Toi, moi et les plantes médicinales

Depuis des heures, j'essaie de trouver une plante pouvant m'aider à parler de « faciliter »! Je tourne et retourne les spécificités de chacune, mais le problème reste entier : elles sont toutes facilitatrices! C'est là leur façon d'agir. Voilà ce qui est si beau avec les plantes médicinales; elles ne font pas le travail à la place du corps, elles aident le corps dans ses fonctions, elles facilitent ses efforts en supportant, en canalisant ou en renforçant des mécanismes, des processus, des réactions que le corps fait naturellement. Les plantes peuvent aussi empêcher ou créer des processus, c'est clair, mais on parle alors de biochimie plus avancée.

À ces mots, je viens de trouver une belle plante qui facilite une foule de choses : le curcuma. Curcuma longa surtout. En Inde, le curcuma est utilisé depuis des millénaires, tant en médecine ayurvédique que dans de nombreux plats, ne serait-ce que pour permettre de laisser non réfrigérée la nourriture durant de longues heures. C'est que le curcuma est extrêmement antioxydant et antimicrobien. Ne s'approche pas de ses protégés qui veut. En sa présence, les amibes et autres bactéries indésirables ne se sentent pas bienvenues. Le curcuma inhibe la croissance de nombreuses bactéries, dont celles causant la dysenterie amibienne ou l'amibiase. L'utilisation de plantes comme le curcuma dans la nourriture n'est pas anodine, car non seulement la plante agrémente le goût, elle facilite aussi la digestion. Cette plante est connue sous le nom « d'épice ». Et puis, comme toutes les autres épices, le curcuma est facilement accessible et utilisable. L'idée des choses faciles qui facilitent la vie me plaît beaucoup.

Concernant la digestion, l'action du curcuma se concentre particulièrement sur le foie. Il stimule la production et surtout l'excrétion de la bile, donc la digestion des gras. Il protège le foie et toutes les cellules du corps par ses effets antioxydants. On l'utilise pour les inflammations et les infections du foie et de la vésicule biliaire. Le curcuma protège aussi la muqueuse de l'estomac en cas d'ulcère gastrique. Je reviens un peu sur les effets antioxydants de la plante. Il est prouvé que l'oxydation cause énormément de dommages métaboliques et cellulaires. L'utilisation d'antioxydants aide le corps dans son entièreté. À ce titre, le curcuma est utilisé, entre autres, dans les cas d'artérosclérose où il prévient le dépôt du cholestérol oxydé sur les parois des artères. Le curcuma est aussi une des plantes utilisées dans la prévention et les traitements de cancers. Encore une fois parce qu'il est antioxydant, mais aussi pour des effets beaucoup plus spécifiques comme la suppression de l'effet mutagène de plusieurs substances toxiques. Il empêche aussi certaines mutations génétiques impliquées dans des cancers. Même chose pour le VIH dont la progression se voit ralentie par l'utilisation du curcuma. Les mécanismes d'action impliqués ici sont assez complexes. Plusieurs études cliniques sont actuellement en cours, ce qui permettra sans doute de comprendre davantage où, comment et quand le curcuma agit.

Un autre effet fantastique de ce puissant rhizome est son action anti-inflammatoire. C'est d'ailleurs une de ses actions les plus connues. On parle alors d'arthrite, de rhumatismes, d'arthrite rhumatoïde, de douleurs musculaires et névralgiques, de bursites et de tendinites. On l'utilise alors en interne et en externe, mais attention à la peau, c'est hyper colorant! Utilisé conjointement à des acides gras essentiels, l'effet du curcuma est comparable à celui de la cortisone. Ainsi, le curcuma fait partie des plantes « super extra plus ». Il y a cependant certaines contre-indications ou interactions avec des médicaments qu'il est important de surveiller pour quiconque souhaite prendre du curcuma.

Alors, n'hésitez pas à consulter, à chercher, à demander… Il en vaut la peine!

Namasté!

Annie Rouleau
Herboriste
450 538-6454