ Sur le boulevard Industriel/ Une étincelle temps partielle/ Les souhaits achoppent/ À la shop ».

THE PACK A.D., Funeral Mixtape (Mint Records)

Un album si sombre et si lumineux se devait d'être un dialogue entre femmes réchappées du travail à perpette… Attention, ce duo de Vancouver – voix-guitare et batterie, rénove un blues urgent, dénué de tout artifice avec des textes forcenés. Bref un miel de sarrasin!!!

KEITH KOUNA, Les Années monsieur (P572)

Ressurgissant du groupe Les Goules, dans lequel il menait en chanson un esprit carnavalesque sur du métal digressif au possible, le gars dépoussière ses textes antérieurs pour un premier album solo. Débridé, jouissif et foldingue cette fantaisie se révèle être une expérience textuelle et chansonnière hors tout sur une musique vivement fascinante.

AVEC PAS D'CASQUE, Dans la nature jusqu'au cou (Grosse Boîte)

Deuxième disque de ce trio visionnaire avec des chansons cahin-caha dans un registre country québécois… Le rythme lent facilite l'appréciation de leurs interrogations et aventures ordinaires – Dans L'amour passe à travers le linge : «… j'ai repassé ta veste pare-balle et nos problèmes peuvent attendre à demain la science connaît d'excellentes histoires de peur pour les enfants… ».

PAUL CARGNELLO, Bragging (Urban Revolutionary)

Imperturbable et toujours enflammé tel un Billy Bragg auquel il rend hommage à la période où il jouait seul sur scène, Cargnello frappe la cible avec beaucoup d'acuité. Entre rock, blues, folk et ska (sur l'excellente Une Rose noire) – électrisant!

BRIGITTE BORDEL, Sous les tropiques du néant (piasses piasses records)

P-A Von Gogöl, Red Vonsalkid, Aaron Maiden et Amygdale Lecteur… Tels sont les noms de cette bande de trublions réactivant la machine à rocker dans le garage. Tout en français les textes provocants mordent à l'oreille bienheureuse…

DANY PLACARD, Raccourci (Disques Indica/ Outside)

Rénovateur de la chanson folk rock des campagnes, Dany récidive pour un disque concept que ne renierait pas le déjanté Tom Wait (d'ailleurs repris le temps d'une chanson). Cet amoureux d'orchestrations caractérisées par des rythmes chaloupés et truffés d'interventions d'instruments les plus divers se montre ici fabuleusement prolixe.

L'UTA ajoute un autre cours à sa session d'hiver et vous invite à explorer
LE MONDE de MICHEL TREMBLAY

Avec Mylène Rioux, B. en études littéraires

Au menu, les moments forts de sa carrière comme l'avènement du joual au théâtre grâce aux « Belles-Sœurs », les Chroniques du plateau Mont-Royal, l'adaptation à l'écran de Laura Cadieux, etc., l'analyse des grands thèmes de son œuvre, la présentation de l'arbre des familles Tremblay, une réflexion sur l'évolution de la figure de l'auteur devenu un auteur populaire. (L'achat d'un recueil de textes préparé par la professeure est à prévoir).

lundi de 9 h 30 à 12 h les 6, 20,27 avril et 4 mai au Centre communautaire John Sleeth, 7,rue Academy à SUTTON

Rappel et dates des autres cours :

mardi du 3 mars au 21 avril de 13 h 30 à 16 h, à Cowansville (salle à déterminer). Huit conférences sur la SANTÉ ET DIFFÉRENTES APPROCHES THÉRA-PEUTIQUES présentées par des spécia-listes dans chacun des domaines. (inscription pour l'ensemble des huit conférences)

mercredi de 13 h 30 à 16 h, du 4 mars au 22 avril, au Centre communautaire John Sleeth, 7 rue Academy à Sutton : INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE POLITIQUE.

jeudi de 13 h à 15 h 30, du 5 mars au 23 avril, à Cowansville, l'histoire de la Russie continue avec L'HISTOIRE DE L'URSS.

