Trop c’est comme pas assez…

En matière d’alimentation ce titre prend tout son sens et saute aux yeux lorsque un certain déséquilibre alimentaire se manifeste. Dès lors, il est important de déterminer si vous avez mangé des aliments sains et nutritifs en quantité suffisante lors de vos repas ou collations. Il est plutôt difficile d’évaluer la suffisance alimentaire, car plusieurs mécanismes à peine contrôlables influencent la consommation d’aliments. En effet, des mécanismes physiologiques complexes, tel l’hypothalamus logé dans le cerveau, stimulent, à court et à long terme, la centrale de l’appétit et de la satiété. Et, de nombreux facteurs psychosociaux influencent la consommation d’aliments. L’odora, le goût, la texture des aliments ainsi que le stress, l’anxiété, la dépression, l’ennui(1) demeurent les plus importants facteurs. Souvent, l’acte de manger est dicté par des habitudes bien établies nonobstant le besoin réel de manger, qui est régulé par l’appétit, ou d’arrêter de manger par satiété. La routine au travail ainsi que le contexte social (ses sorties, ses loisirs, ses sports, ses réunions, la proximité des épiceries et restaurants, son statut social, etc.) agissent sur la quantité d’aliments ingérés. Enfin, le plaisir que procure l’ingestion de certains aliments en favorise la consommation et parfois à excès.

En général, la surconsommation d’aliments et de breuvages peut facilement excéder de plus de 70 à 80 pour cent de ses besoins.

Concrètement, plusieurs signes classiques le révèlent quotidiennement : manger sans avoir faim, se rendre au fond du sac, être plein, ça ne rentre plus, vider mon assiette pour obtenir du dessert, manger à toute vitesse, se servir deux ou trois fois, manger un seul bon repas par jour pour ne carburer qu’au « fast-food » et breuvages sucrés, se créer des d’interdits qui sont suivis de débordements compulsifs…Bien sûr, des circonstances atténuantes (fêtes, réunions…) existent, mais lorsqu’elles perdurent, il vaut mieux s’arrêter et se questionner sur la pertinence de trop manger.

Sans devoir décortiquer tous les facteurs mentionnés, il est possible d’établir des repères concrets qui permettent d’établir des limites respectables afin de retrouver une zone de confort. Comme chaque jour procure une réalité différente, il suffit de s’adapter à ces circonstances.

Dans le récent Guide alimentaire canadien, le nombre et la grosseur des portions par groupe d’aliments pour chaque catégorie d’âge de la population en général, est assez explicite. Il est facile de se créer des repères visuels afin de mieux évaluer les portions à recevoir. Si vous estimez ne plus avoir faim, cesser de manger. Le dessert pourra attendre à plus tard. Évitez de manger des chips et grignotines directement du sac. Choisissez des collations nutritives et préférez des petits repas garnis d’aliments variés et colorés. Faire régulièrement un bref relevé des aliments consommés pendant une journée pour évaluer les carences, puis les redresser. Choisir des produits céréaliers de grains entiers, riches en fibres (plus de 2 g par portion). Manger lentement. Boire suffisamment d’eau dans la journée. Enfin, le plus important, manger des super légumes, la seule catégorie d’aliments au menu qu’on ne mange pas en suffisance…

Une réflexion s’impose sur les réalités qui nous concernent en terme de suffisance alimentaire dans un contexte de surabondance de l’offre du marché, dans un contexte d’insécurité alimentaire et dans un contexte de méconnaissance publique.

Voici quatre sites Internet crédibles qui offrent le moyen d’évaluer ses besoins en nourriture et qui fournissent une foule de renseignements utiles.

http://www.extenso.org

http://hc-sc.gc.ca (Guide Alimentaire Canadien à commander)

http://passeportsanté.net

http://harmoniesanté.com

Sophie Lambert Dtp.

(1) Sherwood, Lauralee. Human Physiology from cells to systems. Wadsworth(ed.).1997.p.604-606.