100 ou 110 pour cent?
Vous êtes fatigué? Vous avez mal à la tête à force de retourner le problème qui vous préoccupe? Vous avez mal au dos après avoir fait autant d'activités durant l’été? Vous n’arrivez pas à dire non à votre patron, à votre client ou à votre entourage? Enfin, vous ne pouvez refuser les demandes qui mobilisent votre temps? Alors, dites : « Ça suffit!» parce que c'est probablement votre corps qui sonnera l'alerte...
À 20, 40, 60 ou même à 80 ans, la vie est généreuse, car elle met sur notre chemin plusieurs occasions pour apprendre à mieux se connaître. Combien de circonstances nous sont fournies pour nous permettre d'observer notre corps, notre posture, notre souffle, nos gestes et leur amplitude? L'auto-observation n'est pas du nombrilisme. Au contraire, elle permet d'apprendre à mieux se centrer, à se sentir plus équilibré, à reconnaître des attitudes, des états de nervosité et de fatigue qui ont des répercussions sur notre quotidien, sur notre entourage et sur notre avenir. La connaissance de soi permet également de développer la compassion et de reconnaître en soi et chez les autres les limitations naturelles du corps humain comme l'âge, la taille, le sexe et aussi les tensions physiques et les surcharges mentales, les douleurs et les maladies...
Vous vivez présentement une période de stress? Quand un problème urgent se pointe, que des émotions émergent après une discussion intense ou qu’un effort physique s’impose, le corps le reconnaît. En fait, il a probablement déjà pris connaissance de votre niveau de stress avant que vous n’en ayez conscience et, par habitude, il bascule en une réaction en chaîne qui aboutira en tensions ou douleurs musculaires. Êtes-vous du type à serrer les dents, à vous mordre les lèvres ou à crisper les doigts ou les mains lorsque vous vous concentrez? Ou encore retenez-vous votre souffle, serrez-vous les muscles fessiers et crispez-vous les orteils en anticipation à ce qui s'en vient? En lisant cet article, est-ce que vous tendez le cou... pour mieux lire?
Quand on prend le temps de relaxer, par exemple lors d’un massage, il devient possible de suivre les trajectoires de ses tensions. Le moment est idéal pour en apprendre un peu plus sur le fonctionnement du corps. On peut, pour ainsi dire, cartographier les tensions et les douleurs et établir des liens entre ces points névralgiques. C'est une méthode qui aide à ressentir où se loge le stress et à reconnaître les gestes quotidiens qui déclenchent la réaction à la chaîne de contractions musculaires.
Parce que le corps ressent et enregistre les petits et grands traumatismes de la vie jusque dans la cellule des fibres musculaires, il mémorise une multitude de signes en souvenir... Le système de protection semble très efficace! Mais, à force de se protéger, couche après couche, il finit par ressembler à un oignon. Donc, quand on ressent une grande douleur en surface, une qui nous fait dire « Ça suffit! », il est temps de s'occuper de soi. Or on réalise souvent que sous ce gros bobo, il y en a des plus petits. Cependant, la plupart du temps, il n'y a pas de quoi pleurer! Toutes sortes de stratégies (massage, étirement, bain salé, remise en forme, yoga, prise de conscience, changement d'attitude, thérapie préférée, etc.) permettent de se délester, couche par couche, des douleurs et tensions qui forment cette carapace et qui contraignent la pleine amplitude des mouvements.
Alors, vaut mieux agir avant d'avoir atteint ou donné son 110 (ou juste son 100) pour cent. Prendre trois grandes respirations profondes et, pour chacune d'elles, expirer en relâchant toutes ses tensions et laisser aller ses tracasseries. Relâcher les épaules, desserrer les mains et la mâchoire. Ne vous inquiétez pas, les problèmes sauront vous trouver; mais votre attitude envers eux ne sera plus jamais la même...
Anik Kelly
masso-kinésithérapeute