Faciliter agréablement le maintien de sa santé
Le lunch et le souper sont-ils constitués d'une assiette principale qui offre deux à trois légumes? Si oui, persistez. Sinon, tentez-en l'expérience, car en plus de ce qu'en disent les sondages, l'insuffisance de légumes dans l'alimentation « moderne » complique, au final, la qualité de vie de la population en général…
Saviez-vous que la plupart d'entre-nous se disent plutôt bien informés au sujet des principes de base d'une saine alimentation? Étonnamment, 80 % reconnaissent qu'il faut consommer plus de 5 à 10 portions de fruits et légumes chaque jour (1). Toutefois, 7 enfants sur 10, âgés de 4 à 8 ans, et 50 % des adultes ne consomment pas la quantité minimale quotidienne requise de 5 portions de légumes et fruits, dont au moins 2 portions de légumes (2). C'est dommage, car en plus de se priver de saveurs, de couleurs et de textures uniques et agréables, cette insuffisance affecte de façon négative, à long terme, le développement et le traitement efficace des maladies courantes. En effet, le cancer, l'obésité, le diabète et les maladies cardio-vasculaires émergent et s'installent solidement à grande échelle au sein de la population régionale…eh oui ! chez nous, parmi nos proches. Ainsi, lorsque le diagnostic tombe, un apprentissage des principes alimentaires de base, dont manger des légumes et des fruits frais, et une rapide mise en pratique deviennent nécessaire pour faciliter le traitement médical et améliorer la qualité de vie.
En conséquence, la prévention est de loin la meilleure stratégie à adopter pour se faire du bien. Et, le temps et l'observance de principes s'avèrent des alliés efficaces afin d'obtenir tous les bénéfices d'une alimentation riche en légumes.
Curieusement, les arguments utilisés par les individus pour justifier l'absence de légumes dans leur assiette sont nombreux. En voici quelques-uns : « Ils ne sont pas sur la liste d'épicerie», « On a oublié d'en acheter », « On ne sait pas quoi acheter », « On les achète moins souvent parce qu'ils sont mal présentés en magasin », «Le marketing est insuffisant »… On arrête aussi d'en acheter parce qu'ils se défraîchissent dans le tiroir du réfrigérateur avant qu'on ne les consomme. Par ailleurs, les reportages médiatiques, lorsqu'une contamination de légumes importés est découverte, affectent les ventes du produit en question même lorsqu'il est produit localement. Un exemple récent est celui du rappel des épinards contaminés en provenance de la Californie, cela a fait basculer la vente d'épinards locaux. Pourquoi est-on aussi incensé?
Voici d'autres raisons invoquées. La préparation de légumes requiert un minium de connaissances et exige du temps pour les apprêter. Parfois, c'est une question de goût personnel, par exemple, on en mange seulement l'été quand ils sont frais du jardin. D'autres fois, on accuse une mauvaise expérience culinaire ou encore que, dans le passé, on a été contraint d'en manger avant d'avoir droit à son dessert… En bout de ligne, toute excuse semble bonne pour éliminer les légumes de son assiette.
Nathalie Boivin, une étudiante-chercheuse en nutrition de l'université Laval, a même constaté que les familles avec des enfants dont la mère travaille à temps partiel achèteraient de moins en moins de légumes ( 3)… Maintenant, il serait intéressant de savoir pourquoi.
Cette liste sommaire d'excuses fait obstacle à la consommation quotidienne des 5 à 10 portions de légumes et fruits, et à la pratique de consommer des légumes aux repas et lors de collations. Malgré ces nombreux obstacles, mythes et légendes urbaines, on constate que les achats de légumes seraient à la hausse… En somme, ceci indiquerait qu'on adopte de plus en plus la recommandation. Ainsi, la consommation accrue de légumes frais devient peut-être incontournable, car elle fait partie d'une approche globale, tout comme l'exercice physique, en vue d'améliorer sa qualité de vie, qui est intimement liée à la santé.
Cette notion de base en nutrition est connue de tous. La mise en pratique des 5 à 10 portions de légumes et fruits par jour paraît exigeante, mais en fin de compte, c'est une démarche agréable qui facilite le maintien de sa santé et de sa forme physique.
Sophie Lambert, Dtp.
1- Santé Canada.2003 « Point de vue des consommateurs sur une saine alimentation -Sommaire de la recherche quantitative- » . P.2.
2 - Statistique Canada.2004. « Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes : Vue d'ensemble des habitudes alimentaires des Canadiens. » Le Quotidien. P.1.
3 - Hamann, Jean. Juin 2003 . « Privé de légumes ?» , Journal Au fil des événements de l'université Laval .