INSCRIPTIONS (obligatoirement avant le premier cours) et RENSEIGNEMENTS :

Alexandrine Poissant 450 538-3135
Jacques Alary 450 242-4422

Antoinette Marrel

Café l'International

Tous les weekends, le pianiste André Giroux vous accueille au Café l'International de Sutton. Les vendredi et samedi soir, André et ses invités interprètent les grands standards de jazz, dans une atmosphère intime et chaleureuse. La musique commence à 20 h 30 et se poursuit jusqu'à 22 h 30. À compter de 21 h, le Café offre un menu Jazz.

Parmi les invités, on retrouvera le guitariste Mike Gauthier le 6 mars et les semaines suivantes des invités trompettistes, guitaristes, bassistes, batteurs, etc.

 

« La douceur c'est la plénitude de la force »
Alphonse Gratry

La différence fondamentale entre la médecine holistique et celle plus réductionniste et mécaniste réside dans la façon d'intervenir. La première s'efforce de soutenir l'intégralité du corps et, la seconde, s'im-misce dans une infime partie de celui-ci en la dissociant de l'ensemble. Les difficultés que rencontrent nombre de personnes lors de leurs premières incursions dans l'une ou l'autre des pratiques holistiques relèvent de « l'expérience » du pouvoir intrinsèque de guérison qu'elles possèdent. Il peut être troublant de se savoir maître d'un système aussi complexe qu'un corps humain. Un peu comme regarder un objet familier sous un angle absolument nouveau.

Je parle souvent de l'art de l'herboristerie, de la signature si particulière qu'ont les plantes pour aider l'humain à rester ou à redevenir en santé. Elles interviennent sur l'organisme, comme la plupart des remèdes, mais sans prendre la place des mécanismes naturels du corps. Une fièvre, par exemple, est une réaction immunitaire importante. L'arrêter n'est pas systématiquement favora-ble. Pas plus que de ne la laisser devenir dangereuse, j'en conviens. N'en demeure pas moins que les bienfaits de la sudation sont connus. Plusieurs plantes ont cette capacité de faire « aboutir » la fièvre. L'une d'elles sera la plante du jour. C'est le Sureau. Sambucus cana-densis en Amérique du nord, S. nigra en Europe. Toutes les parties de cet arbuste sont utilisées, mais parmi elles, les fleurs sont les plus versatiles. Combinées aux baies, elles forment une préparation merveilleuse.

Le sureau est une plante multiusage qui crée du mouvement dans le corps et incite l'élimination des toxines. Dans les situations fiévreuses, il est de la catégorie des diaphorétiques, c'est-à-dire qu'il favorisera la sudation en stimulant l'augmentation de la température et en provoquant ensuite l'ouverture des pores de la peau, permettant ainsi la diminution de la fièvre. Cependant, certaines personnes ne sont pas sujettes à la transpiration, même lors de fièvres élevées. D'autres plantes seront alors plus appropriées, mais ça, c'est pour un autre article.

Le Sambucus est uti-lisé depuis des siècles pour traiter la grippe, le rhume, les fièvres et les maladies éruptives, comme la varicelle ou la rougeole. Il est diaphorétique, mais aussi antiviral. Des essais1 menés en Israël et en Norvège ont montré que les symptômes grippaux sont nettement amoindris et écourtés par la prise d'extrait de sureau. Les mêmes conclusions peuvent s'appliquer aux maladies éruptives infantiles, celles-ci étant essentiellement virales.

Le sureau aidera à drainer les voies respiratoires congestionnées de même qu'à réduire les sécrétions et l'inflammation des sinus, de la gorge et des bronches.

C'est que la plante contient des flavonoïdes, molécules fortement immunosti-mulantes, anti-inflammatoires et antioxydantes. À ce sujet, une petite histoire raconte qu'au 19e siècle, un marin se vantait d'avoir trouver remède à son arthrite dans une bouteille de vieux porto. Son toubib intrigué découvrit que ledit porto était en fait un vin de second rang additionné de jus de sureau. Ce dernier ingrédient fut donc tenu responsable du soulagement des douleurs et il l'est encore aujourd'hui, avec quelques nuances. D'autres plantes pourront lui être combinées en cas d'arthrite. Retenons que la plante disperse la chaleur et favorise l'élimination. Pour les mêmes raisons, le sureau est, classiquement, une part importante des cures printa-nières. Il est aussi approprié pour les inflammations du système urinaire, en cas d'œdème et pour la prévention de calculs rénaux.

