En avant marche

Le Centre local de développement (CLD) de Brome-Missisquoi mise sur la randonnée et la raquette dans son plan de développement du plein air. Le mot randonnée sous-entend la randonnée pédestre. Il faut le préciser, sinon le plan comprendrait l'équitation, le ski de fond, le vélo, etc. En effet, le plan endosse la marche à l'année et par extension en hiver la raquette, un outil qui facilite la marche sur la neige...

Le plan s'adresse donc à un vaste marché. La marche gagne de la popularité : pour économiser de l'énergie, pour demeurer en santé, pour socialiser, pour perdre du poids et, même, pour les collectes de fonds. La marche est naturelle. Elle se pratique à tout âge, ne requiert pas d'équipement coûteux ou sophistiqué et peut s'exercer partout. Alors, comment en faire un produit d'appel et un moteur économique?

La réponse est simple. Pour accéder à de grands panoramas, pour observer la flore et la faune dans leur milieu naturel, pour atteindre un niveau d'exercice plus exigeant, pour sortir de chez soi...on se rend à la montagne! Le paradis pour faire de la randonnée pédestre et pratiquer une forme de marche plus spécialisée. En effet, à la montagne, la marche est plus robuste et exige parfois de l'équipement plus sophistiqué comme des chaussures de randonnée, un sac à dos, une gourde d'eau, une carte du réseau visité...

La région de Brome-Missisquoi investit donc pour se doter d'un produit « durable » avec une structure intégrée. Comme le massif des monts Sutton offre déjà un réseau de plus de 90 km, il a le potentiel de s'étendre entre les municipalités en les joignant les unes aux autres. Le plan vise le raccordement des sentiers à l'hébergement, à la restauration et à divers centres d'intérêt. Les partenaires en profiteront pour éduquer les gens sur les valeurs de la nature et sur les moyens de les respecter. Comme les gens ont tendance à préserver ce qui leur est utile et apprécié, la conservation commence par une utilisation contrôlée. Ainsi, l'expérience restera intacte et disponible pour les futures générations.

INVESTIR en toute sollicitude! Certes, car il y aura des retours sur cet investissement. D'abord en bien-être, puis en ressources, ensuite en argent avec des retombées économiques importantes pour tous les partenaires : des taxes pour les municipalités, des revenus et des profits pour les entreprises, des emplois pour les citoyens, des économies en santé et en conservation pour la population.

En avant, marche! Profitez des divers sentiers et services prometteurs de sollicitude quatre saisons.

Denis Boulanger

 

Globaliser la solicitude

Comme le tuffeau noirci des cathédrales, certains mots doivent être libérés de la suie d'usages réducteurs pour retrouver leur éclat originel. C'est le cas du mot « sollicitude » qu'un formalisme presque désuet a réduit à ne plus exprimer qu'une vague sympathie sans conséquences : « Veuillez croire à Notre bienveillante sollicitude… ».

Solli-cit-ude vient de racines exprimant la cohésion, l'unité (comme dans solide et solitaire) et un mouvement d'invitation (comme dans citer en justice, inciter, exciter, etc.). Le suffixe « ude » exprime quant à lui un état, comme dans plénitude et servitude. Loin d'évoquer une vague bienveillance, la sollicitude authentique désigne un mouvement d'unification qui met fin à la prison qu'est une existence séparée et consciente de l'être. Faire preuve de sollicitude, c'est inviter autant que répondre à une invitation à rejoindre. Fidèle à ce sens, Erich Fromm affirme, dans « l'Art d'aimer », que « l'amour est une sollicitude active pour la vie et la croissance de ce que nous aimons. » Et le grand humaniste d'ajouter : « Que l'amour implique la sollicitude apparaît avec le plus d'évidence dans l'amour d'une mère pour son enfant. Aucune assurance de son amour ne nous ferait l'effet d'être sincère si nous la voyions manquer de soin pour son bébé, si elle négligeait de le nourrir, de le baigner, de lui procurer du bien-être… ».

Limiter la sollicitude aux rapports humains serait en réduire tragiquement la portée. En effet, ouvrir les portes de six milliards de geôles individuelles serait futile si l'humanité restait globalement enfermée dans la prison centrale d'une vision anthropocentrique du monde. Globaliser la sollicitude en l'étendant à tout ce qui vit est une condition de survie incontournable pour une humanité confrontée aux conséquences catastrophiques d'avoir trop longtemps considéré la planète comme un objet à exploiter plutôt que comme un réseau vivant d'interdé-pendance invitant à la communion. La sollicitude globale se comprend mieux sous l'éclairage de certains mots phares comme « universel », « yoga » et « religion », pourvu qu'on en lave les vitres.

Signifiant, à la lettre, « vers le un », « universel » est un parfait qualificatif du mouvement unificateur de la sollicitude. On retrouve cette convergence du multiple vers l'unique dans le « yoga », mot dont la racine se reconnaît dans « joug » et qui désigne des disciplines visant à jeter un pont entre « moi » et « l'autre », tant sur le plan intérieur qu'interpersonnel et universel. Tout yoga bien compris est une école de sollicitude, comme devrait l'être toute religion fidèle à la racine « re-ligere » qui signifie relier. Que les religions, en tant qu'idéologies, offrent le triste spectacle de leurs divisions et de leur prétention à détenir la vérité ne change absolument rien au sens noble de l'attitude religieuse présente dans des couches plus ou moins discrètes de toutes les traditions.

Ce qui est « sollicitude active pour la vie » chez Erich Fromm prend le nom de « révérence pour la vie » sous la plume d'un Albert Schweitzer. Cet autre grand humaniste y voit « l'acte spirituel fondamental pour l'homme». «Qu'est-ce que la révérence pour la vie et comment naît-elle en nous? Le fait le plus élémentaire dont l'homme est conscient s'exprime ainsi : je suis vie qui veut vivre, entourée de vie qui veut vivre. C'est en méditant à tout instant sur lui-même et sur le monde qui l'entoure que l'homme devient conscient qu'il est volonté de vivre au milieu d'autres volontés de vivre. L'homme qui s'est mis à réfléchir comprend alors, en même temps, la nécessité d'accorder à toute volonté de vivre le même respect de la vie qu'il accorde à la sienne propre. Il vit la vie d'autrui en la sienne propre. Il lui apparaîtra comme étant « bien » le fait de maintenir la vie, développer la vie, amener une vie qui peut se développer à sa plus haute valeur, et comme étant « mauvais » le fait d'anéantir la vie, de porter atteinte à la vie, de réduire une vie qui pourrait se développer. […] L'homme n'est éthique que lorsque la vie en elle-même, aussi bien celle des plantes que celle des animaux lui est sacrée, comme celle des hommes, et lorsqu'il se dévoue pour porter aide à une vie qui est en danger. Seule l'éthique universelle d'une vie qui se sent démesurément responsable à l'égard de tout ce qui vit peut se justifier en pensée. L'éthique du respect de la vie comprend donc en elle-même tout ce que couvrent les notions d'amour, de dévouement, de partage de souffrances, de partage de joies et d'engagement pour le bien. »

Mais pourquoi, demanderont certains, parler de sollicitude lorsque c'est le bonheur que l'homme cherche avant tout ? Tout simplement parce que la quête du bonheur sans une sollicitude bien comprise est condamnée à l'échec. Bonheur signifie « bon augure » et désigne un apport favorable du destin, une grâce. Pour recevoir cette nourriture essentielle, l'homme dispose du cordon ombilical universel de l'attitude religieuse authentique et du yoga biencompris. Avec la sollicitude généralisée se met en marche la réciprocité nourricière décrite par Ralph Waldo Emerson et Ludwig Klages : au premier nous devons le constat « qu'il est impossible d'essayer sincèrement d'aider ses semblables sans en recevoir de l'aide » et au second que « ce n'est pas l'amour qu'un homme reçoit, mais l'amour qui s'allume en lui au contact de l'amour reçu, qui nourrit son âme. »

Daniel Laguitton
www.granby.net/~d_lag

 

Sollicitude organique

Eh, Momille, bonjour ! Comment va la famille ?
Le papa ? La maman ? Tu pleures, jeune fille ?
Qu'a Momille ?

Franc-Nohain

Ces vers forment ce qui, en poésie, s'appelle une sollicitude classique. Avec une touche coquine en sus, on y retrouve la prévenance et la bienveillance caractéristiques de l'autre sollicitude, celle prodiguée avec délicatesse à l'égard d'une personne, une chose, un groupe.

Pour développer le sujet, j'ai choisi une plante qui, si elle prenait forme humaine, serait assurément une grande femme au regard noble, dont les moindres gestes sont empreints de sollicitude. C'est la guimauve. Althaea officinalis.

La guimauve fait partie de la grande famille des Malvaceae. Le patronyme vient du grec malake ou malacos, qui signifie « doux, mou ». Althaea, le nom du genre, est quant à lui issu de altaia, autre mot grec signifiant « guérison», en référence aux qualités de la plante.

La guimauve entre depuis toujours dans des préparations culinaires. Son goût est définitivement doux. Les jeunes feuilles se mangent poêlées ou ajoutées à d'autres verdures en salade. La racine est très riche en amidon. Elle se consomme bouillie puis rôtie, encore une fois en combinaison avec d'autres légumes. L'eau de cuisson réduite peut servir de substitut au blanc d'œuf. Le lien entre l'Althaea officinalis et la guimauve sucrée du commerce est un peu flou. Il semble que cette dernière puisse effectivement être faite à partir soit d'un concentré d'eau de racines, soit de racines séchées, broyées puis mise en pâte.

La guimauve contient énormément de mucilages. Ce sont des sucres complexes faisant partie du vastegroupe des polysaccharides végétaux. Au contact de l'eau, ces molécules « se dissolvent plus ou moins pour former des solutions colloïdales ou des gels »1. Pour la plante, ils servent d'agent de rétention d'eau. Pour le corps, les mucilages sont principalement émollients. Ils vont apaiser, hydrater et adoucir les tissus irrités, surtout ceux des muqueuses et de la peau.

La guimauve est donc émolliente. Elle est aussi anti-inflammatoire, vulnéraire et expectorante. Les plus anciens écrits occidentaux faisant état son usage il y a près de 3 000 ans. Son action se concentre sur les systèmes digestif, respiratoire, urinaire et pour les soins de la peau. La plante aide à générer de l'humidité et à réduire la sècheresse et l'inflammation.

Pour le conduit digestif, on l'utilise pour les gastrites, les ulcères peptiques, l'hyperacidité de l'estomac, la distension abdominale, la constipation due à une sècheresse intestinale, les inflammations buccales et comme hochet pour les bébés qui font des dents. Également pour les « ites » des intestins : colite, diverticulite, entérite.

Pour le système respiratoire, le potentiel antitussif de la guimauve est largement reconnu et étudié2. Les symptômes adressés sont les toux réflexes sèches, irritantes et improductives, les maux de gorge. Elle aidera à soulager en cas de bronchite, de coqueluche et d'asthme.

Encore pour ses propriétés émolliente et anti-inflammatoire, la guimauve est bénéfique en cas de troubles et d'infections urinaires.

Même chose pour la peau. Situations de sècheresse et d'irritation, donc crevasses, écorchures et gerçures, gros bobos rouges et chauds, blessures, démangeaisons ou érythème fessier.

Des plantes complémentaires peuvent être combinées à la guimauve lors de maux importants. Par exemple, l'Althaea ne traitera pas l'helicobacter pilori impliqué dans l'ulcère gastrique, elle va soulager la douleur, calmer l'inflammation et aider la muqueuse à se reconstruire. Des plantes antibactériennes et nervines pourraient alors compléter le remède!

Le seul bémol à mettre sur l'utilisation de la guimauve serait en cas de diabète ou d'hypoglycémie. Basé sur des études faites sur les animaux, il semblerait que la plante puisse affecter les taux de glucose sanguin.

De la plante, la racine est principalement utilisée, mais aussi les feuilles et les fleurs.

L'idéal est de faire une infusion froide, donc de tremper la plante dans l'eau froide durant plusieurs heures. Une décoction de racine ou une infusion chaude de feuilles et de fleurs feront aussi l'affaire, surtout pour l'usage externe; compresses, gargarisme. Une réduction d'eau de guimauve peut également entrer dans des mélanges de sirops pour la toux ou de pommades dermatologiques.

La guimauve est en soi une plante de douceur. Elle est, pour les muqueuses, ce que la sollicitude est pour le malade; confortante et bienfaisante. Alors, buvez-en, mangez-en, et soyez heureux!

Annie Rouleau
Herboriste
450 538-6454

1 « Pharmacognosie, phytochimie, plantes médicinales » Jean Bruneton, Éditions Tec & Doc, Éditions médicales internationales ? 1999
2 « Antitussive activity of a rhamnogalacturonan isolated from the roots of Althaea officinalis L. Var. Robusta », CNRS, INIST diffusion.

 

Les Habitations Villageoises

Chambres avec vue

Le développement du village de Sutton est un sujet chaud. Inquiétant pour l'un, alléchant pour l'autre. L'encre coule et les discussions fusent. La construction au centre du village est quasi saturée avec un nombre infime de terrains vacants. Mais, depuis l'été, l'un d'entre eux est devenu l'hôte d'un projet immobilier d'assez grande envergure. Il est le fruit de la volonté d'une femme et de son fils, Mireille Joly et Louis Pier Toupin, associés récemment dans la compagnie Gestion MJ Projet Immo inc. Leur bébé se déploie tranquillement derrière l'ancienne école Frère André. Il s'appelle Les Habitations Villageoises.

