Stéphane Lemardelé
navigue le crayon à la main

Il conquiert la région de Brome-Missisquoi par le crayon comme il a conquis l'Atlantique en voilier. Stéphane Lemardelé voit loin, son horizon s'étend à perte de vue. Sur son passage, les sillages s'ouvrent sur un beau livre d'images. Ses nombreux carnets de voyage, dessinés lors de ses trois traversées de l'Atlantique, nous révèlent un homme épris d'art et de liberté.

Originaire de la région fabuleuse du Mont-Saint-Michel, situé en Normandie, rappelle-t-il, Stéphane Lemardelé a depuis toujours dessiné. Il a fait un an à l'École des beaux-arts en France après des études en communication. Il a une formation en dessins animés et œuvre aussi dans le domaine cinématographique. C'est Stéphane qui s'occupe de la programmation du cinéma en plein air de Dunham et du Ciné-Cabaret de la salle Alec et Gérard Pelletier de Sutton. Il vit au Québec depuis onze ans.

Ses croquis de conception de décor pour un vidéoclip de Johnny Haliday, ses story-board pour de nombreux films québécois dont Gaz Bar Blues, ses illustrations pour le cinéma et pour les livres d'enfants, ses enseignes, ses affiches pour les commerces d'ici et d'ailleurs en plus de ses expositions personnelles, notamment au Musée des beaux-arts de Sherbrooke, témoignent de la polyvalence de son talent. Il manœuvre avec sûreté, le vent en poupe. On reconnaît sa plume tantôt sur le panneau du marché champêtre de Dunham, tantôt sur le panneau touristique de Frelighsburg. Comme sur le catamaran, Stéphane s'entoure d'une équipe où la concurrence n'a pas sa place à bord. De jeunes artistes partagent avec lui l'atelier Le Bocal et participent à plusieurs activités culturelles importantes dans la région.

Les villes et les pays veillent à conserver les pages de leur patrimoine culturel et à susciter chez leurs citoyens un sentiment d'appartenance. Stéphane travaille présentement au Carnet de Brome-Missisquoi, un circuit patrimonial qui paraîtra en 2007.

Sa manière de travailler est un long et minutieux travail de moine. Il trace de petits traits sur le papier, puis peu à peu apparaît l'essence des choses et tout est là dans les contrastes créés par le noir et le blanc. Il a une façon très zen de dessiner. Que ce soit au crayon, à l'encre de Chine, à l'acrylique ou à l'aquarelle, Stéphane Lemardelé crée. Parfois, il y a des personnages sans visage regroupés qui évoquent des gens dont l'âme s'est perdue quelque part en chemin. Parfois c'est une maison seule dans le calme paysage de notre région. Sous la fine pointe de son crayon émergent les personnages de bédé, autre passion dans laquelle il excelle également.

Dernièrement, à partir de ses créations, Stéphane Lemardelé a produit des estampes, sorties de la presse et du papier de la galerie Dupont de Frelighsburg et numérotées jusqu'à 99. L'art de l'estampe remonte au XVe siècle. Une estampe est une image à partir d'une impression reproduite au moyen d'une planche gravée. Elle permet d'être imprimée en plusieurs exemplaires. Aujourd'hui, il existe différentes manières de graver les planches. L'important, lors de l'impression, est de reconnaître les parties qui reçoivent de l'encre de celles qui n'en reçoivent pas. Toutes les estampes sont différentes selon le papier, la disposition de l'encre et la couleur.

Si vous avez raté l'exposition des estampes de Rubens au Musée national des beaux-arts du Québec, il y a quelques années, vous pourrez toujours admirer les dessins et les estampes de Stéphane Lemardelé dans son atelier. Visite sur réservation seulement 450 263-4516.

Marie Rollet