Un symptôme clé appelant l'usage du sureau est la congestion des tissus, donnant à la peau un aspect gonflé, chargé, voire même presque marbré. Les bébés présentent facilement ce type de coloris étrange lorsqu'ils sont enrhumés. Les articulations douloureuses aussi.

Ainsi, de ses minuscules fleurs blanches, la plante aide doucement le corps. Intégralement. Délicieu-sement. C'est le sureau, l'arbre des fées, celui qui supporte l'être « qui ne se détourne pas de ses douleurs, mais les assume dans leur plénitude », dixit André Gide.

Annie Rouleau
Herboriste
450 538-6454
annieaire@gmail.com

1 Zakay-Rones Z, Varsano N, et al. Inhibition of several strains of influenza virus in vitro andreduction of symptoms by an elderberry extract (Sambucus nigra L.) during an outbreak of influenza B Panama.J Altern Complement Med. 1995, et;

Zakay-Rones Z, Thom E, et al. Randomized study of the efficacy and safety of oral elderberry extract in the treatment of influenza A and B virus infections. J Int Med Res. 2004.

Arts Sutton

Quatre expositions ainsi qu'une conférence attendent les visiteurs à la Galerie Arts Sutton ce printemps.

Tout d'abord, du 14 février au 15 mars, la Galerie est fière de présenter « Sur le fil » une exposition de Serge Marchetta. Elle proposera des compositions in situ et des dessins sur papier utilisant toujours le fil de coton de couleur où la ligne est le thème récurrent. Semblables à des toiles d'araignées, ces œuvres, créées en fonction du lieu, sont composées de fils fixés aux différentes composantes physiques de la Galerie soit le plancher, les murs, le plafond. Ainsi, le visiteur est invité à contempler les œuvres sous divers angles et distances afin de recomposer l'image. Quant à eux, les dessins proposent une approche plus contemplative. Composés à l'aide de fil à coudre, ils font penser au travail de broderie. Serge Marchetta a délaissé la sécurité d'un poste-cadre à Postes Canada, en 1993, pour se consacrer à l'art. Il a terminé ses études universitaires à l'UQAM en 1995. Il est responsable des expositions à la Maison de la culture Maisonneuve à Montréal.

Serge Marchetta, La Chut!
Installation 2008

Suivra, du 21 mars au 11 avril, l'exposition collective des artistes de la Galerie qui s'intitule « Totem ». Les artistes feront découvrir à la population de Sutton et des environs leurs toutes dernières créations inspirées de ce thème. Organisées deux fois par année, ces expositions témoignent de l'éclatante créativité qui existe ici, au sein de la communauté des artistes membres d'Arts Sutton.

« La vie, la mort et les lapins », un corpus d'œuvres créées par Cathy Cahill, une artiste professionnelle de la région, sera ensuite présenté du 25 avril au 24 mai. Cette série de dessins raconte une histoire dans laquelle il y a un accident tragique, un déménagement, un mariage, des funérailles et une grossesse. Pure autobiographie, cette histoire peuplée de lapins traite des thèmes de la reproduction, de l'empathie et du végétarisme. Cathy Cahill est née à Montréal en 1972. Elle détient un diplôme en arts et histoire de l'art de l'Université de Toronto. Elle vit et travaille à West Brome avec son mari qui est aussi un artiste, Todd Munro.

Cathy Cahill
Life and Death, dessin

Galerie présentera la première d'une série de quatre conférences prévues pour l'année 2009. Cette confé-rence sera donnée par Stéphane Aquin, conservateur de l'art contemporain au Musée des beaux-arts de Montréal. Monsieur Aquin entretiendra sur le 40e anniversaire du célèbre bed in de John Lennon et Yoko Ono à Montréal en 1969. Cette conférence sera présentée en français. Les billets pour les conférences seront en vente à la Galerie dès le mois d'avril.

Stéphane Aquin

La Galerie est située au 7, rue Academy à Sutton. Elle est ouverte du jeudi au dimanche de 11 h à 17 h. Les coordonnées pour la joindre sont les suivantes : 450 538-2563 ou info@artssutton.com ou www.artssutton.com

Catherine Audet

La plénitude vue à travers les yeux bleus de Violette

Cela fait quelque temps que je songe à aller à la rencontre des gens qui vivent en résidence ici à Sutton. Les personnes âgées ont cet avantage d'avoir de la perspective par rapport à leur vie et peuvent, par conséquent, nous apprendre beaucoup de choses, notamment sur la manière d'aborder la vie pour y trouver de la plénitude.