Au final, six maisons bifamiliales jumelées seront érigées, pour un total de vingt-quatre unités. Formule condo, copropriétaires administrateurs, syndicat vertical, horizontal ou global. Madame Joly parle de petite communauté. Elle parle aussi de l'aspect social de son projet, de l'avantage d'être au cœur du village, à un prix abordable, dans des constructions neuves. Elle pense à de jeunes familles qui commencent leur vie de propriétaires, ou à des retraités qui souhaitent la proximité de leurs semblables et des services du village. Le concept comporte effectivement quelques avantages. Une navette vers la montagne est même envisagée.

La beauté est de première importance pour Mireille Joly. Du site, la vue sur le relief monta-gneux est prenante et chacun pourra en bénéficier puisque les voisins n'auront pas le paysage caché par une grosse structure. Même s'il est question d'un développement assez imposant, un important pourcentage de l'espace total est destiné à la verdure. La distance entre chaque maison est semblable à celle qui prévaut dans le village. Le bois est de mise pour la finition extérieure et une certaine conscience environnementaliste honore le projet.

La promotrice, une femme de 58 ans aux yeux qui brillent, voit son dessein comme une œuvre d'art, domaine dans lequel elle est d'ailleurs bachelière. Issue d'une famille d'entrepreneurs, madame Joly connaît le monde de la construction. Elle a à son actif deux maisons construites de ses coups de marteau, une formation en gestion d'entreprise et une autre en éducation. Il y onze ans, elle a choisi de s'établir à Sutton, pour la qualité de vie, la nature et les gens. Son fils est présentement sur les bancs du cégep de Granby en gestion d'entreprise, lui aussi. Mère et fils travaillent pour la postérité : elle, pour laisser quelque chose de solide et lui, pour permettre à ses qualités de gestionnaire de s'épanouir. L'objectif de mener à terme une telle entreprise est stimulant et recèle un potentiel de satisfaction personnelle immense. Un promoteur est avant tout un être humain. Les Habitations Villageoises avancent lentement, prudemment, mais sûrement, une maison à la fois. La liste des frustrations est courte; la plus importante à date est ne pas pouvoir vêtir bottes et casque pour brandir perceuse et soulever madriers! Cependant, la construction est entre les mains d'un entrepreneur émérite, enthousiaste et impliqué. Mireille Joly dit avoir rencontré son âme sœur en matière d'édification en la personne de Guy Montagne. Luc Joanisse, de la firme d'architectes Alain Tétreault, est responsable des plans et des dessins. Bref, l'équipe est complète et la confiance règne.

Le premier appartement sert de modèle. Pour les trois prochaines unités, l'agencement décoratif est fixé par les acheteurs. D'ailleurs, pour les maisons suivantes, les futurs propriétaires béné-ficient d'une certaine flexibilité quant à l'aménagement intérieur, voire même en ce qui a trait aux cloisons et à la décoration. Les intéressés doivent cependant procé-der avant la mise en branle du chantier subsé-quent, après quoi les modifications ne seront plus aussi flexibles.

Le projet possède une dimension humaine appréciable. Il est ambi-tieux sans être clinquant. La suite du programme de Gestion MJ Projet Immo inc. n'est pas encore affichée, mais si la tendance se maintient, les Habitations Villageoises ne sont pas leur dernier projet. À visiter!

Les Habitations Villageoises sont situées au 71, rue Western à Sutton.
Renseignements : 450 538-1613.

Annie Rouleau

 

Nouvelles de la Corporation de développement économique de Sutton (CDES)

En septembre dernier, la CDES retenait les services de madame Liane Bruneau pour remplir les fonctions de coordonnatrice générale. Co-propriétaire de la librairie le Livre d'Or, elle a occupé dans le passé plusieurs postes stratégiques de gestion, de coordination et de direction dans les secteurs municipal et privé, notamment dans l'industrie touristique.

La mission première de la CDES est de participer activement au développement harmonieux de Sutton. En collaboration avec madame Mélanie Davidson, directrice du Bureau d'accueil touristique de Sutton, madame Bruneau assurera la gestion de l'organisme ainsi que l'application de ses orientations et politiques.

Le CLD de Brome-Missisquoi désire développer l'offre et l'expérience plein air dans Brome-Missisquoi et, par conséquent, a réalisé un plan plein air tirant profit du magnifique Massif des monts Sutton. Par ailleurs, Tourisme des Cantons-de-l'Est (TCE) a la volonté de faire de la randonnée pédestre un de ses principaux produits et de structurer l'offre à la grandeur de son immense territoire. Considérant que le produit randonnée pédestre fait partie de l'écotourisme, Tourisme Québec, de son côté, a choisi de prioriser ce produit dans sa politique touristique. La CDES travaille donc étroitement avec ses partenaires, Mont Sutton, Parc d'environnement naturel de Sutton (PENS), les Sentiers de l'Estrie, le Corridor appalachien (ACA), la Ville de Sutton et le CLD de Brome-Missisquoi dans le but de structurer et développer davantage une offre « randonnée ». Tout en visant à structurer et prolonger l'offre de la marche, il s'agit de positionner Sutton comme destination 4 saisons avec le ski et le surf des neiges au Mont Sutton, ainsi que la raquette et la randonnée pédestre comme produits d'appel.

La CDES a aussi pour mission de rassembler ses membres et de promouvoir leurs intérêts. Elle met sur pied des stratégies, des programmes et des promotions visant à favoriser le développement de Sutton comme destination « plein air et culture ». Elle participe aux campagnes publicitaires, appuie les événements, gère le site infosutton.com et s'assure que les touristes sont bien accueillis et bien informés lorsqu'ils passent au Bureau d'accueil touristique.

La saison 2009-2010 marquera un événement spécial. En effet, Mont Sutton, moteur économique local et régional majeur, fêtera ses 50 ans. Ce sera donc l'occasion pour la communauté et les touristes de célébrer tout au long de l'année. La CDES a déjà signifié sa participation aux célébrations et compte s'impliquer à fond.

Du 20 novembre 2008 au 7 janvier 2009, la promotion « Noël dans nos campagnes », coordonnée par le CLD de Brome-Missisquoi, en collaboration avec les corporations de développement économique et les chambres de commerce de la région bat son plein. Encourageons donc l'achat local!

Vous trouverez toute l'information pertinente sur le site Internet. Pour tout commentaire, contactez le cdes@sutton.qc.ca.

LB

 

Thierry Bégin Lamontagne

Une sollicitude musicale

C'est un moment présent unique lorsqu'il nous arrive d'avoir une prédilection pour une « sollicitude musicale ». Cet état d'âme ou espace divin (au sens large) est un lieu privilégié où tout mortel peut entendre la sommation de l'Énergie universelle. Alors, à ce moment-là, notre « Dimension Intérieure de l'Énergie Universelle » nous fait l'offrande d'un individu comme Thierry Bégin Lamontagne.

Qui est-il?

Thierry a 22 ans et il vient de Cowansville, ce qui ne l'empêche nullement de se produire sur la scène internationale. Il est un interprète-instrumentaliste hors pair et, malgré son jeune âge, il est déjà considéré comme un des meilleurs guitaristes classiques au Canada. En examinant sa feuille de route depuis les dix dernières années, on est tout simplement ébahi. À la mention des « premiers prix » qu'on lui a décernés dans des concours prestigieux de haut calibre, je suis certain que je ne suis pas le seul à avoir vécu un moment de sollicitude musicale ».

La sollicitude peut être plus qu'un geste de compassion. Dans le cas de Thierry, on devrait parler d'inspiration. C'est ce que l'on ressent en écoutant sa musique. On n'a qu'à écouter son interprétation d'une pièce intitulée « Le Carnaval de Venise ». Au début, on distingue clairement des gouttes qui bientôt se transforment éloquemment en filet d'eau pour ensuite devenir un doux courant d'émerveillement. Alors, on imagine tenir compagnie à Thierry, pendant qu'il se balade en gondole le long de ces boulevards aquatiques. C'est un moment sublime que de contempler toutes ces découvertes sonores et...visuelles. C'est comme être transporté à Venise et se sentir heureux d'être en vie. La « sollicitude musicale », c'est ça le rôle d'un artiste.

Comment est-il arrivé là?

Thierry est né dans un milieu musical. Ses parents sont tous deux des musiciens accomplis. L'un est maître d'accom-pagnement et l'autre est un bachelier en saxophone classique. Ils enseignent leur art depuis plusieurs années.

Dès son jeune âge, Thierry présente des aptitudes pour la flûte à bec, le piano et le saxophone. À 9 ans, il suit des cours de violon. À 12 ans, il commence à jouer de la guitare qui deviendra, par la suite, sa compagne de route. Et quel chemin parcouru! En peu de temps, il passe les huit premiers niveaux du Royal Conservatory of Music of Toronto, récoltant pour deux niveaux de suite la meilleure note au Québec. À 15 ans, sa grande aventure de « sollicitude musicale » se produit alors qu'il commence ses cours avec le guitariste de réputation internationale, Alvaro Pierri. C'est le début de tous les concours, les premiers prix et les récitaux. Le seul hic? Son maître demeure à Vienne et lui à…Granby.

Qu'en ressentent les gens d'ici?

J'ai fait écouter quelques-unes des interprétations de Thierry à mes amis. De leurs éloges et de leurs commentaires, m'est appa-rue l'idée de « sollicitude musicale ». J'ai appris, il y a très longtemps, que la perfection n'est pas de ce monde. Par contre, les chemins qui pourraient nous y mener seraient des plus enchanteurs. Et, c'est ce voyage que Thierry partage avec nous. Mes amis et moi sommes unanimes sur ce point.

Où est-il maintenant?

Présentement, Thierry s'affaire à donner un récital après l'autre dans tous les coins du Québec, du Canada et de l'Amérique du Nord. Pas facile le « job » de jeune prodige, surtout qu'il poursuit assidûment ses études en interprétation guitare classique à l'UQAM. Et bien quoi? Il faut se protéger dans la vie. L'autre jour, un banal samedi soir, Thierry me joint d'une cabine téléphonique à Magog. Il était 21 h et il venait de terminer un récital. Il attendait que sa blonde le conduise chez lui parce qu'il lui restait encore deux heures de cours à suivre avec Alvaro, question de profiter de son passage au Québec. Faut l'faire!

Thierry est comme tout jeune de son âge. En lui parlant, on reconnaît son p'tit côté mesquin, sa détermination, son désir de vivre et de ressentir tout ce que la vie peut offrir. De plus, il est humble et facile d'approche, ce qui permet de partager son énergie, son inspiration… et sa « sollicitude musicale ».

Autres défis?

En ce moment, Thierry fait vaillamment face à deux han-dicaps. Le premier est permanent et irrémédiable. Il souffre d'une incapacité physique qui porte le nom de « Syndrome Gilles de la Tourette ». Ceci lui donne peu d'espoir d'éventuellement gagner sa vie de façon « normale ». Mais, c'est le maintenant qui le préoccupe le plus. Car son deuxième handicap est d'ordre temporaire et définitivement réparable. Sa fidèle et vieille guitare, qu'il affectionne loyalement, ne peut plus affronter les combats auxquels Thierry doit faire face pour devenir numéro un mondial. Avez-vous déjà essayé de fendre du bois dur avec un tournevis?

Thierry a plusieurs rêves et beaucoup de courage. Afin d'accomplir sa mission, il doit absolument se munir d'un instrument de calibre international et, là, on parle de plusieurs « bidous » qui peuvent avoisiner les 10 000 $. S'il y a des sceptiques sur la valeur de la chose, je n'ai que ceci à leur dire : essayez seulement de vous procurer un véhicule fiable à ce prix là... Pour vous convaincre de son talent, vous pouvez écouter et visionner Thierry sur :

YOUTUBE ou MYSPACE

Les mécènes sont invités à joindre Thierry directement par courriel : musikaniah@gmail.com

Rolland Potvin

 

Les Auxiliaires de l'hôpital

Fondé à Sweetsburg en 1910, l'Hôpital général du district de Bedford accueille ses premiers patients en mars 1912. Les premières années sont particulièrement difficiles dues au manque d'équipement, d'argent et de personnel. Constatant que leur hôpital a besoin d'aide, douze femmes de Sweetsburg et Cowansville se regroupent et fondent, en 1917, l'Association de l'Hôpital général du district de Bedford, surnommée pendant plusieurs décennies les Dames auxiliaires et aujourd'hui les Auxiliaires de l'hôpital BMP. Ces bénévoles désirent contribuer à l'amélioration des soins en procurant un confort accru aux patients et aider le personnel de l'hôpital. La première réunion de cette nouvelle association a lieu le 21 mars 1917 chez Mme Jane Hoskins Parsons, première présidente. Bientôt plusieurs femmes de la région se joignent au groupe. Les besoins, à cette époque, sont très différents de ceux d'aujourd'hui. Les Dames auxiliaires achètent d'abord du tissu pour faire des rideaux ainsi que des draps, des taies d'oreiller, des chemises de nuit et des sarraus. Elles confectionnent aussi des couvertures de laine et préparent des bandages et des pansements. Elles fabriquent des oreillers à partir des plumes récupérées des matelas donnés par la population. Elles achètent le charbon pour chauffer l'hôpital et, l'automne, elles transforment en conserve les fruits et légumes donnés par les fermiers de la région. À l'hôpital, elles visitent régulièrement tous les malades et aident le personnel dans ses nombreuses tâches.

Dès les premiers mois, le dévouement des Dames auxiliaires est apprécié grandement par les malades et le personnel de l'hôpital. En effet, au cours de l'hiver 1918-19, une longue épidémie d'influenza frappe une bonne partie de la population. Vu la nature de cette maladie, la presque totalité des malades sont soignés à la maison. Les Auxiliaires offrent leurs services comme infirmières bénévoles. Sous la supervision des médecins, elles visitent les malades à leur domicile leur apportant soulagement et réconfort. Le résultat de leur dévouement fut une nette diminution de la gravité de l'épidémie dans le milieu.

