Il était une fois…

« Elle vit dans un saule parmi feuilles et branchages
Et d’un coup de pinceau charme le paysage »

Une fée se promenait dans la forêt, sa palette et ses pinceaux attachés à ses ailes. Ne la cherchez pas lors de vos promenades, car elle se confond avec les fleurs et les plantes. Hôtesse accueillante des forêts et des bois, cette fée entretient avec la nature une fusion spirituelle créant des tableaux d’une impressionnante énergie. Quel feu! Quel tourbillon! Quelle valse de la nature! Dans le magma terreux, on s’attend à voir surgir des gnomes. Ses beaux grands paysages à l’humus panthéiste célèbrent la Terre, génératrice de toute vie : ses buissons de roses, ses arbustes enflammés, ses lumières montrant le chemin dans une forêt peuplée de mystères.

Lynda Bruce, tissant sa soie des pétales de roses, vit à l’orée des bois de Dunham et peint des paysages pour y habiter. Au fil de ses déménagements dans la région, elle emporte ses pénates avec elle et d’un battement d’ailes recrée son monde mythique. Vert feuille, rouge feu, bleu profond de l’air, autant d’éléments qu’elle maîtrise de son pinceau enchanteur et qui déploient leurs énergies. Car en regardant ses toiles, l’on découvre le surnaturel. Elle célèbre la vie en peignant les forces de la nature, métaphores de ses états d’âme. L’énergie vitale qui se dégage de la nature nourrit et habite son imagination. Ses couleurs flamboient, vibrent au son d’une gamme chromatique riche et florissante avec ses camaïeux de bleus, de rouges et de verts qui hypnotisent l’œil et charment l’esprit. Même ses natures mortes débordent de vie: sur une table entre trois citrons, à bien regarder, une créature éthérée est assise.

Ses tableaux de grandes dimensions aux multiples couleurs nous ouvrent la porte de la rêverie. Des forêts où l’on s’imagine facilement marcher et découvrir parmi les arbres un palais enchanté. Ses peintures montrent différents points de vue si l’on bouge devant, comme si l’on se promenait réellement dedans. À une certaine distance, on voit le paysage se dessiner. Ses prismes de couleurs dispersent une vibration de vie intense, une force spirituelle relâchant quelques génies qui soufflent sur les feuilles. « La nature est un temple », disait Baudelaire, le roi des poètes, et l’on voit bien d’ailleurs sur l’une des toiles de la peintre des colonnes quasi immatérielles, fantomatiques, ayant déjà supporté les temples anciens où des rituels étaient célébrés pour apprivoiser les dieux.

Dans un autre de ses mirifiques tableaux, le vent se lève et on voit les feuilles passer devant nos yeux au milieu de la forêt. C’est comme si on y était. Les âmes tapies en quelques broussailles s’en-thousiasment et émettent des jets de lumière féerique en un envoûtement qui subjugue. Le spectateur devient lilliputien dans le monde gigantesque des arbres. Cette peintre impressionniste fait vibrer la couleur par mouvements de lumière et de vent. Elle réveille la fée ou l’elfe qui se terre dans le creux de l’arbre de notre vie. Elle enchante notre vision et embellit notre perspective. Aller marcher dans ses paysages, c’est en ressortir joyeux lurons. Lynda Bruce sait comment raconter une histoire par le langage de la couleur en exprimant la beauté mystérieuse de la nature.

Fidèle à elle-même, Lynda Bruce peint ce qu’elle sent. C’est un geste d’amour à ce qui l’environne, une célébration qu’elle offre en dansant dans cette cathédrale d’arbres, de plantes et de fleurs.

Lynda s’est beaucoup illustrée en Estrie par ses nombreuses expositions, et ses peintures font partie de quelques collections notamment au Musée national des beaux-arts du Québec. Elle a fait plusieurs envolées dans des expositions solo et en groupe et a remporté divers prix et bourses dont le prix du public au Musée des beaux-arts de Sherbrooke en septembre 2007. Les ateliers de créativité et d’art-thérapie qu’elle donne avec Bénédicte Deschamps depuis deux ans sont une recherche exploratoire à l’aide de jeux, de chants, de danse et de peinture pour retrouver sa véritable essence.

« Mes peintures émanent d’un désir profond de faire corps avec cet environnement et de célébrer l’énergie vitale de la Nature ». Un coup d’œil sur ses œuvres ouvrira la porte de l’enchantement.

Marie Rollet

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