Tel est le cas de Violette*, 86 ans. Elle est branchée en permanence sur une bonbonne d'oxygène qui rythme ses paroles, et ne peut se déplacer qu'en fauteuil roulant. Malgré tout, Violette affirme qu'elle a un style de vie exceptionnel : « Tous les jours, je me lève, je me bouge, je partage ». Violette a de la jasette à revendre. Elle déclare d'ailleurs que la communication aide à avancer. « Parler aide à mettre de l'ordre dans ses idées, à mieux se connaître soi-même. En contrepartie, écouter permet de mieux comprendre les autres et de les accueillir dans leurs différences ».

Violette n'a pas d'enfants, mais elle suit avec beaucoup d'intérêt les récits de ses voisines de palier : « Ici, il arrive souvent que nous nous ramassions autour d'une table pour dîner et que nous parlions des gens qui nous entourent : nos maris, nos amis, nos familles. Certains amènent parfois des photos. Les gens sociables comme moi ont besoin de partager leur vécu, leur quotidien. Mon mari, lui, n'a pas ce besoin-là. Il aime les ordinateurs. Cela ne nous empêche pas d'être importants l'un pour l'autre et de nous parler tous les soirs au téléphone ».

Violette est mariée depuis 64 ans. « J'ai appris beaucoup du mariage. J'ai appris, au-delà de tout, qu'il faut savoir laisser l'autre être ce qu'il est et penser ce qu'il pense, sans tenter d'imposer sa propre vision des choses et ses propres pensées. Le temps passe et nous changeons beaucoup. Il faut avoir la sagesse de ne pas enfermer l'autre dans un cliché de lui-même pour qu'il puisse continuer de s'épanouir. Chacun a ses besoins, ses désirs, sa façon de voir les choses, son cheminement. L'affaire n'est pas simple, mais lorsqu'on trouve quelqu'un avec qui on peut être soi-même, entièrement, c'est le plus beau des cadeaux! ».

Lorsque je lui demande si elle a toujours vu les choses de cette manière, elle rit et me répond que non. « Ça m'a frappée il y a 5 ans environ. J'ai très longtemps essayé d'imposer mes idées à mon mari. Je croyais lui vouloir du bien en essayant de penser à sa place. L'avantage de vieillir est qu'on prend connaissance des choses qu'on ne voyait pas avant. Beaucoup de gens, sans le savoir, ont déjà tout ce qu'ils désirent, mais ils ne prennent tout simplement pas le temps de s'y arrêter ».

Comme quoi, vieillir comporte quand même l'avantage de voir les choses sous un nouvel œil, parfois plus appréciateur! Avant de mettre les pieds à la résidence, je dois avouer que je croyais y trouver des gens seuls et un peu tristes. Mais le temps passé avec Violette fût exquis! En sortant du foyer, je me disais que j'aimerais bien être aussi sereine à 86 ans. Je retiens de cette magnifique rencontre que peu importe le parcours ou la situation, c'est la façon dont on décide de voir les choses qui fait toute la différence!

Geneviève Hébert

*L'entrevue est réelle, mais le nom dans le texte est fictif.

Au service de la plenitude

Traité comme un sujet intérieur, le sentiment de plénitude se déguste le plus souvent dans la simplicité et l'équilibre. C'est avant tout un état, une présence à soi, une reconnaissance et gratitude envers ce qui EST. Se sentir choyé, privilégié d'avoir la possibilité de s'accomplir avec de petits ou de grands moyens. Peut-être s'agit-il en fait de respect et de connaissance de soi, avec un sens de responsabilité personnelle qui dirige, comme un guide, vers ce qui nous fait entiers.

Les gens viennent se faire masser en grand besoin de relaxer et de se retrouver complet dans leur tête et leur corps. Moment privilégié. Ils ont l'occasion de se sentir PLEINS dans le sens absolu du terme en vivant le moment pleinement.