Dès le début, les efforts de collecte de fonds se font par diverses activités sociales et l'appui de la population. En plus du porte à porte qu'elles font pour amasser de l'argent, des légumes et des fruits, elles organisent aussi une grande fête champêtre qui se tient dans le magnifique parc devant le palais de justice de Sweetsburg à laquelle toute la population est invitée à participer. Ces fêtes seront organisées jusqu'au début des années 40. La grande pelouse du parc et ses nombreux arbres fournissent un cadre idéal pour ces grandes fêtes. À chaque année, le directeur de la prison de Sweetsburg demande des volontaires parmi les prisonniers pour ériger les stands et les tentes pour l'événement. Une estrade est construite sur laquelle prend place un orchestre qui joue sans arrêt de la musique de danse. Une année, les Auxiliaires achètent une automobile de marque Ford au prix de gros. Le tirage de cette voiture rapporte un joli profit de 1492 $. Rien n'est épargné pour assurer le succès de cette journée. Des banderoles flottent au-dessus des rues de Cowansville et dans le parc de Sweetsburg. En plus de cette fête champêtre, les Dames auxiliaires organisent aussi des parties de cartes, des danses, des concerts et, l'hiver, des promenades en traîneau.

Aujourd'hui, le rôle des Auxiliaires de BMP a beaucoup changé, mais non leur dévouement. Avec la même générosité et avec autant de complaisance, les Auxiliaires continuent d'aider les patients et l'hôpital. Les Auxiliaires recueillent principalement leurs fonds par la vente d'articles à la boutique située dans le hall d'entrée de l'hôpital. Ouverte en novembre 1955, cette boutique est toujours très populaire. Également, des bénévoles font le tour de l'hôpital deux fois par jour avec un chariot rempli de petites douceurs, magazines et journaux. Et les Auxiliaires continuent toujours d'organiser diverses activités afin de recueillir des fonds. L'argent ainsi amassé sert à acheter de l'équipement médical et divers articles dont bénéficient les patients. Dans les années 1980, les Dames auxiliaires sont devenues les Auxiliaires puisque des hommes se sont joints à elles. Les Auxiliaires, des bénévoles pleins de sollicitude.

Michel Racicot
Société d'histoire de Cowansville
www.societehistoirecowansville.com

 

Constant...hein!

C'est un visage souriant qui me reçoit. Assis devant chez lui, le créateur profite d'un rayon de soleil entre deux pluies. Nous montons l'escalier qui mène au studio, à l'atelier, à la caverne de Constantin. Quelques marches seulement et me voilà arrêtée dans un port en équilibre sur le rêve et l'instant. On entre chez Constantin comme l'on retrouve la maison de son enfance. Tout de suite, il me propose thé, café, jus. Eau? L'eau est omniprésente dans chacune des œuvres. Quelle soit gelée, mise en pot, fluide dans un souffle ou encore flottante dans un nuage. L'eau est partout. Et ce sont ces miroitements de transparences qui nous accueillent sur chaque mur de chaque pièce. Des temps d'arrêt suspendus dans une goutte de temps. Constantin me laisse faire le tour, gai comme un enfant à qui il partagerait le secret d'une découverte. Le travail de Constantin se situe dans ce regard, mi-enfant mi-adulte, où le rêve se permet encore de rester éveillé et de côtoyer la réalité. Comme s'il avait trouvé la recette à faire cohabiter les deux mondes.

Recette. C'est une recette bien à lui qui rend possible ces mirages qu'il construit. Il n'a pas de cachette. Outils, supports et matériaux sont bric-à-brac sur les tables, prêts à être utilisés. Il me dit même comment il fait, me dévoile sa technique. Mais le secret reste dans le geste, l'audace, le regard, la personnalité. Constantin ne recule devant rien. Le défi, l'accident, le caractère du matériau le fascinent et l'appellent. Curieux, il va voir, creuse, joue avec l'inattendu. La technique, après tout, ne tient peut-être qu'à la liberté que l'on a avec soi-même et son matériau. Et ce qui chante sur la surface peinte c'est ce qui a été filtré à travers les cils du regard. Ce regard qu'il pose comme un rayon de soleil sur les choses et les gens qui l'entourent.

Il m'invite au salon. Sur les murs, étreints entre deux rangées d'œuvres, des certificats. À la tonne. C'est qu'il est international Constantin! Portugal, Tunisie, France, Belgique, Espagne... Des concours, des prix, des mentions. Pour ses peintures, ses sculptures. Et toujours ce sourire bienveillant, allumé, sans prétention : de bon cœur.

Puis, il m'amène à la galerie brocante sur la rue Dépôt où d'autres œuvres comme tant de visages nous regardent. Avant de se séparer, il me pointe du doigt les endroits où, dans le village, il expose : l'International, Amore de Pasta… Je ne peux résister et m'accroche les pieds au passage. À l'inté-rieur, un rendez-vous d'ombre et de lumière valse sur les murs affectionnés d'œuvres. Je me laisse bercer par cette musique, attendrie par le regard d'un homme pour qui la beauté dans l'instant n'a plus de secret… un homme qui ne se lasse d'en louer les mérites par son œuvre. Parce que la beauté ne se fane jamais d'aimer.

Vous pourrez visiter l'atelier de Constantin au 34-34A, rue Principale Nord à Sutton ou encore vous rendre au Salon d'automne du Centre culturel Popesco, à Montréal, où il expose chaque année.

Véronique Gemme

 

La Galerie Arts Sutton toujours plus près de vous

La Galerie Arts Sutton a lancé sa saison 2008-2009 en grandes pompes avec trois expositions majeures l'automne dernier. La programmation se poursuit, dès le 10 janvier 2009, avec une exposition duo d'Arthur Desmarteaux et d'Alison Moore, de jeunes artistes de la relève diplômés de l'UQAM et de l'Université Concordia.

Portage Street,
Arthur Desmarteaux, sérigraphie

Les estampes récentes qu'ils présenteront rallient plusieurs médiums, dont la photogravure, la sérigraphie, la gravure sur bois, la linogravure, l'impression numérique et la lithographie sans eau. Certaines œuvres combineront plusieurs techniques. Le thème récurrent à l'ensemble du corpus d'œuvres est l'urbanité perçue d'un point de vue fantaisiste. L'art d'Étienne Rochon, de son vrai nom, est très près de la bande dessinée, de la caricature, mais aussi du graffiti.

De teneur contestataire, ses œuvres à l'esthétique parfois agressive, mais néanmoins ludique ont été présentées à la XIIIe Biennale internationale de la gravure et des nouvelles images de Sarcelles en France ainsi que la 5e Biennale internationale d'estampes de Trois-Rivières. De son côté, Alison Moore s'intéresse aux liens entre la science et les arts visuels. Très active dans son milieu, elle a participé à de nombreux projets de création notamment au niveau de la vidéo. Ses œuvres font partie de différentes collections publiques. L'exposition se poursuivra jusqu'au 1er février.

A Story of Life...or so I was Told.
Alison Moore, encre sur papier japonais

Suivra Fil rouge, une exposition de Serge Marchetta, du 7 février au 8 mars 2009. Sous le commissariat de Suzelle Levasseur, cette exposition proposera des compositions in situ et des dessins sur papier utilisant toujours le fil de coton de couleur où la ligne est le thème récurrent. Semblables à des toiles d'araignées, ses œuvres, créées en fonction du lieu, sont composées de fils fixés aux différentes composantes physiques de la Galerie soit le plancher, les murs, le plafond. Ces installations invitent le visiteur à se déplacer et à pénétrer dans l'œuvre. Ainsi, le visiteur est invité à contempler les œuvres sous divers angles et distances afin de recomposer l'image. Les dessins, quant à eux, proposent une approche plus contemplative. Composés à l'aide de fil à coudre, ils font penser au travail de broderie. Serge Marchetta a délaissé la sécurité d'un poste cadre à Postes Canada en 1993 pour se consacrer à l'art. Il a terminé ses études universitaires à l'UQAM en 1995.

SM 2007 is,
Serge Marchetta,
fil de coton, clous

Il est responsable des expositions à la Maison de la culture Maisonneuve à Montréal.

Du 14 mars au 11 avril 2009, les artistes de la Galerie feront découvrir à la population de Sutton et des environs leurs toutes dernières créations. Organisées deux fois par année, ces expositions témoignent de l'éclatante créativité qui existe ici, au sein des artistes membres d'Arts Sutton.

La Galerie est située au 7, rue Academy à Sutton. Elle est ouverte du jeudi au dimanche de 11 h à 17 h. Les coordonnées sont les suivantes : 450 538-2563 ou info@artssutton.com ou www.artssutton.com

Catherine Audet

 

Bonne fin d'année

La neige et le froid à nos portes, c'est désormais le temps d'hiverner dans notre belle région – et je ne parle pas des ours qui s'endorment pour l'hiver. De nombreuses tâches nous attendent : il faut fermer l'eau dans certains bâtiments, nettoyer et remiser l'équipement de ferme, mettre à jour la paperasse du bureau négligée pendant les récoltes, clore l'exercice financier, sans oublier de faire les emplettes pour les Fêtes, de cuisiner, etc. Pour plusieurs, c'est une époque marquée par les réjouissances, et pour d'autres, c'est la période idéale pour faire le bilan de l'année qui se termine et repartir du bon pied dans la nouvelle.

Cette réflexion amène souvent les gens à observer les différents volets de leur vie, à remettre en question certaines habitudes, voire à imaginer une vie plus équilibrée et plus enrichissante. Au chapitre des bonnes idées pour se sentir bien, il y a la contribution active et bénévole, celle qui s'effectue librement, sans attendre de rémunération ou récompense autre que le simple plaisir d'avoir participé au bien-être d'autrui. Et c'est fort simple, il s'agit de s'impliquer dans sa communauté, d'aider un voisin, de faire une course pour un autre, de prendre le temps d'écouter une personne âgée, de soutenir un projet communautaire, de donner quelques heures à une œuvre de charité... ce ne sont pas les occasions qui manquent ! Il n'y a rien comme s'impliquer pour améliorer sa qualité de vie et celle de sa communauté. En démontrant un peu de sollicitude autour de soi, on récolte des sourires, on tisse des liens durables et on fait des rencontres intéressantes.

Le Comité Action Tourisme de Dunham vous invite justement à faire de belles rencontres tout en découvrant de magnifiques chemins de campagne lors de son évènement spécial, Le Rallye de Noël, qui se tiendra le samedi 6 décembre. Le départ se fera au vignoble L'Orpailleur à midi. Le forfait pour le rallye, le cocktail ainsi que le souper au méchoui est de 40 $ seulement par adulte et de 30 $ pour les enfants. Le nombre de participants étant limité à 100 personnes, nous vous encourageons à réserver tôt pour assurer votre présence.

Encore une fois cette année, Dunham organise son concours de décoration de Noël, Dunham se fait belle pour Noël, du 1er au 19 décembre. La remise de plus de 400 $ en prix aux gagnants se fera le dimanche 21 décembre au Relais de la diligence.

Lorsque la veille du Jour de l'An arrivera et que vous réfléchirez à vos résolutions pour 2009, pourquoi ne pas ajouter à votre liste d'être davantage à l'écoute des gens autour de vous, de faire preuve de sollicitude envers les gens de votre communauté ? Après tout, c'est la qualité de vie de l'ensemble qui en bénéficiera.

Gisèle LaRocque
pour le Comité Action Tourisme de Dunham
450 295-1155

 

Histoires des écoles de Sutton (1808 - 2007)

La première école de la région fut construite près d'Abercorn en 1808. D'autre part, la première école anglophone de Sutton fut établie au coin de la rue Oak et 40, Principale Sud, de l'autre côté de la rue des Monuments Jenne. En 1869, le canton de Sutton comportait 18 écoles élémentaires anglophones, mais aucune de langue française. D'ailleurs, un High Shool avait été aménagé dans la partie supérieure du Town House qui fut construit en 1859. En 1886, le High School occupait l'actuel Centre John-Sleeth sur la rue Académie.

Construction du High School, 1955
Old School devenu Ave Maria

C'est l'abbé Narcisse-Eusèbe Mailhot, deuxième curé résidant à Sutton, qui a fondé la Commission scolaire catholique de Sutton et qui a mis en place l'enseignement pour les francophones. À l'époque, l'enseignement aux francophones se terminait en 6e année. Ceux qui voulaient continuer leurs études devaient aller à l'école anglaise. Le calendrier scolaire de l'époque était très différent de celui d'aujourd'hui. À cause des rigueurs de l'hiver, de l'inconfort de la bâtisse et surtout des routes impraticables, l'école était fermée du début décembre à la fin mars. Par contre, il n'y avait pas d'arrêt durant l'été. C'est pourquoi les enfants abandonnaient leurs études en bas âge, car on avait besoin de main-d'œuvre sur les fermes. Pendant 20 ans, on ne comptait que trois écoles francophones dans tout le Canton. Comme les familles étaient surtout regroupées sur le flanc nord-ouest des monts Sutton, la première école francophone du canton fut érigée en 1878 sur le côté nord du chemin Poissant. Eugénie Diana Barsalou, née à Sutton sur le chemin Morgan, y enseignait vers 1890. Elle était âgée d'à peine 16 ans et possédait un diplôme de 8e année, ce qui était la norme à l'époque. Madame Laurenza Pollender-Marchand, née à Sutton en 1907, débuta dans l'enseignement à Frelighsburg, elle aussi à 16 ans, pour ensuite poursuivre à Sutton pendant deux ans. Elle gagnait alors 30 $ par mois. Mariée en 1942 à Arthur Jean Marchand, elle donna naissance à trois enfants : Mariette, Jocelyne et Jean-Claude.

