Galerie Arts Sutton

La Galerie Arts Sutton compte une dizaine d’expositions dans sa programmation annuelle. Le nombre de dossiers reçus lors de l'Appel de projets est de loin supérieur au nombre d'expositions présentées. Un choix éclairé est fait par des professionnels en arts visuels. Le processus de sélection implique donc de faire resurgir à la surface les dossiers qui se démarquent par leur qualité, leur originalité et la maîtrise du médium.

La riche programmation estivale de la Galerie Arts Sutton a débuté le 14 juin 2007 avec une exposition du photographe montréalais Denis Farley. Le corpus d'œuvres présentées est tiré de la série Déplacements, où l'artiste met en évidence la relation fondamentale qui existe entre l'humain et l'environnement urbain. Stratégiquement positionnés dans un espace architectural, les personnages semblent être là sans raison, minuscules devant cette immensité inorganique de pierre, de béton ou de vitre. L'insertion de références à la nature fait office de bouffées d'air frais dans ces paysages austères, au premier abord. L'artiste fait référence ici au désir de s'évader ou de retourner aux éléments originels.

Denis Farley, Fontaine # 1, 2007. Impression numérique, 76 X 152 cm

Détenteur d'une maîtrise en arts visuels de l'Université Concordia, Farley a participé à de nombreuses expositions au Canada et à l'étranger.

En juillet on a pu voir les œuvres d'Hélène Coulombe et de Suzanne Reid regroupées sous le titre Traces. Les acryliques de Coulombe constituent une réflexion sur l'engagement face à sa propre existence, sur le courage et la beauté de rester « debout » quoiqu’il arrive. Ces images d'énergie et de volonté, qui se traduisent par les couleurs fortes et la fluidité du geste, mettent de l'avant cette force qui permet de persévérer.

Hélène Coulombe, Le mouvement nécessaire, 2006. Acrylique sur toile, 122 X 92 cm
Suzanne Reid, De variations et de traces, 2005. Bois gravé, 30 X 30 cm

S'inspirant du bouclier précambrien, les gravures de Reid suggèrent, quant à elles, des formes allongées qui glissent lentement à la surface d'étendues dénudées. Le mouvement d'attraction et de répulsion laisse derrière des traces de vie, comme des marques indélébiles qui ponctuent l'envers du temps. L'artiste évoque ici l'émergence de ces continents qui surgissent des profondeurs intérieures, vestige d'un univers qui est toujours à conquérir.

Hélène Coulombe vit et travaille à Montréal. Elle détient une majeur en Arts plastiques de l'Université de Montréal où elle anime, depuis 2004, des ateliers de peinture acrylique. Détentrice d'une maîtrise de l'UQAM, Suzanne Reid a participé à de nombreuses expositions notamment à travers l'Europe. Elle est récipiendaire de plusieurs bourses.

Au cœur de l'été, la Galerie à présenté la deuxième d'une série de trois conférences prévues pour l'année 2007. Intitulée Des peintres au jardin, cette conférence donnée par l'historienne de l'art Monique Gauthier permettra aux visiteurs de découvrir les jardins qui ont inspiré des œuvres picturales en France ou aux États-Unis. Monet, Caillebotte, Cézanne, Tissot, et plusieurs autres savaient transcrire d'une manière très différente la réalité du jardin.

La dernière exposition de la saison estivale a été présentée du 23 août au 23 septembre. Les œuvres tridimensionnelles de Lorraine Bénic, dont la source de réflexion porte sur « l’origine et le dépaysement », sont construites à partir de la rencontre de matières hétérogènes (bois, métal, verre), de petits objets chargés d’histoire(s) devenus anonymes (vieilles clés, clous, pierres), etc. Bénic pose ici une réflexion, tant sur la diversité, la pluralité, la cohabitation, le métissage, que sur le déplacement/nomadisme et le temps/mémoire. Des gravures et livres d'artiste ont été présentés en complément à l'exposition.

Lorraine Bénic, Conjonction 29, 2004. Techniques mixtes, 33 X 73 X 13.50 cm
Photo: Paul-Simon

Chargée de cours de l'unité des Arts visuels et médiatiques de l'UQAM, Lorraine Bénic expose, depuis 1965, non seulement au Québec et au Canada, mais également en Belgique, en France, aux États-Unis, en Hollande, etc. Ses oeuvres enrichissent plusieurs collections privées et publiques dont celle de la Bibliothèque nationale du Canada ainsi que celle de la Banque d'œuvres d'art du Conseil des arts du Canada.

Catherine Audet