Parfois, même avec toute la bonne volonté du monde en favorisant de son mieux les conditions nécessaires à la paix d'esprit, le corps et l'esprit, justement, n'arrivent pas à se détacher des préoccupations et tensions qui les habitent. Le massothérapeute aura beau être « créatif », c'est-à-dire puiser dans ses ressources, ses techniques, se concentrer à être lui-même dans un état bienveillant, calme et apaisant, la personne n'arrive pas à « décrocher », à faire le vide ou, à tout le moins, faire de l'espace et refaire le plein d'une énergie nouvelle.

C'est ainsi que le massothérapeute pourra faire appel à des techniques « énergétiques » qui complémentent bien le travail manuel. De plus en plus, on entend parler du REIKI… sans trop savoir ce que c'est. C'est fort simple : c'est une technique de réception et de retransmission d'énergie.

Si l'on peut admettre que TOUT est énergie en mouvement, comme les particules de matière frisant une légèreté intangible et inimaginable, aussi puissante que le centre de la Terre et aussi fragile que la poussière d'étoiles; on pourrait admettre qu'il nous est possible de canaliser cette énergie, par le biais, entre autres, du Reiki.

Reiki signifie en japonais : force d'énergie vitale. Il s'agit d'un soin holistique au toucher léger qui fonctionne en soutenant les forces énergétiques du corps, rétablissant la fluidité normale du Ki, l'énergie vitale. Cela permet d'accélérer et d'approfondir les possibilités du corps à se guérir. À travers une série de positions des mains directement sur ou juste au-dessus du corps, le massothérapeute permet à l'énergie de circuler à travers lui. La personne qui reçoit le traitement se nourrit de la quantité d'énergie qui lui est nécessaire. La simplicité d'une session ou du toucher du Reiki peut soulever un certain scepticisme, mais après l'avoir expérimenté, la plupart sauront témoigner de ses effets relaxants… et réénergisant!

Au sens le plus large, le Reiki est Amour et lumière… au service de la plénitude.

Anik Kelly
masso-kinésithérapeute
monréseau+

 

LA GALERIE FARFELU DE SUTTON RECRUTE DE NOUVEAUX MEMBRES

Artisans du bois, du verre, du métal, du cuir, du papier ou autre sont invités à présenter un dossier en vue de se joindre à la galerie Farfelude Sutton.

Les critères d'évaluation sont : le professionalisme, la qualité et l'originalité de ses créations.

Farfelu est un collectif d'artistes en arts et métiers. Il y a deux façons d'exposer à la galerie :

- devenir un membre actif qui paye un minime loyer et s'occupe du bon fonctionnement de l'organisation avec les autres membres;

- devenir membre consignataire sans implication autre que de fournir des oeuvres et remettre un pourcentage sur ses ventes.

Les personnes intéressées ou qui connaissent quelqu'un qui le serait sont priés de soumettre un dossier comprenant : des photos couleurs, un court CV, sa démarche artistique, ses coordonnées et une enveloppe de retour à :
Farfelu : 20J, rue Principale Nord, Sutton J0E 2K0

Pour plus d'informations : 450-538-5959 ou www.geocities.com/farfelu20j

DB

Et si la plénitude passait par l'action ?

La plénitude a une signification pour chacun d'entre nous. Bien sûr, l'idéal de plusieurs est d'atteindre un état de plénitude tout simplement en étant soi, sans avoir à réaliser quoi que se soit. Dans cet article, il est toutefois question de la notion de plénitude faisant référence à la satisfaction vécue à la suite d'un accomplissement quelconque. Et pour qu'il y ait accomplissement, il doit nécessairement y avoir la notion de résultat, d'achèvement, de réalisation, bref, de couronnement. Il faut donc, pour avoir accès au sentiment de plénitude que nous recherchons tous, nous mettre en action et réaliser quelque chose.

Grosso modo, il faut avoir une idée, se mettre en action pour la réaliser, avancer pas à pas vers le but souhaité et SURTOUT se rendre jusqu'au bout. Il ne faut pas abandonner en chemin, comme nous l'avons tous fait à un moment de nos vies.