En 1882, une deuxième école ouvrit ses portes sur le chemin Scenic. Puis, en 1884, une troisième sur la côte de l'église catholique au numéro d'immeuble actuel 84, rue Principale Nord à Sutton, l'ancienne maison de M. Viens achetée par Georges Lassonde. En 1909, les religieuses demeuraient dans cette maison et elles y ont enseigné jusqu'en 1911 date de la construction du couvent (en face). Le couvent était un externat pour jeunes filles.

Le Couvent avant le feu.

On y enseignait donc la couture, l'art culinaire, l'économie domestique, les notions de jardinage, en plus des matières académiques. En 1929, les cours d'arts ménagers et commerciaux étaient dispensés tandis que le couvent continuait à recevoir les filles externes et pensionnaires de la première à la neuvième année. Les Sœurs de la Présentation offraient une instruction et une formation solides qui ont attiré, pendant une cinquantaine d'années, non seulement les filles de Sutton, mais aussi celles du Québec, des Maritimes et des États-Unis. Le 19 mars 1957, vers 19 h 30, un feu détruisit la passerelle du couvent ainsi que l'institut familial (10e, 11e, 12e, 13e années). Pierrette Poissant se souvient encore des réactions de ses compagnes prises de panique. Après le feu, les jeunes étudiantes furent déplacées à l'école Marie Rivier à Coaticook. C'est à cette période que la Commission Scolaire Catholique de Sutton acheta l'école Ave Maria, qui était à l'abandon et qui appartenait à la C.S. anglophone pour les filles de 1re à 9e année. En 1970, le couvent ferma ses portes et devint le Foyer de charité Villa Châteauneuf, communauté de laïcs qui a pour œuvre principale des retraites fondamentales d'une semaine ou fin de semaine pour des personnes de tout âge désirant approfondir leur foi et leur spiritualité. Soulignons que le don d'un terrain d'une vingtaine d'acres appartenant à M. Georges Dyer a permis de construire le couvent des religieuses, qui aujourd'hui est le foyer Châteauneuf. Une photo du bienfaiteur a toujours orné le parloir du couvent. Le contrat de vente stipulait que l'endroit devait servir uniquement pour l'instruction ou des activités reliées à la religion.

Plus tard, Monseigneur Albert Tessier mit en place l'institut familial afin de donner aux jeunes filles le droit à l'instruction. Précisons qu'à cette époque, les garçons avaient le droit d'aller au séminaire contrairement aux filles qui devait rester à la maison et éduquer les enfants. C'est à cette même période que les femmes obtinrent le droit de vote. Par la suite, lors de la guerre en 1939, les femmes commencèrent à travailler dans les industries.

Les religieuses enseignaient au couvent ainsi que dans une école située en face de la forge A. Santerre où se trouve aujourd'hui la Caisse populaire. Le bâtiment servant d'école fut déménagé sur la rue Western en 1949. Aujourd'hui, l'école s'est transformée en une maison à quatre logements (72-74-76-78 Western).

En 1950, on construisit l'école Frère André. Monsieur Duplessis inaugura cette école pour garçons seulement et ce sont les Frères de la Congrégation de Sainte-Croix qui leur enseignaient. Leur résidence était attenante à l'école. Le nom de l'école Frère André fut attribué pour honorer un frère qui s'appelait André. En 1868, il y eut une chapelle appelée paroisse St-André en l'honneur d'un curé appelé André. Mentionnons qu'il n'existe aucun lien entre l'école Frère André et le frère André, fondateur de l'oratoire St-Joseph.

Petite coïncidence : le frère André, fondateur de l'oratoire St-Joseph, dont le vrai nom est Alfred Bessette, a passé quelques années à Sutton chez sa sœur Léocadie. Elle était mariée à Joseph Lefebvre et, son frère, Claude Bessette avait épousé Rosalie Lefebvre. Le frère André était orphelin et il possédait une santé fragile. Il a vécu pauvrement tout en trouvant le moyen de se préoccuper de la santé et de la vie des autres. Personnage des plus authentiques et attachants du peuple québécois, on lui a attribué des milliers de guérisons miraculeuses (1937 à 1987).

À l'époque, un enseignant gagnait 4 800 $/année et une enseignante 1 500 $ de moins. Les heures d'école étaient de 9 h à 16 h. Il n'y avait pas d'autobus scolaires. C'est seulement vers le milieu des années 50 que fut introduit le transport scolaire. À ce moment-là, il y avait une école à Sutton Jonction. Le premier chauffeur fut M. Roger Lassonde et il fut suivi de M. Hervé Laplante et de Stanley O'Brien.

Autobus scolaire en été
Autobus scolaire en hiver

En 1955, l'école anglophone Sutton Elementary School fut inaugurée avec plus de 300 élèves.

En juin 1957, les Commissions scolaires (campagne et ville) fusionnèrent. À cette occasion, les petites écoles de campagne furent fermées et les enfants furent transférés aux écoles en ville (Frère André, Sutton Elementary School). Puis, en 1964, les écoles francophones devinrent mixtes. Au milieu des années 60, les étudiants de Knowlton et Fulford fréquentaient ces écoles sous la direction de la Commission scolaire Régionale Missisquoi. L'école Frère André comprenait des classes de la 6e à la 9e. Les classes de cette école élémentaire étaient dirigées par Ernestine Bonneau (6e), Micheline Lefebvre (7e), Patricia Harvey (4e et 5e). Mariette Landry a enseigné de 1961 à 1997 ainsi que Nicole Bouthot, Lise Bouchot, Juliette Dandenault, René Dufresne et Philippe Martel. En 1967, Michel Cléroux en était le directeur et, en 1968-69, il devint responsable des deux écoles (Ave Maria et Frère André). L'école Ave Maria était réservée aux classes de 1re à 5e année et avait pour directrice Aline St-François.

En 1966, la première classe de maternelle débuta au 1e étage de l'école Frère André, sous le tutorat pédagogique de Louise Kelly. En 1970, à l'époque du papier carbone et de la machine à écrire mécanique, M. Rémi Huard, le directeur de l'école Frère André, m'embauchait et je devenais la première secrétaire à plein temps. Mon salaire hebdomadaire était de 50 $ et aucun congé n'était payé. Je remplaçais Agnès Larouche Hébert qui faisait des travaux de secrétariat à l'occasion. En 1973-1974, la commission scolaire fusionna avec la C.S. Davignon.

De 1973 à 1975, les élèves de maternelle à 3e année furent déplacés à l'école Ave Maria. En 1976-1977, je travaillais trois jours à Sutton et deux jours à l'école St-Edouard à Knowlton. En plus du travail de secrétariat, il fallait surveiller les élèves et comptabiliser les taxes scolaires pour la municipalité, sous la direction de Jacques Raymond, car le bureau de la commission scolaire de Sutton était situé à l'école Frère André. Vers 1976, on déménagea la maternelle dans l'ancien théâtre de l'école Frère André ainsi que les élèves de 4e, 5e, 6e années.

C'est en 1980, que la galerie Arts Sutton s'installa à l'école Ave Maria. Puis, en 1983, les élèves de 4e, 5e, 6e années retournèrent au premier étage de l'édifice (où les enseignants répondaient eux-mêmes au téléphone...). Yvon Veilleux, Louise DeGuire, Brian Rogers et, un peu plus tard, Yves Choinière en devinrent les enseignants. La bibliothèque de Sutton Library se trouvait au rez-de-chaussée ainsi que le cabinet du dentiste M. Guy Bourgeois.

En 1986, les deux écoles francophones furent fermées et les élèves déménagés au Sutton Elementary School du 19, rue Highland qui devenait l'école de Sutton/Sutton School en regroupant sous le même toit les enfants francophones et anglophones de la région. C'était une première au Québec! De fait, M. Claude Ryan participa à l'inauguration de l'école et madame Pauline Quinlan en devint la directrice. Elle travaillait pour deux Commissions scolaires (C.S. Davignon et District of Bedford). Pendant la même année, Sylvie Caroline Carey remplaçait Louise Kelly qui fut enseignante à la maternelle pendant 10 ans. On décida que les enfants anglophones et francophones fréquenteraient la même maternelle, question de favoriser des liens avant leur entrée à l'école. Dans la vague de tous ces changements, le concierge Paul Brazeau prit sa retraite après 25 années de service. En 1990, la maternelle devient obligatoire, puis en 1997-1998 les maternelles à plein temps sont implantées.

À la suite d'une entente entre la Ville et l'école de Sutton, cette dernière se dota, en 1995, d'une bibliothèque municipale et scolaire et d'un grand gymnase que toute la communauté peut utiliser. C'est aussi le début du service de garde en milieu scolaire. Agnès Boisvert en est la responsable depuis son instauration. La bibliothèque s'est affiliée au Réseau des bibliothèques du Québec en 1996. Lisa Charbonneau en demeure la responsable depuis son ouverture.

La fusion avec la C.S. Du Val-des-Cerfs a eu lieu le 1er juillet 1998.

En juillet 2007, j'ai pris ma retraite après 36 ans de service et c'est Vanessa L. Champagne qui m'a remplacée.

Les directions d'école :
- 1965-66, M. Gilles Vallée;
- 1967-68, Michel Cléroux;
- 1969-73, Rémi Huard;
- temporaire, Georges Boyer;
- 1973-86, Germaine Turcotte;
- 1986-98, Pauline Quinlan;
- 1998-2000, Renée Louise Law;
- 2000-2002, Martine Auray;
- 2002 à aujourd'hui, Paule-Andrée Bouvier.

Diane Thériault Piette
Secrétaire retraitée de l'École de Sutton

 

Sollicitude SUTTON

Le Mont SUTTON reconnaît que la station est un membre de la communauté à part entière. À ce titre, il se sent des obligations envers ceux qui partagent son environnement social.

Cet engagement se traduit par l'application d'un code de conduite pour la préservation de l'environnement. Conscience Sutton compte plus de 20 mesures pour réduire la consommation d'énergie, les émissions de G.E.S. et les rejets de matières recyclables. La plus récente est le compostage des rejets de cuisine. Désormais, ces tonnes de résidus alimentaires seront transformées en matière végétale riche. Cette initiative diminuera la quantité de déchets répandus dans la nature.

SUTTON soutient plusieurs causes. Entre autres, il a choisi de venir en aide aux femmes atteintes du cancer du sein. En plus de former jeunes et vieux aux bonnes techniques, l'École de glisse de SUTTON devient l'instrument de cette solidarité. Une partie des sommes recueillies avec le cours les Divas en ski sera versée à la Fondation du cancer du sein. Si le nombre de victimes de cette maladie est en baisse, c'est que des milliers de personnes ont soutenu cette cause. SUTTON prend le relais pour soutenir la recherche visant la disparition de cette maladie.

La station veut aussi rendre accessibles les joies du ski à un plus grand nombre de personnes. La nouvelle passe du vendredi, à 149 $, permet de skier tout l'hiver en évitant l'affluence des fins de semaine. De plus, c'est une occasion de faire régulièrement de l'exercice au grand air et de nouer des liens avec d'autres partageant le plaisir de la glisse.

Ainsi, la contribution de SUTTON à son environnement emprunte plusieurs voies. Toutes traduisent le sentiment bienveillant de la station à l'endroit des individus frappés par le sort et ceux auxquels il est lié par une communauté d'intérêts.

Pierre Ostiguy
Coordonnateur / Communication

 

PAR DELÀ LA LUNE, APAISER…
Bandes dessinées et musiques

Par Ramon Vitesse

LA LUNE PERDUE (Bayard) de Jimmy Liao entrouve des portes sur des pans de rêves inachevés, donne à humer le parfum de fleurs libres glanées sur un terrain vague et, par-dessus tout, élabore un plan pour rescaper une lune disparue… Lune allégorique d'un malaise planétaire qui aurait, même individuellement, des répercussions graves. Heureusement un petit garçon fait face à cette musique dissonante de laquelle découle bien des malheurs; tout simplement en persistant à être un enfant qui joue à apaiser et à cajoler cette pauvre lune ramassée on ne sait trop où. L'auteur taiwanais, poète graphique au texte ondoyant, s'adresse « Aux enfants qui, courageusement, ont grandi. ». D'ailleurs, autre-part dans ce livre d'images au long cours, l'invisible se pose en tant que question. Qui suis-je? Ce qui n'existe pas ou, ce qui serait caché par d'épais nuages… Ou encore ce que les yeux aveuglés par le sable ne voient pas? Il est également question de creuser dans le souvenir pour retrouver sa mémoire. OUVERT LA NUIT (Dargaud) de Jesssica Abel, Gabe Soria et Warren Pleece, une traduction de l'anglais, propose un univers adolescent où des vampires sont contraints par leur maître (celui qui les a mordu) à travailler pour lui. L'un de ceux là, va donc être caissier de nuit dans un dépanneur qui est également une couverture pour vendre du sang à d'autres vampires de Los Angeles. Si l'histoire et les personnages sont passablement nuls, il reste que le garçon caissier et son histoire d'amour impossible évoquent le mythe de Tristan et Yseult. Elle, jeune gothique, voudrait donc être vampire tandis que lui, bien placé pour connaître les affres de cette condition, tente de la détourner de cette lubie avec tant et tant de sollicitude qu'il la perdera.

