Viser la suffisance

Le Tour est né d’une insuffisance d’information à Sutton il y a 24 ans. Ce numéro entreprend le 25 e volume du journal, une année anniversaire qui soulignera à l’occasion le passage du temps pour mieux reconnaître son sillage... Par exemple, le premier numéro du journal relatait le décès de Réal Boulanger et publiait des articles sur le Centre d’interprétation de la nature des monts Sutton, sur l’importance du Club de chasse et pêche et de l’ESCO lodge. Il comportait, entre autres, les annonceurs suivants : Noirmouton, Frank Santerre, Yvon Paquette, Netherwood Schwesig, O Caprice, Atelier Ruth Lambert, Boulangerie En Passant, Les Puces Buissonnières, Provigo, l’Auberge du Bourg, Le Loft, Auberge de la Ferme Old Notch, le Restaurant TIEN AN II, Ameublement Boulanger, la Pisciculture Mont Sutton... tous avec une contribution durable au tourisme.

Qu’on le veuille ou non, l’été 2007 marquera pour toujours lui aussi le futur de Sutton, car l’enfouissement des fils sur la rue Principale servira de fondation pour bien répondre aux besoins de la société actuelle. La vision d’un village « centré sur les personnes, comblé de nature et animé d’un contact avec la culture », qui avait été formulée lors des consultations publiques à la suite de la révision du plan d’urbanisme et des réunions sur l’avenir de Sutton, a été perçue pendant les travaux d’enfouissement.

Il faudra se souvenir de ces journées achalandées de juillet quand piétons, vélos, automobiles et équipement de construction partageaient la rue Principale en toute courtoisie.

Ce partage, à vitesse ralentie, a démontré ce que le coeur d’une communauté peut devenir. Sans trottoirs, sans règlements de stationnement, sans limite d’accès (pourtant comportant un bon nombre de contraintes), la rue Principale est devenue un vaste trottoir où la circulation de véhicules était... permise. Il n’y a pas eu un accident, pas une bêtise, pas une plainte. On a fêté la Saint-Jean-Baptiste en grand et, en plein centre du village, on a présenté la première Journée des fous en même temps que la Vente sans trottoirs et la fête nationale Suisse. Et, les citoyens et les visiteurs s’en sont régalés à coeur joie.

Comment acceptera-t-on de tourner la page sur ce civisme une fois que la rue aura été réaménagée, asphaltée, décorée et qu’elle relèguera les piétons aux trottoirs et les véhicules à la rue? Plusieurs citoyens en demanderont encore et exigeront sûrement que les automobilistes roulent plus lentement et que les camions lourds soient évincés de la rue Principale. Espérons atteindre la suffisance à cet égard, en faire juste assez mais pas trop.

Bonne lecture!

Denis Boulanger