Tout cela semble tellement simple, me direz-vous. Et pourtant, combien d'idées géniales n'ont jamais vu le jour parce que leurs concepteurs étaient plus dans la procrastination et la paresse que dans la réalisation? Combien de projets sont restés sur la table à dessin, dans la filière Z ou tout simplement dans la tête du concepteur parce que la peur était plus grande que l'enthousiasme face au projet? Combien de produits fantastiques ont été conçus, dessinés, fabriqués par des artisans et sont restés sur des tablettes ou dans le garage de l'inventeur parce qu'en cours de route la procrastination a emboîté le pas et est venue en court-circuiter la commercialisation?

Selon le coach et auteur François Délivré, la maîtrise du temps est tout simplement la faculté de mener une succession de projets rêvés, décidés et bien vécus. Que les projets soient petits ou grands n'a pas d'importance.

Dans son livre intitulé Une question de temps, François Délivré propose de voir le déroulement global d'un projet réussi selon le concept de « poisson de temps ». Ainsi, la tête représente la période d'ouverture anticipatrice, le ventre quant à lui nous pousse à faire des choix et à commencer la mise en œuvre du projet. Finalement, la « queue du poisson » fait référence à la célébration du travail accompli et où l'on ressent enfin cet état de plénitude tant recherché.

Rêve, vision et faisabilité du projet – « tête du poisson »

La « tête » représente une période d'ouverture féconde, un espace où toutes les possibilités s'ouvrent à nous. Nous commençons alors à imaginer le futur et les idées émergent. Selon François Délivré, la période de la « tête du poisson » est riche et comprend trois phases. La bouche, le tout début du projet, moment où l'on rêve. Ensuite, l'œil, cette partie où nous sommes visionnaires et enfin la joue qui correspond à une première vérification de la faisabilité du projet imaginé. À ce stade, il est important d'être attentif aux idées qui émergent tout en s'assurant qu'une fois rendues dans la « joue du poisson » les idées ne sont pas utopiques. En entreprise, cette période correspond aux réunions de « brainstorming » et aux séances de créativité.

Choix, objectifs, mise en œuvre et atteinte de l'objectif– « ventre du poisson »

Cette période débute avec le besoin de faire des choix. Il s'agit d'une étape difficile puisqu'il nous faut renoncer à certaines idées. À ce stade, nous disons officiellement oui au projet et nous nous fixons un ou des objectifs précis. C'est à cette étape que les méthodes de gestion du temps entrent en scène. Selon François Délivré, il faut tout simplement répondre à la question : « Sachant ce qu'il faut faire et la date à laquelle les choses doivent être faites, comment s'organiser pour y parvenir? » Toujours selon Délivré, si les choses ont été bien imaginées dans la tête du poisson, si les choix ont été faits de façon réfléchie en dégageant des priorités et si la personne a bien géré son temps, elle s'est ainsi donné toutes les chances de parvenir à la « queue du poisson ».

Bilan, satisfaction et deuil du projet – « queue du poisson »

Cette étape est la plupart du temps escamotée. Nous terminons un projet et passons au suivant sans prendre le temps de regarder, de célébrer et de savourer pleinement l'accomplissement. Pourtant, ce sont le bilan et la célébration qui nous amènent le sentiment de plénitude. Selon Délivré : « Si l'on n'est pas satisfait de chaque journée, comment être disponible pour le travail du lendemain? La « queue » est, comme la tête, une période d'ouverture. Elle permet de dégager l'esprit et de repartir pour d'autres projets. » Il prétend qu'un projet réussi est souvent suivi par un autre. Dans le même esprit, la coach Nathalie Hamelin propose à ses clients qui vivent des moments de plénitude ou de réussite de toujours dire Merci et j'en veux encore! Voici une belle façon de souligner la plénitude dans notre vie et d'ouvrir à l'abondance!

Natalia Théoret
Coaching de vie, Maitre-praticienne en PNL
www.nataliatheoret.com
450 295-3109

Dunham baigne dans la plénitude

Petit village en apparence, Dunham, au fil des ans, a su s'épanouir et n'a désormais plus grand-chose à envier aux plus grandes villes. En effet, une abondance de commerces enrichit la vie quotidienne de ses habitants tout en rendant l'atmosphère des plus invitantes pour les visiteurs.