Dans COSMIC ROGER, 2.Une planète sinon rien (Fluide Glacial) de Julien et Mo cdm j'attire votre attention sur l'histoire courte qui donne son titre à l'album lui-même. On y découvre comment Cosmic Roger, ce « looser » débonnaire et un chouia magouilleur, a trouvé, jadis, plus fort que lui au jeu de la tricherie afin de l'envoyer dans l'infini pour dégoter une nouvelle planète en remplacement de cette bonne vielle Terre en phase terminale. Et voilà que nous sont dévoilés quelques secrets dont : Le président cache une planète secondaire sur laquelle, par malheur, Cosmic Roger est abouti. Évidemment il va lui falloir se rétracter. Sollicitude? Pas du tout et même, bien au contraire. Le Président n'avait-il pas, dès le départ, envoyé ce pigeon dans l'espace avec l'idée qu'il « emportera avec lui tout les espoirs illusoires et les rêves trop grands d'une humanité à l'agonie… »? Mais, revenons sur terre… POMMES D'AMOUR, 7 LOVE STORIES (Delcourt) un splendide collectif rassemblant une bonne demie douzaine de femmes bédéistes – peu connues, pour autant d'historiettes aux goûts inatendus. Aucun effet de scénario hollywoodien ici; que des scories de vécus intimes, de rêveries amoureuses et de désirs savoureux même plus âgés! Ce sont même les auteures (Verena Braun, Élodie Durand, Paz Boïra, etc.) – définitivement atypiques, qui signent, collectivement, ce recueil où il est question non seulement de cultures amoureuses mais tout autant de confronter narrations, techniques graphiques et expériences personnelles. La préface, également collective, s'achève comme suit : « Comme pour un amour durable, nous avons entremêlé persévérance, entente, échange, et avant tout… plaisir. Nous vous en souhaitons beaucoup à la lecture de cet album. ».

GEORGES ET LOUIS, INTRODUCTION À LA PSYCHOLOGIE DE BAZAR (Fluide Glacial) de Daniel Goossens nous permettera de vriller dans les abysses de ce qu'y est convenu d'appeler la relation d'aide à laquelle est dissoute une bonne part de romance pour ne pas s'égarer dans les méandres du scientisme. Cette BD, car indubitablement c'en est une, malgré que le sujet et les incessantes joutes oratoires de Georges et Louis risquent de décoiffer plus d'un lecteur - même perclu de bonne volonté et capable de sollicitude à l'égard d'un auteur flirtant avec le génie. Par exemple, cette histoire où une princesse survient auprès d'un pauvre hère vivant en paria dans un marécage, tournera mal voire abominablement. Autant en emporte le vent et La Belle et la Bête sont admirablement revus et corrigés par nos deux drôles pourtant aussi flegmatiques qu'un Buster Keaton… Comme l'affirme Louis: « Georges, est-ce que tu savais que l'homme n'utilise que 10% de ses capacités mentales pour accomplir son destin? Belle performance, mais je suis sûr que je peux faire encore moins. ».

La musique rendra-t-elle meilleur? CARACOL, L'Arbre aux parfums (Indica/Outside) redonne vie à Carole une des deux moitié du duo Dobacaracol. Ses textes, malgré une musique dépouillée – passant de la chanson alternative acoustique au rocksteady, sont empreints d'une amertume encore toute fraîche. Le Livre de la colère ou L'Autel de l'absence en sont des pages vibrantes. CHOCOLAT, Piano élégant (Grosse Boîte) n'a pas d'étrange que son titre. Les textes autant que les musiques amalgamant avec fougue folk et rock n'hésitent jamais à emprunter des chemins pour le moins baroques. Moitié homme moitié loup ou Chanson pour un malheureux sont exemplaires de cet art inventif et iconoclaste qui se retrouve d'entrée de jeux sur le dessin du couple qui flashe ornant la pochette du disque. THE ORGANS, Thieves (Mint Records) un disque posthume de six pièces magistrales, pour ce groupe de Vancouver quasi exclusivement féminin qui présente des petits bijoux de rock intemporel aux guitares aigrelettes et des voix qui risquent de hanter bien des âmes à l'instar des sirènes. Un coup de cœur assuré qui, autrement, allait échapper à l'amateur éclairé… LE VOLUME ÉTAIT AU MAXIMUM, Les Vacances (PAF! Disques) Surfant sur une déferlante de synthés, de riffs de guitares ascensionnels et de textes d'amour qui en remettent jusqu'à plus soif, Johnny Love atteint un sommet dans cet art d'un univers pop punk parfait (PPP?!). L'horloge biologique coincée aux pourtours d'une adolescence idyllique qui n'est pas sans rappeler la plage et le soleil moins les coups de soleil – Et ça a été concocté ici en Estrie dans un sous-sol secret!

 

Visages à fleur de peau

Des visages. Des visages nous regardent. Nous auscultent. Leurs yeux nous suivent. Suivent nos mouvements, nos pensées. Nos états d'âme. On s'arrête. Regarde ce qui nous regarde. On se sent observé par notre propre regard. Il nous amène dans un lieu de bienveillance. On plonge en lui comme on ouvre les bras à l'ivresse d'une brise d'été.

Car si Micheline Godin peint des visages, ceux-ci sont doux, tendres, honnêtes. Les sentiments qu'ils évoquent sont amenés avec douceur, espièglerie, coquetterie. Ce que l'artiste aime, ce sont les caractères qu'ils suggèrent et les sentiments que ces visages habités suscitent en nous.

Micheline peint à l'acrylique sur des plages de cuir qu'elle colle à la toile montée. Le cuir. La peau. Le matériau rend les traits fins des froissements de l'épiderme. Rend encore plus fragiles ces visages qui se tendent vers nous pour nous murmurer nos secrets. Afin de conserver ce relief naturel du cuir, elle procède par frottements lors de l'application des couleurs. Elle essuie, estompe, flatte les surcharges. Trop de peinture et l'on perdrait la subtilité de la matière, là où la peau s'offre et se fait tendresse. Par endroits, l'inverse est maître. Des couleurs opaques et denses se concertent pour donner volume à la matière. Là où ça déborde, où il y a abondance : présence marquée de fleurs qui ornent les chevelures, les habits. Ainsi, les éléments se regroupent pour donner consistance à l'impalpable : la persona des personnages qu'elle met au monde.

Souvent conçu d'une posture qu'elle a extirpée de photographies issues de revues, Micheline construit son sujet à partir de cette charpente. Aussitôt, le personnage guide les mains de l'artiste autour de son âme, afin qu'elle en capte les reliefs, les couleurs, les nuances. Les personnages évoluent au fil du processus de création. Ce n'est qu'à la toute dernière note qu'ils se révèlent dans leur totalité. L'artiste n'oserait prétendre leur imposer une personna-lité autre que la leur. Tout est là, ne demandant qu'à être animé.

À travers la matière, qu'elle s'amuse à jumeler, croiser, découper et coller, l'atmosphère prend vie. Micheline aime ciseler le cuir. Ajouter des reliefs, des mélodies. Elle s'inspire aussi des fleurs du jardin qu'elle cueille, puis fait sécher, pour les ajouter à ses natures mortes, autour des visages, dans le plumage de ses bêtes. Elle saupoudre ses sujets de feuilles d'or, apportant brillance et éclat sur le jour qu'elle fait ressortir de sa palette. Comme d'un rayon de lumière sur ses couleurs. Un coucher de soleil sur un horizon d'automne. Micheline a une palette d'épices, sûrement inspirée de ses nombreux voyages. Des tons chauds, réconfortants, accueillants. Une palette d'automne, aux effluves cuivrés. Elle aime l'harmonie qui émerge des contrastes de couleur. La force qui en émane, donne le ton à ses sujets.

Si elle peint des personnages, Micheline peint aussi des coqs, qu'elle affectionne. D'ailleurs, elle ne peut répondre à la demande des gens qui les dérobent aussitôt qu'ils les voient. C'est que ses coqs chantent l'heure du petit bonheur, tête relevée, bec ouvert, s'abreuvant à même la vie. Elle se plait aussi à reproduire des instants de fleurs, amoureusement recueillis dans un pot, que l'on dépose au centre d'une table, face à une fenêtre. La vie s'installe sur les canevas autour des techniques qu'elle s'amuse à mélanger.

Son évolution est lente, assurée. Micheline Godin a fait ses premiers coups de pinceau aux côtés d'un ami, Serge Dubreuil, peintre reconnu de Montréal. Elle aimait l'odeur de peinture qui respirait dans l'appartement où partout des tableaux étaient déposés. Auprès de lui, elle a appris les techniques de la peinture à l'huile. Tissant sa propre voie, elle a entrepris maints cours de perfectionnement, abordant le pastel, le fusain, le dessin. Pendant ce temps, elle répond aussi à des commandes spéciales, comme le détail de l'œuvre qui se trouve en couverture de ce périodique. Puis vient le moment où sa pensée se précise. C'est vers les personnages qu'elle se retourne, là où elle trouve l'épanouissement de son identité. Elle poursuit sa démarche en s'inscrivant à d'autres ateliers qui l'amènent encore plus près de ce qu'elle cherche à exprimer en peinture. Elle grave ce trajet de plusieurs expositions, collabore à des organismes artistiques, est membre de l'Association des artistes peintres affiliés de la Rive-Sud (AAPARS) jusqu'à devenir présidente du département de Ste-Julie, où elle réside quand elle n'est pas à Sutton.

Ce qui l'intéresse aujourd'hui, c'est la créativité pure, l'exploration de l'imagination, l'originalité, et l'innova-tion à travers tout le bagage acquis. Dans son art, elle se laisse éclore sur l'inconnu de la toile jusqu'au résultat qui s'amène comme point le jour. C'est là, maintenant, qu'elle trouve son compte à créer. Et les visages sont là pour nous le dire…

Vous pouvez retrouver les œuvres de Micheline à la galerie L'Art d'aimer de Sutton, ou encore la suivre aux nombreux symposiums auxquels elle participe annuellement www.symposium.com, tout en naviguant sur son site web www.michelinegodin.com

Véronique Gemme

 

La sollicitude des artistes anime l'hiver

Centre d'art de Dunham

Par Lise F. Meunier

1er au 29 novembre : Arbres en Duo de Michèle Côté et Lucie Champoux, salle Normand Gaudreau. Style figuratif, acrylique, collage et techniques mixtes pour Lucie, en plus des œuvres sur papier, des sculptures et petites impressions.

Michèle Côté en première, œuvres figuratives : peintures acryliques, collages, dessins à l'encre, monotypes, poteries raku !!! « J'aime les petits moments de grâce que m'apporte la vision d'ouvrages que j'ai terminés avec tout ce que je peux mettre de savoir-faire et de savoir être. J'aime aussi les moments où regardant un travail inachevé, je me sens fouettée intérieurement pour relever le défi que m'apporte cette œuvre ».

Terre-ciel, Micheline Côté
Arbre-arlequin, Lucie Champoux

1er au 29 novembre : « Noir et blanc » dans la deuxième salle. Madame Johanne Di Narzo et ses élèves d'infographie présentent leurs œuvres à l'encre de Chine. Une belle occasion de découvrir de jeunes talents prometteurs.

6 au 20 décembre, vernissage 6 décembre : Sollicitudes de NOËL : arts et artisanats, petits formats. Peintures, photos, bois (décorations extérieures), bijoux, arts textiles. Offrir un objet unique, une création, c'est un plaisir pour soi d'abord et ensuite pour la personne qui le reçoit.

Gramop Xmas, Patrick Perreault

10 janvier au 7 février, vernis-sage 10 janvier: « Un peintre daltonien jongle en couleurs ». Jean-Marc Deslauriers, alias Godasse, présente sa plus récente production : des explosions de cou-leurs nous entraînent dans ses galaxies d'étoiles, de gouttes, de textures où le peintre s'amuse à faire deviner un jardin, une forêt, une fête de lutins, une partie de cache-cache sous la mer. Vous voulez inverser le tableau? Allez-y, pour la surprise!

Toiles: Fleurs de neige, J.M. Deslauriers

Offrez-vous le plaisir de rencontrer les artistes le 6 décembre, le 10 janvier, (14 h-16 h), au Centre d'art de la Bibliothèque de Dunham, édifice Pierre Bernier, 3638, Principale. Renseignements : 450 295-2621.

 

Trois exercices favorisant la sollicitude…

Sollicitude : « Soins attentifs et affectueux, constants, prodigués envers une personne... une collectivité... ou un objet». Mais avant de pouvoir prodiguer des soins attentifs à un être cher ne serait-il pas nécessaire de commencer par soi-même? Pour pouvoir aider, il faut avoir l'énergie, les ressources, la vitalité et l'amour en quantité suffisante. On ne peut pas aider les autres avec les quelques miettes qu'il nous reste à la fin de la semaine. Pour pouvoir aider, il faut en premier lieu, se gâter, se nourrir, s'aimer, s'honorer. Ainsi, plus votre verre sera plein et plus vous déborderez sur les autres! Voilà une bonne raison de court-circuiter la culpabilité qui peut naître quand on prend soin de soi. Donc, si vous ne pouvez le faire pour vous-même, faites-le pour les autres !

Voici trois exercices tout simples qui vous permettront de prendre soin de vous et des autres.

