Nos parulines et leurs chants

 

Quand l’envie vous prend, à la fin du printemps, d’aller découvrir les bois et les champs, prenez vos lunettes d’approche. Les parulines sont les bijoux de la nature estivale comme le sont les petites fleurs des bois. Pour bien les observer, il faut prendre son temps. Pas de presse, en entrant dans un boisé. Arrêtez et chut, écoutez. Vous entendrez des chants qui vous charmeront et vous vous demanderez d’où ils proviennent. Ce sont ceux des parulines qui font résonner nos forêts de leur joyeux ramage. Avancez lentement et observez. Vous pouvez même rester immobile, ce sont elles qui viendront à vous.


C’est le mouvement qui trahit les parulines. Elles n’ont que faire de la lenteur. Elles sautillent de branche en branche, cherchant les insectes, mais elles ne s’éloignent pas. Patience, vous finirez par les capter dans vos lunettes d’approche. C’est à ce moment que vous serez renversé par la beauté de leur coloris et par les dessins de leur plumage. La première fois que je les ai observées, je n’en croyais pas mes yeux. Je vous en présente quelques-unes qu’on voit fréquemment dans nos régions.

Paruline jaune : elle niche dans nos régions en grand nombre, dans des champs de grands arbrisseaux en bordure des bois. Son chant ressemble à « tire, tire, tire, la bibite ».

Paruline masquée : on la rencontre souvent dans des endroits marécageux à arbustes bas où elle fait son nid. Elle chante « ouistiti, ouistiti, ouistiti ».

Paruline à flancs marrons : elle est très répandue en bordure des bois humides. Elle vous chantera « please, please, please to meet you ».

Paruline des pins : comme son nom l’indique, elle niche dans les forêts de pins blanc matures. Elle vous ravira d’un long trille musical.

Paruline noir et blanc : abondante dans les érablières, elle marche sur les troncs, un peu comme une sittelle. Elle vous dira « tsé, tsé, tsé ».

Paruline bleue : elle est très commune en migration au printemps, mais niche plus au nord. Elle vous lancera un « zur-zur-zziii ».

Paruline flamboyante : très présente dans nos régions, elle est noire et orange et très facile à observer. Son chant comporte beaucoup de variantes, mais son plumage ne vous trom-pera pas.

Paruline couronnée : typique des érablières, elle ressemble à une grive avec une couronne rousse. Elle fait vibrer la forêt de son « ti-pied, ti-pied, ti-pied, ti-pied, ti-pied en crescendo.

Paruline des ruisseaux : elle se promène souvent en bordure des ruisseaux. On la reconnaît à son ventre chamois rayé de noir.

Paruline à gorge orangée : on la voit au printemps au sommet des arbres où la vue de sa gorge orangée est stupéfiante.

Paruline à gorge noire : niche dans les érablières du sud du Québec où elle nous fait entendre son « zi-zi-zi-zou-zi ».

Paruline à croupion jaune : une des premières à arriver en avril, très abondante. Son chant est un doux trille suivi d’une finale variable.

Le meilleur moment pour les observer, c’est en mai avant que les feuilles poussent et nous les cache et avant que leurs oisillons affamés ne les occupent trop pour que même les mâles n’aient plus le temps de chanter.

Bonnes observations!

Ghislaine Delisle
Club des Ornithologues de Brome-Missisquoi