L'argent ne fait pas le bonheur… Un adage que l'on entend et que l'on répète souvent. Pourtant, l'argent occupe une grande place dans notre bonheur. Notre relation à l'argent demeure au centre de notre vie. Tant de travail et d'énergie pour en gagner, puis tant de facilité à le voir disparaître à l'épicerie, chez le coiffeur, à la pompe à essence… En vérité, un rapport cruel existe entre ses besoins et l'argent.
Bien des trucs existent pour contrôler «l'hémorragie numéraire». L'un d'eux, savoir où va la moindre piastre, est laborieux, mais très efficace! Il faut bien identifier chaque petite gâterie, qui sert souvent de baume à ses labeurs acharnés, parce que leur somme peut dégarnir rapidement un compte en banque.
Or, pour mieux comprendre la valeur d'une chose, on peut l'exprimer en fonction du nombre d'heures qu'elle requiert en énergie vitale (travail). Un salaire net, après impôt, qui serait déboursé pour une paire de chaussures à 100 $ équivaudrait à 10 heures de travail à10 $/h. Comme générer de l'argent coûte de l'argent, il ne faut pas négliger de soustraire de son tarif horaire l'équivalent horaire des dépenses reliées au travail : l'essence, le dîner au restaurant, la garderie, etc. Si ces dépenses représentent 4 $/h, le salaire horaire net tombe à 6 $. Et hop! La valeur de la paire de souliers passe à près de 17 heures de travail... En vaut-elle la peine?
Prendre le contrôle de son argent, c'est comprendre sa capacité de le générer et de respecter sa limite. Cela veut aussi dire d'éviter de dépenser l'argent qui ne nous appartient pas en propre : impôt à payer et, pour une entreprise, les taxes de vente… Vaut mieux déposer leur montant dans des comptes à part afin que l'argent y soit quand viendra le temps de le rembourser à qui de droit. Dans le même sens, on le fait pour ce qu'on aura déterminé d'avance comme étant le montant minimum d'épargne à contribuer à son REER, ses versements anticipés sur l'impôt à payer, etc. Une attitude proactive engage à économiser par versements ces montants, comme si on avait à payer un loyer mensuel. De cette façon, on ne sera pas contraint, par oubli, à un manque de liquidité le moment venu de payer. Enfin, il faut envisager que déclarer ses revenus à l'impôt est une libération, même dans les cas de retard de plusieurs années parce de le faire se transforme souvent en une belle surprise d'entrée d'argent
Par ailleurs, le principe ne s'applique pas juste à l'argent. Le troc, l'échange de services, se comptabilise quand on connaît la valeur marchande des produits échangés. En outre, la pratique du troc favorise la création de réseaux de contacts et encourage le travail des autres.
Un certain détachement est nécessaire si l'on veut améliorer son rapport personnel à l'argent. Mais, il faut d'abord admettre ces conditions et reconnaître les situations qui menaceraient de nous faire manquer d'argent. C'est pourquoi il faut avant tout savoir où va son argent. La meilleure façon est de comptabiliser ses dépenses mensuelles et les comparer à ses revenus. On s'apercevra vite si on profite de la vie plus que l'on travaille! Il n'est pas nécessaire de maudire l'argent quand on l'utilise à bon escient. Une flamme peut détruire une maison aussi bien que de la rendre accueillante et chaleureuse. La différence réside dans son contrôle.
Entretenir une relation saine avec l'argent c'est aussi apprendre à en faire don à une cause ou à un organisme qui nous tient à cœur. Faute d'argent, on pourra offrir de son temps bénévolement pour alléger ou faciliter la tâche des autres. Une belle façon de se libérer l'esprit, car «l'argent que l'on adore, nous jette un sort!»
Louise Maheux