Votre symbole d'énergie renouvelable

En premier lieu, mettez-vous debout et ressentez le niveau d'énergie que vous avez le matin en sortant du lit. Puis, avancez d'un pas et ressentez ce niveau d'énergie dont vous faites l'expérience en sortant de votre journée de travail. Puis avancer encore d'un pas et ressentez votre niveau d'énergie une fois votre soirée terminée, après les tâches familiales, les cours, le rangement, les devoirs, la vaisselle. Que reste-t-il de toute cette belle énergie que vous aviez en vous levant? Des miettes probablement. Comment pourriez-vous prendre soin de vous ou aider quelqu'un avec si peu d'énergie? Lorsque vous ressentez un tel niveau d'énergie, ou de fatigue devrais-je dire, quel réflexe avez-vous développé ? Un bain et directement au lit ! Ou êtes-vous du genre à résister à la fatigue et à rester actif. Si tel est le cas, bravo! Toutefois, vous ne pourrez fonctionner indéfiniment sur cette réserve d'énergie.

Pour la suite de l'exercice, restez debout, mais dirigez-vous vers un autre coin de la pièce où vous êtes. Imaginez que le matin, en sortant du lit, vous preniez un moment juste pour vous, pour recharger votre batterie ou remplir votre verre d'eau. Pensez à un objet dont l'énergie est renouvelable, qui sera VOTRE symbole : un verre d'eau, une batterie, un soleil. Si votre horaire est très chargé, prenez 10 minutes chaque matin pour renouveler votre énergie en étant seul avec vous-même! Eh oui, 10 minutes feront toute la différence. Durant ces 10 minutes, vous pouvez aller marcher, faire du yoga, de la méditation, de la danse, lire, écrire. Bref, une activité qui vous donne de l'énergie et qui vous met dans un état de plénitude. Durant la journée, lorsque vous sentez que l'énergie baisse un peu, n'attendez pas que votre verre soit vide pour aller le remplir. Reprenez 10 minutes pour renouveler l'énergie de votre symbole.

Ensuite, avancez d'un pas et imaginez votre symbole ayant son énergie à 100 % et voyez l'impact sur votre travail. Comment cette énergie débordera sur vos clients et vos collègues de travail. Puis, avancez d'un pas et imaginez l'impact sur vos enfants, votre conjoint ou vos amis. Puis, avancez encore d'un pas et imaginez l'impact sur les décisions et les actions que vous allez prendre pour vous. Car bien sûr, il est difficile de construire des projets ou de réaliser des rêves sur des miettes. Ainsi, plus vous penserez à vous, plus vous pourrez aider les autres.

Exercice du sourire

Selon le maitre zen Thich Nhat Hanh, sourire est une pratique. Il suggère donc de sourire en inspirant. Selon lui, pour sourire, il n'est pas nécessaire de ressentir la joie. Bien au contraire, le sourire fait dissiper les tensions et engendre la joie.

« Je me souris. Je le fais par bienveillance envers moi-même, pour prendre soin de moi, pour me donner de l'amour. Je sais que si je ne prends pas soin de moi, je ne pourrai pas prendre soin d'autrui. »

Exercice : Je te vois.

Maintenant que votre verre est plein et que vous ressentez la joie dans votre cœur, vous pouvez donner aux autres. Robert Dilts, sommité de la PNL, enseigne aux étudiants en coaching de vie une technique de parrainage (soutien moral). Selon Dilts, la plupart des gens n'ont pas suffisamment été « vus » et reconnus dans leur unicité durant l'enfance par leurs parents et leurs éducateurs. Il propose donc cet exercice qui ne prend que quelques instants.

Lorsque vous croisez quelqu'un, connu ou inconnu, vous restez dans votre centre en contact avec votre énergie et vous « voyez » vraiment cette personne avec des yeux remplis d'amour et de compassion. Vous la voyez avec ses parts d'ombre et de lumière, sans jugement. Vous pouvez même rester silencieux. À l'intérieur de vous, vous pouvez vous dire… je te vois, avec ta force, ta détermination, ta fragilité, ta tristesse, ta lumière, ta joie de vivre, etc. Plus vous pratiquerez cet exercice et plus vous verrez les bienfaits du parrainage sur les autres. Faites-en l'essai, dans la rue, dans un café, avec un itinérant ou une vieille dame qui semble triste. Voici une sollicitude discrète, mais apportant tellement de bienfaits autour de vous.

Dans les prochains jours, mettez-vous au défi! Vous serez étonné de voir comment vous serez créatif dans vos façons de prendre soin de vous. Par ailleurs, vous constaterez, si vous les pratiquez bien sûr, que ces simples exercices auront un impact positif sur votre vie et sur les gens autour de vous.

Natalia Théoret
Maître-praticienne en PNL
www.nataliatheoret.com

 

Insouciante solicitude

Insouciance et sollicitude. Ces deux mots qui peuvent d'abord sembler en opposition, forment, dans mon esprit, un tout qui caractérise un état d'être auquel je parviens à accéder par l'entremise de la méditation, de la création artistique ou encore de mon travail d'art-thérapeute. Lorsque cet état s'installe en moi, je m'identifie au témoin, cette partie de soi qui observe sans juger, qui permet aux émotions de faire surface sans se laisser emporter par leur déferlement. Le témoin, inébranlable, accompagne avec sollicitude et insouciance. Je prends ici le mot insouciance dans son sens littéral de « sans soucis », ce qui me suggère un état de confiance et de légèreté.

En tant qu'art-thérapeute, je vais m'appuyer sur le langage symbolique de deux images tirées du Tarot de Marseille, soit L'Hermite et Le Fou pour illustrer mon propos. Contrairement à la croyance populaire, la vocation première du Tarot n'est pas la divination. Il s'agit plutôt d'une représentation symbolique de principes et de lois universelles dont l'apprentissage et l'application permettent graduellement l'expres-sion de notre potentiel. La force du Tarot – et, si je puis me permettre, de l'art-thérapie – réside dans le fait que les images et les symboles facilitent la communication entre différents niveaux de réalité, comme le conscient, l'inconscient et le supraconscient – la sphère mystique.

À mes yeux, la carte de L'Hermite incarne la sollicitude, soit une attention soutenue à la fois tendre et simple. L'image nous présente un homme âgé perché sur la cime d'une montagne, la nuit, une lanterne à la main. C'est l'archétype bien connu du vieux sage, de l'expérience et de l'accomplissement. Il regarde vers la vallée, ce qui porte à imaginer qu'il suit d'un oeil bienveillant l'ascension d'autres pèlerins. S'il est sensible à leur situation, c'est qu'il a parcouru le même chemin et en connaît tous les écueils. À l'image du témoin dont je parlais plus tôt, L'Hermite est un aspect de soi, de notre identité profonde, qui suit en quelque sorte notre propre ascension. À l'opposé, Le Fou, la première carte du jeu de Tarot, symbolise l'inexpérience, la force de Vie dans son aspect d'éternelle jeunesse et de possibilités illimitées. Le nez en l'air, les cheveux au vent, on se demande si ce jeune homme insouciant sait qu'il est au bord d'un précipice. Une situation qui pourrait déstabiliser et provoquer une réaction du genre : « Espèce de fou, qu'est-ce que tu fais? » Et voilà L'Hermite qui dévale la pente en vociférant des remontrances. À coup sûr, le jeune le traite à son tour de vieillard cacochyme! À ce sujet, j'ai constaté avec surprise en consultant le dictionnaire anglais/français que sollicitude devenait concern et anxiety en anglais, soit : préoccupation et anxiété. La sollicitude existe donc sur le fil du rasoir entre l'attention bienveillante et la préoccupation anxieuse. C'est vrai qu'il est tentant de s'identifier à nos peurs ou de les projeter sur les autres. Après tout, c'est tellement divertissant: avec la peur en tête, pas le temps de s'ennuyer! Mais de réagir quand on est sous son emprise ne donne jamais de bien bons résultats. Vaut mieux retourner sur les hauteurs, respirer, retrouver son calme et ramasser sa lanterne. C'est en accordant à chacun, incluant soi-même, le droit de suivre sa route toute personnelle, de faire ses choix et de vivre des échecs et des réussites, en sachant que c'est ainsi que l'on évolue, que l'on peut retrouver la sollicitude de L'Hermite et l'insouciance gaillarde du Fou.

Bénédicte Deschamps
Art-thérapeute/ateliers de créativité « Art, corps et âme »
450 298-1171 www.artcorpsetame.com

 

Sollicitude professionnelle: prendre soin, sans nuire

Comment reconnaît-on le plus couramment la solli-citude? Comme celle exprimée par une mère. Attentive, prodiguant des soins, bienveillante et dévouée. En massothérapie et dans la relation d'aide qui s'y rattache, on nourrit les mêmes aspirations... sans vouloir devenir «mère poule ».

Le massothérapeute s'applique ainsi avec sérieux, diligence et compassion à fournir une nourriture autant destinée au corps qu'à l'âme, transmettant de son énergie, de sa culture et de son éducation. Et l'espoir du massothérapeute, si l'on peut nommer ainsi le but visé par ses soins, est que la personne qui les reçoit, s'enrichisse à ce contact, éveillant en soi une source d'amour et de respect.

Le massothérapeute se doit de soulever l'exemple dans ce contexte particulier qui le rend éthiquement responsable d'autrui. L'éthique de la sollicitude insiste sur l'émotion, l'amour, la compassion pour les autres; mais, en même temps, elle devrait être perçue comme la responsabilité professionnelle où le respect est le préalable, sinon la condition, d'une saine sollicitude.

En ce sens, le massothérapeute doit respecter la liberté et l'autonomie des individus qui font appel à ses services. On vise alors à atteindre un équilibre entre le respect de l'espace du patient et répondre à ses besoins tout en donnant les soins requis, en partageant des connaissances et une culture de la compassion afin de procéder vers un mieux-être du corps et de l'âme.

1Pour arriver à partager avec constance et à transmettre le meilleur de soi, le massothérapeute verra à développer une conscience accrue du besoin d'équilibre, d'harmonie et de relations saines. Il cherchera à augmenter ses capacités d'empathie, de compassion, de tolérance et de responsabilisation personnelle et professionnelle. En effet, pour connaître et aider les autres, il faut d'abord apprendre à se connaître et apprendre à s'aider soi-même et pour se responsabiliser envers les autres, il faut d'abord se responsabiliser envers soi.

Un massage est avant tout une relation humaine où la personne qui donne le massage est aussi une personne qui écoute, avec ses capacités et malgré ses limites, s'appliquant de son mieux à accueillir autrui avec respect pour l'amener à libérer ses tensions et douleurs. Si le silence est le plus souvent de mise, c'est qu'il permet d'entrer en contact avec une inté-riorité qui porte à la réflexion et à la conscience

corporelle. Le silence est souvent le lieu de la guérison que l'on peut reconnaître dans la respiration qui se transforme tout comme les contractions musculaires qui se décontractent... Mais qui dit massage, dit aussi très souvent, relation d'aide donc interventions verbales avec le but de faciliter l'expression, la compréhension et la prise en charge du vécu par la personne qui reçoit le massage. Le but ultime est d'être en meilleure relation avec son corps, avec soi-même et avec autrui.

Anik Kelly
masso-kinésithérapeute

1 Les deux prochains paragraphes sont inspirés des enseignements sur l'éthique professionnelle en massothérapie de Cécile M. Barcelo.

 

L'ÉCRITURE EN BD
ENSEMBLE

Ensemble, les deux organismes lancent une campagne de promotion de l'apprentissage de la lecture en BD très « parlante » avec Ramon Vitesse, agent de développement culturel, à Cowansville, et artiste pour rejoindre directement les personnes en besoin d'aide à la lecture. Des sacs écologiques et des affiches circuleront dès le début décembre, notamment au Festival BD de Cowansville (www.cowansville.org). Très simplement, le médium BD sert à rejoindre personnellement ceux et celles qui auraient besoin d'un coup de main pour participer pleinement et heureusement à la réalisation de leur plein potentiel au sein de la communauté. Au Québec, pas moins de 800 000 adultes présentent de sérieuses difficultés en lecture!
www.cowansville.org

LE SAC À MOTS

Pour participer aux formations gratuites, il n'est pas nécessaire de tout ignorer de la lecture, de l'écriture, des mathématiques, de l'informatique ou du français langue seconde. La majorité des étudiants savent lire et écrire, mais leurs objectifs personnels exigent une plus grande connaissance de la langue française. Des petits groupes, de dix ou moins, favorisent tous les profils d'apprentissage et permet de donner son opinion librement, d'apprendre en s'amusant tout en augmentant les aptitudes en employabilité. Le Sac à Mots c'est aussi la Bouquinerie, un service de collecte et de vente d'un vaste choix de livres d'occasion en français et en anglais, CD, cassettes audio et vidéo, casse-tête.
Renseignements : (450) 266-3766

 

L'histoire de la RUSSIE continue cet hiver à l'UTA

Devant un auditoire vaste et intéressé, Benoît Gascon a fait découvrir ce pays démesuré qui s'est construit différemment des nations occidentales. À la session d'hiver, il reviendra poursuivre cette histoire en abordant le XXe siècle et le régime soviétique. En effet, en octobre 1917 les bolcheviques s'emparent du pouvoir à Petrograd. En décembre 1991, constatant que « L'URSS n'existe plus », Mikhaïl Gorbatchev démissionne de son poste de président. Entre ces deux dates, le régime soviétique aura grandement évolué, changeant constamment de forme, mais demeurant tout aussi fidèle à certains des principes de son fondateur, Lénine. C'est à cette histoire étonnante, le plus loin possible des clichés « pro » ou « anti » soviétiques, que convie Benoît Gascon, chargé de cours à l'UQAM, étudiant au post doctorat qui partage sa vie entre la Russie et le Canada. Ce cours d'une durée de 20 heures se déroulera en mars et avril 2009 à Cowansville.