Puisque les gens de Dunham ont le sens de l'élégance, on y retrouve trois salons de coiffure et deux centres d'esthétique. Connus pour être des épicuriens, plusieurs établissements répondent à l'appel des gourmets et gourmands, soit les restaurants Les Trèfles, le café au Cœur chaud, le Couleur Café, le bistro p'tit Bacchus, la Maison Berbère Chez Nora, sans oublier les tables des Douces Heures et du Nid de Poule ainsi que les délicieuses trouvailles de La rumeur affamée, de Laperle et son boulanger et de la Brûlerie de Dunham. Prendre un petit verre à Dunham, pas de problème avec la micro-brasserie Brasseurs et Frères, la Cidrerie Fleurs de pommiers et les vignobles Domaine des Côtes d'Ardoise, Val Caudalies, Clos Ste-Croix, L'Orpailleur, Gagliano et Les Trois Clochers.

Vous souhaitez bricoler? Qu'à cela ne tienne, pas moins de deux quincailleries combleront vos désirs. Vous préférez la lecture et les arts? Dunham présente régulièrement des expositions au Centre d'art et sa bibliothèque municipale offre un excellent choix de romans et autres ouvrages. Les cyclistes comme les randonneurs y trouvent leur compte grâce aux nombreux circuits de la région. La caisse populaire Desjardins de Dunham se fait un plaisir de participer à l'abondance financière des villageois lorsqu'ils en ont besoin. Vous désirez vous recueillir, vous pouvez le faire dans l'une des trois belles églises de la rue Principale, l'église catholique Sainte-Croix, l'église anglicane All Saints et l'église unie du Canada.

Enfin, Dunham a développé un grand sens de l'hospitalité. À preuve, les quatre gîtes qui accueillent chaleureusement les visiteurs qui aiment séjourner dans ce beau village, le Nid de Poule, le Temps des Mûres, la Colline aux Bleuets et Aux Douces Heures.

Avec l'arrivée du printemps, la nature se réveille pour permettre de cultiver de nouveau la terre et de transformer les récoltes abondantes en produits du terroir que l'on retrouvera ensuite partout au Québec. Quel autre village peut se vanter d'avoir autant à offrir à sa population et à ses visiteurs, et ce, toute l'année?

Les bénévoles du Comité Action Tourisme de Dunham vous souhaitent un printemps épanouissant. Sachez profiter de cette période de l'année pour apprécier et découvrir tout ce qu'il y a tout près de Dunham.

Gisèle LaRocque
450 295-1155
Comité Action Tourisme de Dunham

LA PLÉNITUDE DE L'ORNITHOLOGUE

Vous le savez, les ornithologues amateurs sont des observateurs d'oiseaux. Peut-être faites-vous également de l'observation ornithologique? Rien ne fait plus plaisir à un ornitho que d'observer une nouvelle espèce d'oiseau ou un comportement particulier.

Mais les ornithologues ne font pas qu'observer. Ils atteignent l'accomplissement de leur loisir dans l'action directe, comme lorsqu'ils aident une population en décroissance ou en danger à se rétablir.

Ils ont trouvé la plénitude avec le projet des sentiers de nichoirs à Merlebleu de l'Est.

Le merlebleu de l'Est occupait une place particulière dans le folklore des premiers colons. À leurs yeux, sa venue annonçait vraiment le printemps. Comme le merlebleu se nourrit d'insectes qu'il capture au sol et qu'il niche en cavité, il était, à l'origine, limité aux forêts brûlées, aux clairières et prairies ouvertes à l'orée des bois. Les premiers colons ont fortement favorisé l'essor de cet oiseau en créant des pâturages encerclés de clôtures à poteaux de bois. L'oiseau a ainsi atteint des pointes de population entre le milieu et la fin du XIXe siècle.

Mais pendant cette même période, l'introduction de nouvelles espèces plus agressives comme le moineau domestique et l'étourneau sansonnet a amené une forte compétition pour les cavités où les trois espèces construisent leur nid. Malgré cette concurrence, le merlebleu est demeuré abondant jusqu'aux années 1940. Après cette période, les modifications des pratiques agricoles, l'expansion urbaine et des années de températures plus froides lui ont été néfastes.

