NUANCE ENTRE APERCEVOIR ET BIEN VOIR UN OISEAU

Quand j’ai commencé à m’intéresser aux oiseaux, je les séparais en catégories. Les canards, tous pareils, les gratteurs de sol type moineaux, les oiseaux noirs, les oiseaux chanteurs, etc. Ma vision des oiseaux a complètement changé quand mon père m’a offert des lunettes d’approche et que j’ai commencé à les utiliser. Soudain, il y avait plusieurs variétés de canard. Par exemple, les bruants, qu’on appelait pinson dans mon jeune temps, avaient des nuances de chamois et d’autres couleurs. Quant aux oiseaux noirs, je n’avais jamais remarqué leurs différences ainsi que les reflets iridescents et moirés de leurs plumes. J’étais émerveillée et ces lunettes ont été le début de mon engouement pour le loisir ornithologique.

Les lunettes d’approche permettent de saisir la nuance entre voir un oiseau et bien le différencier des autres. Mais encore faut-il bien les choisir pour en profiter pleinement. Il en existe de tous les prix, entre 50 $ et 2000 $. Les ornithologues chevronnés, pour ne pas dire les maniaques, ne jurent que pas les lunettes haut de gamme. Mais, pour espionner les oiseaux aux mangeoires ou faire un petit tour dans le boisé voisin, il n’est pas nécessaire d’hypothéquer sa maison...

Allez dans un magasin spécialisé et essayez-en plusieurs. N’hésitez pas à vous faire conseiller et à magasiner.

Le grossissement

Des deux chiffres séparés par un X (comme 8X40), le premier correspond au grossissement et le deuxième au diamètre de la lentille. Plus le premier chiffre est gros, plus l’oiseau sera grossi et paraîtra proche, mais plus le champ de vision sera étriqué. Certains prétendent qu’on voit plus d’oiseaux avec un 7 ou 8X qu’avec un 10.

Le deuxième chiffre donne le diamètre de l’objectif. Plus la lentille est large, plus le champ de vision est étendu, mais plus la lunette devient grosse et lourde.

Le secret c’est de les essayer et de voir avec lesquelles on se sent le plus confortable.

Compactes ou standard?

Plusieurs personnes, dont moi-même, privilégient les lunettes d’approche compactes. J’apprécie leur légèreté et leur encombrement minime. On peut les traîner partout. Elles se glissent dans la poche, le sac à dos ou la boîte à gants. Je les ai toujours sous la main en voyage. Mais en raison de la dimension réduite des objectifs, 30 mm ou moins, on perd de la luminosité et du champ de vision.

Les lunettes standard sont parfaites à côté d’une fenêtre pour espionner les oiseaux dans le confort du foyer. Si on veut les emmener en randonnée, il existe des harnais avec bretelles croisées dans le dos qui ménagent le cou.

Autres considérations

L’étanchéité et l’antibuée sont des avantages si on prévoit sortir par tous les temps. S’assurer que le pontet qui règle l’espace entre les yeux est assez rigide pour éviter qu’un simple froncement de sourcils ne le désajuste.

Porter une attention particulière aux œilletons rabattables si on est porteur de lunettes.

La molette de mise au point doit être facile d’accès et tourner librement afin de simplifier son utilisation avec des gants en hiver.

Éviter les mises au point par balancier et les lunettes de type zoom.

Si vous voulez également observer les grenouilles, les papillons et les libellules, assurez-vous que la mise au point minimale soit de moins de 4 mètres.

Conclusion

Par rapport à d’autres loisirs, l’observation des oiseaux a l’avantage de ne nécessiter qu’un investissement minimum pour un maximum d’heures d’émerveillement. L’acquisition de lunettes d’approche servira aussi pour l’observation des papillons, des grenouilles, des libellules, des cerfs et même des coyotes qui passent à l’orée du bois. La nuance entre apercevoir et bien voir permet de découvrir l’entier plaisir de l’observation et la satisfaction d’identifier avec précision.

Ghislaine Delisle
Pour le Club des Ornithologues de Brome-Missisquoi