SURPRISES EN MILIEU SAUVAGE

Je reviens (2006) d’un séjour de pêche dans une ZEC (Zone d’Exploitation Contrôlée) au fin fond de l’Outaouais. Dans cet habitat sauvage, nous avons vu et entendu quantité d’oiseaux : différentes espèces de parulines, plongeons huards, canards. Mais la présence de certains oiseaux nous a surpris.

En effet, le colibri à gorge rubis, qu’on croit dépendant des abreuvoirs et des fleurs de nos plates-bandes, se retrouve dans la nature sauvage et s’y débrouille très bien. Nous l’avons vu butiner quantité de fleurs sauvages qui se trouvent au bord des lacs. Certaines mêmes, comme la pogonie langue-de-serpent, sont de la famille des orchidées. Évidemment, nos abreuvoirs à colibris, qui ont souvent des perchoirs, leur facilitent la vie et représentent une économie d’énergie; mais finalement, cet oiseau peut survivre sans nous, et la nature peut très bien subvenir à ses besoins.

L’hirondelle bicolore, qui occupe les nichoirs que nous lui fabriquons, virevolte autour des lacs sauvages et utilise d’anciens trous de pics pour nicher. Nous en avons observé se nourrissant d’insectes au-dessus de l’eau. Elles étaient nombreuses et semblaient très à l’aise dans la sauvagerie.

Le merle d’Amérique, qui est un habitué de nos pelouses et des champs, fait partie de notre vie quotidienne. Hé bien! Dans le fin fond des bois, nous en avons vu s’envoler devant notre véhicule. Ils s’y nourrissent d’insectes et de petits fruits et nichent en bordure de forêt.

Et, le martinet ramoneur, ainsi nommé parce qu’il niche en colonies dans les cheminées, à ma grande surprise, j’en ai vu voler au-dessus de la forêt. En l’absence de cheminée, il choisit de grands arbres creux pour y construire son nid, comme il le faisait certainement déjà avant l’arrivée des hommes blancs...

On réalise que certains oiseaux ont profité de la présence de la civilisation et que les perturbations qu’elle a engendrées, n’ont pas été toutes négatives. Or, il ne faut pas oublier qu’ils étaient là et vivaient très bien avant... qu’on les observe.

Ghyslaine Delisle