Bolchéviques , 1917

Également de mars à avril, l'UTA continuera ses cours de philosophie avec une INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE POLITIQUE, à partir de l'étude de La République de Platon qui amènera les étudiants à se pencher sur des questions centrales touchant la justice, la moralité, la réalisation des idéaux politiques, l'évolution des sociétés. Ces questions seront, dans la mesure du possible, mises en relation avec les préoccupations politiques contemporaines. M. Bela Egyed, M.A. McGill1965, PH. D. McGill1968, présentera ce cours d'une durée de 20 heures à Sutton.

Les préoccupations s'étendent aussi à la SANTÉ pour laquelle on recherche toujours de nouvelles approches thérapeutiques qui peuvent être aussi diverses que nutrition, ostéopathie, acupuncture, technique Bowen, musicothérapie, psychologie du traumatisme, etc. Les causeries d'une durée totale de 20 heures seront assurées par plusieurs conférenciers spécialisés dans ces domaines. Elles auront lieu le mardi après-midi à Cowansville.

Un déjeuner-conférence permettra de mieux connaître LES RETRAITÉS FLYÉS : La fondation, l'évolution et le fonctionnement de la Fédération et les principales activités, culturelles, touristiques et d'entraide des associations régionales. Mme Thérèse Michaud, leur présidente fondatrice les présentera au restaurant Lounge Resto Saint-Patrick, 1, rue Principale Sud à Sutton en avril ou mai. Entrée 10 $; repas 10 $. Date à préciser.

Le 17 avril 2009, Knowlton accueillera une conférence sur la Vie et l'œuvre de Clara et Robert SCHUMANN. Claire Villeneuve, M. en musicologie évoquera la rencontre de Clara Wiek et de Robert Shumann, leur vie commune, la mort prématurée du mari, la carrière jusqu'à la fin du siècle de cette femme courageuse. Diapositives et auditions d'œuvre témoignent de l'amour de ce couple de musiciens du XIXe siècle.

INSCRIPTIONS : le 10 février 2009 de 14 h à 16 h au centre communautaire John Sleeth, 7, rue Academy à Sutton et à la bibliothèque Gabrielle Giroux-Bertrand, 125, Principale à Cowansville.

INFORMATIONS : Alexandrine Poissant : 450 538-3135; Jacques Alary : 450 242-4422

Antoinette Marrel

 

SOLLICITUDE, QUAND TU NOUS TIENS

Par Brigitte Messier

Année après année, ce sont les multiples programmations qui reviennent telles les saisons. L'hiver et les découvertes à Québec lors du plus grand regroupement de vitrines en arts de la scène (Rideau1), lieu de rencontre privilégié entre diffuseurs et artistes de la relève québécoise et d'ailleurs. La programmation d'un directeur artistique en est inspirée pour le reste de l'année.

Les découvertes et les rencontres entre ces gens du milieu qui y œuvrent non pas tant pour gagner leur vie que pour nourrir une affection commune : l'unicité du lien entre le public et l'artiste de la scène. Chaque représentation a sa teinte; chaque artiste, sa personnalité.

Les membres des Conseils d'administration de ces organismes à but non lucratif viennent y partager cette affection toute particulière qu'ils ont pour la scène. Ce sont souvent les mêmes citoyens, qui, au fil du temps, choisissent de consacrer leur peu de temps libre à entretenir la flamme du spectacle au sein de leur milieu. Ils souhaitent communiquer leur attachement aux autres et les convient aux rendez-vous.

Le tout premier de ces rendez-vous de l'année se fera avec une artiste sortie tout droit d'une boîte à surprise. Métissage culturel et musical, alliage de sonorités électro-pop et de tradition française, Gaële foulera les planches de l'église Emmanuel le 24 janvier prochain. Humour, fraîcheur, émotion et rythme, une découverte à s'offrir.

Le 7 février, Jean-François Breau et Marie-Ève Janvier offriront un spectacle plus dépouillé afin de s'adapter au lieu plus intime. Leurs voix y prendront toute la place et c'est en toute simplicité qu'ils s'unissent sur scène et se paient un « spécial à deux ».

Puis, pour contrer les froideurs de l'hiver et nous encourager jusqu'au printemps, ce sera l'idéaliste, serein et sensuel, Charles Dubé qui communiquera son optimisme bienveillant. Le regard allumé, c'est habité du désir de faire mieux qu'il présentera, le 27 février, « Sortir de soi ».

On célèbre ensuite en allégresse avec le trio vocal swing « Les Moonlight Girls » que la presse nomme « Les triplettes de Montréal ». Avec leur répertoire composé de plusieurs arrangements swing inédits, de titres français et québécois, les Moonlight Girls reçoivent un accueil enthousiaste du public et des médias partout où elles passent. Elles seront donc par chez nous le 7 mars.

Le printemps arrive avec « The Wooden Sky » qui donne dans l'indie folk plutôt que pop, ce quintet a partagé la scène avec le « Pascal Picard Band » un peu partout au Québec et a sorti, il y a un an, son album When lost at sea. Nous aurons la chance de les avoir en spectacle le 21 mars.

Le 4 avril, retour à la formule intimiste avec un seul artiste sur scène : le pianiste Stephan Moccio. Il interprétera un recueil (Exposure) d'une façon susceptible de plaire aux néophytes autant qu'aux con-naisseurs. Un concert solo dynamique et entraînant.

Et pour la fin, Fred Pellerin remplira cette fois-ci, la salle de l'auditorium Massey-Vanier avec ses mémoires de Saint-Élie-de-Caxton peuplées de sorcières, de liseuses de présent et d'arracheuses de temps. Vous pourrez le voir en spectacle le 15 avril.

C'est de cette façon qu'en ce début d'année, l'équipe de Sur la Scène Davignon souhaite vous convertir aux sorties du samedi soir où artistes de la scène et public se rencontrent.

Pour en savoir plus : www.surlascenedavignon.com

 

Salle Alec et Gérard Pelletier

Depuis bientôt cinq ans, la Salle Alec et Gérard Pelletier offre une programmation variée : des spectacles de chanson, musique, théâtre, des ateliers, des soirées d'impro, du cinéma… Rien de tout ça ne serait possible sans l'apport de l'équipe de bénévoles dévoués qui accueillent le public, servent au bar, posent les affiches, distribuent les dépliants et accomplissent bien d'autres tâches.

Le 29 novembre, les bénévoles renversent la vapeur et vous offrent un spectacle de leur cru : « Les bénévoles volent le show ». Il s'agit d'un spectacle-bénéfice au profit du Cœur du Village qui met en vedette des musiciens, chanteurs, comédiens, danseurs et auteurs qui sont tous bénévoles. Ils sont une vingtaine qui ont écrit les textes, fait les arrangements musicaux, répété leur rôle, leur chanson, leur danse, leur musique. Ils ont bâti un spectacle qui raconte la vie de bénévole à la Salle Alec et Gérard Pelletier avec humour. Ne ratez pas cet événement unique et découvrez des gens de talent qui sortent de l'ombre et prennent la scène d'assaut.

La Belle au bois dormant, Almut Ellinghaus
Choromondo, chansons du monde

Un autre événement qui fait également sortir de l'ombre des chanteurs de talent se prépare pour la fin janvier. Pour la troisième année consécutive, « Star d'un soir » revient à la Salle Alec et Gérard Pelletier. Avez-vous déjà rêvé de faire chanter votre père? Votre sœur? Votre propriétaire? Votre meilleure amie? Le maire? Votre directeur de Caisse populaire? Voici votre chance! Vous connaissez quelqu'un qui chante bien dans sa douche, mais qui n'a jamais osé le faire en public? Inscrivez votre star et devenez son agent désigné. Il vous suffit de ramasser 100 $ parmi vos amis, vos collègues ou votre famille. Les bénévoles s'occuperont de mettre votre « Star d'un soir » en contact avec un musicien qui fera répéter votre vedette et l'accompagnera afin que son talent soit enfin révélé lors d'une grande soirée de financement en janvier à la Salle Alec et Gérard Pelletier.

Côté Impro, la saison continue. Le deuxième vendredi de chaque mois, les Rouges, les Bleus et les Verts vous convient à un match enlevant animé par le maître de cérémonie Pierre-Jean Cuillerier, sous la direction musicale de Pierre Laurendeau et bien sûr sous l'arbitrage de Jean-Marc Lavergne.

Au début novembre, la Salle Alec et Gérard Pelletier a lancé la première lecture publique d'une série de 6 épisodes écrits par Andrée et Louise Pelletier : La Maison du carré Saint-Louis. En février, les comédiens du Cœur du Village continuent avec les 3e et 4e épisodes. Laissez-vous emporter par l'histoire de cette maison au fil des années, depuis la fin du XIXe siècle jusqu'à aujourd'hui. Dix lecteurs assis autour d'une grande table, sans costumes ni décor, vous conteront la vie des gens qui ont tour à tour occupé la maison du carré Saint-Louis. Fermez les yeux, écoutez et imaginez-vous dans cette maison, d'abord dans les années trente, puis quelques années après la Seconde Guerre mondiale. Une expérience fascinante, qui se rapproche aussi bien de la radio que du théâtre. Une sorte de feuilleton théâtre.

Et, il y a bien sûr le Ciné-Cabaret qui propose en primeur des films d'auteurs, des documentaires percutants. N'oubliez pas les Dimanches Famille, le premier dimanche de chaque mois, qui fait découvrir aux enfants et aux parents du théâtre, des ateliers et du cinéma. Il y a aussi les spectacles de chansons et de musique d'artistes d'un peu partout, de la région, du Québec, du monde.

Pour plus de détails sur la programmation complète :
www.salleagpelletier.com ou 450 538-0486.

Michèle Normandin

 

Sous la sollicitude du temps

Il était encore tôt. Sans heure précise. Que du temps qui s'écoule. Lentement. Une heure grise assise sur le jour. Un fond mat, sans remous, sans soupir. Je suis allée rejoindre cette brume. Cela sentait la pluie, la fraîche et la lenteur. Il y avait le ciel comme un édredon au-dessus de ma tête. Et la paume ouverte d'un sol où je marchais. Parfois, le rire soutenu des outardes déchirait le silence. Un écho venu du lointain, qui allait vers un lointain opposé. Une apostrophe qui s'estompait entre les nuages.

Je marchais dans ce jour sans nom, vêtue de pluie. Avec comme seule destination l'élan de mes pas. Mes pas terre-à-terre qui m'amenaient sur les sentiers de la ville, là où mon regard se posait.

Je me suis arrêtée dans un parc. Un tout petit parc avec des grands arbres. Des arbres vieux comme le monde. Des arbres qu'on avait laissé pousser. Des arbres debout, droits. Des arbres mutilés, déchirés. Certains avaient été gravés. Tatoués. Pour y inscrire un peu de sa chair dans l'écorce. Se donner un peu plus d'éternité. Les arbres, partout, étaient arbres.

Ils gardaient entre leurs bras un étang. Un petit étang avec de grosses pierres. Énormes. Aux mille teintes de gris, de bruns. Sillonnées par l'eau, le mouvement, les pluies. Le temps. Des pierres ancêtres, préhistoriques. Qui reposaient mi-eau mi-air. Certaines avec de la mousse. D'autres avec la brûlure des soleils. Dans les cernes noirs que dessinait le balancement des niveaux de l'eau, je pouvais lire l'histoire du temps qui passe.

À droite de cet étang provenait un son. Un son clair. Clair comme de l'eau qui coule. Dans ce jour sans bruit, il y avait ce son clair qui s'émoustillait. Comme si le ciel n'était pas gris. Comme si le jour ne dormait pas. Comme si la vie était là, présente, constante, permanente malgré toutes les intempéries. Ce son de vie clair et limpide pareille à la ronde des enfants qui rient, qui courent et qui dansent, à cette heure verte où les chagrins ne sont pas. Cette eau coulait entre les pierres, insouciante, belle, fraîche. Gaie. Toujours renouvelée. Sans âge. Elle se déposait dans un petit bassin calme comme un repos, au pied de la chute, là où la lune doit se refléter parfois, le soir, et bercer les rêves des jeunes filles.

Cela crépitait dans la brume, ce son clair en joie.

J'ai déposé mon regard sur la surface calme de l'eau. J'ai pris appui à la rampe de la clôture, pour mieux y accoster mes pensées, regardant quelque chose qui ne se voyait pas. Une rêverie. Je me suis laissé naviguer sur le miroitement du feuillage des arbres reflétés sur l'eau. J'étais quelque part entre l'ici et l'ailleurs. Le maintenant et le toujours. Il y avait la musique du silence qui sifflait en sourdine sur l'heure grise. Pareille au plongeon qui nous sort du rêve, nous fait perdre pied sur un quelconque vertige, quelque chose m'a projetée au fond. J'ai aussitôt refait surface. Mon poids devenu corps sur la rampe de métal froid. Mes yeux ont regardé ce qui se présentait devant eux. Un mouvement qui était autre que celui du ballotement de la vague. L'effleurement d'une présence. Des poissons habitaient ce petit étang. Ils étaient là. Nombreux. Cachés dans les ondulations des vagues. Je suis restée longtemps à les regarder. Flottant dans l'eau. Bougeant à peine. Bruns. Bruns comme les reflets du sable, de la terre, des pierres et de l'eau emmêlés. Transparents. Il en faut parfois peu pour que ce qui est devant soi nous échappe.

La pluie s'est mise à tomber. À faire des petits oracles sur le visage de l'eau. Elle s'est fait matière. Palpable, distincte, frêle, silencieuse. Comme d'un soupir, long et doux. Brouillant les silhouettes aquatiques. L'air a pris d'autres couleurs. J'ai ouvert mon parapluie. La grisaille du ciel venait me retrouver jusqu'à terre, m'enrobant de ses larmes, ses perles, ces millions de petites voix qui murmuraient sur les pierres, les roches, les feuilles, les herbes. Sur l'eau. Sur le duvet de mon parapluie. Sous mes pas. Chacun de mes pas prenait une tonalité différente.

