Perturbation culturelle
Depuis l’adoption de la politique culturelle du Québec en 1992, plusieurs municipalités régionales de comté et quelques municipalités se sont dotées de politiques culturelles afin de développer des stratégies de développement culturel et d’assurer une certaine cohérence et une meilleure coordination entre les instances locales, régionales et gouvernementales.
Au début, cette démarche semblait réservée aux grandes villes, souvent plus actives au niveau culturel. Mais les plus petites municipalités ont-elles aussi réussi à s’imposer? Aujourd’hui, au-dessus de 40 MRC et 76 municipalités possèdent leur politique culturelle.
En 2001, Brome-Missisquoi rejoignait le rang des MRC « politiquement culturelles », ce qui entraîna, en 2004, la signature d’une entente de développement avec le ministère de la Culture et des Communications et suscita des dépenses de près de 400 000 $ l’an dernier (2005) dans les arts et la culture au niveau régional.
En aval de cette initiative, des municipalités comme Bromont et Cowansville ont à leur tour adopté leur politique culturelle. En février dernier, la ville de Sutton annonçait officiellement son intention de se doter d’une telle politique, et ce, avant même que la firme de sondage Hill Strategies la déclare « la petite municipalité la plus artistique du Québec », les artistes comptant pour 6 % de sa population, tandis que la moyenne nationale se situe à 0.8 %.
Pourquoi tant de perturbations au niveau culturel dans la région? Parce que la culture, synonyme de qualité de vie et de rayonnement, est de plus en plus reconnue comme un moteur de développement global et durable.
Au printemps dernier, l’enquête menée auprès des acteurs culturels et des citoyens de Sutton a d’ailleurs confirmé que la vitalité culturelle de Sutton est en plein essor. Non seulement, beaucoup d’artistes et de professionnels issus du milieu culturel ont élu Sutton comme lieu de résidence et de travail, mais ils sont nombreux à donner de leur temps afin d’assurer le dynamisme culturel et artistique de la municipalité.
La galerie Arts Sutton, le Cœur du village, l’antenne de l’Université du troisième âge et la société d’histoire Héritage Sutton, pour n’en nommer que quelques-uns, font maintenant partie intégrale du paysage culturel de Sutton grâce à l’apport de bénévoles qui ont mis au profit de la communauté leur expérience professionnelle. Les nombreuses galeries d’art, les bibliothèques, les églises et les commerces contribuent aussi grandement à mettre de l’avant la culture et les arts en offrant des expositions, des spectacles et en soutenant les événements culturels comme le Tour des Arts ou les festivals de jazz et de blues.
Le projet de politique culturelle s’accompagne d’une volonté de contribuer davantage à la vie culturelle de la part du conseil municipal. Il est motivé par un souci d’offrir des services culturels de qualité aux citoyens et de mettre en évidence les spécificités locales.
Les questionnaires et les rencontres sectorielles ont fait ressortir le désir unanime de faire de Sutton une destination culturelle en plus d’être une destination plein air. Pour y arriver, la municipalité s’engage à consolider les acquis en matière culturelle en offrant un soutien aux organismes et aux acteurs culturels qui s’inscriront dans les orientations de la politique culturelle. Elle s’engage à leur offrir plus de visibilité et à en faire une meilleure promotion. Il faudra, entre autres, amener les intervenants municipaux et culturels à collaborer avec le milieu des affaires et ceux de l’éducation et du tourisme afin de développer une cohérence et une complémentarité des services.
Le premier projet de politique culturelle de la Ville de Sutton sera donc présenté lors d’une consultation publique en septembre 2006. Ce projet comprendra l’énoncé des principes directeurs, des orientations et des objectifs qui baliseront les interventions futures de la municipalité dans le domaine de la culture. On souhaite que la population participe en grand nombre à cette consultation afin que la politique culturelle traduise une vision globale et commune de l’avenir culturel de Sutton.
Geneviève Hébert