En 1978, la North American Blue-bird Society (NABS) fut fondée pour réagir au déclin continuel du merlebleu de l'Est par l'établis-sement de circuits de nichoirs. Les Clubs d'ornithologues amateurs y ont trouvé la plénitude en favorisant la réinsertion du merlebleu dans beaucoup d'endroits d'où il avait disparu. De plus, ces nombreux nichoirs accueillent d'autres oiseaux nichant en cavités comme les hirondelles bicolores, les mésanges à tête noire et les troglodytes familiers. Classé espèce vulnérable en 1984, le merlebleu de l'Est est passé, en 1996, dans la catégorie des espèces qui ne sont plus à risque. Les ornithologues peuvent être fiers de ce bel accomplissement.

Le Club d'Ornithologues de Brome-Missisquoi a installé son premier sentier de 12 nichoirs à merlebleu en 1989, peu de temps après sa fondation. Cette action a connu un succès immédiat. Déjà en 1990, un nichoir était occupé par cette espèce pour deux nichées et 8 envolées d'oisillons. Les sentiers se sont multipliés au fil des années. Certains ont été abandonnés et de nouveaux ont été créés au gré de l'évolution des habitats et de l'intérêt des bénévoles qui doivent visiter les nichoirs pour compiler les données de nidification. En 1994, le Club avait déjà 6 sentiers qui ont permis à 259 jeunes merlebleus de prendre leur envol. Le succès des nichées fluctue d'année en année à cause des écarts printaniers de température et de précipitations.

Ces dernières années, neuf bénévoles supervisent 74 nichoirs répartis sur cinq sentiers. En 2005, 72 oisillons bleus ont pris leur envol et plus de 68 l'ont fait en 2007. Les printemps froids et tardifs de ces dernières années ont donné des rendements plus faibles, mais c'est aussi cela la nature.

Il est indéniable que ce projet contribue grandement à la survie du bel oiseau bleu dans nos régions et qu'à travers lui le Club des Ornithologues de Brome-Missisquoi réalise la plénitude du loisir ornithologique. Devenez membre, information : 450 263-0436.

Ghislaine Delisle
Pour le COBM

C'est le temps des sucres

Vous voulez vous sucrer le bec ? Voici quatre érablières où l'on peut acheter son sirop directement du producteur. On y offre une sélection complète de grades. Chaque endroit accueille le public et offre une variété de produits spécifiques.

Érablière Gaby-Pierre

L'accueil est impeccable, mais on ne sert pas de repas sur place. En contrepartie, on offre des fèves au lard chaudes au sirop d'érable pour emporter. La boutique propose une gamme complète de produits dérivés de l'érable : sucre d'érable, bonbons à l'érable, tire à l'érable, sucre du pays, beurre d'érable, sucre à la crème au sirop d'érable, etc. On y vend même, si cela vous intéresse, un livre de recettes pour vous aider à profiter pleinement du sirop acheté lors de la visite.

1001, Route 139, Sutton,
538-4046

Érablière Hilltop

La vue panoramique des montagnes ajoute un parfum à la visiteà l'érablière où le sirop est fait sur feu de bois. Les repas sont servis le midi ou le soir. La détente est de rigueur, car il n'y a jamais de file d'attente et on ne presse pas les gens à sortir de table. Le menu, qui comprend tous les plats de cabane à sucre traditionnels, offre des saveurs de « cuisine de grand-mère ». Les produits de l'érable en vente sont tous des vedettes, mais le méritas va sans doute à la tarte au sirop d'érable et pacanes. Les nouveaux propriétaires assurent un service bilingue.

4329, Symington, Dunham,
Réservation requise 295-2270

Érablière de Winter

L'érablière est certifiée biologique (Eco-Cert). Le terme et ses implications sont expliqués sur place, lors d'une visite gratuite à l'érablière. Le sirop et des produits transformés tels que le vinaigre d'érable, des vinaigrettes, une sauce BBQ, gelées, sucre d'érable sont disponibles sur place. Une gamme complète de produits de cassis est également offerte.

420, Jackson, Sutton, 242-4287

Érablière Owl Hoot

Érablière traditionnelle où l'on utilise des chevaux pour ramasser l'eau d'érable. On peut visiter l'érablière. En plus du sirop, on peut se procurer sur place les multiples produits d'érable : beurre, sucre, gelée, bonbons, tartes, etc.

85, Ross Rd. Stanbridge East, (450) 248-3616