J'ai marché jusque chez moi. Là où le thé m'attendait. La chaise, la fenêtre. J'avais dans les cheveux les parfums de la marche. Dans les gestes, la même légèreté. J'avais marché dans un jour couvert de lenteur, pour entendre le silence de la vie à proximité.

Peut-être que ces poissons n'avaient existé que ce jour, cette heure, où j'avais posé mon regard sur eux, pour les voir, les inventés, les écrire. Mais je savais qu'ils étaient vivants. Même dans l'ombre d'un jour. D'une eau.

Et j'allais m'assoir pour l'écrire.

Véronnique Gemme

 

La sollicitude envers la nature

Vous aimez la nature? Vous aimez être inspiré par ses odeurs, ses paysages, ses bruits? Vous aimez observer la vie qui « grouille », qui se manifeste de toutes sortes de manières les plus inattendues les unes que les autres? Vous aimez le sentiment de liberté offerte par ses espaces ouverts…? Si vous vous sentez autant comblés, si vous êtes de ces amants fidèles, vous aurez sûrement envie de « prendre soin » de cette nature, de « devenir attentif et soucieux » à ce qui lui arrive, et faire en sorte qu'elle puisse continuer d'être ce qu'elle est dans toute sa magnificence.

Comment faire pour que ce sentiment soit de plus en plus partagé? Le PENS, dans son rôle de sensibi-lisation à la protection et la conservation de l'environnement, sollicite la contribution de ces inconditionnels des massifs du Mont-Sutton de différentes manières. Vous, qui connaissez et aimez la région, faites connaître au PENS les points d'attraits, les éléments naturels, les observations qui vous ont fait vivre de belles expériences de découvertes, d'étonnement ou d'émerveillement au contact de cette nature.

Si vous êtes un grand parent, où amèneriez-vous votre petit-fils ou votre petite fille pour lui faire vivre un moment magique de découverte? Si vous voulez faire partager à un ou une amie votre bonheur de venir à la montagne, que lui feriez-vous voir, entendre, découvrir? Si vous êtes, comme un Amérindien, à l'affût de toutes traces de vie animale, ou scientifique dans l'âme, fidèle observateur de phénomènes naturels, où et sur quoi attireriez-vous l'attention de vos émules-apprentis? Faites-en part! Le PENS aimerait répertorier dans un premier temps tous ces éléments. Nul autre que les gens qui connaissent et aiment bien les massifs peuvent être de meilleurs conseillers pour le PENS!

Une autre façon de prendre soin de la nature serait d'offrir vos services comme accompagnateur de groupes. Être accompagnateur de groupe veut dire être disponible et rendre les choses agréables pour les randonneurs. Cela se manifeste de multiples manières : bien connaître le parcours, donner des conseils d'usage avant le départ, voir au confort et à la sécurité des marcheurs, répondre à leurs questions, etc. Par exemple, quand les randonneurs sont inexpérimentés, il leur arrive souvent d'oublier de s'approvisionner en eau. Être accompagnateur peut aussi vouloir dire de les inciter à être des marcheurs responsables et sensibles à la vie présente partout, et de les initier à la protection de l'environnement.

En effet, le PENS souhaite se constituer une banque de bénévoles pour les former et ensuite leur accorder la responsabilité d'accompagner des groupes lors de randonnées proposées.

Pour faire parvenir vos belles trouvailles ou toute autre suggestion à mettre dans le répertoire du PENS ou encore pour soumettre votre nom comme bénévole: info@parcsutton.com

Contribution de l'Agence forestière de la Montérégie

Comme certains d'entre vous ont pu le constater, le site d'accueil et point de départ des sentiers, situé à l'altitude 520, a été réaménagé. Les visiteurs s'orientent maintenant vers les sentiers dans un espace délimité par de grosses pierres, celles-ci ajoutant à la sérénité de l'endroit. Un abri et plusieurs tables y sont également logés. Ces nouveaux équipements sont mis à la disposition des visiteurs afin que ceux-ci puissent prendre un repas ou une collation ou encore tout simplement une pause après leur excursion. À tous et chacun d'en profiter dorénavant!

Les aménagistes ont effectué plusieurs améliorations ou réfections aux sentiers de l'Entre-Deux, du Vieux Chemin et du lac Mohawk. L'empierrement a été favorisé afin de prolonger le plus possible la durabilité de ces réfections. Un nouveau sentier entre l'altitude 520 et Val-Sutton a aussi été créé. Le relevé GPS des sentiers du PENS sera mis à jour avant la fin de la saison. Cette opération est rendue nécessaire suite aux nombreuses modifications apportées au fil des dernières années dans les tracés des sentiers.

Tous ces travaux et améliorations ont été rendus possibles grâce à l'aide financière obtenue auprès de l'Agence forestière de la Montérégie. La subvention au montant de 25 000 $ a été accordée au PENS, dans le cadre du Programme de mise en valeur des ressources du milieu forestier du ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF). Le rôle de l'Agence est de protéger et de mettre en valeur les forêts privées dans le respect des propriétaires forestiers et dans un souci de développement durable.

Thérèse Leclerc

 

Protéger la nature, avec solicitude

La nature a bien besoin qu'on fasse preuve de sollicitude à son égard, qu'on l'entoure de soins attentifs et bienveillants. Nous sommes tous sensibles à la beauté des paysages naturels de notre région, aux couleurs magnifiques des forêts à l'automne, au spectacle époustouflant des panoramas enneigés qui scintillent sous un soleil d'hiver. Ces grandes étendues naturelles, ces vastes forêts, ces lacs, ces rivières et ces milieux humides représentent l'espace vital, le refuge, la source de nourriture et le lieu de reproduction d'innom-brables espèces de mammifères, d'oiseaux, de reptiles, d'amphi-biens, d'invertébrés et de plantes. Cette nature est précieuse et elle dépend de nous autant que nous dépendons d'elle.

Le Dos d'orignal
photo copyright: Caroline Daguet, ACA

Nous sommes choyés de vivre dans une telle région de la planète. C'est un privilège extraordinaire que de côtoyer ces trésors naturels. Une forte proportion de la population mondiale n'a pas cette chance et évolue plutôt dans un environnement détérioré et très urbanisé. La protection de nos grands espaces forestiers ne profite donc pas qu'aux voisins directs, aux personnes qui y vivent au quotidien, mais s'inscrit aussi dans une vision globale de respect des milieux naturels et de connectivité à grande échelle.

Il est malheureusement évident que les pressions que nous imposons à notre environnement, directement ou indirectement, sont de plus en plus nombreuses. Les exploitations forestières et agricoles intensives, les développements résidentiels et commerciaux, lorsqu'ils se réalisent en l'absence de concertation et de planification adéquates, sont autant de menaces qui pèsent sur la richesse et l'étendue des habitats naturels.

Heureusement, de nombreuses personnes et groupes de la région réagissent, relèvent leurs manches et passent à l'action, afin d'adapter nos activités pour qu'elles se fassent en harmonie avec notre environnement. La protection des milieux naturels est la mission principale du Corridor appalachien, qui s'emploie également à procurer aux collectivités locales les moyens d'établir un développement durable dans le respect de l'écologie de la région.

Lac en montagne
photo copyright: Caroline Daguet, ACA

Le Corridor appalachien et ses partenaires, les organisations nationales ou internationales, les organismes de conservation locaux, ou les propriétaires qui s'engagent à protéger leur terres à perpétuité, ont tous à cœur de conserver la richesse de ce patrimoine naturel inestimable, d'en prendre soin, de veiller à ce qu'il perdure pour les générations futures. Ainsi, grâce à la vision de quelques-uns et quelques-unes, à l'enga-gement de partenaires motivés, et à la générosité des propriétaires concernés, la superficie des milieux naturels protégés à perpétuité en terres privées sur le territoire du Corridor appalachien a maintenant dépassé le seuil des 8 000 hectares! Voilà un résultat concret, tangible. C'est une belle progression si l'on considère le chemin parcouru depuis les quelque 400 hectares protégés en terres privées en l'an 2000. Alors, nous continuons d'avancer, avec un soutien grandissant, et nous demeurons disponibles pour aider quiconque porte, comme nous, une attention particulière à la protection des milieux naturels.

Caroline Daguet
Corridor appalachien

 

Townshippers Sutton 2008

Hommage au comité organisateur

Rassembler près de 7000 personnes lors de la 29e édition des Townshippers, voilà une réalisation digne du comité organisateur de l'événement qui s'est tenu chez nous par une belle fin de semaine de septembre.

Sans relâche, 22 personnes ont tout mis en oeuvre par leur engagement et leur soutien indéfectible à faire de cet événement une réussite. Je pense à la logistique du transport du village au Mont Sutton, à l'animation des petits et des grands, à la musique, à la danse, aux exposants et à la rue Principale devenue rue piétonnière pour un jour.

Grâce aux 160 bénévoles gravitant autour de ces activités, tout ceci a été possible. Que tous ceux et celles qui en ont fait partie reçoivent un merci sincère pour leur implication. J'aimerais également remercier monsieur André Doyon et les membres du personnel de la ville de Sutton qui se sont dévoués à la cause. Merci à Denys Faucher et Gino Matteo de la Société de transport de Montréal.

Je souligne le travail de Richard G.Godin auprès des partenaires financiers ainsi que pour l'organisation du tournoi de golf et du concert bénéfice. Ces deux événements auront permis d'accorder une contribution financière à cinq organismes : Arts Sutton, Foyer Sutton, la Maison au Diapason, la Maison des jeunes de Sutton et le Parc d'environnement naturel de Sutton.

Au nom du conseil d'administration des Townshippers ainsi qu'en mon nom personnel je les remercie très sincèrement, tous et toutes, pour leur engagement.

Kenneth Hill
Maire de la ville de Sutton
Président du comité organisateur

Remerciements aux supporteurs

Vivre chez nous à Sutton, cette année, l'aventure de la 29e édition des Townshippers aura été une belle occasion pour nous tous de maintenir le lien harmonieux entre les communautés anglophone et francophone des Cantons-de-l'Est et de permettre aux gens d'ici, marchands, artisans, musiciens et citoyens de promouvoir la richesse culturelle de notre ville.

Tout ceci n'aurait pu être réalisé sans votre aide, votre coopération, votre solidarité. La traditionnelle journée des Townshippers, transformée cette année en trois journées d'activités, a toujours reçu un accueil chaleureux de la part des entreprises et Sutton a admirablement bien rempli son rôle de ville hôtesse de l'événement annuel visant à mettre en lumière la communauté d'expression anglaise et son patrimoine.

Nous désirons donc vous remercier chaleureusement et vous exprimer notre reconnaissance, à vous, précieux partenaires qui avez largement contribué à la réussite de ce rassemblement culturel.

Nous croyons que ce festival culturel est une expérience positive à répéter dans les années à venir.

Kenneth Hill

 

Paradis enneigé

La région accueille des milliers de randonneurs sur ses sentiers chaque année. Or, depuis peu, de nombreux sentiers demeurent ouverts en hiver. Quoique l'utilisation des raquettes soit populaire, il est souvent possible de marcher sur les sentiers avec de simples chaussures de marche. Bien sûr, les lendemains de dégels ou encore, sur les sentiers fort utilisés, il vaut mieux se munir de crampons et de bâtons de marche. Par ailleurs, on peut pratiquer le ski de fond, la raquette ou la marche aux endroits suivants :

Demeuré authentique depuis 1973, le centre de ski de fond Sutton en Haut (429, rue Maple) offre un réseau de sentiers très diversifié ainsi que de magni-fiques vues panoramiques. L'endroit possède de grands espaces sauvages et des paysages montagneux spectaculaires à plus de 600 mètres d'altitude. L'entreprise offre 30 km de sentiers pour le ski de fond et 10 km pour la raquette. Un refuge chauffé en forêt permet de faire une pause près d'un ruisseau. La location d'équipement est aussi disponible.

Sur le versant sud du massif des monts Sutton, où la vue est époustouflante, la Station de montagne Au Diable Vert offre 14 kilomètres pour la raquette, le ski hors piste et le ski de fond, et une aire de glissade sur chambre à air. Il est aussi possible de louer des équipements. Les amants de paix et de nature profitent de deux cabanes en bois rond, de deux tentes prospecteur et de trois refuges rustiques pour prolonger leur séjour.

Il n'y a pas de ski de fond au Parc d'environnement naturel de Sutton, la raquette ou la marche permettent la découverte de quatre lacs et quatre sommets. L'accueil chauffé situé à l'altitude 520 de la station de ski dispose d'une cafétéria. Le PENS propose, à certaines occasions, des sorties guidées en raquette.

L'Auberge des Appalaches utilise les sentiers du PENS, mais aussi 6 km de sentiers faciles qu'elle utilise en plus de ce réseau. On y offre l'initiation à la raquette et le service de guide sur réservation. L'Auberge offre des boîtes à lunch santé, la location de raquettes et de crampons.

Pour connaître les heures d'ouverture et la tarification :

Sutton en Haut / d'Arbre en Arbre : 450 538 6464 www.arbresutton.com
Au Diable Vert : 450 538 5639 www.audiablevert.qc.ca
PENS : 450 538 4085 www.parcsutton.com
Auberge des Appalaches : 450 538 5799 www.auberge-appalaches.com

Les personnes dépourvues de raquettes peuvent aussi en louer à la Boutique GS près de la montagne, au Sports Experts à la station et à la Boutique Extrême dans le village.

DB