La résilience en corps et en âme

Les humains sont des êtres sociables. Très tôt dans leur évolution, ils ont découvert que de mettre en commun leurs capacités et leurs ressources démultipliait le résultat. Leur capacité de résilience ne fait pas exception. La présence et l’affection de leurs semblables renforcent le courage dans l’adversité. La Maison au Diapason veut offrir cette force aux personnes qui font face à une fin de vie prochaine, tout en soutenant leurs proches.

La réalisation de ce rêve exige des ressources et beaucoup de sous. Pour démontrer sa propre détermination, l’équipe de Au Diapason-Kilimandjaro s’est donné deux défis : gravir le mont Kilimandjaro, le plus haut sommet d’Afrique (5 896 mètres) et amasser 320 000 $. Après une année d’efforts soutenus, l’équipe a plus que doublé son objectif financier. Cependant, il lui restait à escalader le Kilimandjaro.

Pour ces néophytes, le défi de la haute montagne était de taille. À cette altitude, la raréfaction de l’air rend la respiration difficile, pour ne pas dire pénible. Comparée à celle au niveau de la mer, la densité de l’air et de l’oxygène n’est que 50 pour cent. Les participants ont ainsi vécu en état de stress constant et croissant tout au long de l’ascension de plusieurs jours.

Une partie de l'équipe lors de l'ascension

Pour se rééquilibrer, le corps utilise diverses stratégies. La principale est l’augmentation du nombre de globules rouges, capteurs d’oxygène. Cette défense est lente à s’opérer, c’est pourquoi il fallait avancer lentement afin de permettre au corps de s’acclimater. Sa deuxième défense consiste à augmenter le rythme cardiaque afin d’accélérer la circulation sanguine et accroître l’oxygénation à travers le corps. À titre d’exemple, un rythme normal de 70 battements par minute (b/m) s’élève à 100 b/m à 4 800 m. Bien sûr, cette fréquence cardiaque varie d’une personne à l’autre. Le simple fait de marcher devenait un exercice très intense avec des pulsations qui passaient à 125 ou 130 b/m.

Au-delà de 4 000 m, il fallait compter une respiration par pas fait lentement. Le matin et le soir, l’équipe de guides Tusker exécutait le monitorage serré du niveau d’oxygénation du sang et de la fréquence cardia-que de chaque marcheur. De même, ils auscultaient nos poumons afin de diagnostiquer au plus vite tout cas d’œdème pulmonaire. Il revenait à chacun de surveiller les maux de tête, les nausées, la fréquence des urines et défécation, et de rapporter toute ano-malie afin d’obtenir une médication appropriée.

Tout au long du jour, on devait s’astreindre à marcher et à bouger très lentement, sinon tout mouvement inconsidéré résultait en halètement pénible. On devait boire un minimum de quatre litres d’eau par jour, parfois plus, pour maintenir sa bonne condition. Chaque repas était précédé d’un lavage de mains très attentif avec de l’eau javellisée afin d’éviter les infections, qui sont plus fréquentes en altitude.

L’ascension finale s’est déroulée de nuit. Telles des fourmis, on a marché à la queue leu leu, le pas éclairé par une lampe frontale, le moral soutenu et encou-ragé par les chants continuels des guides et porteurs. L’esprit de la montagne a enveloppé et poussé chacun jusqu’au sommet. L’euphorie gagnait le groupe avec la progression du lever du jour et du déploiement d’un spectacle des plus grandioses. Les Tanzaniens nous ont prêté leur montagne quelques brèves minutes seulement, question que tous s’imprègnent de l’immensité magique des lieux : le cratère volcanique, les glaciers et la terre africaine à perte de vue sous les pieds.

Édith Vachon et Roger Tousignant sur le sommet

Seulement quatre personnes sur 36 ont dû renoncer à l’ascension du sommet pour des raisons d’ordre médical et non pas par découragement devant l’effort à fournir. Comme la force qui soutient Au Diapason, ce sont les encouragements et le support des membres entre eux qui ont assuré la réussite et l’atteinte de l’objectif.

La construction de la maison au Diapason débutera l’an prochain. Malgré la grande implication de la communauté à ce jour, il reste quelques pas financiers à franchir avant de finaliser ce projet. L’équipe demeure convaincue que leur chant, comme celui de leurs guides, saura motiver les donateurs jusqu’à l’atteinte de l’objectif. Un camarade d’expédition, Francis Soucy, citait Herman Hess en exemple:

« To achieve the possible, you must attempt the impossible. » L’équipe invite donc celles et ceux qui entendent le chant à faire un pas de plus en faisant parvenir leur don à :

MAISON AU DIAPASON-KILIMANDJARO
920, rue Principale, Bureau 1018
COWANSVILLE (Québec) J2K 1K3

Édith Vachon et Roger Tousignant