La musique au fil des temps

De toutes les époques, la musique a scandé la vie des peuples, elle est même sortie des humains. Comme le souffle, elle s'est exprimée selon les émotions, les habitudes, les cultures et les rites et n'a jamais cessé de traduire l'existence. À chaque siècle, sur tous les continents, certaines pièces sonores ont été résilientes, elles ont tenu bon et elles ont ponctué le temps.

Pour qu'une oeuvre ait résisté au vent des modes, aux caprices du consommateur, aux fluctuations de la publicité et du marché, une question se pose : « Quel a été le secret d'un tel phénomène? » Tout créateur-artiste, qu'il s'agisse de musique, de chanson, d'écriture, de peinture ou de sculpture, a certainement profité d'un moment de grâce, d'une inspiration venue de vieilles mémoires, d'une communion profonde avec le cosmos ou d'un certain éveil spirituel.

Dans son livre Entretiens avec les grands compositeurs, Arthur M.Adell relate ces paroles de Brahms : « Avant d'invoquer la muse, avant d'entrer dans un état d'âme défini, je ressens les vibrations cosmiques supérieures et je sais que je suis encontact avec cette force qu'inspirent les autres maîtres. Les thèmes qui dureront dans mes compositions me vinrent tous de la même manière. J'étais à l'unisson avec l'infini ».

Les Mozart, Vigneault, Roy, Monet, Bourgault ont défié le temps, se mesurant uniquement avec leurs talents. Leurs oeuvres et celles d'innombrables génies ont bravé les règles et les limites humaines et sont encore ici aujourd'hui.

Plusieurs instruments de musique ont aussi supporté l'usure des années. Pensons au « tambour » qui a rythmé les événements des nations primitives et qu'on entend avec plaisir au grand « jam » du Festival international de Drummondville ou au parc Jeanne-Mance. On associe le clavecin à la musique ancienne, le saxophone au jazz, le violon et l'accordéon au folklore. Ces « outils sonores » perdurent jusqu'ici.

Au sujet de la musique classique, d'importantes compositions sont encore choisies par les professeurs de musique et sont offertes en récitals de fin d'année. On les retrouve dans les répertoires de concerts et dans les émissions radiophoniques.

Musique du Moyen Âge, de la Renaissance, baroque ou romantique, toutes ont traversé les âges avec succès. Les symphonies de Beethoven, les concertos de Mozart, les quatuors de Schubert, les valses de Strauss, les nocturnes de Chopin, le boléro de Ravel sont toujours à la mode.

Le chant choral a, pour sa part, le maintien de popularité. On y chante les oeuvres splendides des grands maîtres dont ni chanteur ni auditeur ne se fatiguent. Le grégorien et les messes orthodoxes passionnent autant que les « Negro spirituals » et les « Gospels ». « L'Hymne à la joie » exalte aussi bien un jeune débutant en musique qu'un immense rassemblement.

Le « Messie » de Haendel, l'un des classiques de Noël, tient tête aux siècles et il est chanté partout dans le monde. Une amie de la Nouvelle-Zélande me disait que, depuis trois générations, sa famille l'interprétait chaque année.

D'autres « incontournables » à Noël, tels les oratorios de Bach, l'Enfance du Christ de Berlioz, les cantiques de Noël, sont toujours bienvenus dans nos foyers. Les résilients « Minuit chrétien », « Mon beau sapin » ou « Sainte nuit » chantés en différentes langues ne perdront jamais leurs renommées...

Malgré tous les styles de chansons à la mode, la « Bonne Chanson » demeure dans bien des mémoires. On assiste même à un nouvel engouement pour le folklore. Pensons aux jeunes groupes qui le rajeunissent et le présentent avec tant de plaisir. « Partons, la mer est belle », « Le vieux sapin » et « Le Credo du paysan » provoquent des frissons régulièrement.

D'autres chansons persévèrent et traversent les mers et les vogues. On n'a qu'à penser à « La mer » de Trenet, « La vie en rose » de Piaf, « Dis, quand reviendras-tu » de Barbara, « L'Hymne au printemps » de Leclerc, « Gens du Pays » de Vigneault, « Les immortelles » de Ferland, « Dans nos vieilles maisons » de Millard...

Chers lecteurs et lectrices, il revient à vous de découvrir, parmi les airs retenus par votre mémoire et grâce à votre intérêt, comment leur résilience leur a permis de continuer à enjoliver et à enrichir votre vie.

Céline Larouche