Perturbations guérisseuses

Lors d’une conversation sur nos différentes visions de l’utilité de consulter des thérapeutes, un des gars présents disait : « Chacun sait ce qui ne va pas en lui. Pourquoi aller voir quelqu’un pour s’entendre dire ce que l’on sait déjà? » Et les filles de répondre : « Il est parfois bon de valider ce que l’on sent. Il arrive que certaines questions puissent nous échapper et des thérapeutes sont là pour nous aider à faire des liens ». Je dirais qu’effectivement, chacun sait ce qui se passe en lui ou en elle. Il reste à accepter honnêtement l’impact de ses sentiments et à en gérer les conséquences, qu’elles soient positives ou non.

J’adhère personnellement à l’idée que l’humain est créateur et entièrement responsable de son être. Cette vision implique que chaque expérience vécue prend sa source au tréfonds de l’être qui la vit. James Green* dit ceci : « En tant qu’esprits libres, explorant l’univers qu’est la vie, il peut nous arriver de faire des choix provoquant ponctuellement des expériences de frustration, d’ennui, ou des symptômes de malaise. Gardons cependant à l’esprit que toute expérience demeure temporaire et malléable, tout comme l’univers physique. La maladie, comme chaque expérience, n’est qu’une manifestation éphémère de notre vie présente. Elle est un indicateur, un professeur intérieur nous permettant de voir comment, à partir de nos attitudes et croyances actuelles, nos choix dirigent l’énergie créatrice relative aux plus vastes intentions de notre être profond. » La connaissance de soi est donc primordiale.

Prenons un exemple: le « burn-out ». Il s’agit, selon moi, d’une belle illustration de « choix provoquant ponctuellement des expériences de frustration et de malaise ». Vous avez probablement déjà entendu quelqu’un dire : « Si je continue comme ça, je me dirige droit au burn-out! » Ce qui me touche, c’est que, très souvent, changer ses choix demande un travail de fond intense que nombre d’humains ne font qu’une fois en arrêt de travail pour cause de burn-out. L’aspect éphémère des choses n’est pas une notion que l’on étudie à l’école! C’est là que peuvent entrer en jeu les thérapeutes précédemment mentionnés. Ceux-ci, comme les méthodes thérapeutiques qu’ils utilisent, demeurent des outils choisis par une personne qui veut s’aider en certains moments. J’inclus ici la médecine officielle et sa pharmacopée. Idem pour les plantes que je chéris particulièrement.

Bourrache

Je reprends mon exemple du burn-out et j’amène une plante aidante, la bourrache. Ses parties végétales sont piquantes comme un plant de concombre, ses fleurs et jeunes feuilles sont aussi rafraîchissantes que ce dernier. Elle tient davantage lieu de complément, avec d’autres plantes plus « puissantes », que de composante majeure d’un traitement. Les anciens herboristes l’appréciaient pour ses capacités à rendre les gens heureux, réconfortant le cœur, chassant les chagrins et redonnant la joie à l’âme. Ou encore, pour évacuer les états pensifs et la mélancolie. À voir ses utilisations actuelles, il est clair que ces anciennes théories n’ont pas été appuyées par la science. On l’utilise plutôt pour des troubles de nature chaude : fièvres, muqueuses irritées, inflammations. La bourrache est aussi une des plantes les plus fréquemment utilisées avant et durant la ménopause, grande période de perturbations s’il en est! J’appuie tout cela, mais je suis profondément de l’avis des anciens : la bourrache fait du bien à l’âme, elle redonne du courage et apaise réellement la mélancolie et autres états pensifs. A-t-on toujours besoin de preuves scientifiques? Moi, non! J’ai des preuves vivantes. Et je garde en tête que la bourrache demeure un outil ponctuel, fort utile lors de certaines manifestations de nos choix!

Borago officinalis

Et encore une fois, le fait que l’expérience soit pénible ne la diminue en rien, pas plus que l’être qui la vit. Au contraire, c’est une école incroyable! Et puis, lorsqu’une expérience n’est plus bénéfique, on peut l’utiliser comme plateforme sur laquelle s’élever pour voir où l’on veut aller ensuite!

Que vaya bien!

Annie Rouleau
Herboriste 450 538-6454

* James Green, herboriste américain, auteur de plusieurs ouvrages et directeur du California School of Herbal Studies.